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dalayrac

  • Notre cœur fait Boum!

    Une découverte peut en cacher d’autres. Il y a d’abord la pianiste chinoise, Siqian Li qui sort en ce moment son premier album solo, Voyage among Fragments (Sagitta Musica). Découvertes aussi de compositeurs et d’œuvres rares adaptées pour piano dans un programme à la fois rare et audacieux.

    On ne sera pas si surpris que cela de trouver Maurice Ravel et sa Valse. Or, elle est proposée ici dans une version pour piano, adaptée par Alexander Korsantia. Une vraie claque ! Siqian Li s’empare avec un mélange de virtuosité, de grâce et d’élégance de ce morceau écrit après la première guerre mondiale. Moins hommage à la valse viennoise que vision sombre d’une Europe anéantie sous les bombes, cette œuvre frappe par sa modernité comme par son extrême noirceur, comme si des danseurs et danseuses valsaient au-dessus d’un abîme.

    Toujours aussi aventureuse, la pianiste chinoise propose une majestueuse Romance de Nicolas Dalayrac (1753-1809), un compositeur français méconnu qui devrait pourtant être célébré car il a participé à l’élaboration en France du droit d’auteur… Mais passons. Sa Romance, extraite de son opéra-comique Nina ou la Folle par amour, a été adaptée par le pianiste polonais Ignaz Friedman (1882-1948). Il en a fait un morceau néoromantique (l’œuvre originale date pourtant de 1786). Siqian Li caresse les touches pour proposer cette pièce délicate que l’on découvre avec plaisir.

    Cela fait depuis longtemps que le classique sort des sentiers battus et se frotte au répertoire populaire pour lui donner un autre éclat. La preuve avec ces adaptations par Alexis Weissenberg (1929-2012) de standards de Charles Trenet. La pianiste chinoise affirme aussi son sens du swing… autant que son amour pour le répertoire français. L’auditeur ou l’auditrice découvrira sans doute le délicat et nostalgique Coin de rue, le fringant et jazzy Vous oubliez votre cheval ou le nostalgique En avril à Paris. On fond carrément pour la transcription du célèbre Boum!, plus jazz que jamais et que Siqian Li prend un réel plaisir à proposer. Vous qui passez sans me voir, autre standard de Trenet, devient, sous les doigts de la pianiste, une pièce néoromantique, voire onirique. Avec pudeur, la musicienne fait passer les tourments d’un homme seul qui voit passer un amour disparu. Il semble entendre la voix du Fou Chantant : "Vous qui passez sans me voir / Sans même me dire bonsoir / Donnez-moi un peu d'espoir ce soir…" Ménilmontant vient conclure ces adaptations au piano de Trenet comme s’il s’agissait d’une miniature colorée et enlevée. 

    Le sens du swing

    Franz von Vecsey (1893-1935) était un compositeur hongrois. Sa Valse triste, nous rappelle le livret de l’album, est un joyau du répertoire pour violon. Or, c’est au piano que Siqian Li propose cette pièce, dans une adaptation de György Cziffra. L’interprète nous fait pénétrer dans cet univers romantique, plein de nostalgie et de grâce.  

    Nous parlions de répertoire populaire avec Trenet. Siqian Li propose un autre tube, cette fois d’un compatriote, Wang-hua Chu. Jasmine Flower Fantasia est une magnifique découverte. Ce morceau aux ornementations orientales et au délicat naturalisme n’est pas dénué de couleurs debussyennes. Onirique, néoromantique mais aussi intimement chinois, cette fantaisie musicale a le parfum (de jasmin) de ces découvertes inoubliables.

    Plus classique, la Rhapsody in Blue de George Gershwin est proposée par Siqian Li dans une version pour piano seul. On ne soulignera jamais assez les qualités de virtuosité qu’il faut pour s’attaquer à ce classique qui a su marier aussi bien classique et jazz. La pianiste chinoise s’y ballade avec la même aisance que sa compatriote Yuja Wang que nous avions chroniqué il y a peu pour un concert filmé. Les versions pour piano solo de la Rhapsody in Blue sont suffisamment rares pour ne pas goûter cette version jamais écrasante, alliant expressivité, sens du swing, encore, et moments de grâce.

    Charles Gounod vient conclure ce programme avec sa Méditation sur le premier Prélude de J.S. Bach, extrait du Clavier bien tempéré. Un retour au classique, avec une pièce devenue culte. Siqian Li propose une pièce aérienne, laissant de côté la virtuosité. Il est vrai que c’est aussi la voix de Gounod qui se fait entendre. Et aussi celle d’une pianiste qui a frappé fort dans un premier album à la fois personnel et intelligent.

    Siqian Li, Voyage among Fragments, Sagitta Musica. 2026
    https://www.siqian-li.com
    https://www.facebook.com/siqianpianist
    https://www.instagram.com/siqianpianist
    https://www.youtube.com/@siqianpianist

    Voir aussi : "Yuja Wang, de main de maîtresse"
    "Une route de la soie"
    "Hanni Liang et les voix (féminines) du piano"

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    Une découverte peut en cacher d’autres. Il y a d’abord la pianiste chinoise, Siqian Li qui sort en ce moment son premier album solo, Voyage among Fragments (Sagitta Musica). Découvertes aussi de compositeurs et d’œuvres rares adaptées pour piano dans un programme à la fois rare et audacieux.

    On ne sera pas si surpris que cela de trouver Maurice Ravel et sa Valse. Or, elle est proposée ici dans une version pour piano, adaptée par Alexander Korsantia. Une vraie claque ! Siqian Li s’empare avec un mélange de virtuosité, de grâce et d’élégance de ce morceau écrit après la première guerre mondiale. Moins hommage à la valse viennoise que vision sombre d’une Europe anéantie sous les bombes, cette œuvre frappe par sa modernité comme par son extrême noirceur, comme si des danseurs et danseuses valsaient au-dessus d’un abîme.

    Toujours aussi aventureuse, la pianiste chinoise propose une majestueuse Romance de Nicolas Dalayrac (1753-1809), un compositeur français méconnu qui devrait pourtant être célébré car il a participé à l’élaboration en France du droit d’auteur… Mais passons. Sa Romance, extraite de son opéra-comique Nina ou la Folle par amour, a été adaptée par le pianiste polonais Ignaz Friedman (1882-1948). Il en a fait un morceau néoromantique (l’œuvre originale date pourtant de 1786). Siqian Li caresse les touches pour proposer cette pièce délicate que l’on découvre avec plaisir.

    Cela fait depuis longtemps que le classique sort des sentiers battus et se frotte au répertoire populaire pour lui donner un autre éclat. La preuve avec ces adaptations par Alexis Weissenberg (1929-2012) de standards de Charles Trenet. La pianiste chinoise affirme aussi son sens du swing… autant que son amour pour le répertoire français. L’auditeur ou l’auditrice découvrira sans doute le délicat et nostalgique Coin de rue, le fringant et jazzy Vous oubliez votre cheval ou le nostalgique En avril à Paris. On fond carrément pour la transcription du célèbre Boum!, plus jazz que jamais et que Siqian Li prend un réel plaisir à proposer. Vous qui passez sans me voir, autre standard de Trenet, devient, sous les doigts de la pianiste, une pièce néoromantique, voire onirique. Avec pudeur, la musicienne fait passer les tourments d’un homme seul qui voit passer un amour disparu. Il semble entendre la voix du Fou Chantant : "Vous qui passez sans me voir / Sans même me dire bonsoir / Donnez-moi un peu d'espoir ce soir…" Ménilmontant vient conclure ces adaptations au piano de Trenet comme s’il s’agissait d’une miniature colorée et enlevée. 

    Le sens du swing

    Franz von Vecsey (1893-1935) était un compositeur hongrois. Sa Valse triste, nous rappelle le livret de l’album, est un joyau du répertoire pour violon. Or, c’est au piano que Siqian Li propose cette pièce, dans une adaptation de György Cziffra. L’interprète nous fait pénétrer dans cet univers romantique, plein de nostalgie et de grâce.  

    Nous parlions de répertoire populaire avec Trenet. Siqian Li propose un autre tube, cette fois d’un compatriote, Wang-hua Chu. Jasmine Flower Fantasia est une magnifique découverte. Ce morceau aux ornementations orientales et au délicat naturalisme n’est pas dénué de couleurs debussyennes. Onirique, néoromantique mais aussi intimement chinois, cette fantaisie musicale a le parfum (de jasmin) de ces découvertes inoubliables.

    Plus classique, la Rhapsody in Blue de George Gershwin est proposée par Siqian Li dans une version pour piano seul. On ne soulignera jamais assez les qualités de virtuosité qu’il faut pour s’attaquer à ce classique qui a su marier aussi bien classique et jazz. La pianiste chinoise s’y ballade avec la même aisance que sa compatriote Yuja Wang que nous avions chroniqué il y a peu pour un concert filmé. Les versions pour piano solo de la Rhapsody in Blue sont suffisamment rares pour ne pas goûter cette version jamais écrasante, alliant expressivité, sens du swing, encore, et moments de grâce.

    Charles Gounod vient conclure ce programme avec sa Méditation sur le premier Prélude de J.S. Bach, extrait du Clavier bien tempéré. Un retour au classique, avec une pièce devenue culte. Siqian Li propose une pièce aérienne, laissant de côté la virtuosité. Il est vrai que c’est aussi la voix de Gounod qui se fait entendre. Et aussi celle d’une pianiste qui a frappé fort dans un premier album à la fois personnel et intelligent.

    Siqian Li, Voyage among Fragments, Sagitta Musica. 2026
    https://www.siqian-li.com
    https://www.facebook.com/siqianpianist
    https://www.instagram.com/siqianpianist
    https://www.youtube.com/@siqianpianist

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