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Valentina, Martina, Sara, Maria, Eva et les autres

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L’amour est une aventure et une énigme. C’est ainsi que pourrait se résumer en quelques mots la démarche de Robin Bouchet pour son premier roman, Valentina (et autres prénoms en -a), paru chez Hugues Facorat éditions.

Pierre Noret, le narrateur, un jeune homme désargenté et surtout paumé, choisit de changer d’air à Rome, autant pour fuir quelques jours la vie parisienne à pas cher (il est logé par une bonne copine qui a accepté de l’héberger) que pour vérifier la "théorie selon laquelle les Italiennes étaient des femmes magnifiques." Voilà donc notre Français déambulant parfois dans les lieux touristiques de la capitale italienne et traînant surtout dans des bars romains. Un soir, il croise une jeune femme "stupéfiante et envoûtante, l’idéal féminin." Il hésite à l’aborder ("J’étais paralysé de terreur devant tant de beauté") et est à deux doigts de l’inviter à prendre un verre. Il la recroise le lendemain dans le même bar, puis la perd de vue. Il parvient cependant à trouver son prénom – Valentina – et à transmettre son numéro de téléphone à des amies. Mais Pierre est mû par une obsession qui constituera le cœur de son périple italien. Il doit revoir Valentina : "Je devais la retrouver pour pouvoir être certain de ce que je ressentais… J’avais l’impression d’être pris au piège." La recherche de ce grand amour conduit le narrateur jusqu’à Naples et à Pompéi, à la recherche de cette femme et lui permettant aussi d'en rencontrer d'autres.

Polar américain à la Raymond Chandler

Sur une intrigue aussi tenue, Robin Bouchet, malin et trempé d’un solide humour, a choisi de raconter cette histoire à la manière d’un polar américain à la Raymond Chandler. Rien ne manque : un narrateur désabusé et caustique, des jolies poupées, de l’alcool, du tabac, des lieux interlopes, et sans oublier une machine à écrire Remington, utilisée par l’auteur pour écrire son récit dans une jolie mise en abîme. Par contre, ce n’est pas le jazz qui est choisi en guise de BO mais du rock : AC/DC (Hell Ain't a Bad Place to Be), Led Zeppelin (Over The Hills And Far Away), Queens of the Stone Age (You Think I Ain't Worth a Dollar, But I Feel Like a Millionaire), The Doors (Break On Through To the Other Side), Warren Zevon (Life'll Kill Ya) ou Pink Floyd (GoodBye Blue Sky et Coming Back to Life).

Ce roman grinçant, mélancolique et traversé par des éclairs lumineux, se termine par une fin singulière : l’insaisissable Valentina se révélera sous des traits inattendus, après un voyage italien en forme de un fiasco sentimental. Peut-être l’auteur a-t-il d'ailleurs eu cette citation de Charles Bukowski en écrivant son roman : "J’ai regardé le garçon. Il avait les larmes aux yeux. Tremblait de tous ses membres. Il était amoureux, le pauvre diable."

Robin Bouchet, Valentina (et autres prénoms en -a),
éd. Hugues Facorat, 2018, 128 p.

Page Facebook de Robin Bouchet

Voir aussi : "Ivre de vers et d’alcool"

"On s’était dit rendez-vous dans vingt ans"

"Dans les archives de Philippe Manœuvre"

© Julia Tasca

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