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  • Un amour de banane

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    Certains produits ont eu une importance historique et sociologique dépassant de beaucoup leur nature prosaïque. Cela a été le cas du sucre, du cacao mais aussi de la banane.

    Le fruit chéri des français, l’un des plus consommés et des plus appréciés, a fait l’objet de l'exposition "Extra ordinaire banane" au Musée portuaire de Dunkerque en 2016. Son succès inattendu – 17 000 visiteurs – a poussé les organisateurs à délocaliser cet événement dans plusieurs villes de France. Après une escale à Dieppe en avril dernier, "Extra ordinaire banane" posera ses bagages à Nantes à partir du 25 août. Le port nantais a accueilli le trafic de banane en provenance de Guinée et de Guadeloupe à partir des années 30, et ce pendant quatre décennies. À l’issue de ses escales sur la côte atlantique tout au long de l’année 2017, l’exposition achèvera sa tournée en 2018 en rejoignant les départements producteurs de la Martinique et de la Guadeloupe. 

    Deuxième fruit le plus consommé en France, véritable star de la culture populaire, du Banana Split de Lio à celle d’Andy Warhol pour le Velvet Underground, sans oublier le fameux Banana des Minions, la banane a pourtant grandi loin du climat européen.

    L’exposition gratuite sera présentée au Hangar à Bananes de Nantes du 25 août au 3 septembre 2017. Elle montrera comment ce fruit tropical fragile a pu être exporté vers les pays du Nord de l’Europe en questionnant les progrès du transport maritime et des conditions de manutention.

    "Extra ordinaire banane" propose de suivre le trajet de la banane à travers dix modules thématiques, intégrant même un parcours spécialement adapté aux plus jeunes. Une approche originale pour permettre au public de découvrir l’exposition de manière interactive.

    Outils de médiation conçus pour les plus jeunes, photographies, films, maquettes apporteront un éclairage étonnant sur un thème généreux. Comme chantait Lio avec gourmandise : "Si tu cherches un truc pour briser la glace / Banana banana banana..."

    "Extra ordinaire banane", Le Hangar à Bananes, Nantes,
    du 25 août au 3 septembre 2017

    Entrée gratuite
    Bananablog

  • Un art peut en cacher un autre

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    Le catalogue édité pour le programme de l’opéra Nantes-Angers pour la saison 2017-2018 réserve une divine surprise.

    Bien entendu, les passionnés d’art lyrique découvriront les futurs rendez-vous de l’illustre maison ligérienne pour la saison prochaine : une Damnation de Faust de Berlioz, un Fidelio de Beethoven, une nouvelle production du Couronnement de Popée de Monteverdi ou un Rinaldo d’Haendel conduit par Bernard Cuiller.

    Le bloggeur entend cependant s’arrêter sur ce qui fait le vrai plus de ce catalogue : ses illustrations. Bien entendu, le choix promotionnel de faire appel à un artiste photographe pour les catalogues lyriques n’est pas nouveau et d’autres établissements lyriques ont suivi cette mode. L’Opéra de Paris propose ainsi d’épais et classieux programmes, souvent enrichis de clichés au minimalisme qui peut d’ailleurs laisser perplexe.

    Pour la saison 207-2018, l’opéra de Nantes a choisi Nicolas Dhervillers, un photographe internationalement reconnu pour son sens du lyrisme et de la mise en scène.

    Pour le programme musicale de l’établissement nantais, la série Detachment, dont est tirée la majorité des photos, nous transporte dans des paysages grandioses et aux mises en scène picturales (par exemple l’illustration pour Mam’zelle Nitouche de Hervé). Les personnages y semblent soit contemplatifs, soit perdus (la couverture du catalogue). L’illustration pour Fidelio rappellera sans doute les paysages de neige de l’impressionniste norvégien Frits Thaulow, mis à l’honneur lors du dernier Normandie Impressionniste.

    Une photographie de la série Road Movie illustre La Damnation de Faust, cette fois dans une scène que l’on croirait sortie d’un film noir américain. Quant au cliché choisi pour illustrer le Rinaldo d’Haendel, il n’est pas sans rappeler la patte du réalisateur français Fabrice Gobert (Les Revenants, Simon Wemer a disparu).

    Ajoutons aussi, non sans une pointe de regret, qu’un Pelléas et Mélisandre aurait été un dernier et superbe clin d’œil à l’adresse de Nicolas Dhervillers, lui dont les clichés oniriques font le pont entre le symbolisme (une photo tirée de la série Hommages pour le spectacle Atys en Folie) et la modernité (My Sentimental Archives pour Les P’tites Michu).

    L’Opéra de Nantes a créé un catalogue pour faire découvrir sa programmation musicale, et c’est sur un photographe que nous nous enthousiasmons. Comme quoi, un art peut en cacher un autre.

    http://www.angers-nantes-opera.com
    http://www.nicolasdhervillers.com
    Nicolas Dhervillers à Kansas City, Missouri, USA, du 1er septembre au 28 octobre 2017,
    à la Fondation Louis Moret, Martigny, Suisse, du 9 septembre au 15 octobre 2017,
    à la galerie Hiltauwsky, Berlin, du 23 novembre 2017 au 15 janvier 2018

    © Nicolas Dhervillers

  • Random : que personne ne sorte

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    random2.jpgUne fois n'est pas coutume, TF1 se distingue dans sa programmation en proposant Random, l'une des séries françaises les plus originales du moment.

    Ne cherchez cependant pas cette fiction sur la TNT. Cette production originale a eu l'exclusivité de Mytf1.fr. C'est mieux que rien, me direz-vous, la chaîne commerciale n'étant sans doute pas prête à troquer quelques épisodes de Joséphine Ange Gardien contre une production ambitieuse ou innovante.

    Random révèle que dans le monde des séries télévisées françaises les mentalités évoluent doucement et que les chaînes ont tout intérêt à répondre à l'engouement croissant du public pour des créations originales et de qualité. Random, apparue sur le web après quatre années de travail (elle est aussi disponible sur Wat.tv et Xtra), financée via Ulule (76 contributeurs Internet), a rapidement fait le buzz. Preuve de ses qualités indiscutables, elle a été primée à plusieurs reprises : Coupe du Monde des webséries de Montréal, prix et nominations dans les festivals internationaux de WebFest à Berlin, Rome, Bilbao et, dernièrement, Rio (Rio Web Fest, prix du "Meilleur casting", début novembre 2015). Au Sicily Web Fest, Random a été nommé dans trois prestigieuses catégories et est repartie avec le prix de la meilleure websérie dramatique et le prix ''Special Mention Rockzeline''. Plus récemment, le Dub Web Fest de Dublin a récompensé Random avec deux prix : la meilleure web série drame/thriller/mystère et la meilleure actrice pour Lola Coipeau. Pas mal pour une série au format atypique (12 épisodes de 5 à 9 minutes) ayant coûté, selon les réalisateurs, 2 575 euros !

    Parlons maintenant de l'intrigue. Random a pour point de départ une bande d'amis qui, après une fête bien arrosée, se retrouvent le lendemain matin enfermés dans un appartement. Ils se retrouvent dans l'impossibilité de sortir à cause d'un phénomène surnaturel. Sans vouloir dévoiler l'intrigue, durant cette première saison il est question d'espace-temps capricieux, de rencontres surnaturelles, de doubles, de cohabitations compliquées mais aussi d'un crime qui va compliquer la situation.

    Audacieusement, cette série tournée en huis-clos (à l’exception de l'ultime scène du dernier épisode) s'approprie les codes de la science-fiction, sans oublier de faire la part belle aux ressorts dramatiques et à l'épaisseur des personnages : "On voulait que le côté scientifique soit une sorte de contexte/prétexte pour s’intéresser aux personnages et au format dramatique de la série. C’est vrai que la SF n’est pas si présente que ça, hormis le huis-clos paranormal", dit le co-réalisateur Sullivan Le Corvic dans une interview pour Les Plumes Asthmatiques.

    Le spectateur pourra aisément deviner les influences des auteurs, à chercher essentiellement du côté des séries américaines (Lost, Breaking Bad, X-Files ou Sliders). Plus anecdotique, on pourra trouver un clin d’œil à Agnès Varda au cours de cette première saison : rien d'étonnant pour une production tournée à Nantes ! Côté réalisation et interprétation, on saluera le soin et le professionnalisme de cette création qui ringardise pas mal de séries françaises. Qu'une chaîne comme TF1 la propose dans ses programmes en replay est en soi le signe qu'il se passe quelque chose d'important. La jeunesse et la créativité de Random pourrait bien faire bousculer les lignes, ici comme ailleurs.

    Une saison 2 est déjà en préparation (le tournage est prévu à partir de mars 2016) et les auteurs en projettent déjà deux autres.

    Random, la série
    Random, série française, saison 1, 12 épisodes,
    de Rémi Noëll & Sullivan Le Corvic, avec Valentin Naulin, Lola Coipeau,
    Fleur Monharoul, Arnaud Ménard, Pierre Bedouet et Enora Marcelli
    Random - Page Facebook

    "Random une webserie nantaise nominée deux fois à Montréal ce week-end",
    Presse Ocean, 14 mai 2015

    Websérie : long entretien avec l’équipe de Random,
    Les Plume Asthmatique, 31 octobre 2015