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manga

  • Complètement baba de bulles

    On entre dans l’anthologie de Thomas Mourier consacrée à la bande dessinée (Anthologie du 9ème art, éd. Bubble) avec un mélange d’excitation et de curiosité.

    Pensez : 150 auteur.e.s et œuvres (50 Européennes, 50 américaines et 50 japonaises) présentés de manière synthétique, avec des planches, des couvertures – du moins lorsque les ayant-droits l’ont autorisé – et un lexique en fin d’ouvrage. Pour faire très vite, quatre pays trustent la quasi totalité des œuvres et sagas présentées : la France, la Belgique, les États-Unis et le Japon.

    Pour les 3 grosses parties – BD européenne, comics américains et mangas nippons – l’auteur adopte grosso modo le même découpage non chronologique : les classiques, les grands maîtres, "les pépites méconnues" et enfin les auteurs à suivre. Dans la section consacrée aux comics, une place prépondérante est donnée aux figures de super-héros.

    Disons-le tout de suite : la BD semble un terrain connu et archi rabattu et on se dit dès les premières pages que nous sommes en terres connues : Tintin, Astérix, Gaston Lagaffe, Lucky Lucke et leurs auteurs Hergé, Franquin ou Morris. Que du grand classique et un art de synthétiser des sagas exceptionnelles en deux pages dont une consacrée aux planches ou aux couvertures.

    Mais la surprise vient à partir de la 30e page, lorsque Thomas Mourier prend des chemins moins banalisés, mais passionnants. Grâce à un gros travail de documentation, l’anthologie se fait moins encyclopédique que défricheuse de livres et d’auteurs français ou étrangers, depuis la naissance de la BD (Little Nemo, Krazy Kat ou Tintin) jusqu’à des publications récentes (Pucelle de Florence Dupré la Tour, sortie cette année).

    Véritable "compagnon de route" pour tout lecteur passionné de bande dessinées ou désireux de parfaire sa culture générale, Thomas Mourier fait plus que synthétiser les personnages et sagas présentées : il propose des œuvres incontournables, en suggérant, par exemple, pour les aventures du journaliste à la houppette, de lire ces deux ouvrages majeurs que sont Le Lotus bleu et Tintin au Tibet.

    À côté d’Astérix, la saga française la plus vendue, Spirou, Lucky Lucke ("Morris sera l’un des auteurs les plus innovants dans un contexte encore très standardisé"), le chroniqueur consacre des chapitres à l’absurde Achille Talon ("une œuvre qui ne ressemble à aucune autre"), Thorgal ou Corto Maltese ("le dessinateur joue sur ce subtil mélange d’invention et de documentation dans un cadre très réaliste"). Avec toujours les conseils de l'auteur pour entrer dans telle ou telle oeuvre. 

    La BD européenne frappe par son éclectisme

    La BD européenne frappe par son éclectisme, avec des livres s’ouvrant à des genres bien différents : l’humour bien entendu (Spirou, Gaston Lagaffe ou  Les Dingodossiers), mais aussi la fantasy (Thorgal), l’aventure (Hugo Pratt), le western (Blueberry), la SF (L’Incal d’Alejandro Jodorowsky et Moebius ou Barbarella), le conte (Les Cités Obscures de François Schuiten et Benoît Peeters ou Peter Pan de Régis Loisel), le polar (XIII ou l’étonnant Blacksad de Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido), sans oublier le manga "à la française" (Lastman créé par Bastien Vivès, Balak et Michaël Sanlaville). Plus qu’une encyclopédie historique, l’anthologie de  Thomas Mourier puise aussi du côté des nouvelles pépites de la BD, à l’exemple de L'Ascension du Haut Mal de David B. (1996) : "On ne peut que vous conseiller la plupart de ses albums, qui ne ressemblent à aucun autre en bande dessinée, mais qui fraternisent avec les livres de Marcel Schwob, J.L. Borges et Antoine Galland".

    La section américaine, consacrée aux comics, propose une large place aux super-héros : Superman, Batman, Captain America ("Le premier héros de l’écurie Marvel"), The Flash, Wonder Woman, Les Quatre Fantastiques, Spider-Man ("aussi paumé que n’importe quel ado"), Hulk ou Thor. L’histoire des comics est bien entendu marquée par la lutte des géants du divertissement DC Comics et Marvel. L’auteur se veut un guide lisible pour faire découvrir les super-héros américains, et leurs auteurs, véritables stakhanovistes du genre : Stan Lee, Jack Kirby, Steve Ditko, Don Heck ou Bill Everett.

    Hormis les figures plus contemporaines de superhéros que sont Daredevil, Captain Marvel, Thanos ("Ce méchant cosmique est l’un des plus crédibles et réussis de l’univers Marvel") ou Watchmen ("C’est l’œuvre qui a le plus marqué l’univers et l’industrie des super-héros"), ressortent quelques personnages emblématiques : Sandman ("la série la plus littéraire de la bande dessinée"), Alias ("En seulement 28 épisodes Brian Michael Bendis et Michael Gaydos ont créé une super-héroïne tellement badass qu’elle se retrouve au premier rang des héroïnes les plus iconiques du moment") ou Walking Dead.

    Un chapitre est fort heureusement consacré aux romans graphiques indépendants, à commencer par la saga balzacienne sur 40 ans de Love and Rockets de Jaime, Gilbert et Mario Hernandez (une "série-monde" où "tous les genres sont convoqués par les auteurs, du soap à la science-fiction, du polar à l’horreur en passant par la comédie à l’eau de rose…"). A noter aussi, plus surprenant dans une telle section, La Jeunesse de Picsou de Don Rosa. Il faut également citer le brillantissime Tamara Drew de Posy Simmonds ou encore Mon Ami Dahmer de Derf Backderf, "l’album le plus dérangeant de ce guide, l’autobiographie romancée d’un ami d’enfance du « cannibale de Milwaukee », le tueur en série qui a terrorisé l’Amérique".

    Le comic-strip n’est pas oublié, avec le légendaire cycle Little Nemo de Winsor McCay, Peanuts de Charles M. Schulz ou encore, moins connu mais considéré comme "assurément l’un des auteurs les plus inventifs et drôles du moment", Tom Gauld et sa compilation Vous êtes tous jaloux de mon jetpack".

    Seinens et joseis

    La dernière section consacrée aux mangas japonais réussit la difficile mission de synthétiser un art à la fois pluriel et abondant (Sabu & Ichi de Shōtarō Ishinomori : "Shōtarō Ishinomori figure dans le Guinness Book avec ses 128 000 pages de manga"). Il y a bien sûr les emblématiques super-héros nippons, les Super Sentai (Dragon Ball, One Piece d’Eiichirō Oda, "la série de tous les records" avec ses 90 tomes). Seulement, à la différence du comics américain, les mangakas renouvellent sans cesse leurs sagas au long cours (30 volumes par exemple pour Yona : Princesse de l'Aube de Mizuho Kusanagi). 

    L’anthologie distingue seinens ("le manga pour jeune homme") et joseis ("le manga pour jeune femme"), des genres bien catégorisés qui cachent des influences et des thématiques très larges. Les auteurs puisent largement du côté de la mythologie (NonNonBâ de Shigeru Mizuki, "Figure incontournable du fantastique, de l’horreur et de la mythologie nippone"), de la critique sociale (GTO de Tōru Fujisawa), du polar (City Hunter de Tsukasa Hōjō),  de l’espionnage (Golgo 13), de la fantasy (L’attaque des Titans de Hajime Isayama), ou du conte (The Ancient Magus Bride de Koré Yamazaki, "une version moderne de La Belle et la Bête, selon les termes de l’autrice"). 

    Outre des récits intimistes, des réflexions sur le féminisme et sur le genre (Bonne Nuit Punpun d’Inio Asano), voire de l’érotisme (Le Monstre au Teint de Rose de Suehiro Maruo, "un petit voyage fascinant dans ces imaginaires macabres, portés par la beauté intemporelle des images."), le manga parvient à aller sur des chemins encore plus étonnants : l’uchronie (Le Pavillon des Hommes de Fumi Yoshinaga), la fiction historique et documentaires (le bouleversant Gen d’Hiroshima de Keiji Nakazawa) ou la dark fantasy (Berserk de Kentaro Miura, "le titre le plus noir & le plus violent de ce guide. Depuis presque 30 ans, Berserk traumatise et fascine des générations de lecteurs").

    Des auteurs ressortent du lot, à commencer par  Osamu Tezuka, le "dieu du manga", dont, selon l'auteur, "il faut TOUT lire, lui qui a installé le manga moderne et en a exploré tous les genres." Le lecteur français sera plus sensible à Riyoko Ikeda et à La Rose de Versailles, connu dans nos contrées pour son adaptation Lady Oscar. Il faut aussi citer Sailor Moon de Naoko Takeuchi, un grand classique, même s’il a un peu vieilli, Nana d’Ai Yazawa, l’une des séries les plus vendues de l’histoire, ou à Jirō Taniguchi (Quartier Lointain), le plus européen des mangakas.

    Une preuve supplémentaire que le manga n’est pas ce divertissement populaire aux personnages et aux situations stéréotypées ? Il n’y a qu’à citer Une Vie dans les marges de Yoshihiro Tatsumi, "un des fondateurs du manga d’auteur et un instigateur du « gekiga », une forme nouvelle de fiction ancrée dans le quotidien" ou encore L’Homme sans Talent de Yoshiharu Tsuge, le maître du  "watakushi manga" ("le manga du moi"). Évoquons aussi le classique L’École emportée de Kazuo Umezu, "matrice du manga d’horreur moderne et du récit survivaliste".

    Comme pour la BD européenne, Thomas Mourier propose des auteurs et des œuvres à suivre, et parmi ceux-ci Blue de Kiriko Nananan (Une frontière floue entre fiction et non-fiction"), le splendide Bride Stories de Kaoru Mori ("À travers les yeux d’Amir, on découvre la vie des peuples nomades des grandes steppes, encore coupés du monde à l’heure de la révolution industrielle") ou encore Chiisakobe de Minetarō Mochizuki : "Désormais plus proche de la ligne claire européenne que du manga de ses débuts, le trait de Mochizuki vibre sous cette apparente froideur. Très stylisé et aérien, le dessin s’attache à montrer les émotions par des moyens détournés."

    Fans de BD et curieux désireux de parfaire votre culture générale, cette anthologie mérite largement de figurer parmi vos futurs cadeaux de Noël, si jamais vous êtes encore en panne d’idées.   

    Thomas Mourier, Anthologie du 9ème art, Bubble éditions, 2020 
    https://www.appbubble.com
    https://www.facebook.com/AppBubbleBD
    https://www.facebook.com/thomasm.bd

    Voir aussi : "Aimez-vous Tamara Drewe ?"
    "Gen d'Hiroshima, gens d'Hiroshima"

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  • Aubusson tisse Miyazaki

    Aubusson et Miyazaki : voir ces deux termes accolés peut laisser dubitatif. Une petite ville de Province et un génie du dessin animé et du cinéma. C’est pourtant bien dans cette sous-préfecture de de la Creuse, capitale de la tapisserie et dont le savoir-faire a été classé au Patrimoine Culturel Immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2009, qu’aura lieu une des rencontres artistiques les plus passionnantes.

    La Cité internationale de la tapisserie a en effet signé une convention avec le Studio Ghibli Inc. pour la réalisation d’une série de tapisseries d’Aubusson monumentales extraites de grands films signés du maître de l’animation japonaise, Hayao Miyazaki. Cette nouvelle tenture-événement réalisée entre 2020 et 2023 est destinée à rejoindre les collections de la Cité.

    Rappelons au passage qu’un ensemble de tapisseries sur le même sujet est appelé une tenture. Ces tissages, souvent de 6 à 8 pièces, peuvent compter jusqu’à plus de 12 ou 14 tapisseries assorties.
    Ce n’est pas une première pour le musée de la tapisserie qui s’était lancé en 2017 dans un projet incroyable : une première tenture-événement, "Aubusson tisse Tolkien", composée de 13 tapisseries et un tapis d’après des illustrations originales de J.R.R. Tolkien. Les premières pièces avaient été présentées à la BNF à l’occasion de sa grande exposition consacrée à Tolkien en 2019-2020.

    Voir une partie de l’œuvre de Miyazaki tissée à Aubusson peut surprendre et apparaître incongru. Mais c’est oublier que, depuis ses origines au XVe siècle, la tapisserie d’Aubusson s’est intéressée aux grandes tentures narratives, à l’exemple des récits d’Homère d’après Isaac Moillon (XVIIe siècle), de L’Histoire d’Alexandre d’après Charles Le Brun (XVIIIe siècle) ou de l’histoire de Renaud et Armide tiré de La Jérusalem délivrée par Torquato Tasso. Cette tradition s’est perdue au XIXe siècle, avant de revenir en force avec les romans de fantasy de Tolkien puis, à partir de cette année donc, avec les mangas de Miyazaki.

    La tradition des tentures narratives s’est perdue au XIXe siècle avant de revenir en force avec les romans de fantasy de Tolkien

    La Cité internationale de la tapisserie a choisi avec le Studio Ghibli de reproduire sur tapisserie des images extraites de Princesse Mononoké (1987, "Ashitaka and Yakul in the forest", projet de tapisserie de 5 x 4,60 m), Le Voyage de Chihiro (2001, "Chihiro presented to No Face", projet de tapisserie de 3 x 7,50 m), Le Château ambulant (2004, "The Moving Castle at sunset", projet de tapisserie de 5 x 5 m et "Old Sophie at Howl’s bedside", projet de tapisserie de 3 x 5,60 m) et Nausicaä de la vallée du vent (1994, "(Panoramic view of the Omus", projet de tapisserie de 2 x 10 m).

    Les visiteurs peuvent découvrir depuis le 17 octobre un espace de présentation du projet au sein de la plateforme de création contemporaine de la Cité, puisque la réalisation de ces tapisseries monumentales va s’étaler de 2020 à 2023. La Cité d’Aubusson parle de défi à plus d’un titre, car passer d’’une sélection d’images de dessins animés à des tentures de grande taille pouvant illustrer un univers en mouvement nécessite un important savoir-faire. Bruno Ythier, conservateur de la Cité internationale de la tapisserie, a formulé ainsi ce travail de transposition : "Ce n’est pas un simple agrandissement, les lissiers racontent souvent cette anecdote : « Vous partez d’une rose qui est minuscule sur le dessin, si vous l’agrandissez bêtement sans réfléchir, vous vous retrouvez avec un chou. Il faut retravailler l’agrandissement à mesure pour retrouver l’esprit du dessin original. Un ensemble de paramètres techniques doivent être pris en compte. »"

    Début 2021, le premier tissage, celui tiré du film Princesse Mononoké, devrait être lancé, avant d’être terminé l’année suivante.

    Les œuvres de la tenture seront exposées au fur et à mesure de leur réalisation. Elles seront visibles dans le parcours d’exposition de la Cité. À terme, un espace spécifique leur sera consacré. Les fans de Miyazaki seront sans doute les premiers à venir admirer les résultats finaux.

    Cité internationale de la tapisserie – Aubusson (23)
    Ouverture de septembre à juin, de 9h30-12h et 14h-18h fermé le mardi.
    Et de juillet et août, de 10h-18h. Tous les jours sauf le mardi: 14h-18h.
    Fermeture annuelle : mois de janvier.
    www.cite-tapisserie.fr

    Voir aussi : "Prêt·e·s à creuser des citrouilles ?"

    © 2001 Studio Ghibli-NDDTM

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  • Furieux kurofune

    Cela fait longtemps que le manga a su gagné ses lettres de noblesse bien au-delà du Japon. S’essayant à tous les genres, les mangakas ont aussi investi le domaine de l’histoire : la preuve avec Funestes Vaisseaux du scénariste Wilson Michel Sean et de la dessinatrice Akiko Shimojima.

    L’histoire racontée dans cette bande dessinée, à la facture plutôt classique dans son découpage comme dans son dessin, raconte une période peu connue sous nos contrées : celle de la crise de l’époque Edo, dont l’un des épisodes les plus emblématiques fut la pression des Occidentaux, bien décidés à réitérer le même coup de force qu’ils avaient accomplis en Chine (les deux Guerres de l’Opium et le traité de Nankin). L’Asie est un territoire immense qui aiguise l’appétit des Russes, des Britanniques, des Néerlandais, des Français mais aussi des États-Unis, qui ne sont pas encore la grande puissance qu’ils seront quelques décennies plus tard, mais qu’ils aspirent à devenir : car tel est bien l’enjeu de cet épisode qui va traumatiser le Japon, autant qu’il va permettre de consolider une identité commune.

    En mai 1853, le contre-amiral américain Perry arrive avec trois navires au large des îles Ryuku. Ces "funestes bateaux noirs" ("kurofune") vont bientôt devenir l’obsession des Shoguns au pouvoir ? Perry est chargé par le Président américain Franklin Pierce d’exiger des droits commerciaux et l’installation de mandats commerciaux au cœur du Japon.

    Des conséquences incommensurables

    La jeune nation a des ambitions géopolitiques très gourmandes, et entend bien asseoir sa position, au détriment d’un pays, le Japon, d’autant plus tétanisé par l’agressivité du militaire que le pays est resté replié sur lui-même depuis deux siècles. Seul le port de Nagasaki est ouvert au commerce étranger. Dans ce contexte favorable pour lui et son pays, Perry menace de prendre de force la capitale Edo – future Tokyo. Bientôt, les trois navires arrivent dans la baie de la capitale japonaise. La période d’intimidation commence vraiment, et elle aura des conséquences incommensurables.

    Wilson Michel Sean (The Garden, The Minamata Story) et Akiko Shimojima (Les 47 Ronins, Les Secrets du Ninja) retracent un an d’un épisode important dans l’histoire du pays du Soleil Levant. Un gros travail de documentation autant que de scénarisation permet d’avoir ce manga à la fois passionnant, vivant et accessible. Akiko Shimojima électrise le récit grâce à un découpage des cases très cinématographique. Les traits des personnages sont expressifs et un soin particulier est donné aux décors et aux bateaux.

    Funestes vaisseaux se veut aussi une introduction au Crépuscule des Samouraïs, autre volume de cette collection consacrée à l’histoire du Japon en manga.

    Wilson Michel Sean & Akiko Shimojima, Funestes vaisseaux, éd. Graph Zeppelin, 2020, 192 p.
    https://seanmichaelwilson.weebly.com
    http://akiko2010.blogspot.com
    https://www.facebook.com/GraphZeppelin
    http://www.tabou-editions.com

    Voir aussi : "Merveilleuses artilleuses"

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  • Résurrection d'un manga

    C1 BR La Tour au-dela╠Ç des Nuages.jpgLa Tour au-delà des Nuages de Makoto Shinkai sort en ce moment en DVD en France.

    1974. Le Japon est divisé en deux. Si l’île d’Hokkaido est occupée par l’Union, le reste du pays est allié aux États-Unis. Une tour, dont le sommet se perd dans les cieux, est alors construite par l’Union. Deux amis, Hiroki et Takuya, rénovent un avion afin de réaliser leur rêve : atteindre le sommet de la tour au-delà des nuages. Une fille mystérieuse prénommée Sayuri se joint aux deux adolescents qui lui promettent de l’emmener avec eux voir la tour. L’aventure s’arrête brusquement le jour où la jeune fille disparaît sans laisser de traces. La promesse est rompue, Hiroki et Takuya abandonnent leur projet et se séparent pour suivre chacun leur route. Devenus adultes, ils seront à nouveau réunis par le destin, mais leur relation n’est plus la même.

    Récit poétique, fantastique et utopique, réalisé en 2004, La Tour au-delà des Nuages a été récompensée par le Prix Mainichi du meilleur film d'animation cette même année. Il est aujourd’hui enfin disponible en France.

    Makoto Shinkai, La Tour au-delà des Nuages, CoMix Wave Films, Kazé Animé, 2017, 137 minutes

    Copyright : © Makoto Shinkai/CoMix Wave Films

  • Gen d'Hiroshima, gens d'Hiroshima

    gen,nakazawa,hiroshima,nucléaire,japon,mangaGen d'Hiroshima, chef d'œuvre de la bande dessinée, fait partie de ces livres que l'on n'oublie pas.

    Cette série d'une dizaine de tomes, célèbre et adulée au Japon dès sa sortie en 1973, a connu une existence plus tardive en Occident ; cependant, son influence est certaine : Art Spiegelmann, l'auteur de Mauss, bande dessinée majeure sur la Shoah, explique dans la préface de Gens d'Hiroshima toute l'importance de ce manga. Un manga qui, comme son titre l'indique, aborde une autre des grandes tueries de la seconde guerre mondiale : le bombardement nucléaire d'Hiroshima.

    Le premier tome de cette bande dessinée autobiographique déroule sur plus de 250 pages la survie d'une modeste famille de cette région du Japon, relativement préservée jusqu'en 1945 par les bombardements. Dans ce pays en guerre où la dévotion à l'Empereur et à à la grandeur de la nation, la population souffre mais doute également. La famille de du jeune Gen survit difficilement aux privations et aux obligations martiales, d'autant plus que le père, homme courageux et au caractère bien trempé, s'avère un pacifiste convaincu. La majeure partie de ce premier volume suit les petits et les grands faits de cette famille soudée : un père se battant pour ses idées dans un Japon rigoriste et militariste, une mère enceinte et épuisée par les privations et les enfants - Gen et ses frères et sœurs. Au milieu de la petite histoire, des focus sur la grande histoire – la guerre du Pacifique et les préparatifs des bombardements nucléaires – nous rappellent qu'un terrible drame va se jouer.

    Les vingt dernières pages de ce tome sont proprement hallucinantes. Le lecteur entre au cœur du bombardement nucléaire tel qu'il a été vécu par les victimes. L'auteur, qui a vécu lui-même cet événement (Keiji Nakazawa, est mort d'un cancer fin 2012), dévoile la réalité crue des ravages de l'arme nucléaire, transformant la ville paisible d'Hiroshima en une zone digne des pires films d'horreur. Les dernières pages de ce livre n'assènent aucun message : ils giflent le lecteur en montrant la réalité crue et insoutenable de la bombe A sur des victimes prises au piège.

    Terrible chef d'œuvre ! Inoubliable.

    Keiji Nakazawa, Gen d'Hiroshima, Ed. Vertige Graphique, 2003, 274 p.

     
    Gen d'hiroshima par cinemasian