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hôpital

  • Lutte des classes au Chastain Hospital

    Encore une série médicale, me direz-vous… Il est vrai que depuis les aventures de inénarrable docteur House, que l’on aimait détester, il semblait que la télé n’avait plus grand-chose de neuf à raconter autour des hôpitaux… américains – en attendant bien sûr que la crise sanitaire inspire les showrunners et autres scénaristes. Et c’est pourtant dans cette période de confinement et d’urgences réelles dues au Covid-19 qu’est arrivée sur TF1 la série The Resident.

    Cette production de la Fox avait un insolent parfum de provocation, à telle enseigne que TF1 aurait pu programmer pour des jours meilleurs cette histoire de blouses blanches. C’était bien mal les connaître, et on peut les remercier d’avoir non seulement tenu bon, mais en plus d’avoir anticipé la programmation de la saison 2.

    The Resident suit l’équipe urgentiste du Dr Conrad Hawkins, aussi beau gosse que non-conformiste. Dès le premier épisode, en tant que référent à l’hôpital Chastain d’Atlanta il prend sous son aile le fraîchdement diplômé Devon Pravesh, un premier de la classe qui va vite déchanter. La tension maximale est garantie dans un établissement où travaille le très influent chirurgien Randolph Bell, dont la réputation est salie par des erreurs à répétition et qu’il tente de cacher tant bien que mal. Au cœur de cet hôpital, qui est autant un centre de santé qu’une machine à fric, il y a aussi l’infirmière idéaliste et têtue Nicolette (Emily VanCamp), l’interne hyper douée Mina Okafor (Shaunette Renée Wilson), la directrice impitoyable Claire Thorpe (Merrin Dungey) et l’inquiétante et manipulatrice oncologue Lane Hunter (Melina Kanakaredes) qui est au cœur de la saison 1. Et puis, il y a tous ces malades et ces patients, de tous âges, de toutes origines, de tout revenu, et de toutes affections...

    Machine à fric

    Si vous aimez les courses dans les couloirs, les dialogues musclés avec un sabir médical auquel personne ne comprend, les opérations gores, les symptômes qui vous soulèvent le cœur, les diagnostics étonnants – pour ne pas dire improbables – ou les romances entre internes et infirmières, vous serez servis.

    Mais les scénaristes ont également choisi un autre angle pour une création télé populaire qui, mine de rien, tire à boulet rouge sur le système médical à l’américaine. L’argent est à chaque virage d’une série bien plus critique qu’il n’y paraît : faut-il soigner tel ou tel malade ? Cette patiente est-elle assurée ? Comment faire des bénéfices et des économies ?

    Ce n’est bien entendu pas la préoccupation des sémillants résidents du Chastain, mais ces questions semblent guider chacun de leur geste, comme si une lutte des classes venait s’immiscer jusque sur les tables d’opération. Et lorsqu’une oncologue utilise une jeune femme cancéreuse pour faire fonctionner sa clinique – privée, bien entendu – on peut faire confiance à Nicolette et Conrad pour faire éclater la vérité.

    The Resident, série médicale américaine d’Amy Holden Jones,
    Hayley Schore et Roshan Sethi,
    avec Matt Czuchry, Emily VanCamp, Manish Dayal,
    Bruce Greenwood et Shaunette Wilson, saison 2, TF1

    https://www.fox.com/the-resident
    https://www.tf1.fr/tf1/the-resident

    Voir aussi : "Cours, Etsy, cours"

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  • Les corneilles n’oublient jamais les visages

    Amateurs de thrillers hitchcockiens tordus à souhait, cette BD est faite pour vous. Timothée Le Boucher signe Le Patient aux éditions Glénat : une petite merveille, après le remarqué Ces jours qui disparaissent (qui devrait être adapté au cinéma).

    Cette bande dessinée somptueuse plonge dans l’histoire d’un crime familial sordide. Une famille est retrouvée assassinée à l’arme blanche après que Laura Grimaud, l’aînée des enfants, ait été croisée déambulant un couteau ensanglanté à la main. Seul Pierre Grimaud, son frère de 15 ans, est retrouvé en vie, gravement blessé et dans le comas. L’adolescente de 17 ans, déclarée coupable de ces crimes, sera enfermée avant qu’elle ne mette fin à ses jours.

    Six ans après ce fait divers, Pierre sort de son comas. Une psychologue, Anna Kieffer prend en charge le jeune patient afin de comprendre ce qui s’est passé mais aussi de traiter les traumatismes du jeune homme.

    Une grenade scénaristique

    Entre la scientifique et l’ancienne victime du "massacre de la rue des Corneilles", une étrange relation se noue, alors que Pierre se plaint de recevoir des visites dans sa chambre d’un mystérieux homme en noir. Et il est vrai qu’autour de l’hôpital, un étrange individu rôde.

    Le moins que l’on puisse dire est que Timothée Le Boucher prend son temps pour déplier l’intrigue autour des séquelles d’un crime finalement jamais complètement élucidé. L’auteur a usé d’un soin particulier dans le traitement des lieux, des espaces, des regards et des dialogues dans un huis-clos de plus en plus étouffant. Tel un joueur d’échec, l'auteur avance ses pièces les unes après les autres, avant de dégoupiller sa grenade scénaristique à partir de la moitié du livre.

    Manipulation, traumatismes, souvenirs persistants : Timothé le Boucher souligne qu’à l’instar des corneilles, les victimes n’oublient jamais. Anna Kieffer incarne l’héroïne hitchcockienne par excellence : femme fatale mais fragile, c’est elle le fil conducteur de cette histoire de plus en plus intime.

    La bande dessinée donne également une large part aux personnages secondaires – patients, infirmières, médecins – dont certains deviennent essentiels à l’intrigue. Une intrigue rondement menée pour un récit sombre et déstabilisant. Une vraie réussite.

    Timothé Le Boucher, Le Patient, éd. Glénat, coll. Mille Feuilles, 2019, 292 p.
    http://timotheb.canalblog.com

    Voir aussi : "Changez-vous, mademoiselle"

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  • La santé est une chose trop sérieuse pour être confiée à des comptables

    Une étude fin novembre de la Fédération Hospitalière de France pointe du doigt des actes médicaux et chirurgicaux jugés inutiles. Encore que ces abus dépendent de la géographie comme du praticien (d'après l'enquête, 9 médecins interrogés sur 10 ont déjà prescrit des actes inutiles).

    Ces abus concernent aussi bien les césariennes, les opérations du dos que les IRM. Que les professionnels de santé s’intéressent aux économies et aux surcoûts, estimés à 30 à 50 milliards d'euros et 30 % de dépenses non-pertinentes, peut être loué par le contribuable. Certes. Sauf qu’en sonnant la sirène d’alarme, l’assurance-maladie prend une voie qui pourrait avoir des conséquences… sur la santé de tous.

    Il ne s’agirait pas que les actes de soin (examens radios, IRM ou opérations chirurgicales) ne deviennent de simples options surveillés à la loupe par des comptables suspicieux. Un exemple ? Celui de votre bloggeur, dont une très récente opération délicate du dos dans l'excellent service de neurochirurgie du CHR d'Orléans, n’a pu être possible que parce qu’une médecin généraliste de Montargis a opté pour une IRM qui s’est avérée par la suite capitale.

    À l’heure où la Sécurité Sociale surveille le moindre centime dépensé, n’y a-t-il pas le danger que des réflexes comptables ne mettent en danger la vie de patients et de citoyens ? La chasse aux abus pourrait bien être contre-productive, tant il est vrai que la santé est une chose trop sérieuse pour être confiée à des comptables.

    Après une hospitalisation salutaire, rendue possible par une IRM pertinent et les choix judicieux d'une généraliste, Bla Bla Blog peut enfin reprendre son rythme de publication normal.

    Fédération Hospitalière de France
    http://www.chr-orleans.fr

    "Opérations inutiles : "Il faut corriger ces abus si on veut préserver le système de santé", Rtl.fr, 27 novembre 2017
    "Santé: le fléau des actes chirurgicaux inutiles", BFM TV, 27 novembre 2017