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  • Melissa Bon, de The Voice au silence de la mer

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    Rien de trop chez Melissa Bon : un regard envoûtant qui ne vous quitte pas dans son clip Blank, une voix posée sans fioriture, des lignes mélodiques pures, le noir et blanc peu à peu éclairé par des vagues lumineuses et bleutées. Voilà qui nous change des courses au bling-bling et au sensationnel. D’ailleurs, à ce sujet, Melissa Bon ne vous est pas inconnue ? Normal : la chanteuse aux origines franco-suisses et éthiopiennes avait participé en 2014 à une saison de The Voice : que de chemins depuis...

    Elle vient de sortir son premier EP Away, qui impose la simplicité et la retenue dans quatre titres aux noms tout aussi sobres : Blank, Nomad, Away et ONE. Elle y parle de désillusions, de déceptions, d’attentes, mais aussi de voyages intérieurs.

    Un titre a capella

    La chanson qui donne son nom à l'EP n'est d'ailleurs pas la moins épurée : Away est un titre a capella et tout en retenue sur le thème de l'attente et du désir. Melissa Bon peut se permettre une telle audace vocale. Sa voix caressante module, se pose, scande puis s'envole dans une parenthèse musicale comme hors du temps.

    Chez Melissa Bon l'électro a sa place, sauf qu’elle n’en use pas une matière musicale sophistiquée et envahissante. L'électro dessine par touches impressionnistes un EP dominé par une voix fragile, hypnotique et mélancolique. La chanteuse se dépouille de tout artifice avec une simplicité suffisamment rare pour être soulignée.

    Qu’il est loin le temps de la célèbre émission de télé-crochet : maintenant, Melissa Bon semble s’avancer avec la simplicité d’une artiste à la recherche de l’essentiel. On l’imagine seule et apaisée, marchant pieds nus sur une plage déserte au lever du jour, par un matin d’été.

    Melissa Bon, Away, EP, sortie le 15 juin 2018
    https://www.instagram.com/melissabon
    https://www.facebook.com/melissabon30

  • À Tanger, je me suis perdu avec Camélia Jordana

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    Découvrir, avec le regard d’un artiste, une ville émergente qui pourrait bien devenir incontournable dans quelques années : telle est l’ambition de Capitales inconnues, une série au format court à découvrir sur Internet. Ses créateurs annoncent déjà les futures capitales visitées : Jakarta, Accra, mais aussi Oulan-Bator, Auckland, Téhéran ou La Paz. Les épisodes s’articulent autour de séquences récurrentes : architecture et économie, divertissements, mode, cuisine, arts, sports et personnalités. Capitales Inconnues se déclinera ensuite en capsules courtes, en un site web et en une application, avec l’objectif d’être présent sur les réseaux sociaux.

    Le premier numéro de cette émission hybride, à mi-chemin entre le web documentaire et le magazine culturel, nous fait découvrir Tanger grâce à Camélia Jordana.

    Une des villes les plus hypes d’Afrique du Nord

    La chanteuse et actrice déambule, en compagnie de Laurent Bardainne, dans les ruelles étroites et les lieux les plus incontournables de l’une des villes les plus hypes d’Afrique du Nord. À travers des séquences brèves et rythmées, le spectateur découvre la remarquable Librairie des Colonnes, le café Hafa où Jimi Hendrix, Liz Taylor et les Beatles avaient leurs habitudes, le théâtre Cervantes, le café Baba ou la première maison de Paul Bowles.

    Dans ce premier numéro de Capitale Inconnue, pas de longs discours, de lieux attrape-touristes, de regards appuyés sur des décorums ou des dorures ou de guides rébarbatifs mais une pérégrination cool, guidée par une Camélia Jordana légère et hypnotisante.Ce voyage à Tanger se termine sur les toits de l’hôtel Dar Nour, avec vue imprenable sur la bbaie de Tanger. La chanteuse y interprète Stupid Love, un titre de son nouveau projet musical, le bien nommé Lost. Se perdre dans une ville magnétique avec Camélia Jordana et au milieu de ses habitants : voilà le genre de périple touristique qui ferait rêver n’importe qui.

    Capitales Inconnues de Richard Minier et Leslie Dubest, premier épisode, Tanger,
    avec Camélia Jordana,
    26 minutes version TV / 13 minutes version Web TV / 3 minutes capsules / 1'20 teaser,
    Heavy Surf / Together, 2018
    http://www.capitalesinconnues.com

    © Heavy Surf / Together

  • Les yeux du rêve

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    Bla Bla Blog va vous faire vivre les étapes de la réalisation d'un court-métrage qui sera tourné dans la région d'Orléans. 

    Ce projet, intitulé "Les yeux du rêve," a commencé avec un concours de scénario organisé par l'association Éclectique

    Comme l'annonce Éclectique, la prochaine étape sera la préparation du tournage durant la Toussaint 2018, avec notamment les castings pour trouver les actrices, acteurs et figurants de cette aventure ciné. 

    https://eclectiquecontact.wixsite.com/eclectique

  • Nouvelle vague

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    Il y a de la fraîcheur eighties chez les trois garçons d’Amoure, un groupe de la scène pop strasbourgeoise né en 2014. Ils signent leur nouvel EP, Vague, léger comme un farniente estival et d’un séduisant dynamisme. Prise de tête interdite : "Je veux faire des vagues / Quitte à nager en plein délire. / Je veux faire des vagues, / Les chevaucher jusque Agadir"(Vague).

    Les quatre titres pop ne lésinent pas sur l’énergie, et vous serez bien en peine de ne pas les écouter à plein volume lorsque vous lézarderez sur votre plage préférée. C’est une joyeuse parenthèse dorée que nous proposent les trois membres du groupe, Nicolas Lietaert, Julien Hermann et Thibault Dutt : du vague, des plages (Sable), de la lumière (Claire) et un trip à Rome en bonus.

    Le premier titre, Vague, annonce la couleur : ce nouvel EP des Amoure se veut estival. Estival et aussi, quelque part, new wave : c’est en effet du côté d’Indochine mais aussi d’Étienne Daho que nos trois musiciens viennent chercher une partie de leur inspiration. Des influences qu’ils revendiquent dans l’adaptation, en forme d’hommage, de Week-end à Rome. Et l’on repart, sous le soleil italien et avec Daho cette fois : "Week-end à Rome, / Tous les deux sans personne / Florence, Milan, s'il y a le temps / Week-end rital, en bagnole de fortune / Variété mélo à la radio."

    Amoure, Vague, Deaf Rock Records, mai 2018
    Amoure, en concert le 31 juillet à l’Estival Open Air, Estavyer (Suisse)
    http://www.bonjouramoure.fr
    https://www.facebook.com/amouremusic

  • France-Croatie

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  • La chatte et la gagne de "La Desch"

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    Et si c’était lui, l’homme du Mondial ? Alors que la France s’apprête à jouer sa troisième finale de coupe du Monde de football en Russie (le record depuis vingt ans pour une équipe nationale), l’hebdomadaire Marianne met à l’honneur le sélectionneur Didier Deschamps, vêtu en couverture, pour l’occasion, du costume présidentiel. "Deschamps Président !" proclame le magazine habituellement plus tourné vers des sujets politiques.

    Le foot est-il un sujet futile et réservé à une masse abrutie ? Pas du tout, écrit le journaliste Éric Couty, qui rappelle une citation d’Albert Camus : "Il n’y a pas d’endroits dans le monde où l’homme est plus heureux qu’un stade de football" et une autre de l’ex-entraîneur de Liverpool, Billl Shankly : "Le football n’est pas une question de vie ou de mort, c’est quelque chose de beaucoup plus important que ça."

    Et Didier Deschamps dans tout cela ? Éric Couty énumère les qualificatifs d’un coach que plus personne n’ose contester : simple, modeste, courageux, laborieux, antihéros, généreux et surtout compétiteur dans l’âme. Là est sans doute le secret d’une équipe et d’un sélectionneur, outsiders au début de la coupe du monde, loin derrière l’Allemagne, l’Espagne, le Brésil et même l’Argentine. Une équipe jeune, peu expérimenté, dotée de l’atout d’une attaque puncheuse, mais fragilisé par une défense que l’on disait peu fiable – et qui, paradoxalement, aura été l’un de ses points forts. Les mauvaises langues parlent aussi, au début du mondial, d’une certaine "chatte," avec des matchs de poules largement à sa portée (l’Australie, le Pérou et le Danemark). Mais avec aussi une moitié de tableau coriace et des équipes au-dessus du lot : l’Argentine de Messi, l’Uruguay de Cavani et la Belgique de Hazard.

    Capitaine à vingt ans

    Le sens de la gagne : voilà ce qui caractérise Deschamps et ses hommes. La finale perdue en 2016 contre le Portugal en Coupe d’Europe a été une gifle que personne ne veut revivre, et encore moins celui que l’on surnomme affectueusement "La Desch."

    Dans Marianne, Étienne Girard et Hadrien Mathoux ("La Desch, taille patron") tracent un portrait passionnant du sélectionneur français, dont l’aura et l’autorité a marqué l’histoire du foot français dès ses débuts de joueur. Si ses qualités techniques ne valent pas un Zidane, un Platini ou un Papin, il s’impose rapidement comme un patron, pour ne pas dire "un chef de meute" capable de galvaniser ses coéquipiers. À vingt ans, Dédé devient capitaine de l’équipe du FC Nantes, rappellent les deux journalistes. Deschamps n’abandonnera jamais ses oripeaux de leader. Un exemple ? Lors de sa période marseillaise, le joueur parvient à convaincre l’emblématique Bernard Tapie de ne pas le vendre au PSG afin de réussir à l’OM. Bien lui en prend : le club marseillais gagne en 1993 la Champion’s League.

    Ce ne sera que le début d’un chapelet de titres, d’abord avec la Juventus de Turin de 1994 à 1999 (une nouvelle ligue des Champions, plusieurs titres de Champion d’Italie), puis avec l’équipe de France : Champion du Monde en 1998 et Champion d’Europe deux ans plus tard. Devenu entraîneur, Didier Deschamps ne s’arrête pas en si bon chemin : sitôt devenu coach de l’AS Monaco, il emmène, en 2004, son équipe jusqu’en finale de la Champion’s League – mais pas jusqu’au titre, hélas. C’est fort logiquement que La Desch devient sélectionneur de l’équipe de France en 2012, après la parenthèse Laurent Blanc, un ancien coéquipier de la Bande à Zizou. L’équipe de France a beaucoup à se faire pardonner : peu inspirés et sans performances majeures, les joueurs traînent surtout avec eux une réputation calamiteuse (la grève et le bus de Knysna en 2010, l’affaire de la sextape de Valbuena ou le scandale Zahia avec Benzema et Ribéry).

    Comme cette époque semble lointaine. La belle histoire d’amour entre l’équipe de France et son pays atteint son paroxysme ce dimanche 16 juillet, victoire ou non. Il ne reste plus qu’à espérer que la gagne et la chatte seront avec les hommes de La Desch.

    Marianne, 13 juillet 2018

  • Les victoires en bleu et les bleus des défaites

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    À quelques jours du début de la coupe du monde de football, voilà un documentaire que Didier Deschamps a vu ou verra. À moins qu’il ne fasse le choix de zapper Sélectionneurs, un documentaire de Renaud Saint-Cricq, tant ce film a de quoi donner des sueurs froides à ces hommes en charge du coaching des hommes en bleu.

    Pour ce film proposé par Canal+, Renaud Saint-Cricq a interrogé quelques sélectionneurs marquants de qui ont mouillé leur maillot sur le banc de touche : Michel Hidalgo, Gérard Houiller, Michel Platini, Henri Michel (décédé il y a quelques mois et à qui est dédié ce film) et l’inimitable Raymond Domenech. Il manque toutefois le témoignage d’Aymé Jacquet, l’un des forgerons de la victoire de 1998. Ces figures marquantes du football français racontent de l’intérieur ce job à haut risque, hors du commun, passionnant, exaltant mais aussi plein d’ingratitudes.

    Ils parlent de la découverte de ce métier si particulier, des relations compliquées avec les médias, des victoires, des défaites puis de la fin souvent brutale de leur mission. Le sélectionneur est souvent le fusible qui saute, puisqu’on ne peut pas virer onze joueurs d’une équipe qui a failli, comme le fait remarquer Raymond Domenech.

    Le chef-d’œuvre de Zidane

    Les grands matchs, gagnés ou perdus, sont évoqués : la demi-finale France-Allemagne lors du mondial de 1982, le quart de finale contre le Brésil eu Mexique en 1986, le match qualificatif contre la Bulgarie en 1993, le "chef-d’œuvre de Zidane" lors du France-Brésil de 2006 et la finale perdue contre l’Italie lors de cette même coupe du monde. Raymond Domenech revient également longuement sur l’affaire de Knysna en 2010.

    Chacun des sélectionneurs revient avec franchise et souvent émotion ces sur ces compétitions, sur leur passion, sur leurs relations avec les joueurs et sur les difficultés qu’ils ont dû affronter. Les bonheurs comme les blessures de ces hommes en bleu ne sont pas cachées. Des blessures qu’ils acceptent, tout en déplorant que dans leur profession si particulière, ce soient les proches et les enfants qui souffrent le plus. Gageons que, pour cette coupe du monde sur le point de commencer, Didier Deschamps ne connaîtra que les très grands bonheurs d’une victoire et pas les bleus des défaites.

    Sélectionneurs, de Renaud Saint-Cricq, France, 2018, 82 mn,
    en ce moment sur Canal+

  • C’est l’amour à la plage

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    Flore Cherry et Guenièvre Suryous rempilent pour un nouveau Guide de Survie sexuelle. Après l’étudiante et la business girl, cette fois c’est à la vacancière que s’intéressent nos deux spécialistes : "Les vacances, c’est le moment idéal pour décrocher du quotidien et s’offrir le temps de quelques jours et de quelques nuits, une bulle d’évasion exotique et, pourquoi pas érotique," disent les auteures en avant-propos.

    On retrouve dans ce nouveau volume de Guide de Survie sexuelle les rubriques habituelles : des profils types (en l’occurrence la jet-setteuse, l’intello, et la baroudeuse), les fiches de premiers secours, un catalogue de "questions relous" (avec un florilège de réponses possibles), une rubrique "Culture G" et des "témoignages de Survivantes." Flore Cherry et Guenièvre Suryous ont également eu la bonne idée d’inclure dans leur vade-mecum estival des grilles de mots croisés et un carnet personnalisable par le lecteur.

    Le Guide de Survie sexuelle de la Vacancière se veut à la fois léger et pratique, tout en essaimant discrètement, et sans tabous, conseils et rappels : comment choisir un maillot sans stress, comment faire l’amour lorsque l’on est jeune maman, comment gérer un amour d’été ou quoi apporter pour des vacances torrides. La lectrice et le lecteur y retrouveront sans doute des informations glanées ici ou là dans leurs magazines préférés, mais d’autres sujets plus inhabituels sont également traités : quelles sont les destinations étrangères les plus sexy ? Peut-on faire l’amour dans un avion ? Quels sont les meilleurs spots pour draguer un étranger ?

    Une île "détox des hommes" pour les femmes

    La rubrique "Culture G" propose, de son côté, de parfaire notre culture générale en s’intéressant, bien entendu, au sexe et aux vacances. Et l’on apprend que la Suède proposera bientôt une île "détox des hommes" pour les femmes, que le topless s’est sérieusement ringardisé depuis quelques années, que le Brésil ouvre cet été un parc d’attraction dédié au sexe ou que les Anglais mettent en vente des glaces au champagne et au Viagra...

    Le lecteur pourra s’arrêter, avec un mélange de consternation et d’amusement, sur ces questions relous souvent entendues : "Tu ne nous ramène pas un Africain à la maison ?," "Voulez-vous couchez avec moi ce soir ?", "Tu as pris combien de kilos en Australie ?"

    Le grand bonus de ce Guide de Survie sexuelle de la Vacancière reste les témoignages de "survivantes" : des confessions d’anonymes qui prouvent que la réalité peut parfois dépasser l’imagination des meilleurs scénaristes. Ce chapitre est à ne pas manquer.

    Le nouveau livre de Flore Cherry, illustré avec finesse et dans des couleurs chaudes par Guenièvre Suryous, est à emporter pour vos vacances, que vous soyez seules ou (bien) accompagnées. La parenthèse légère et dorée des vacances ne saurait se passer d’escapades coquines et d’aventures sexy. "Le désir ne meurt jamais" dit d’ailleurs Julia Palombe en préface : une phrase digne de James Bond que revendiqueront sans aucun doute nos deux auteures chéries.

    Flore Cherry et Guenièvre Suryous, Guide de Survie sexuelle de la Vacancière,
    éd. Tabou, 128 p., 2018

    http://guenievre-illustration.com
    http://popyourcherry.fr

    Voir aussi :
    "Zob in job"
    "La vie (sexuelle) des jeunes"
    "Union TV : un nouveau média pour une nouvelle révolution sexuelle"

  • Un bilan du festival de jazz de La Défense

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    Bla Bla Blog s'était intéressé à La Défense Jazz Festival. Pour sa 41ème édition le festival a accueilli 38 500 spectateurs sur le parvis de La Défense. 23 concerts gratuits étaient proposés, proposant de multiples styles de jazz.

    L'édition 2018 proposait une ligne artistique mettant en avant des grands noms du jazz et des musiques afro-américaines, des valeurs montantes du jazz d'aujourd'hui et des découvertes : André Manoukian Quartet, Céline Bonacina et le Mégapulse Orchestra, Monolithes, Meshell Ndegeocello, Al McKay's Earth Wind & Fire Experience, Lee Fields & the Expressions ou encore R+R=NOW.

    Le jury du concours a choisi de décerner le Prix de groupe à Matthis Pascaud Square One (doté de 5 000€ en aide professionnelle). Lucas Saint-Cricq (saxophoniste de Matthis Pascaud Square One) a reçu le Prix d'instrumentiste(d'une valeur de 1 500 € en aide professionnelle).

    Le festival a également mené des actions d'éducation artistique et culturelle avec le groupe Monolithes et le Megapulse Orchestra à destination des collégiens, des musiciens amateurs, des personnes âgées et des personnes en difficulté d'insertion, ainsi que les patients hospitalisés en gérontologie et des patients atteints de troubles psychiatriques.

    Rendez-vous l'année prochaine pour la 42e édition de La Défense Jazz Festival !

    Ladefensejazzfestival.hauts-de-seine.fr

    "Jazzez à La Défense"
    "Une création de Céline Bonacina à La Défense Jazz Festival"

  • Cons et néocons

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    "Un idiot entouré de clowns" : c’est le punchline en quatrième de couverture de l’essai qui a déstabilisé la Maison Blanche de Donald Trump. C’est à Michael Wolff, écrivain et journaliste américain que l’on doit Le Feu et la Fureur (éd. Robert Laffont), véritable réquisitoire contre le Président américain populiste, arrivé au pouvoir il y a à peine deux ans, à la surprise générale.

    Parlons justement de cette prise de pouvoir. Le 8 novembre 2016, Trump et son équipe s’apprêtent à laisser la Maison Blanche à Hillary Clinton : "Il ne va pas gagner! Ou alors, perdre c’est gagner." Cette défaite annoncée jusque dans l’équipe du candidat républicain sonne en réalité comme un triomphe et un gage de futures victoires : Trump pourrait devenir un véritable martyr politique et asseoir une popularité mondiale, sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner deviendraient des célébrités et permettraient de développer la marque Trump, Steve Bannon, l’idéologue, prendrait la tête du Tea Party et des néoconservateurs et le Parti Républicain retournerait à son fonctionnement habituel après cette parenthèse électorale – un véritable cauchemar pour leurs augustes représentants.

    Sauf que rien ne se passe comme prévu : lorsque après 20 heures les résultats tombent, les témoins croisent le futur Président désigné fantomatique. Quant à sa femme, Melania, elle est en larmes, "et ce ne sont pas des larmes de joie." Seul Banon semble être amusé par ce coup de poker incroyable qui voit accéder le plus improbable des candidats à la tête de la plus grande démocratie du monde.

    Steve Bannon est paradoxalement le personnage principal du récit vrai de l’accession au pouvoir du néocon "idiot" et arriviste qu'est Trump. Des chapitres entiers sont consacrés à ce véritable aventurier de la politique américaine qui a fait du Président son instrument pour faire triompher ses thèses d’extrême-droite et faire "crever la bulle du ‘gauchisme internationaliste...’"

    "Jarvanka"

    Un drôle d’instrument en vérité, car Trump se révèle, sans surprise, comme particulièrement retors à comprendre, voire à maîtriser lorsque la diplomatie exige du sang-froid. Le 45e Président américain s’avère être tout aussi atypique dans le paysage politique outre-atlantique que Bannon : capricieux, rancunier, insaisissable et atterrissant dans une Maison Blanche dont il ne comprend pas le fonctionnement.

    Autres personnages de cette saga présidentielle : le couple Ivanka-Jared, dénommés "Jarvanka, telle une entité unique. La fille et le gendre de Trump c’est la famille au pouvoir. Ils bénéficient d’un statut à part et de responsabilités étendues. Trump confie même à son beau-fils le dossier du proche-Orient. Vaste défi pour un tel néophyte ; mais Trump ne l’est-il pas lui-même ?

    Michael Wolff consacre de longues pages, bien documentées, à l’affaire russe, qui continue d’empoisonner la vie politique américaine. La question brûlante est posée : l’équipe Trump a-t-elle truqué les élections à l’aide des Russes ? La justice et les médias s’engouffrent dans cette affaire d’État. Le scandale pousse Trump à surréagir à coup de colères, de limogeages et de fake news.

    Le lecteur français a droit, dans Le Feu et la Fureur, à une véritable plongée dans l’Amérique politique américaine, au point parfois de se perdre au milieu de personnages publics ou médiatiques inconnus de ce côté-ci de l’Amérique. Un index permet, heureusement, de s’y retrouver, et l’on découvre un pays devenu comme fou et sans boussole depuis qu’un con et un néocon a pris la main sur la plus grande démocratie du monde, pour quatre ans – sinon plus.

    Au secours : les populistes sont au pouvoir !

    Michael Wolff, Le Feu et la Fureur, Trump à la Maison Blanche,
    éd. Robert Laffont, 2018, 370 p.

  • 10 variations sur le même t’aime

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    Il y a comme un parfum de légèreté dans l’album de Noon, Love In Translation. Un joli titre, en passant, hommage bien entendu au chef d’œuvre de Sofia Coppola, le film Lost in Translation.

    L’amour : voilà le leitmotiv de cet album pop, à la légèreté idéale à l’approche de l’été. L’attirance, les liens indéfectibles, le désir, la séduction, l’aliénation ou la joie de la rencontre : Noon parle de la multitude des liens que recouvre l’amour, déclinés sur 10 variations et en 10 titres : "Amour passion, amour fou, amour filial, amour inconditionnel, amour de soi."

    La sincérité baigne dans ce premier album, tout en délicatesse, mais aussi aux multiples influences : chanson, pop, électro ou funk. Noon n’est d’ailleurs jamais aussi bonne lorsqu’elle se pare du costume de la chanteuse soul (Perfume of Euphoria). L’auteure-compositrice-interprète a d’ailleurs fait partie du groupe électro Shenkin en 2011.

    L’auditeur pourra se laisser séduire par les vagues électro d’une chanteuse qui a fait le choix de l’anglais dans la majorité de des titres, à l’exception du Cœur des Hommes ("Ce sont les hommes qui s’abandonnent / Qui sont ces hommes qui s’abandonnent ?" chante-elle avec une désarmante sensibilité) et de Sans Toi.

    Impossible également de ne pas s’attacher à la délicate reprise de The Logical Song des Supertramp. Une interprétation qui a été saluée d’ailleurs par Roger Hodgson lui-même.

    Mine de rien, Noon parvient à nous prendre par la main et par le cœur dans un premier album tout en séduction et en "je t’aime."

    Noon, Love In Translation, PBC / Warner Music, 2018
    https://www.yourlabelmusic.com/noon

    Page Facebook de Noon
    Interview de Noon pour Les Chroniques de Mandor, février 2018

     

  • Inst-art-gram

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    De jeunes artistes se révèlent sur Instagram, nous apprend Le Monde dans son édition du 26 juin dernier (Roxana Azimi, "Les jeunes artistes se révèlent sur Instgram"). On savait les réseaux sociaux à l’affût de la moindre occasion de s’immiscer dans l’économie réelle ; on se doutait moins que les artistes pouvaient s’emparer d’un réseau social plus connu pour les frasques des Kardashian que pour la création contemporaine.

    Et pourtant. Et pourtant, le célèbre quotidien du soir mentionne l’artiste nantaise Ariane Yadan qui a vendu une photo sur Instagram ou de Jean-Baptiste Boyer qui a vendu des œuvres sur Internet, avant sa première exposition à la galerie Laure Roynette (Paris 3e).

    Verrait-on l’émergence d’une nouvelle forme de collections d’art ? Il est probable que oui, si l’on en croit une étude faite par Artsy datant de 2015 – autant dire une éternité à l’ère du numérique. D’après le site spécialisé, il y a déjà 3 ans, 51,5% des collectionneurs d’art avaient acheté au moins une œuvre sur Internet. Et aujourd’hui, Instagram représente un milliard d’utilisateurs et s’avère être un média d’une grande efficacité. Au point, ajoute Le Monde, que la galerie Perrotin a confié sa publicité à l’agence BETC et peut se féliciter d’avoir vu son nombre d’abonnés doubler et ses ventes augmenter. La recette magique ? Les algorithmes, les likes et, plus généralement, la visibilité.

    Le quotidien regrette, à juste titre, que l’outil puissant qu’est Instagram ne mette en avant que les sujets les plus tendances, voire les plus stéréotypés (les visages plutôt que les paysages ou le bleu plutôt que le rouge). L’art sur Instagram, oui, mais sous certaines conditions. Et aussi le danger d’une uniformisation de l’art contemporain.

    Roxana Azimi, "Les jeunes artistes se révèlent sur Instgram", in Le Monde, 26 juin 2018
    Instagram "#artcontemporain
    "

    https://www.artsy.net
    http://arianeyadan.com
    http://www.galerie-art-paris-roynette.com

    Voir aussi : "La brodeuse masquée a encore frappé"

    © Ariane Yadan
    © jean-Baptiste Boyer

  • Deus ex machina

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    Attention : spoils pour celles et ceux qui n’auraient pas vu la première saison de Westworld...

    Les robots – pardon, les hôtes – du célèbre parc de Robert Ford sont de retour, bien décidés à prendre leur destin en main, guidés par une Dolorès (Evan Rachel Wood ) métamorphosée en prophétesse impitoyable. 

    La série Westworld, l’une des meilleures du moment, a remis HBO au centre des attentions et prouve que la chaîne câblée n’a rien perdu de son audace, après les succès historiques de Soprano, Rome ou Game of Thrones.

    Pour cette nouvelle saison, la série créée par créée par Jonathan Nolan (le frère de) et Lisa Joy ouvre des perspectives scénaristiques ahurissantes.

    Des perspectives scénaristiques ahurissantes

    Westworld est l’adaptation télé du roman, mais aussi du film Mondwest, écrit et réalisé par Michael Crichton en 1973. Westworld est ce parc d’attraction imaginé autour de l’univers de western, et dans lequel des robots plus vrais que nature sont destinés à satisfaire les plus bas instincts des visiteurs humains : se battre, tuer ou violer. Dans un futur plus ou moins proche, la technologie parvient à créer des androïdes quasi parfaits mais surtout soumis à des ingénieurs qui peuvent les programmer et les rebooter à volonté. Seulement, un bug est découvert par Bernard, l’un des scientifiques de Westworld (Jeffrey Wright). Et voilà nos robots bien décidés à prendre leur destin en main.

    Les ramifications promises à la toute fin de la première saison se développent au-delà des espérances, et ce en dépit de quelques longueurs, de dialogues denses ou d’intrigues complexes. L’ambivalence des personnages – et en premier lieu de Dolorès et de Maeve (Thandie Newton) – est le vrai must, tout comme le choix d’enrichir le parc de nouveaux univers.

    L’histoire mêle interrogations métaphysiques, va-et-vient entre le passé et le futur, condamnation de ces Prométhée modernes incapables de maîtriser leurs créations, sans oublier une bonne ration de violence et de sexe.

    La saison 2 de Westworld est l’événement télé de ces dernières mois, mais sans doute aussi un authentique fait sociologique autour des dangers de l’intelligence artificielle – et naturelle.

    Westworld, saison 2, créé par Jonathan Nolan et Lisa Joy,
    avec Evan Rachel Wood, Thandie Newton, James Marsden,
    Ed Harris et Jeffrey Wright, HBO, 10 épisodes, 2018, sur OCS
    https://www.hbo.com/westworld

    Voir aussi : "C'est pas de la télé, c'est HBO"