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japon

  • Big in Japan à Lyon

    Amoureux de la culture nippone, le Festival Japan Touch est fait pour vous. Il se déroulera à Lyon les 27 et 28 novembre prochain.

    Au total, le festival propose plus de 30 000 m² dédiés à la culture asiatique, avec cette année un espace géant dédié aux arts martiaux : tatamis géants, musée des arts martiaux, aire de sumos, reconstitution d'un dojo et de deux campements féodaux japonais et coréen avec tir à l’arc, tambours, calligraphie et sabre.

    Le Salon de l'Asie est, lui, dédié à la culture birmane et au continent asiatique, avec des expositions, des rencontres et des animations.  

    Il faut aussi absolument citer, pour la tête comme pour les estomacs, le salon Asian Kitchen, inauguré en 2019, autour des cuisines d'Asie. Avec une vingtaine de restaurants, des ateliers, des démonstrations et plus de 1 600 places assises. Les organisateurs le présentent comme "le plus grand food court asiatique de France".

    Pour cet événement qui ravira les passionnés du Japon et de l’Asie, les animations et activité jouent la carte de la variété, de la découverte des traditions mais aussi de la culture pop. Il y a ce défilé de kimonos aux couleurs de Lilibetz. Plus étonnant, le premier Kpop Dance Battle est organisé : 8 groupes - ou solo - s’affronteront en face à face. Ambiance et musiques k-pop garanties !

    Le public pourra découvrir l’art du spectacle de kamishibaï, le Kamishibaï étant un théâtre dessiné, ancêtre du manga. Cet événement est animé par Philippe Robert, passeur passionné qui souhaite renouveler cet art ancestral.

    Des conférences, tables rondes et ateliers viendront compléter cette découverte du japon, y compris par des chemins détournés, voire osés

    Autre tradition, le yosakoi, la danse traditionnelle japonaise créée dans les années 1950, fait l’objet d’un spectacle, avec notamment la troupe Komainu pour des démonstrations et des initiations durant tout le week-end.

    Le salon sur deux jours proposera bien évidemment deux autres exhibitions : l’une consacrée au cosplay ("Show Cosplay") et l’autre au sumo.

    Outre du catch féminin et un espace de 500 m² consacré aux jeux vidéos, des expositions seront au cœur de ces deux jours : "L’arbre à Tanzaku", une exposition "Samouraïs et Kimonos" de l’artiste peintre Mary Hedonis, une présentation de bonsaïs grâce au spécialiste français Bruno Heller, maître dans l’art du bonsaï. Il faut aussi cité une exposition "Japonais de France", sans oublier les sculptures de Jérôme Gantelet ("Samouraï et méduse").

    Des conférences, tables rondes et ateliers viendront compléter cette découverte du japon, y compris par des chemins détournés, voire osés. Parmi ces ateliers, citons pour commencer celui du shibari, l'art du bondage japonais : du sexe, du raffinement et de l’esthétisme pour un voyage émotionnel – interdit aux moins de 18 ans. Parmi les autres ateliers, il y a le shiatsu, une thérapie manuelle, énergétique et holistique, le kokedama, un art floral créé dans les années 90 au Japon, les créations de maquettes et de papercraft mais aussi l’espace Just Dance, proposé par l’association AA Prod.

    Ces deux jours à Lyon promettent d’être deux jours d’immersion au japon et en Asie. Voilà qui confirme, s’il en était besoin, que la France noue avec le japon une relation forte où se mêlent l’admiration, la passion et la fascination.

    Festival Japan Touch & Salon de l’Asie, Lyon, Eurexpo
    Boulevard de l’Europe, 69680 Lyon Chassieu
    Le samedi 27 novembre de 10H à 19H
    et le dimanche 28 novembre de 10H à 18H
    www.japan-touch.com
    www.salondelasie.com

    Voir aussi : "Des émaux, des choses et des chats"

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  • Fans de Pokémon

    Connaissez-vous les Pokéfans ? Ce néologisme désigne les fans de ces cartes apparus il y a 25 ans et qui faisiant fureur sur les cours de récréation. Faisaient et font fureur, aurions-nous en vite d’ajouter, car en 2021, il semble que les cartes Pokémon aient repris de la vigueur et soient devenus tendance. Un hors-série du magazine Collectionneur & Chineur revient sur cette "Folie des cartes Pokémon". Le numéro a été réalisé en partenariat avec le spécialiste InvestCollect.

    Un chiffre permet de se faire une idée sur ce nouvel engouement sur ces cartes que l’on aurait pu croire tombées dans l’oubli : entre 2019 et 2020, le volume de cartes échangées sur eBay a bondi de plus de 574%. Pas mal pour une idée venue tout droit de la tête de Satoshi Tajitri, un concepteur de jeu vidéo qui qui voulait "transmettre aux jeunes citadins le plaisir de « chasser » des créatures comme il le [faisait] enfant" avec de vrais insectes !"

    Dans un préambule éclairant réalisé par l’équipe d’InvestCollect, un focus est fait sur l’appétit grandissant pour la collection de ces cartes, des jeux sortis des cours de récréation pour entrer dans la sphère des passionnés, des monomaniaques de tous âges mais aussi des salles de vente (en janvier 2021, une carte "test" Dracaufeu Topsun de 1995 a été vendue plus de 418 000 euros).

    Le hors-série de Collectionneurs & Chineurs propose dans son numéro spécial de décrypter l’univers des Pokemon. Cela commence par un premier article sur l’univers de ces personnages venus du Japon : grâce à ce récapitulatif, les termes de "booster", de "carte énergie", de "dresseur" ou de "carte Rainbow" n’auront (presque) plus de secrets pour le lecteur qui pourra avoir quelques éléments pour commencer à jouer. D’ailleurs, les règles du  jeu font l’objet d’un article à part dans le magazine, de quoi peut-être vous permettre de devenir un joueur semi-professionnel, à l’instar de Stéphane Ivanoff, interviewé pour l’occasion.

    Le collectionneur ou futur collectionneur sera sans doute plus attentif aux deux pages suivantes qui présentent les caractéristiques visuelles de ces cartes Pokémon : illustrations, couleurs, symboles de rareté, PV et logos sont des éléments importants que prend en compte le collectionneur.

    Une carte "test" Dracaufeu Topsun de 1995 a été vendue plus de 418 000 euros

    Le magazine revient sur la culture Pokémon, une culture pop s’il en est, née dans les cours de récréation à l’aube des années 2000 et qui a drainé une foule de concepts et de produits dérivés : mangas, jeux vidéos, animés, compétitions officielles le fameux Pokémon Go ("un véritable délire planétaire", comme le dit le magazine) et pas moins de 20 films. Le lecteur pourra également novice apprendre ce qu’est l’indispensable Poké Ball.

    Le hors-série passionnera surtout les Pokefans grâce à plus de 75 pages consacrées aux collections, collectionneurs, marchés et cotes autour des petites cartes, dont certaines dépassent plusieurs centaines de milliers d’euros. Le lecteur de Collectionneur & Chineur découvrira que la folie des Pokémon concerne aussi des personnalités bien connues, que ce soit la chanteuse Hoshi (ce qui est loin d’être une surprise), les rappeurs Bigflo et Lorenzo ou, plus étonnant, le youtubeur et boxeur Logan Paul, qui s’est offert une carte Dracaufeu pour 150 000 $.

    Le collectionneur aguerri s’arrêtera surtout sur des articles consacrés à la certification officielle des cartes, au système de cotation, aux contrefaçons, non sans un passage par les salles de ventes aux enchères. La dernière partie du numéro, la plus ésotérique et sans doute aussi la plus prisée par les collectionneurs, est constituée des cotes de ces cartes Pokémon. De quoi espérer trouver chez soi ou chez nos enfants quelques raretés monnayables. On peut toujours rêver.   

    Hors-série "La folie des cartes Pokémon",  Collectionneur & Chineur, 2021
    https://www.collectionneur-chineur.fr
    https://investcollect.com
    https://www.pokemon.com

    Voir aussi : "Rêves violents" 

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  • Chers yōkai, où êtes-vous?

    Nous avions parlé il y a quelques semaines du duo d’Atelier Sentô et de leur très bel album Rêves de Japon. Il paraissait indispensable de revenir sur le très bel album qui a fait connaître les plus nippons de nos auteurs français, Cécile Brun et Olivier Pichard. Si le terme de mangaka peut aller à merveille à des auteurs de BD, c’est bien eux. Avec Onibi, sorti en 2016 aux éditions Issekinicho.

    L’amour du Japon est à chaque page de cette bande dessinée racontant les pérégrinations de Cécile et Olivier – les deux auteur, donc – au Pays du Soleil Levant dans la région de Niigata. Les deux globe-trotteurs ont posé leur valise dans le village de Saruwada où se déroule un festival. Au cours de leur pérégrination, ils entrent dans une échoppe où un vieil homme leur vend un appareil photo sans âge. Il s’agit d’un bi-objectif très particulier puisqu’il a la faculté de pouvoir photographier des yōkai, ces esprits légendaires hantant le Japon. Muni de l’appareil, le voyage continue, avec un objectif supplémentaire pour les deux Français : capter ces fantômes. 

    Un joli conte sous forme de manga à la facture occidentale

    Faux-récit de voyage, Onibi (du nom d’une des nombreuses créatures artificielles) est un joli conte sous forme de manga à la facture occidentale. Cécile et Olivier partent autant à la recherche de yōkai, renards magiques et autres fantômes qu’à la rencontre des habitants des Japonais qui les côtoie. C’est souvent autour d’un bento, d’un bol de soupe ou d’une tasse de thé que se font les conversations : la rencontre d’une vieille femme avec un animal fabuleux lorsqu’elle était enfant, la découverte d’un "monde flottant", une montagne magique ou une ville construite entre deux mondes.

    L’appareil-photo est au cœur de ce voyage et les auteurs ont astucieusement choisi de ponctuer les chapitres par les clichés pris par l’héroïne, mais qu’elle ne verra finalement pas, au contraire du lecteur. Cela donne à l’album une impression supplémentaire de mystère, bien plus que si le duo de l’Atelier Sentô s’était contenté d’une BD classique. Onibi se termine avec un carnet de bord, qui n’est pas sans renvoyer à leur album plus récent, Rêves du Japon.

    Atelier Sentô, Onibi, Carnets du Japon invisible, éd. Issekinicho, 2016, 128 p.
    http://ateliersento.com
    https://www.facebook.com/AtSento
    https://www.issekinicho.fr

    Voir aussi : "Géants de papier et autres yōkai"

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  • Ce que l’on fait et ce que l’on est

    L’explication du titre du manga Chiisakobé de Minetarô Mochizuki (éd. Le Lézard noir) est expliqué au début du second tome. Shigeji, le narrateur et personnage principal, raconte à un de ses employés un récit mythologique autour d’un empereur et d’un de ses serviteurs, surnommé  Chiisakobé-Sugaru. Une note de l’éditeur explique que "Chiisakobé n’est pas un terme répertorié dans les dictionnaires mais sa consonance évoque l’idée de « petit enfant »".

    Sans doute la clé de ce formidable manga en quatre volumes est-elle dans cette idée d’enfance et d’élévation. Le récit commence avec la mort accidentelle des parents de Shigeji au cours d’un incendie. Voilà cet étrange personnage, jeune homme décalé mais discret, orgueilleux et droit, contraint de prendre la succession de l’entreprise familiale.

    La tâche est compliquée : Daitomé est une société artisanale spécialisée dans la construction. Pour ce jeune homme au look de hipster, avec une barbe qui lui mange le visage, être catapulté entrepreneur est un défi qu’il entend bien relever, sans renier ses obligations ni son éthique. La situation se complique lorsque Shigeji apprend que Ritsu, une jeune femme revenu dans son quartier et qu’il a embauché comme femme de ménage, souhaite continuer à s’occuper des enfants d’un orphelinat qui a brûlé dans l’incendie. Shigeji accepte d’héberger ces cinq gamins cabossés dans la vie, laissant à Ritsu la charge de les élever. Bientôt, l’ancienne hôtesse se voit seconder par la douce Yûko. Entre cette fille de banquier et le jeune entrepreneur et orphelin, une relation de confiance s’installe. Ritsu observe cela à distance, alors que les déconvenues pleuvent autour de l’entreprise bien mal en point.

    Chiisakobé c’est ça : une leçon de vie, de courage et de lutte contre la peur

    Chiisakobé est l’adaptation en bande dessinée d’un roman de Shūgorō Yamamoto (1903-1967). Le mangaka Minetarô Mochizuki l’a adapté à notre époque, donnant à ce récit sur le deuil, l’enfance, l’amour et la construction de soi l’aspect d’un conte moderne. La barbe drue de Shigeji est une formidable invention en ce qu’elle rend son visage illisible et mystérieux. C’est par ces paroles que le personnage héroïque finit par se dévoiler face à sa femme de ménage, la bouleversante Ritsu : "Je pensais que les choses importantes se trouvaient quelque part dans le monde extérieur… Et je m'enorgueillais de vivre seul. Mais ces derniers temps, j’ai compris toutes sortes de choses. En fait, j’avais peur de devenir quelqu’un… Je veux devenir un homme accompli."  

    Chiisakobé c’est ça : une leçon de vie, de courage, d’abnégations, de respects de règles et de lutte contre la peur. Pour Shigeji, ce combat intérieur passe par des actions généreuses qui peuvent être incomprises dans ce Japon encore façonné par des traditions multimillénaires.

    La bande dessinée de Minetarô Mochizuki est dominée par des personnages inoubliables :  Shigeji, bien sûr, mais aussi Ritsu et la lumineuse et attachante Yûko, les deux femmes naviguant autour du jeune chef d’entreprise, fascinant par sa manière d’affronter petits et grands malheurs avec un mélange de calme et de pugnacité.

    Pour construire ce récit plein de tact, Minetarô Mochizuki a privilégié des cadrages vivants et des gros plans sur des parties du corps (pieds, mains croisés, regards) et les petits objets du quotidien (bentō, plateaux repas, outils de charpentiers) donnant à ce remarquable manga en quatre tome un récit se déroulant lentement, avec précision et poésie. Une petite merveille. 

    Minetarô Mochizuki, Chiisakobé, 4 tomes, éd. Le Lézard noir, 2013-2015
    http://lezardnoir.com

    Voir aussi : "Aimez-vous les livres pour enfants ?"

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  • Aimez-vous les livres pour enfants ?

    Cette question, à vrai dire le narrateur personnage principal de la saga Le Maître des Lives de Umiharu Shinohara (éd. Komikku), ne se l’ai jamais posée. Du moins jusqu’à un certain soir de beuverie. En pleine nuit, après une fête bien arrosée, Miyamoto entre par hasard dans une bibliothèque privée destinée à la jeunesse et joliment nommée La Rose Trémière. L’homme désœuvré, qui ne désire pas rentrer chez lui tout de suite, découvre un univers qui lui est inconnu. L’endroit est tenu par un certain Mikoshiba, un bibliothécaire aussi doué que détestable. Colérique, jaloux de ses compétences et souvent fermé, il fait une très désagréable première impression au visiteur impromptu.

    Pourtant, ce dernier décide d’y revenir. La bibliothèque pour enfants et ses livres lui deviennent familiers et il fit par se lier d’amitié avec ceux qui y travaillent ou ceux qui y viennent. Il y a d’abord les deux employées, Mizuho, la blonde et Itaya, la brune. Il y a aussi Shôta, un jeune garçon insolent qui finit lui aussi par se sentir comme chez lui dans cette bibliothèque. La propriétaire, la mystérieuse et magnétique Kotegawa apparaît à la fin du premier volume. Sans oublier bien entendu Mikoshiba, le véritable maître des lieux.

    Avec sa facture classique de manga venu tout droit du Pays du Soleil Levant, Le Maître des Livres est une saga relativement modeste dans son genre : "seulement" 15 volumes parus de 2011 à 2017. Le tour de force de cette série de BD créée par Umiharu Shinohara est de proposer une histoire simple, attachante et non sans qualités pédagogiques.

    Une histoire passionnante et non sans qualités pédagogiques

    Aux lecteurs que ce dernier terme pourrait faire fuir, précisons que suivre les pas de Miyamoto, ce Tokyoïte découvrant une bibliothèque inconnue et des ouvrages dont il n’avait souvent qu’entendu parlé, donne envie de lire à son tour les classiques de la littérature japonaise ou mondiale évoqués : les contes de Nankichi Niimi, Robinson Crusoé de Daniel Defoe, Le prince heureux d’Oscar Wilde, L’Île au Trésor de Robert-Louis Stevenson ou Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède de Selma Lagerlöf. Ces histoires, connus ou moins connus de ce côté-ci du monde, viennent en écho au récit des protagonistes qui n’auraient jamais dû se rencontrer.  

    Là est vraiment le grand atout du Maître des Livres : les aventures de Miyamoto et ses amis de la bibliothèque La Rose Trémière comptent finalement autant que la mise en image de contes pour enfants, trouvant pleinement leur sens dans l’histoire de cette petite société littéraire dominée par Mikoshiba, le personnage sans doute le plus romanesque parce que le plus mystérieux. Le premier tome se termine par un marché proposé à Miyamoto par Kotegawa, la véritable maîtresse des livres. On peut s’attendre à des rebondissements pour la suite.    

    La saga de Umiharu Shinohara s’étale sur 15 volumes – une bagatelle pour un manga – et qui a l’avantage de pouvoir capter un large lectorat sans pour autant le lasser. 

    Umiharu Shinohara, Le Maître des Livres, tome 1, éd. Komikku, 2011, 
    https://www.facebook.com/komikku
    https://shukanmanga.jp

    Voir aussi : "Géants de papier et autres yōkai"
    "Marcher pas à pas au gré du vent"

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  • Géants de papier et autres yōkai

    Derrière l’Atelier Sentô, se cachent Cécile Brun et Olivier Pichard, les auteurs français du très bel album, Rêves de Japon (éd. Omaké Books). On les avait découverts grâce à leur manga Onibi (éd. Issekinicho), un manga à mi-chemin entre Occident et Orient. On y suivait les pérégrinations de Cécile et Olivier – évidemment les alter-egos de la dessinatrice et du scénariste – au pays du Soleil Levant et des yōkai, ces esprits qui abondent dans la tradition nipponne. Plusieurs pages sont consacrées à ce sujet (cases, crayonnés, études). Pour leur livre Rêves de Japon, le voyage se fait hommage dépaysant, grâce à des illustrations nombreuses et un texte français traduit en anglais et en japonais.

    Les deux acolytes de l’Atelier Sentô parlent de leur fascination pour un pays attachant, riche, complexe et infiniment séduisant. Ce qui intéresse Cécile Brun et Olivier Pichard est ce Japon multimillénaire qui a su conserver et jalousement défendre ses traditions et son folklore en dépit des son attachement à la modernité et aux technologies où il excelle.

    "Ces paysages éphémères, désormais lointains, se glissent dans nos rêves. Les yeux fermés, nous nous préparons à un nouveau voyage" disent les auteurs. La couverture de l’ouvrage ne pouvait pas être mieux trouvée : une jeune femme en kimono, allongée au milieu d’un paysage oriental, regarde un papillon se poser délicatement au bout de ses doigts. Le lecteur a entre les mains un authentique livre poétique qui est aussi un chant d’amour pour le pays de Miyazaki. Le cinéaste, "un monument" fait d’ailleurs l’objet de plusieurs pages. 

    La couverture de l’ouvrage ne pouvait pas être mieux trouvée

    Rêves de Japon se veut aussi une déambulation dans un pays infiniment riche : les ruelles si typiques qu’elles semblent hantées, les jardins zen, les dagashiya, ces boutiques adorés par les enfants, les villages subtropicaux du sud du Japon ou les temples, identifiés par les torii, les emblématiques portails rouges.

    À côté des nombreuses pages consacrés aux yōkai ("Terreurs nocturnes"), ces fameux esprits semblant hanter jusqu’aux cités les plus modernes, les auteurs consacrent de nombreuses pages aux habitants et en particulier et aux enfants croisés au cours de leur pérégrinations, croqués non sans fantaisie – et fantastique : le lecteur s’arrêtera avec plaisir sur les délicates aquarelles, que ce soit la femme aux deux bouches, la renarde ou la lectrice au grand cou.

    Pour compléter sur cet album, le lecteur y trouvera quelques secrets de création de leurs auteurs ainsi que des planches de manga inédites ("Minicomic", "Komura", "Natsuko").

    Sur ce livre personnel à plus d’un égard, ce sont leurs auteurs qui en parlent le mieux : "Entre ombre et lumière, le Japon nous murmure des histoires".

    Atelier Sentô, Rêves de Japon, éd. Omaké Books, 2019, 217 p.
    http://ateliersento.com

    Voir aussi : "Complètement baba de bulles"
    "Aubusson tisse Miyazaki"

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  • Marcher pas à pas au gré du vent

    Paru en France en 2019, le manga de Jirô Taniguchi, Furari (éd. Casterman) a déjà 10 ans. Il a pourtant tout du classique à lire absolument.

    Le postula de cette bande dessinée est pourtant des plus simples : au XVIIIe siècle, un homme arpente les rues, les quartiers et les parcs de la cité d’Edo (l’ex Tokyo) et compte patiemment et régulièrement ses pas. Son but ? Cartographier sa ville. Il désigne ainsi son projet à sa femme Eï : "Ces doux paysages japonais… Cette topographie naturelle je veux l’enregistrer minutieusement sur des cartes pour les générations à venir".

    Jirô Taniguchi fait de cette mission de géographe et de scientifique non pas un récit historique mais une série de tableaux renvoyant à une vision shintoïste du monde : "Le milan", "Les cerisiers", "La tortue" ou "Les étoiles".

    Certes, il est question de la mission officielle que cet arpenteur obtient de l’empereur : établir des mesures jusqu’à Hokkaido ("L’orage"), mission qui prend forme dans le dernier chapitre ("La neige") et au cours duquel Eï va tenir un rôle important. Pour autant, l’objectif de Jirô Taniguchi est de suivre les pas de cet arpenteur dont les marches à longueur de journée sont un prétexte à redécouvrir une cité qu’il connaît bien, à croiser des habitants : vendeurs sur les marchés, clients attablés au restaurant, pêcheurs à pied, enfants joueurs ou poètes dont Issa Kobayashi (1763-1828). Il est aussi beaucoup question de repas et de haltes dans de simples échoppes tokyoïtes, à l’instar de l’autre ouvrage de déambulation de Tanigushi, Le Gourmet solitaire.

    "Je marche sans m’arrêter, j’avance sur mon chemin"

    Furari (terme qui signifie en japonais "au gré du vent") est aussi et surtout un récit méditatif suivant les pas d’un homme autant scientifique que poétique. "Pourquoi ce qui n’était qu’un passe-temps m’a ainsi embarqué vers quelque chose de si important ?" se demande-t-il. Le spectacle de fourmis s’affairant autour du cadavre d’un lucane le fait s’interroger sur le sens de ses marches à longueur de journée pour un objectif qui lui est propre ("Je marche sans m’arrêter, j’avance sur mon chemin").

    Le manga de Jirô Taniguchi frappe par son élégance, sa simplicité mais aussi la sophistication de son découpage (que l’on pense aux chapitres "La baleine" et "L’éléphant"). La figure de l’arpenteur est bien entendu centrale dans ce livre où il est autant question de chiffres que de ces petites choses du monde, que ce soit un flocon de neige, une libellule ou un milan.

    Jirô Taniguchi, Furari, éd. Casterman, 2019, 208 p.
    https://www.casterman.com/Bande-dessinee/Catalogue/ecritures/furari

    Voir aussi : "La compassion sauvera le monde"

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  • Aubusson tisse Miyazaki

    Aubusson et Miyazaki : voir ces deux termes accolés peut laisser dubitatif. Une petite ville de Province et un génie du dessin animé et du cinéma. C’est pourtant bien dans cette sous-préfecture de de la Creuse, capitale de la tapisserie et dont le savoir-faire a été classé au Patrimoine Culturel Immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2009, qu’aura lieu une des rencontres artistiques les plus passionnantes.

    La Cité internationale de la tapisserie a en effet signé une convention avec le Studio Ghibli Inc. pour la réalisation d’une série de tapisseries d’Aubusson monumentales extraites de grands films signés du maître de l’animation japonaise, Hayao Miyazaki. Cette nouvelle tenture-événement réalisée entre 2020 et 2023 est destinée à rejoindre les collections de la Cité.

    Rappelons au passage qu’un ensemble de tapisseries sur le même sujet est appelé une tenture. Ces tissages, souvent de 6 à 8 pièces, peuvent compter jusqu’à plus de 12 ou 14 tapisseries assorties.
    Ce n’est pas une première pour le musée de la tapisserie qui s’était lancé en 2017 dans un projet incroyable : une première tenture-événement, "Aubusson tisse Tolkien", composée de 13 tapisseries et un tapis d’après des illustrations originales de J.R.R. Tolkien. Les premières pièces avaient été présentées à la BNF à l’occasion de sa grande exposition consacrée à Tolkien en 2019-2020.

    Voir une partie de l’œuvre de Miyazaki tissée à Aubusson peut surprendre et apparaître incongru. Mais c’est oublier que, depuis ses origines au XVe siècle, la tapisserie d’Aubusson s’est intéressée aux grandes tentures narratives, à l’exemple des récits d’Homère d’après Isaac Moillon (XVIIe siècle), de L’Histoire d’Alexandre d’après Charles Le Brun (XVIIIe siècle) ou de l’histoire de Renaud et Armide tiré de La Jérusalem délivrée par Torquato Tasso. Cette tradition s’est perdue au XIXe siècle, avant de revenir en force avec les romans de fantasy de Tolkien puis, à partir de cette année donc, avec les mangas de Miyazaki.

    La tradition des tentures narratives s’est perdue au XIXe siècle avant de revenir en force avec les romans de fantasy de Tolkien

    La Cité internationale de la tapisserie a choisi avec le Studio Ghibli de reproduire sur tapisserie des images extraites de Princesse Mononoké (1987, "Ashitaka and Yakul in the forest", projet de tapisserie de 5 x 4,60 m), Le Voyage de Chihiro (2001, "Chihiro presented to No Face", projet de tapisserie de 3 x 7,50 m), Le Château ambulant (2004, "The Moving Castle at sunset", projet de tapisserie de 5 x 5 m et "Old Sophie at Howl’s bedside", projet de tapisserie de 3 x 5,60 m) et Nausicaä de la vallée du vent (1994, "(Panoramic view of the Omus", projet de tapisserie de 2 x 10 m).

    Les visiteurs peuvent découvrir depuis le 17 octobre un espace de présentation du projet au sein de la plateforme de création contemporaine de la Cité, puisque la réalisation de ces tapisseries monumentales va s’étaler de 2020 à 2023. La Cité d’Aubusson parle de défi à plus d’un titre, car passer d’’une sélection d’images de dessins animés à des tentures de grande taille pouvant illustrer un univers en mouvement nécessite un important savoir-faire. Bruno Ythier, conservateur de la Cité internationale de la tapisserie, a formulé ainsi ce travail de transposition : "Ce n’est pas un simple agrandissement, les lissiers racontent souvent cette anecdote : « Vous partez d’une rose qui est minuscule sur le dessin, si vous l’agrandissez bêtement sans réfléchir, vous vous retrouvez avec un chou. Il faut retravailler l’agrandissement à mesure pour retrouver l’esprit du dessin original. Un ensemble de paramètres techniques doivent être pris en compte. »"

    Début 2021, le premier tissage, celui tiré du film Princesse Mononoké, devrait être lancé, avant d’être terminé l’année suivante.

    Les œuvres de la tenture seront exposées au fur et à mesure de leur réalisation. Elles seront visibles dans le parcours d’exposition de la Cité. À terme, un espace spécifique leur sera consacré. Les fans de Miyazaki seront sans doute les premiers à venir admirer les résultats finaux.

    Cité internationale de la tapisserie – Aubusson (23)
    Ouverture de septembre à juin, de 9h30-12h et 14h-18h fermé le mardi.
    Et de juillet et août, de 10h-18h. Tous les jours sauf le mardi: 14h-18h.
    Fermeture annuelle : mois de janvier.
    www.cite-tapisserie.fr

    Voir aussi : "Prêt·e·s à creuser des citrouilles ?"

    © 2001 Studio Ghibli-NDDTM

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