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liban

  • Le cinéma libanais célébré malgré tout

    Pouvait-on imaginer pareil centenaire et pareille naissance ?

    Le centenaire est celui de la création du Liban et la naissance celle du Festival du Film Libanais de France, du 7 au 11 octobre, au cinéma Le Lincoln (Paris 8e).

    Deux mois après les explosions à Beyrouth, fêter le cinéma libanais prend tout son sens, comme le dit Philippe Aractingi, cinéaste franco-libanais (Bosta, Sous les bombes, Listen) et parrain du FFLF 2020 : "Voilà que dans tout ce marasme, un groupe de jeunes libanais enthousiastes décide d’organiser un festival pour honorer le cinéma libanais. Un rayon de soleil dans les pires ténèbres, un brin d’herbe improbable qui brave les décombres comme seuls en sont capables mes compatriotes."

    La première édition du Festival du Film Libanais de France fait figure d’acte de bravoure autant que d’éclairage bienvenu sur ce cinéma venu de ce coin de la Méditerranée : "Un acte pionnier car premier en son genre, une initiative noble qui vient renforcer les efforts du cinéma libanais, qui reste un art artisanal en quête d’identité."

    Reflet d’une société plurielle et multiconfessionnelle, le cinéma libanais ne cesse de surprendre par sa diversité, son ambition et son regard critique. Ouverture, indépendance, liberté, audace, ce sont autant de valeurs qui constituent les fondements mêmes du Festival du Film Libanais de France. Au programme : projections-débats, compétition de courts métrages, table ronde ("Comment le cinéma libanais peut-il survivre à la conjoncture actuelle ?"), master class, rencontres, mais aussi concerts avec Layale Chaker & Quartet, en ouverture du festival.

    La première édition du Festival du Film Libanais de France fait figure d’acte de bravoure

    La projection de longs métrages rythmera le festival : Broken Keys de Jimmy Keyrouz (en sélection officielle à Cannes 2020), Nocturne in Black de Jimmy Keyrouz (2016), All This Victory de Ahmad Ghossein (séance en partenariat avec l’Institut du monde arabe), avec également une série de focus sur Beyrouth : le documentaire Beyrouth, jamais plus de Jocelyne Saab (1976), Beirut Terminus de Élie Kamal en avant-première, Beyrouth Through Time de Philippe Aractingi, Go Home de Jihane Chouaib, Listen ("Ismaii") de Philippe Aractingi, The Beach House ("Beit el-Baher") de Roy Dib ou Allo Chérie, court-métrage hors-compétition de Danielle Arbid, extrait de la série Ma Famille Libanaise. Cette projection sera suivie de Blackjack, court-métrage hors compétition de Danielle Arbid, extrait également de la série Ma Famille Libanaise.

    Un jury constitué du comédien Rodrigue Sleiman, de la comédienne Christine Choueiri, de l’écrivain et chercheur Élie Yazbek, de la productrice Myriam Sassine, de Serge Akl, directeur de l’Office du Tourisme Liban en France et de la comédienne Andrée Nacouzi remettra trois prix (Prix du Jury, le Prix de la Meilleure Fiction et le Prix Jeune espoir) à l’issue de la projection des courts-métrages en compétition : 30/2 de Hadi Ibrahim, Where To? de Robine Nachar, La Folie à deux de Charelle Abdallah, Ila Haythou – To Nowhere de Pamela Nassour, Harmonica de Jad Dona, That Stupid Armenian’s Motion Picture Show or Garen de Hrag Meguerditchian, Until The Rain Wanes de Marianne Bou Mosleh, NightShift, "طعمي السمكات" de Marc Salameh, Chmout de Rami Aidamouni, The War Of Others de Rami Ghorra, And The Party Goes On! de Michael Asmar, I Want To Be Understood And Ignored de Shadi Rabahi, Recipe In Exile de Chantal Kassarjian, What’s Your Name? de Nour Al-Moujabber, Day 6 de Layal M. Rajha et CORONA DAYS, "زمن كورونا" de Layal M. Rajha.

    Cette première édition du Festival du film libanais est un autre moyen de soutenir un pays et une culture singulièrement mis à mal cette année.

    La soirée d'ouverture aura lieu à l'Institut du monde arabe le mercredi 7 octobre.

    Le Festival du Film Libanais de France
    Du 7 au 11 octobre 2020 au cinéma Le Lincoln, Paris 8e
    https://fflfofficial.fr

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  • Le parfum oriental de Yara Lapidus

    Il ne pouvait en être autrement : la collaboration de Yara Lapidus avec le compositeur Gabriel Yared ne pouvait que donner un album à la fois riche en couleurs, musicalement dense et d’une justesse qui nous fait dire qu’Indéfiniment est absolument inratable.

    D’un côté, il y a la franco-libanaise Yara Lapidus à la carrière déjà riche dans le milieu de la mode et ayant sorti son premier album, Yara, il y a tout juste dix ans ; de l’autre, nous avons Gabriel Yared, libanais de naissance lui aussi, compositeur de musiques de film multi-primées et légendaire (37°2 Le Matin – nous y reviendrons –, L’Amant, mais aussi Le patient anglais, Cold Mountain ou, plus récemment, Juste la fin du monde). La rencontre – si l’on omet celle, plus étonnante encore, avec Iggy Pop – ne pouvait que donner naissance à un opus magique, enregistré aux studios d’Abbey Road.

    On entre dans l’univers d’Indéfiniment par des chemins méditerranéens. Depuis toi déploie langoureusement avec des accents métissés, avec instruments orientaux, grand orchestre et guitare électrique. Ce titre, repris du reste en fin d’album dans une version duo avec Adnan Joubran, dit tout d’un opus personnel : "Tout en moi / Me parle de toi / Dessous mes petits airs de femme qui rendent fous / Se cache un cœur en flamme et des remous."

    Indéfiniment, au romantisme chavirant, n’est pas sans renvoyer au dépaysement qu’avait proposé Gabriel Yared pour la BO de L’Amant, il y a plus de 25 ans. Un retour très excitant pour le compositeur aussi épris d’influences méditerranéennes et libanaises que son interprète : que ce soit la bossanova de Saidade de voce (reprise également en duo avec Chico Cesar) ou Illalabad, commençant comme un chant traditionnel du pays du cèdre, avant de se développer en ballade amoureuse somptueuse, servie par la voie sensuelle et veloutée de Yara Lapidus.

    La chanteuse n’est jamais aussi bien lorsqu’elle murmure ses chants d’amour, car c’est bien ce thème qui traverse tout l’opus, comme le reconnaît Gabriel Yared. Ça sert à rien cache derrière la fragilité et l’évanescence du sentiment amoureux le rêve d’un idéal à décocher : "S’il fallait un jour refaire le monde / Jure-moi mon amour que pas une seconde / Ne vaudrait la peine d’être perdue / Tous nos instants seraient suspendus."

    Une version en duo avec Iggy Pop

    La vie coule dans les veines de ce premier album, classique dans la facture mais cachant derrière les compositions mélodiques et maîtrisées de jolies surprises à chaque titre : que ce soit l’onirisme de Le plus doux de mes rêves, le pop-rock étonnamment rugueux et tout en relief de No no no no t’en fais pas, le son easy-listening d’Un matin sans toi ou encore la délicatesse toute romanesque de Ça sert à rien.

    Loin très loin constate, avec une mélancolie déchirante, la fin d’un amour. Pour cette chanson, Gabriel Yared a fait le choix d’une orchestration classique et voluptueuse  : "Il faut bien qu’on se prépare / à l’amour qui s’en va demain / Faut vouloir la fin tourner la page / Et s’en aller / ET s’en aller mourir / je me sens si loin."

    Il faut aller au bout de l’album pour trouver ce qui constitue les véritables joyaux d’Indéfiniment et Gabriel Yared. Si le compositeur doit être de nouveau cité c’est qu’il reprend et interprète en duo avec Yara Lapidus Encor encor. Les cinéphiles reconnaîtront une version chantée du thème de 37°2 Le Matin, sur des paroles de Yara Lapidus.

    Cette belle réussite en cache une autre : audacieuse, Yara Lapidus propose une seconde version en duo d’Encor Encor avec Iggy Pop. La voix grave et rocailleuse accompagne avec une délicatesse singulière Yara Lapidus dans ce chant d’amour intransigeant :"Dis-moi encore une fois / Pourquoi la terre est ronde / Moi du creux de tes bras / Je ne vois pas le bout du monde / Je veux te garder tout contre moi."

    Inratable, vous disais-je.

    Yara Lapidus, Indéfiniment, Yara  Music / L’autre Distribution, 2018

    Voir aussi : "Suprême Alka"

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