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duo

  • Élévations et émancipations

    Le Duo Alma, c’est Clara Danchin et Anna Jbanova, la première au violon et la seconde au piano.  Les musiciennes proposent chez Indésens l’album Élévation entièrement consacré à trois compositrices, Amy Marcy Beach, Marguerite Canal, dont il a déjà été question sur Bla Bla Blog, et Irena Poldowski.

    Des quasi-inconnues, donc, et que le Duo Alma propose de redécouvrir. Voilà qui est une nouvelle preuve que le répertoire classique entend bien se dépoussiérer et se renouveler en sortant de l’ombre des compositrices oubliées.

    Nous voilà partis donc entre l’Amérique et l’Europe avec, pour commencer, la new-yorkaise Amy Marcy Beach (1867-1944). Concertiste brillante, célèbre jusqu’en Europe, la compositrice s’est longtemps plainte, à juste titre, de ne pas avoir été considérée à son juste niveau. "Je n'ai jamais eu vraiment le droit de signer mes compositions à mon nom donc je me devais de les signer au nom de mon mari", avoua-t-elle ainsi. Une faute, ici, réparée. Le Duo Alma propose dans leur album sa Sonate pour violon op. 34, écrite en 1899. Il est rare d’avoir des œuvres de musique classique venues des jeunes États-Unis ; ça l’est d’autant plus venant d’une compositrice telle qu’Amy Beach. Née Cheney. Sa sonate montre clairement son influence européenne, celle du postromantisme (un Allegro moderato se déployant avec mélancolie et un Largo con dolore paradoxalement rassurant). Le Scherzo: Presto laisse deviner une compositrice plus légère qu’il n’y paraît, non sans un esprit français à la Satie. Quant à l’Allegro con fuoco, il se déploie avec générosité et mélancolie, marquant du même coup l’ambition d’une compositrice généreuse et passionnée.

    Des quasi-inconnues

    La deuxième compositrice qui a les honneurs de l’album est Marguerite Canal (1890-1978). Elle s’est d’abord faite connaître comme pédagogue et chef d’orchestre puisqu’elle a été la première  femme à diriger un orchestre à la fin de la Première Guerre Mondiale, en l’occurrence l’orchestre de l’Union des Femmes Professeurs et Compositeurs de Musique. Le Duo Alma propose trois courtes pièces, un Lied, l’Idylle op. 20 et la mélodie Élévation qui donne son nom à l’opus. Marguerite Canal s’inscrit dans le courant néoromantique avec ces mélodies dans la droite lignée de Gabriel Fauré. Clara Danchin et Anna Jbanova s’en emparent avec délicatesse et justesse, rendant justice à une musicienne attachante et pleinement ancrée dans le XIXe siècle.    

    Dernière compositrice de cet enregistrement, Irina Poldowski (1879-1938) ne dira sans doute rien à l’auditeur ou l’auditrice. Son pedigree est pourtant fameux puisqu’elle est la dernière fille du compositeur polonais Henryk Wieniawski. Sa Sonate pour violon et piano laisse deviner une écorchée vive (Andante languido) et une artiste entre tradition et modernité, à l’instar du Finale, plein de passion et de fureurs. Ainsi, le Scherzo:Vivace, plein d’allants mais aussi de pièges, est abordé avec maîtrise par les musiciennes du Duo Alma. Le livret nous apprend que la mort du premier enfant d’Irina Poldowski lui laissa des cicatrices ouvertes tout au long de sa vie. Douloureux est d’ailleurs l’adjectif qui sied le mieux à cette compositrice que l’on se met d’emblée à aimer. Rien que pour ça, on peut remercier le Duo Alma. 

    Duo Alma, Élévation, Beach-Canal-Poldowski, Indésens Calliope, 2025 
    https://indesenscalliope.com/boutique/duo-alma
    https://www.duo-alma.com
    https://www.anna-jbanova.com/duo-alma
    https://www.instagram.com/claradanchin

    Voir aussi : "Petit ange parti trop tôt"
    http://www.bla-bla-blog.com/archive/2026/02/16/marion-frere-originelles-6582725.html

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  • Made in Switzerland

    Ces trois là nous viennent de Suisse – de Romandie pour être plus exact. Ils nous proposent avec l'album Secret Songs (chez Indésens) un programme de musique allemande. La soprano Léonie Renaud, le clarinettiste Damien Bachmann et le pianiste Christian Chamorel s’attaquent à trois figures du romantisme germanique, à savoir Louis Spohr, Carl Maria von Weber et l’incontournable Franz Schubert.

    Arrêtons-nous d’abord sur les deux premiers. Louis – né Ludwig – Spohr (1784-1859), assez rare sur disques et en concerts, a pourtant été le plus grand compositeur de son époque, après les morts de Weber et surtout de Beethoven. Chef d’orchestre archidoué et pédagogue reconnu, il a su faire sa place dans le beau monde allemand et autrichien. On le découvre ici comme compositeur de Six Lieder allemands.

    Léonie Renaud s’en empare avec bonheur, alternant passion ravageuse (Sei still mein Herz : "Sois calme mon cœur, et n'y pense plus, / C'est maintenant la vérité, le reste est illusion."), candeur (le court et bucolique Zwiegesang), mélancolie (Sehnsucht) ou nostalgie (Das heimliche Lied). L’auditrice ou l’auditeur fondera à l’écoute de la berceuse (Wiegenlied), comme susurrée par la soprano suisse. La clarinette de Damien Bachmann semble se pencher tout autant au-dessus de l’enfant sur le point de s’abandonner. Il faut saluer le trio d’artistes en osmose dans un programme de chambre d’une très grande finesse. Christian Chamorel, que nous avions croisé avec Rachel Kolly dans un remarquable album sur Brahms, accompagne avec tact et efficacité ses deux acolytes, laissant la place à une Léonie Renaud enflammée (le vibrant Wach auf!) et un Damien Bachmann éclatant, donnant à son instrument souffles, rythmes et couleurs.

    Il faut saluer le trio d’artistes en osmose dans un programme de chambre d’une très grande finesse

    Jusque là discret, Christian Chamorel prend une place plus importante dans le Grand Duo concertant pour clarinette et piano op. 48 de Carl Maria von Weber (1786-1826). Une autre figure reconnue du romantisme allemand, mais lui aussi boudé après sa mort prématurée à l’âge de 39 ans – il était d’une santé fragile. Weber a laissé une œuvre abondante souvent peu jouée, si l’on excepte son opéra Der Freischütz. On le retrouve ici dans ce Grand duo en mi bémol majeur. Bachmann et Chamorel s’y disputent la vedette avec virtuosité (Allegro con fuoco). Le romantisme pointe le bout de son nez dans l’Andante con moto à la beauté funèbre, avant que la vie ne danse avec la nuit (le scintillant Rondo: Allegro).

    Franz Schubert (1797-1827) apparaît comme la grande star de ce programme romantique. Renaud, Bachmann et Chamorel ont choisi 5 lieder représentatifs du génie allemand. Il y a ce court An den Frühling, pudique chant de bienvenue et de regret adressé à un jeune homme. Le Sprache der Liebe, quant à lui, plus long, est la déclaration à une bien-aimée, en musique bien sûr. Avec le lied Rastlose Liebe, op. 5 n°1, nous retrouvons l’ADN du romantisme dans lequel nature et sentiments sont étroitement liés. Léonie l’a parfaitement compris, qui insuffle sa fougue et sa douloureuse passion.

    L’amour, toujours l’amour, avons-nous envie de dire en écoutant le Sei mir gegrüßt!, déchirante adaptation d’un poème des Roses d’Orient de Friedrich Rückert en forme de missive ("Je suis avec toi, / Tu es avec moi, / Je te serre dans mes bras, / Salutations ! / Je t'embrasse !"). La poétesse  Caroline Louise von Klencke est l’autrice du texte d’Heimliches Lieben op. 106. n°1. Schubert semble se faire à la fois plus léger et aussi plus sensuel dans le poème originellement nommé À Myrtille : "Ma vie, en cet instant, ne tient qu'à ta douce bouche rosée, et manque de m'abandonner dans ton étreinte intime". Quelle belle déclaration ! La soprano l’interprète avec sensualité.  

    L’album s’achève sur Le pâtre sur le rocher (Der Hirt auf dem Felsen, op. 129 D. 965), sans doute l’une des plus belles pièces du programme. Schubert compose ce lied incroyable sur son lit de mort en 1828. Impossible de ne pas voir dans ce chef d’œuvre un long et poig, autant qu'un chant d’amour pour la vie. La clarinette de Damien Bachmann est une merveille et Léonie Renaud y amène puissance vocale et accents pathétiques : "Bientôt ce sera le printemps / Le printemps, mon espoir / Il me faut maintenant / M'apprêter à partir". Une merveille. On n’est pas prêts d’oublier les dernières mesures de ce Pâtre sur le rocher.    

    Renaud / Bachmann / Chamorel, Secret Songs, Schubert / Spohr / Weber,
    Indésens Calliope Records, 2025

    https://indesenscalliope.com
    https://www.leonierenaud.ch
    https://damienbachmann.com
    https://christianchamorel.ch

    Voir aussi : "Brahms doublement suisse (et même triplement)"
    "Les nouveaux romantiques"

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  • Quand vient la fin de l’été

    On a trouvé la BO cool de cette fin d’été. Il s’agit du Nemsis qui, après leur premier album Second Step On The Moon, propose un opus sobrement et mystérieusement appelé Mensis_Vol II. Et pourquoi pas ? Mais ne nous arrêtons pas à cela, car ce projet se révèle comme une vraie belle découverte pop, commençons avec le sucré, estival et pop Arimna.

    "Pop". Voilà le mot magique. Car derrière ce premier morceau en forme de carte postale venue tout droit de Rimini, se cache un album malin et captivant. Marta et Ange sont partis du côté des États-Unis, période seventies, pour chercher leur influence (Shooting Stass), mixant joliment anglais et français (les envoûtants et sensuels Toi & Moi et Elle & lui).

    C’est simple. On est sur une autre planète, avec un opus comme venu d’une "autre planète". Ces deux là sont heureux, c’est visible, et ils l’expriment en musique. Idéal pour cette fin d’été. Les rythmes dansent, la production propose 13 titres étincelants au service de messages inspirants sur l’amour, les rencontres et l’espoir (Une autre planète). En un mot, le bonheur (Tôt ou tard… tout va bien). 

    La pop est solide et traduit la solide expérience du duo

    Mensis va tout aussi bien chercher ses influences du côté des années 80, en reprenant le formidable Mobilis in mobile, chef d’œuvre d’Hubert Mounier et de ses amis de l’Affaire Louis Trio. La voix veloutée de Marta sert à merveille ce tube pour en faire une revisite solaire et rêveuse. Autre reprise, cette fois dans une facture folk et blues, le standard Mr Bojangles : "I knew a man Bojangles / And he danced for you / In worn out shoes / With silver hair, a ragged shirt / And baggy pants, the old soft shoe". Immanquable, évidemment.

    Pour May 1997, c’est plus vers les nineties que l’on se tourne, avec ce titre rythmé mais aussi plus sombre. De même, Eternal Will Be séduit par sa la belle densité, sa belle facture pop et traduit la solide expérience du duo : sens de la mélodie, orchestration riche et production impeccable.  

    Chanson française, pop, rock, psychédélisme. Chacun de ces termes convient à un album attachant et cohérent. Mensis nous embarque dans leur monde où, parfois, il n’est pas besoin de mots, à l’instar de l’instrumental The Dawn Of Soraya, délicat et mélancolique. Une Soraya de retour plus tard dans l’opus avec The Twilight Of Soraya, tout aussi contemplatif, pour ne pas dire triste.

    Mensis termine sur un Premier Samedi Du Mois qui vient de nouveau éclairer un projet musical abouti et intelligent.

    Mensis, Mensis_Vol II, Hoozlab, 2025
    https://www.facebook.com/mensisofficiel
    https://www.instagram.com/mensisofficiel
    https://snipfeed.co/status/unavailable

    Voir aussi : "Du passé, ne faisons pas table rase!"

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  • Synthèses

    Derrière le nom Passepartout Duo, se cachent la pianiste italienne Nicoletta Favari et le percussionniste américano-italien Christopher Salvito. Ensemble ils explorent les possibilités infinies de la musique pour créer un univers à part mais aussi des expériences sonores à mi-chemin entre l’électronique et les instruments acoustiques acoustiques, sinon traditionnels (piano, flûtes traditionnelles japonaises, quatuor à cordes, contrebasse). Leur quatrième album, Argot, a été conçu en grande partie comme un album studio lors d'une résidence à l'Electronic Music Studio de Stockholm. Argot a été enregistré sur le Serge System des années 1970.

    La musique contemporaine ne se trouve aucune barrière pour avancer et nous interroger sur les sons, les rythmes et la composition. Pour autant, pour Argot, l’auditeur n’est ni déstabilisé ni en terrain tout à fait inconnu. Si dépaysement il y a, il est au service d’un vrai beau voyage méditatif (Get Along). Les instruments analogiques n’y sont pas pour rien. Le duo Passepartout fait se mêler recherches musicales, ponctuations électroniques et rythmiques et impressions presque naturalistes (le fascinant Much Of A Sunflower).

    Nous sommes dans une belle réconciliation de l’ancien et du moderne. Voilà qui fait du bien. L’auditeur s’en convaincra avec le zen Colorful Quartz dans lequel flûtes japonaises et synthétiseur s’approchent, se goûtent, dialoguent et s’amusent. 

    Nous sommes dans une belle réconciliation de l’ancien et du moderne. Voilà qui fait du bien

    Cela ne veut pas dire que le groupe abandonne la recherche pure, à l’instar de la pièce Imitates A Penguin, un titre singulier assumant son humour comme son excentricité, y compris dans la composition échevelée et faussement déconstruite.

    Le duo ne s’interdit rien. Au mélancolique et suspendu Back In Time, avec ses nappes synthétiques comme venues d’un autre univers et son long silence final, vient se succéder le faussement foutraque Uncommon dans lequel les artistes s’inspirent du jazz pour bâtir un morceau à la fois étrange et cool.

    Arrêtons-nous également sur la séduisante et passionnante pièce Kissing In The Park. Nous sommes dans un moment suspendu, plein de sérénité et de douceur. Nicoletta Favari et Christopher Salvito donnent aux instruments électroniques une âme humaine. Pour le titre It’s Just A Thought, c’est le jazz qui est revisitée grâce à l’électronique, de nouveau. L’auditeur se trouve en terrain familier grâce au rythme mais aussi au travail sur la mélodie et l’harmonie.  

    Argot se termine avec Viols And Violas. On redescend en douceur, mais aussi avec un gros coup de nostalgie. Un magnétique quatuor à cordes vient habiter le dernier mouvement, comme si la musique de chambre traditionnelle réapparaissait dans de nouveaux habits. Même pas morte. Fascinant.  

    Passepartout Duo, Argot, 2024
    https://passepartoutduo.com
    https://www.facebook.com/passepartoutpianopercussion
    https://www.instagram.com/passepartoutduo
    https://passepartoutduo.bandcamp.com/album/argot
     
    Voir aussi : "Touchés !"
    "Hanni Liang et les voix (féminines) du piano"

    Argot Album Artwork - © Deanna Pizzitelli / Courtesy of Stephen Bulger Gallery

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  • La sagesse de la musique

    On est heureux de retrouver le duo Kaori après trois ans d’absence. Ils débarquent cette fin d’année avec leur troisième opus, Dans l’attente d’un signe.

    On les avait laissés avec leur lumineux album À Ciel ouvert. Les guitaristes proposent avec cette nouvelle publication un savant mélange de chansons françaises (Rue Marquet), de blues (Tu donneras ton chèque), de sons jazzy (le magnétique instrumental Un soir à Yaouhé) et de rythmes venus d’ailleurs (Femme, ô femme).

    Il y a pourtant un je ne sais quoi de nostalgie et de mélancolie, à l’instar du titre qui donne son nom à l’album ("Envolée l’illusion / Enfouis les faux-semblants, / Sous les sables du temps, / Nos semelles de plomb / Nous collent à la terre / Retiennent nos prières"). Sans propos virulents, presque avec douceur, le groupe Kaori chante la fuite du temps, les rêves enfuis, sans pour autant appeler à baisser les bras ("Cueille au creux de ta main / Tes songes les plus clairs / Laisse-les flotter dans l’air", Dans l’attente d’un signe).

    Oui, les musiciens ont beau parler et chanter comme deux sages remplis d’expériences (La parole des vieux), ils laissent la porte ouverte aux belles âmes humaines, à la générosité et à l’amitié – ils en savent quelque chose (Les chemins de la vie). 

    Belles âmes humaines

    L’amour a aussi sa place dans  ce bel album qui sait si bien réchauffer les cœurs en cette saison morne à tout point de vue. C’est la jolie déclaration d’amour et le singulier hommage féministe qu’est le jazzy Femme, ô femme. N’oublions pas non plus cet appel au carpe diem et à la jouissance sans entrave (Forçat de plaisir). C’est aussi Ma belle Ilienne qui nous transporte, y compris dans les sons, du côté de la Nouvelle-Calédonie dont sont originaires les deux musiciens. Une nostalgie pour la Nouvelle Calédonie exprimée encore dans Le ciel de mes rêves : "Je veux tant / Vivre aux îles où si peu est important, / Dans l’éternel été". On les comprend.

    Le Kanak Alexis Diawari et le descendant de bagnard Thierry Folcher proposent là un exemple d’album généreux (le joli morceau mêlant blues et sons traditionnels, Se tendre la main) et proposant un message humaniste en faveur du dialogue, des mélanges, de l’optimisme envers et contre tous, bref de la liberté ("Je suis un homme libre : / Mon seul maître est le vent, / Je ne pense qu’à vivre / Et oublier le temps / Si tu crois qu’par esprit de lucre / J’vais faire le beau pour un su-sucre / … Tu peux garder ton chèque !", Tu donneras ton chèque).

    On sort de cet album en passant par la Rue Marquet, jazzy à souhait. Bonne humeur et sourires assurés par un groupe qui a fait le choix de la vie.

    Kaori sera en concert le jeudi 14 novembre au Sunset à Paris.

    Kaori, Dans l’attente d’un signe, Absilone, 2024
    Kaori en concert le jeudi 14 novembre au Sunset (Paris)
    https://kaori-officiel.com
    https://www.facebook.com/kaori.officiel 

    Voir aussi : "Kaori, toutes voiles dehors"

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  • Été indien

    Et si l’on prolongeait l’été ? C’est ce que propose le groupe Offline avec son nouveau single Les amis. 

    C’est au bord de la Méditerranée, en plein été, que The Offline a posé ses valises pour un clip aussi séduisant et enivrant que leur formidable single. Il s’agit du deuxième chapitre, ouvert par leur premier single Fumée, qui annonce leur futur EP, Les Cigales.

    L’auditeur se laissera charmer par le l’ambiance sonore et visuel d’un titre très influencé par les BO des années 60 et 70, à l’instar de quelques pépites du génial et regretté François de Roubaix.

    La mer, les baignades lascives, les paysages paumés écrasés par le soleil et deux amis qui se trouvent. Felix Müller, à l'œuvre dans ce très joli single, explique : “Les Amis raconte la relation entre deux amis qui passent l'été sur la Méditerranée. Le thème musical, joué par une guitare, évoque l'intimité et la proximité des deux amis, qui se développent au cours du morceau et se transforment en tension et en pressentiment incertain vers la fin avec l'utilisation d'instruments à vent”.

    Voilà une jolie découverte, bienvenue qui plus est alors alors que l’été touche à sa fin.

    The Offline, Les amis, DeepMatter Records, 2024
    https://www.instagram.com/thisistheoffline
    https://www.youtube.com/@theoffline.9567

    Voir aussi : "Vie cruelle et fugue éternelle"

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  • Nosonic, plus qu’assez bien

    Allez, un peu d’électro-rock et du bon, avec une découverte en la présence du groupe franco-irlandais Nosonic. "Je ne serai jamais assez bien" clament d’entrée les têtes chantantes du duo dans un titre envoyé sans complexe. Mélodie entêtante, rythmique enlevée et son électro impeccable ("Assez bien").

    Pour leur troisième album, La nuit et le jour, Nosonic choisit de ne pas choisir entre chanson, pop-rock et électro. Le mélange des couleurs leur va très bien, à l’instar du "Monde à l’envers" à la facture eighties.

    Il y a sans nul doute de la fraîcheur chez le duo pour qui la liberté, l’optimisme et le lâcher-prise sont une vraie philosophie : "Le temps n’a plus d’importance quand on y pense", chantent-ils ("Oublie le temps"). L’amour n’est pas oublié dans ce dialogue musical à deux. C’est "Encore et encore", l’aveu d’un couple soudé envers et contre tous et se connaissant par cœur : "Tu lis toujours en moi comme un livre aux trésors qu’on ne retrouve pas".

    L’auditeur goûtera avec plaisir le titre d’électro-pop "Le quart d’heure de gloire" voguant entre amour et désamour, reproches et considération. C’est l’histoire d’un couple s’auscultant mutuellement, avec tendresse mais aussi lucidité ni cruauté ("J’ai appris à te regarder / J’ai appris aussi à te désaimer / Te déshabiller ça m’a fait toujours peur / Je suis un enfant / Qu’en as-tu fais, malheur".

    Pour leur troisième album, Nosonic choisit de ne pas choisir entre chanson, pop-rock et électro

    "Le dialogue" se fait plus rock, un rock dans lequel le duo s’interroge sur ce qui fait l’humanité, la la vie en société comme la vie en couple : "Si le dialogue s’en va / Dis-moi il reste quoi / Peut-être un  peu les restes / D’un amour brisé". La question est là. Ira-t-on mieux si le dialogue s’en va ? Les Nosonic ne répondent pas à la question. Pourra-t-on faire la fête ? "Bon débarras peut-être" ? Cependant, "Mais qu’est-ce qu’il restera ? / De la haine ou de la joie ?" Finalement, c’est une ode au rapprochement entre nous qui est au cœur de ce titre à l’humanisme bienvenu. Quant à "Parler dans le vent", le groupe choisit la pop sur un thème similaire, la communication ("Échanger les idées / Et ça devrait aller").

    "La nuit et le jour", le titre qui donne son nom à l’album est sans doute le plus représentatif de l’album. L’électro-rock est au service d’un morceau sombre, cruel et à la belle densité. On peut parler ici d’un éternel retour, ces erreurs que l’on fait et refait et qui font souffrir, "Encore une histoire, entre la nuit et le jour, entre nous et le jour".

    Le groupe reprend "Debout", un de leur titre emblématique dans une nouvelle version. Nous voilà dans du rock rugueux au service d’un titre plein de nostalgie. La chaleur d’une boîte de nuit c’est "le bruit du bonheur", la musique, la danse, les cris l’amour, la folie et l’insouciance. Bonheur passé, nostalgie ou souvenir amer ? Le temps a passé et il semble les Nosonic portent un regard désabusé sur ces nuits "à dormir debout".

    Une déclaration d’amour vient conclure l’opus. "Aller haut" est un dialogue à deux dans lequel le couple se promet d’avancer ensemble, sans cacher pour autant cacher les écueils : les silences, les malentendus et les incompréhensions. "Des fois on se saoule / Après on boit". De là à dire que tout est perdu, non ("Je voudrais aller haut, si haut, pour toi").

    Et si Nosonic était l’un des meilleurs ambassadeurs du dialogue entre les peuples, les couples et les individus, pour la paix, la tolérance ou l’amour ? Au choix. Mais sans illusion.    

    Nosonic, La nuit et le jour, Le Son Des Villes / Believe, 2024
    https://www.nosonic.fr
    https://www.facebook.com/Nosonic
    https://www.instagram.com/nosonicworld
    En concert le 25 octobre 2024 au Cork Jazz Festival (Cork, Irlande)

    Voir aussi : "Kamas, décalée sans caler"
    "Sorcières, magiciennes et incendiaires"

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  • Rien à jeter

    Il y a du Bobby Lapointe autant que du Philippe Katerine dans l’étrange duo Appelez-moi François.

    Le groupe a choisi un son easylistening, avec boite à rythme, synthé et… flûte à bec, pour leur premier single faussement naïf, "On ne choisit pas".

    Avant eux, Emily Loizeau avouait son désarroi de ne pas choisir. Ici, Appelez-moi François parlent de ces "tas de bidules" qui encombrent nos vies et nos appartements.

    Dénonciation de notre société de consommation, listes à la Prévert ou souvenirs intimes dont on ne veut pas se séparer ? Un peu de tout ça à la fois sans doute : "J'ai même un minitel / Souvenir de Christel / Un cabas Prisunic / Héritage de Monique / Des pots confitures / Pour garder la poussière / Des petites voitures / Souvenir de grand-père".

    En attendant de philosopher sur cette fantaisie mi-potache mi-poétique, découvrons donc Appelez-moi François dans leur délicieux morceau à la fois cheap et kitch : "On ne choisit pas / Ce que la vie vous amène / Dans tout ce fatras / Personnellement, je m'y perds moi-même".

    Appelez-Moi François, On ne choisit pas, 2022
    https://appelezmoifrancois.com
    https://www.instagram.com/appelezmoifrancois

    Voir aussi : "Super Bonhommes"

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