Âme de musicien, âme de cinéphile (22/09/2026)

Revoilà Philippe Guilhon-Herbert, après un formidable album Ravel et une interview exclusive pour Bla Bla Blog, le pianiste français revient avec Cinéma (Indésens). Comme son titre l’indique, l’album est consacré aux musiques de film.

Voilà un genre adoré par le grand public et de plus en plus plébiscité par le milieu classique qui, au fur et à mesure des années, ont fini par reconnaître que ce genre dépassait largement l’illustration sonore d’un film. Mieux, il y avait des chefs-d'œuvre trouvant largement leur place dans un concert ou un album classique. Philippe Guilhon-Herbert reconnaît par ailleurs que le cinéma son autre grande passion. Quoi de plus logique donc, que cet album.

La preuve avec cet opus dominé d’une bonne tête par des pièces de Michel Legrand. L’auditeur ou l’auditrice retrouvera ainsi Romance, extrait des Parapluies de Cherbourg et What Are You Doing The Rest Of Your Life de The Happy Ending. Ajoutons à cela le titre Pieces Of Dreams tiré du film éponyme. Outre le jazzy et nostalgique I Will Say Good Bye, citons aussi ce bijou qu’est Sea And Sky, One Day Summer 42 ou Years Of My Youth.

Philippe Guilhon-Herbert fait un tour par le classique et Prokofiev, via La Danse des couteaux de Roméo et Juliette. Il est vrai que ce morceau de Prokofiev a été archi-utilisé tant par le cinéma que la télévision, voire la publicité.

Faites entrer l’accusé

Cinéma est une authentique récréation, tant le pianiste y semble à l’aise. Le piano seul suffit à son bonheur et à notre bonheur, tant l’instrumentiste y semble à l’aise.

Il ne lui était pas possible de passer à côté de l’une des pièces les plus incroyables et bouleversantes d’Ennio Morricone. Il interprète le thème central d’Il était une fois en Amérique, gardant sa mélancolie, la noirceur en moins, mettant en valeur les lignes mélodiques envoûtantes. Il est encore question d’Ennio Morricone qui a composé la musique du film Cinéma Paradisio, un grand succès à sa sortie mais que la postérité a surtout retenu pour sa BO. .

Autre monument de la BO, Georges Delerue apparaît. Certes c’est Le Mépris, présent ici, qui est systématiquement cité lorsque l’on parle du compositeur français. Il est vrai que ce chef-d’œuvre est d’une modernité incroyable. Il ne perd jamais ni son efficacité ni son fil conducteur porté par une mélodie simple et inoubliable. L’arrangement pour piano devient une évidence sous les doigts de Philippe Guilhon-Herbert.

Les accords du Messager parleront sans aucun à l’auditeur ou l’auditrice. Le génie de Michel Legrand a sans doute sa musique plus célèbre encore que le film de Joseph Losey – grâce notamment à l’émission Faites entrer l’accusé…

Leigh Harline ne dira sans doute rien à beaucoup. Et pourtant, ce compositeur américain a été un prolifique auteur de musiques de film, notamment pour Disney. Philippe Guilhon-Herbert propose dans son Cinéma une version piano de When You Wish Upon A Star, tiré du Pinocchio de Disney. Une manière de montrer qu’ici comme ailleurs les interprètes classiques savent souvent garder leur âme de passionné et d’enfant.

Cinéma, Philippe Guilhon-Herbert (piano), Indésens Records Calliope, 2026
https://indesenscalliope.com/boutique/cinema
https://www.facebook.com/pghpianist

Voir aussi : "Philippe Guilhon Herbert : ‘Ravel est au plus près de mon parcours de musicien’"
"Ravel nu"
"Thierry Caens a le Smile"

00:00 Écrit par Bruno Chiron | Tags : cineman, philippe guilhon herbert, michel legrand, bo, piano, pianiste, sp, prokofiev, musique de film, classique, musique classique, ennio morricone, leigh harline, georges delerue | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |