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l'oeil du frigo

  • Une scène très Ikea dans Fight Club

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    Focus cette semaine grâce à L’‎Œil du frigo d'un film culte : Fight Club de David Fincher s'est imposé comme un drame social complexe et aux multiples interprétations. Philippe, notre chroniqueur de L’‎Œil du frigo explique pourquoi le frigo a une vocation scénaristique plus pointue qu'il n'y paraît

    Voici une scène de frigo, encore une fois dans un film de David Fincher – souvenez-vous de Seven. Ici, dans Fight Club, le frigo est un point essentiel : on le voit très légèrement mais il va obliger Edward Norton à déménager. C'est dire l'importance d'un frigo, du destin.

    J'aime cette scène "Ikea". Evidemment, on est complètement hypnotisé par les meubles qui s'installent dans l'appartement vide. On aimerait bien d'ailleurs que nos meubles Ikea s'installent aussi bien. Plissez un peu les yeux et cherchez l'essentiel de cette séquence. Edward assis sur son trône, feuillette son catalogue puis remonte toutes les pièces, comme une lente digestion (voire régurgitation) : direction le frigo. Bref, pour résumer, avant d'ouvrir cette foutue porte de frigo, on remonte les parois intestinales du bel Edward. Je sais c'est un peu scato, mais cette vomissure commence par le début, l'ouverture de la porte du frigo et le choix de la nourriture. On est en plein dans le film. On part des toilettes pour aller jusqu'au Frigo. L'inverse aurait été plus normal même si je ne suis pas un grand gastro-entérologue. La décomposition remonte le temps et atterrit au point de départ le Frigo !

    Non ne soyez pas si dégoûté, à ce moment-là du film tout est encore soft... À l'ouverture de ce frigo, qui ne semble pas avoir été vendu par Ikea, on note bien qu'il n'y a rien dans le frigo, ou presque. Edward est désemparé. En haut, une pomme et une poire. En dessous, un vieux bout de fromage, deux pots bizarres. Et tout en dessous, du lait. Le plan ne s'élargit pas : il tourne et là – oh miracle ! – nous tombons sur des pots de confiture ou des pâtes chocolatées. À noter quand même qu'il y a un vieux poivron vert à côté d'un pot de beurre. On se demande qui a bien pu ranger le frigo : quel bazar...

    Oui, Fincher adore les frigos : il y synthétise la paroi de ses films. Enlevez une pomme de son frigo et c'est un autre film... Essayez chez vous et vous aurez une autre vie. Là, je me sens à fond pour vous parler du destin, du yi-jing, des folies de votre corps : bref de toute une vie autour de l'objet "frigo". Bon, le film est bien "dark" et le personnage féminin Marla (Helena Bonham Carter) est bien barré. Je ne vous la décriai pas mais elle vaut son pesant de noirceur.

    Une phrase résonne encore dans mon cerveau pour vous situer l'espace frigidaire dans lequel on se situe : "On a frôlé la vie", dixit Tyler (Brad Pitt, le gourou du fight club). Et là, vous foncez dans votre frigo virer une pomme, histoire de changer le destin.

    ODF

    Fight Club, drame de David Fincher
    avec Edward Norton, Brad Pitt et Helena Bonham Carter
    Etats-Unis, 1999, 139 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Fight Club Frigo"

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  • Plaisirs froids

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    Lune froide : ce film de 1991 vous dit quelque chose ? L’‎Œil du frigo vous rafraîchit la mémoire, et c’est le moins que l’on puisse dire. Focus sur ce film singulier de Patrick Bouchitey.

    Un frigo dans Lune froide, forcément cela devait être trash. Ce magnifique film, bien noir, ne pouvait associer un frigo, organe du plaisir gustatif qu'avec un orgasme charnel dont le dégoût se lit sur le visage de Patrick Bouchitey.

    Lune froide est un film sur deux marginaux complètement déjantés que rien n'arrête. La scène du frigo est très significative, elle montre comment il faut, lorsque l'on est le squatteur de la famille, trouver du plaisir. Simple : le plaisir, ça se vole, et si possible dans un frigo. Un peu d'alcool, quelques canettes fraîches volées à l'amant de sa sœur. L'orgasme, finalement, est dans le cerveau du voleur et non dans celui qui a rempli le frigo – ça laisse perplexe. Le frigo, sans congélateur mais avec juste un freezer sur le haut, ne regorge d'ailleurs que de canettes. Même la porte qui est d'habitude réservée aux sauces en tout genre est remplie du précieux breuvage qui enivre notre marginal dont la méningite semble bien dispersée.

    Il suffisait juste d'associer la bande son de l'orgasme, un frigo ouvert et un breuvage pour rendre ce marginal tellement humain alors que c'est un vrai dégueulasse. Voilà comment un réalisateur un peu malin affiche la complicité d'un frigo à des scènes interdites au moins de dix huit ans. Le frigo pourrait nous plonger dans des orgasmes gustatifs dont vous n'auriez pas idée. Choisissez bien vos produits : quelques canettes, du bio, des laitages, fromages, truffes, etc., et laissez refroidir. Introduisez vous en cambriolant la porte dans cet univers de papilles, et faites mijoter le plaisir. Portez à ébullition et laissez-vous bercer par les effluves de saveurs. Passez du froid au chaud, de rien à l'extase et régalez-vous. Lorsque la satiété arrive, glissez au fond de vous-même et appréciez ce merveilleux organe frigoristique…

    Patrick Bouchitey le comprend bien : après cette scène, il ne peut plus rester. Il faut partir, aller de l'avant – ou de l'arrière : il n'y a pas de sens après le plaisir éprouvé par ce marginal. Il n'y en aura pas dans le film non plus. Son acolyte, Jean-François Stévenin, n'est pas en reste. À eux deux ils vont aller le plus loin possible dans l'univers du plaisir de la chambre froide (je vous laisse le découvrir…). C'est trash, rugueux, subtil, méchant, délirant, hors-norme : un film qui fait dévier les chemins, interroge sur nos chambres froides et prend un malin plaisir à nous éreinter.

    À voir si vous avez le cœur bien accroché !

    ODF

    Lune froide, comédie dramatique de Patrick Bouchitey
    avec Patrick Bouchitey et Jean-François Stévenin, France, 1991, 90 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Lune froide frigo"

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