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Beaux-arts, musées et expositions - Page 5

  • Mille et une variations de blés

    Pierre Luc Bartoli expose jusqu’à 24 décembre à la Galerie Cyril Guernieri, 29 rue Mazarine Paris 6ème.

    Ce passionnant lieu dévoile un choix de peintures d’un artiste qui se présente lui-même comme un autodidacte, très vite repéré pour ses paysages, ses vues urbaines et ses scènes de genre. Il y a du classicisme dans l’œuvre de Pierre-Luc Bartoli qui préfère cependant le terme de néo-expressionisme. La Galerie Guernieri propose en ce moment une sélection de peintures sur le thème du blé – le nom de cet événement.

    Cette exposition est l’occasion pour Pierre-Luc Bartoli de témoigner d’une nouvelle obsession picturale qui le frappe alors qu’il s’installe dans son nouvel espace de travail, en Seine et Marne, entouré par des champs de blé et d’orge à perte de vue. C’est ce contact immédiat avec la nature qui lui a inspiré cette série déclinant à toutes les heures du jour ces étendues de blé. Quel que soit le point de vue adopté, chaque toile est prétexte à un traitement bien particulier des éléments qui l’entourent. 

    Néo-expressionisme

    Qu’il se teinte d’un voile orageux, ou balayé par des nuages en mouvement, le ciel donne au blé ses teintes si significatives. Gravitant autour de ce même thème, Pierre-Luc Bartoli varie les cadrages et les perspectives.

    Le peintre arpente mentalement et artistiquement ces champs de blé, travaillant les cadrages, les lumière, les couleurs et les points de vue. Pierre-Luc Bartoli est depuis toujours attiré par les paysages. Qu’elles resurgissent sous la forme de visions ou de ressentis, ces étendues ordonnent les toiles et donnent le ton à cette série. L’usage des grands formats permet également de répondre à l’urgence du besoin expressif ressenti par l’artiste. Un besoin où le hasard n'est jamais loin : "L’accident, la tâche, la chute sont toujours plus intéressants que n’importe quel effet de volonté".

    Cela se passe en ce moment à la Galerie Guernieri jusqu’au 24 décembre 2022

    "Exposition Pierre-Luc Bartoli – Le blé"
    Du 24 novembre au 24 décembre 2022
    Galerie Cyril Guernieri
    29, rue Mazarine 75006 Paris
    https://galerieguernieri.com/artists/pierre-luc-bartoli-2
    https://pierrelucbartoli.com

    Voir aussi : "Souvenirs de Fabienne Stadnicka à la Galerie Cyril Guernieri"

    Ill. Pierre-Luc Bartoli, La trouée, Technique mixte sur toile, 250 x 200 cm

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  • Du design comme d’un bel art

    Le design a été rarement traité sur Bla Bla Blog. Il est plus que temps de rattraper cette erreur avec cette chronique qui entend mettre à l’honneur les œuvres de Louis Durot, un artiste designer aussi attachant que ses créations.

    De Toulouse à Canton, en passant par Atlanta et, bien sûr, Paris, les mobiliers de Louis Durot passent aisément les frontières et sont appelés pareillement à devenir des classiques. C’est, en quelque sorte, à l’image de sa table en résine blanche décorant la salle d’un hôtel particulier de Toulouse : le contemporain vient se fondre avec harmonie dans un intérieur néoclassique. Cette demeure figure dans un classement des "plus belles maisons du monde" établi par le magazine AD.

    L’homme aime surprendre, c’est certain, mais aussi montrer que ses objets ont de la chair. Car, à côté de sa lampe en inox courbé des années 70, les objets conçus par l’artiste entendent mettre l’humain et le corps au centre de ses créations. Que l’on pense au fauteuil pédestre "Prenez le Chair" (sic) datant de 1980, la “Langue mise à table”, une chaise de 1968 aux couleurs et au style pop-art ou cette chaise en spirale rouge plus récente.

    La vie, l’amour, la couleur, l’humour et la sensualité dominent l’œuvre d’un artiste dont l’existence a été marquée dès sa petite enfance par la mort. Raflé avec sa famille en décembre 1943, le jeune garçon ne doit sa survie qu’à une panne du camion qui se dirigeait vers le camp d’extermination d'Auschwitz. Voilà qui marque à jamais la vie d’un homme. 

    Suite à ce drame à peine croyable, Louis Durot est recueilli par une Juste et créé chez elle, dans une maison près de Grasse, ses premiers jouets en argile. Après des études scientifiques, il devient ingénieur, avec de nombreux travaux de recherche en chimie et notamment dans le polyuréthane.

    En 1964, Louis Durot fonde le Freelane Studio qui fédère des artistes de diverses disciplines aux attentes plastiques communes. La suite, ce sont ces rencontres : César, dont il devient l’assistant,  Pierre Restany, Arman ou Robert Malaval. À partir de 1968, Louis Durot créé ses premières œuvres.

    La vie, l’amour, la couleur, l’humour et la sensualité dominent l’œuvre de Louis Durot

    Les créations du designer sont le fruit de longues recherches sur les matériaux. Des matériaux que l’artiste transforme en objets parfois extravagants. Les courbes, les couleurs vives et les trouvailles stylistiques sont autant de réponses aux idées que l’on se fait d’une table, d’une chaise ou d’une lampe. Comme aux plus belles heures du pop-art, les mobiliers se féminisent, non sans humour ("Saint Siège"), les tables défient la gravité ("Stalactite"), les sièges ondulent (une sculpture siège en mousse polyuréthane polyurée) et les sculptures se font lèvres voluptueuses ("L’échauffeuse", sculpture canapé).

    L’œuvre importante de Louis Durot est aujourd'hui présente dans plusieurs continents, dont dans les collections publiques en Allemagne (Vitra Design Museum), en Chine (Guangdong Museum of Art, Canton), aux États-Unis (à Atlanta au High Museum of Art) et à Paris au Musée des Arts décoratifs.

    L'actualité récente de Louis Durot s'est passée à Lausanne en Suisse. Le MUDAC a révélé pour la première fois au public la collection de Thierry Barbier-Mueller, une des plus grandes collections privées au monde de chaises d’artistes, de designers et d’architectes, dans une scénographie immersive et sonore signée Robert Wilson. Parmi ce mobilier exceptionnel, le designer français a redécouvert avec une grande émotion sa chaise "Plante Carnivore", 50 ans après qu'elle ait été saisie par les huissiers français. A l'époque, l'artiste n'avait pu sauver que la "coffee table" intitulée "La langue se met à table" qu'il avait créé avec César en 1960. Voilà ce qu'on appelle une belle revanche d'un artiste exceptionnel à bien des égards.     

    Louis Durot
    https://www.instagram.com/louis.durot

    Voir aussi : "Bauhaus, Est/Ouest"
    "Les Simonnet, en pleine(s) forme(s)"
    "Kim Chi Pho : ”Ma vie est en transit tant que je ne termine pas mon roman”"

    louis durot,design,mobilier,pop art,césar,arman,robert malaval

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  • Photo Days, l’autre salon de la photo

    Photo Days revient pour la 3e fois. Pendant deux mois, ce festival francilien célèbre la photo dans les galeries, institutions et lieux privés de la capitale. Le festival a pour habitude d’investir des lieux atypiques, hors des sentiers battus (Rotonde Balzac, Café de Flore, Sorbonne Artgallery, We are…) et démarre en ce moment sa troisième édition qui se déroule du 15 octobre au 11 décembre 2022.

    Plus de 100 lieux (galeries, une quinzaine de musées - Centre Georges Pompidou, Musée d’art moderne de Paris, Maison Européenne de la Photographie, Musée du Quai Branly – Jacques Chirac… – et plusieurs fondations, foires, festivals et lieux privés) sont partenaires de ce festival en plein essor. Photo Days est devenu, après deux éditions réussies, l’un des plus importants évènements consacrés à la photographie en France et en Europe.

    Entre la première et la deuxième édition, le festival s’est largement développé, avec une croissance de près de 200%, preuve que l’offre proposée par Photo Days est très appréciée des professionnels comme du grand public. Emmanuelle de L’Ecotais, fondatrice et directrice du festival, présente ainsi cette manifestation : “Photo Days réunit pendant deux mois de nombreuses propositions des principaux acteurs privés et publics de la photographie à Paris. Nous proposons des parcours individualisés pour les collectionneurs que nous connaissons bien, mais aussi pour les amateurs et les curieux".

    Désacraliser l’art contemporain et sortir la photographie de son quant-à-soi : voilà bien l’un des objectifs de cet événement qui entend aussi brasser différents genres. “L’art contemporain se caractérise par le mélange de styles, de méthodes, de matériaux et de concepts. Aucune idéologie unique ne résume complètement l’art d’aujourd’hui, dépourvu de règles. Nous vivons désormais dans un monde d’images et la photographie, si omniprésente, n’est plus ressentie comme une technique, mais plutôt comme le prolongement de notre regard”, confient aussi Anne-Pierre d’Albis-Ganem (Parcours Saint-Germain) et Emmanuelle de L’Ecotais.

    Désacraliser l’art contemporain et sortir la photographie de son quant-à-soi 

    Photo Days s’engage auprès de la création contemporaine en faisant des commandes aux artistes pour des lieux spécifiques. L’édition 2022 sera ainsi l’occasion pour le public, de découvrir des lieux parisiens qui leur étaient, jusque-là, interdits, comme la Rotonde Balzac, dans les jardins de l'hôtel Rothschild, qui sera investie par Yann Toma puis Jean-Michel Fauquet. Gregor Hildebrandt, lui, revisite Le Flore, Nancy Wilson-Pajic est présentée chez we are_ et Pieter Hugo à la Sorbonne Artgallery.

    Le festival sera divisé en deux parties : "Photo pas Photo", associé au Parcours Saint-Germain, du 15 octobre au 6 novembre et "Place à la Photo", du 8 novembre au 11 décembre.

    Parmi les expositions phares, citons Georges Rousse (du 18 au 29 octobre, "Photo Pas Photo", chez Nespresso, du 28 octobre au 1er janvier, Planches Contact à Deauville), Mohamed Bourouissa (du 15 octobre au 21 novembre sur la Place Saint-Germain-des-Prés), FLORE (du 17 au 29 octobre 2022 au Café Louise), Gregor Hildebrandt (du 17 au 29 octobre 2022 au Café de Flore), Yann Toma (du 15 octobre au 2 novembre à la Rotonde Balzac, Fondation des Artistes, dans les jardins de l’Hôtel Salomon de Rothschild), Jean-Michel Fauquet (du 7 novembre au 11 décembre à la Rotonde Balzac, Fondation des Artistes, dans les jardins de l’Hôtel Salomon de Rothschild), Nancy Wilson-Pajic (du 17 octobre au 16 novembre dans les salons du club We are₎, SMITH (du 7 au 20 novembre à La Caserne, exposition du lauréat 2021 du Grand Prix Paris je t’aime x Photo Days), Esther Shalev-Gerz (du 3 au 28 octobre à la Sorbonne Artgallery, Galerie Soufflot, au cœur de l’Université Paris 1-Panthéon Sorbonne), Pieter Hugo (du 8 novembre au 11 décembre à la Sorbonne Artgallery, Galerie Soufflot, au cœur de l’Université Paris 1-Panthéon Sorbonne) et  les Artistes de la fondation photo4food (du 17 au 27 novembre à l’Espace photographique de Sauroy).

    Pas de doute : l’hiver parisien sera bien photographique cette année. 

    Photo Days, du 15 octobre au 11 décembre 2022
    Dans plus de 100 lieux en Île-de-France
    https://photodays.paris

    Voir aussi : "Rock stars en photographies"

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  • Choses vues

    Derrière "Les choses", l’énigmatique titre de la dernière exposition au Louvre qui se tient jusqu’au 23 janvier prochain, se cache une aventure de plusieurs milliers d’années au cœur de la représentation des objets.

    Grâce à 170 œuvres prêtées par plus de 70 institutions et musées, la vénérable institution propose de revenir sur la question de la représentation des choses, depuis les stèles funéraires de l’Égypte ancienne jusqu’à l’intelligence artificielle, en passant par les objets religieux médiévaux, les peintures classiques de Chardin, ou les installations et ready-made du XXe siècle. Le parcours muséographique fait l’objet de 15 séquences chronologiques passionnantes.

    Cette histoire de la nature morte, imaginée – on aimerait même dire : "raconter" – par Laurence Bertrand Dorléac met en avant les dialogues entre les artistes et les objets qui les entouraient. La représentation des choses est très ancienne, précise la commissaire d’exposition, avant d’ajouter que l’éclipse qu’elle a connue pendant près de mille ans (grosso modo, du VIe au XVIe siècle) n’a toutefois jamais disparu. Des œuvres du Moyen-Âge sont d’ailleurs bien présentes, y compris en Asie, à l’instar de ces Fleurs d’œillets de Qian Xuan (1314).

    Le spectateur parcourt l’exposition comme il ferait un voyage dans le temps, rythmé autant par l’œil des artistes que par leurs pensées, voire leurs croyances. Peintures, installations, objets d’art et vidéos viennent entrer en résonance.

    "Mais pourquoi n’y a-t-il pas d’art ancien dans les musées contemporains ?"

    Il faut souligner à quel point Le Louvre entend sortir de sa zone de confort en proposant une exposition intelligente qui vient se nourrir à différentes époques et cultures. La représentation des objets est riche de sens : simples objets décoratifs, réceptacles de croyances religieuses, trompes-l'œil mais aussi, à partir de La Renaissance, marchandises prosaïques que l'on s'échange et qui deviennent autant d'objets de désirs recherchés, convoités, accumulés  (Errò, Foodscape). L’exposition montre à quel point la nature morte comme genre pictural a connu un véritable âge d’or à partir du XVIe siècle, à l’image des peintures de Jean-Baptiste Chardin ou, plus singulièrement, les portraits d’Arcimboldo, qui "brouille les frontières entre les genres et les espèces".

    Mais qui dit "nature morte", dit aussi "vanité". A partir du XVIe siècle, une "crise de conscience" amène les artistes à créer des tableaux dans lesquels un crâne, un sablier ou une bougie qui se consume, rappelle la vanité de l’existence. Ces peintures venaient décorer les intérieurs des milieux bourgeois.

    Le motif de l’animal mort, aussi ancien que la peinture elle-même, sert aussi à parler de l'être humain, voire, pire, de notre cruauté. "Les personnes les plus attachées aux choses sont celles qui sont le plus attachés aux êtres", considère  Laurence Bertrand Dorléac. Si bien que l’artiste peut se faire observateur en même temps qu’accusateur. Que l’on pense à cette tête de vache (Andres Serrano, Cabeza de vaca), dont l’œil fixe le spectateur avec une puissance incroyable.  

    L’exposition "Les choses" frappe par sa modernité et son incessant dialogue entre artistes, époques et techniques. Le classique et le contemporain font bon ménage au cœur de la vénérable institution parisienne, ce qui fait s’interroger la commissaire exposition : "Mais pourquoi n’y a-t-il pas d’art ancien dans les musées contemporains ?" Par cet événement, c’est aussi un message envoyé aux "modernes" pour qu’ils  n’oublient pas les "anciens". Le Louvre a bien compris la leçon. 

    Exposition "Les choses"
    Musée du Louvre, Paris
    12 octobre 2022 – 23 janvier 2023
    https://www.louvre.fr/en-ce-moment/expositions/les-choses

    Voir aussi : "Les Simonet aux Tanneries d'Amilly"

    Photo : Luis Egidio Meléndez, Nature morte avec pastèques et pommes dans un paysage, 1771, Musée du Prado
    © Photographic Archive – Museo Nacional del Prado

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  • Terribles filles rêveuses

    Il y a de quoi être décontenancé par l’art de Kazuhiro Hori, à l’univers fantasmagorique pouvant égratigner notre sensibilité, grâce à un  esthétisme aussi brillant que volontiers provocateur.

    Les éditions White Rabbit Prod ont eu la bonne idée de sortir The Art of Kazuhiro Hori la première monographie en français de cet artiste japonais né en 1969. Nicolas Le Bault propose une préface en français, en anglais et en japonais pour conduire le lecteur à décrypter une iconographie faussement académique mêlant adolescentes allongées, peluches a priori rassurantes, sucreries et personnages inquiétants.

    "Ses images peintes à l’acrylique, d’une technique hors du commun, (…) témoignent d’une formation picturale académique très avancée mise au service d’une pensée profondément originale et d’un univers personnel authentique", commente Nicolas Le Bault en préface. 

    Dans une facture classique, Kazuhiro Hori met en scène des jeunes adolescentes en tenue de collégienne ou de lycéennes, souvent allongées. Ce sont des figures symboliques de l’innocence et de l’enfance que veut représenter l’artiste japonais. Innocence car ces filles à peine pubères vivent au milieu d’un décor peuplé d’ours en peluche de jouets, de confiseries, de fleurs, avec l’omniprésence du rose.

    Scènes de cauchemars

    Ce sont des scènes de cauchemars que donne à voir Kazuhiro Hori, avec des apparitions où la mort omniprésente avance masquée. Le spectateur sera autant frappé par ces peluches agressives ou ces squelettes en rose que par un jouet en forme de pistolet qu’une jeune fille dirige contre sa tempe.  

    La violence est omniprésente dans ces saynètes surréalistes, mais c’est une violence onirique ressemblant à un mauvais rêve : un ourson dégoulinant de sang, un serpent en peluche s’enroulant autour des jambes d’une gamine ou des sucettes utilisées comme armes.

    L’humour de Kazuhiro Hori est grinçant. Mais l’artiste entend aussi transmettre un message altruiste : "Je travaille dans une école d’art fréquentée par des filles de 18 à 20 ans. Donc, de mon point de vue en tant qu’homme, il semble que ces filles vivent dans un  monde coloré et insouciant de jeunesse et de plaisir… Mais la vérité est qu’elle qu’elles éprouvent beaucoup d’inquiétude et d’anxiété. Un vague sentiment de malaise face à l’avenir les attend. Et malheureusement, leur monde de rêve va être remplacé par la cruauté de la société réelle".  

    The Art of Kazuhiro Hori, préface de Nicolas Le Bault,
    éd. White Rabbit Prod, 2022, 62 p.

    https://www.facebook.com/chardinchardin
    https://www.instagram.com/chardinchardin
    @chardin07596751
    https://www.whiterabbitprod.com/product/the-art-of-kazuhiro-hori

    Voir aussi : "Rêves violents

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  • Les Simonet aux Tanneries d'Amilly

    "Les registres du jeu" : le cycle d'expositions organisées par le centre d'art contemporain des Tanneries d'Amilly (Loiret) commence ce 8 octobre avec le couple de sculpteurs Marthe et Jean-Marie Simonnet.

    Nous avions parlé sur ce blog de ce couple d'artistes immensément doués, mais aussi novateurs lorsqu'ils ont jeté leur dévolu sur des matériaux synthétiques, utilisant des modules basiques aux formes douces, harmonieuses, mathématiquement et techniquement maîtrisées.

    Les reliefs infinis ou illimités, engagés il y a plus de 30 ans – et dont les toutes dernières formes ont été réalisées pour l’exposition – en sont une élégante expression. Marthe Simonnet dirait qu’au terme de cette mise en jeu, le féminin se fait le prolongement du masculin devenu lui-même prolongement du féminin : si les formes modulaires produites s’emboitent et s’épousent – clin d’œil au couple d’artistes, riches de 50 ans de créations artistiques menées à 4 mains – pour former un hexaèdre régulier.

    Il reste au public à découvrir les créations exceptionnelles de ces joueurs facétieux que sont Marthe et Jean-Marie Simonnet. Cela se passera aux Tanneries d'Amilly, du 8 octobre au 18 décembre 2022.

    Exposition "Les Simonnet", Les Tanneries, Amilly (45)
    Du 8 octobre au 18 décembre 2022
    https://www.lestanneries.fr/exposition/les-simonnet

    Voir aussi : "Les Simonnet, en pleine(s) forme(s)"

    Photo : Marthe et Jean-Marie Simonnet, Vue de l’exposition "Les Simonnet"
    Galerie Haute - Les Tanneries – CAC, Amilly, 2022

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  • Luca Simonini et le parti pris des choses

    Luca Simonini, qui présente jusqu’en octobre ses œuvres à l’Espace Saint-Martin, a assurément plusieurs vies artistiques en une seule.

    L’intéressé se présente lui-même avec une double casquette : créateur de décors de scènes et peintre. La liberté mais aussi la rigueur sont au cœur de ses œuvres. Bla Bla Blog avait parlé en 2016 d’une de ses expositions à la Galerie New Age, "Coups de pinceau" : " Luca Simonini fait de la brosse non seulement le prolongement du geste de l’artiste mais aussi une vanité contemporaine, humanisant de simples brosses".

    Son exposition à l’Espace Saint-Martin présente des œuvres à l’encre de chine sur du papier de riz traditionnel, une technique ancestrale chinoise que Luca Simonini a adopté avec passion et enthousiasme : "Beaucoup plus capricieux, [ce type de support] demande à l’artiste respect, humilité et maîtrise". Voilà qui met l'artiste dans la position et l'état d'esprit d'un artisan.

    La recherche de l’harmonie

    Dans un style dépouillé, réduit à sa plus simple expression, et néanmoins riche de variations et de subtilités, Luca Simonini exprime la vie éphémère, la poésie de la nature mais aussi la fluidité dans lequel le papier, l’encre et l’eau font osmose avec une très grande élégance. "[Le] geste minimal lié au moment et à l’instant (…) me portent naturellement vers une philosophie proche du Pantha Rhei, où le sujet, le peintre et le support sont en constante mutation."

    En s’intéressant aux choses simples qui nous entoure – rochers, poissons, écumes ou simples pinceaux – c’est bien la recherche de l’harmonie qui guide la main de l’artiste, "pour voir surgir la poésie cachée dans chaque chose qui nous entoure".

    Luca Simonini est à, découvrir ou redécouvrir à l’Espace Saint-Martin jusqu'au 29 octobre 2022.

    Exposition Luca Simonini, "Encres sympathiques"
    Espace Saint-Martin, 3 septembre – 29 octobre 2022
    199 bis, rue Saint-Martin 75003 Paris
    https://www.espacesaintmartin.com/en/pages/10-gallery.html
    https://www.facebook.com/jeanluc.simonini

    Voir aussi : "De la brosse comme prolongement du geste de l’artiste"
    "Gallery, entrance"
    "Vite, les chats"

    © Luca Simonini

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  • Chefs-d’œuvre à la loupe

    Les amateurs de peintures seront sans doute frustrés par cette encyclopédie de 240 pages proposée par les éditions Larousse. Dans La vie secrète des chefs-d’œuvre, Vincent Brocvielle propose un choix de seulement 28 artistes ou courants picturaux (pour les œuvres les plus anciennes). Le but est de répondre à cette question : pourquoi cette peinture a une importance capitale dans l’histoire de l’humanité et peut être considérée comme un chef d’œuvre.  

    Vaste question et plus complexe qu’on veuille bien le dire. Disons aussi que, par sa démarche, l’auteur entend bien affirmer que, contrairement à l’adage populaire, les goûts et les couleurs ça se discute. Il le dit autrement dans son avant-propos : "Je suis convaincu que les œuvres d’art mènent leur propre vie".

    Outre les peintures pariétales, les créations égyptiennes, gréco-romaines et médiévales, Vincent Brocvielle a jeté son dévolu sur quelques peintures marquantes de Piero della Francesca, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Vélasquez, Goya, Courbet, Picasso ou Marcel Duchamp. On regrettera l’absence d’autres figures incontournables telles que Botticelli, Watteau, Ingres ou Matisse. Mais ainsi va la dure loi de ce genre de livres. 

    L’incroyable peinture d’Artemiscia Gentileschi, Judith décapitant Holopherne, est la plus symptomatique des déboires de son auteure

    C’est donc un choix extrêmement restreint, mais à travers des œuvres incontournables, que ce soit Le Jardin des Délices de Bosch, La Ronde de Nuit de Rembrandt ou Guernica de Picasso. Seules quatre femmes sont représentées : Artemisia Gentileschi, Rosa Bonheur, Berthe Morisot et Frida Kahlo. L’auteur de ce beau livre propose de revenir sur la genèse de chaque œuvre, en les plaçant dans l’histoire de son auteur ou auteure. À cet égard, l’incroyable peinture d’Artemisia Gentileschi, Judith décapitant Holopherne, est la plus symptomatique des déboires de son auteure, victime de viol autant que de la justice.

    L’aspect technique fait l’objet de développements, notamment pour les pages consacrées aux fresques romaines ou à l’art médiéval. Le lecteur français s’arrêtera avec grand intérêt sur le peu connu Hokusai, dans un livre largement consacré à l’art occidental.

    D’autres passages sont consacrés à l’accueil du public, aux techniques de restauration et à de multiples anecdotes. Autant d’informations qui entendent montrer et démontrer le caractère unique de ces œuvres. 

    Vincent Brocvielle, La vie secrète des chefs-d’œuvre, éd. Larousse, 2021, 240 p.
    https://www.editions-larousse.fr/livre/la-vie-secrete-des-chefs-doeuvre-9782036008168

    Voir aussi : "Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ?"

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