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grande-bretagne

  • Quand j’étais chanteuse

    C’est un petit film britannique très sympa que je vous invite à découvrir. The Singing Club de Peter Cattaneo, avec Kristin Scott Thomas et Sharon Horgan dans les rôles-titres ne révolutionnera certainement pas le cinéma, mais il a le double avantage d’être une comédie feel-good et de faire un coup de projecteur sur un phénomène culturel en Grande-Bretagne, peu connu de ce côté de La Manche : celui des chorales de femmes militaires. Le générique de fin nous apprend qu’il y en a aujourd’hui 75 au Royaume-Uni, à Chypre et aux Malouines, soit 2300 femmes chanteuses.

    The Singing Club conte l’histoire de compagnes de  la garnison de Flitcroft envoyée en opération extérieure en Afghanistan. Nous sommes en 2011. L’attente, l’ennui et surtout l’angoisse sont le lot quotidien de ces épouses (quelques hommes complètent cette petite société fonctionnant en quasi huis-clos). Pour souder la petite communauté constituée de femmes très différentes, Kate Barclay (Kristin Scott Thomas), l’épouse collet-monté d’un colonel, décide de créer un projet commun. Bientôt, l’idée d’une chorale d’amateurs se met en place, avec en perspective un concert au Royal Albert Hall de Londres.

    Un coup de projecteur sur un phénomène culturel en Grande-Bretagne

    Inutile de spoiler la fin -  prévisible - de ce film qui sait être grave lorsque c’est nécessaire. Car, évidemment, il est aussi question dans ce film des dangers guettant des militaires engagés dans des guerres lointaines. Peter Cattaneo, à qui l’on doit le désormais classique The Full Monty, toujours sur des inconnus lancés dans un projet un peu fou, est aux manœuvres dans ce long-métrage qui se regarde avec plaisir.  

    Outre que The Singing Club fait le portrait de femmes attachantes, il traite aussi d’approches différentes de la musique, avec d’un côté la rigide et précise Kate, et de l’autre Lisa (Sharon Horgan) à l’approche plus légère, mais devant aussi gérer une adolescente un peu paumée.

    Peter Cattaneo a également pris le plus grand soin avec la bande originale : musique eighites (dont Depeche Mode, Cindy Lauper ou Yazoo) et une chanson originale (Sing), clou du spectacle, dans les dernières minutes.

    Un joli moment de cinéma donc.

    The Singing Club, comédie dramatique britannique de Peter Cattaneo,
    avec Kristin Scott Thomas, Sharon Horgan et Jason Flemyng, 2019, 112 mn, Canal+

    http://distrib.pyramidefilms.com
    https://www.canalplus.com

    Voir aussi : "Colette, Lucie et Jean-Pierre"

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  • Le trône de mère

    Voilà enfin cette saison 4 de The Crown, la superproduction de Netflix consacrée au règne d’Elisabeth II, une saison qui semble avoir été peu gouttée par la famille royale. Alors que les trois première saisons avaient été accueillies avec un mélange de bienveillance et de silence poli, la suite des aventures de la Reine d’Angleterre, se déroulant cette fois au cœur des années 80, a vu les communicants de la couronne britanniques se réveiller.

    Il faut croire que Lady Di reste encore un sujet sensible du côté de la Perfide Albion. Être témoin des infidélités du Prince de Galles, héritier du trône, de ses hésitations entre la toute jeune Diana Spencer et son amour de toujours Camilla Shand (ex Parker Bowles) passe encore. Par contre, mettre en scène la pression familiale pour qu’il tienne la barre d’un mariage raté par avance et faire revivre une Lady Di sans doute trop jeune et trop décalée pour les Windsor, anorexique, paumée, se baladant en patins à roulettes, se perdant dans des relations extra-conjugales au vu et au su du Prince Charles, voilà qui a fini de défriser la couronne britannique. Mais il semble que ce soit l’existence d’une lettre de Lord Mountbatten pour le Prince Charles quelques heures avant son attentat par l’IRA qui ait quelque peu tourneboulé les proches d’Elisabeth II.

    Voilà qui a fini de défriser la couronne britannique

    Olivia Colman interprète avec justesse une reine parfois perdue dans une époque qu’elle ne reconnaît plus. Tradition et modernité se percutent tout au long des 10 épisodes de la série événement de Netflix, impeccablement mise en scène, avec des moyens d’une superproduction. Évidemment, il s’agit d’une fiction, mais comme beaucoup de biopic, serions-nous tentés d’ajouter. 

    Hormis les déboires éloquents de Lady Di (Emma Corrin) et énervants de la princesse Margaret (Helena Bonham Carter), la vraie curiosité est dans le traitement de l’autre personnage central de la série : Margaret Thatcher. Gillian Anderson, l’ex Scully d’X-Files, endosse le rôle de la Dame de Fer, figure-clé du libéralisme triomphant dans un parti conservateur et masculin.

    The Crown continue à portraitiser avec sérieux et une certaine rigueur les ors et les désordres du trône d’Elisabeth II. On a déjà hâte de voir comment seront traités les années Blair, les dernières années de Lady li et la tragédie du Pont de l’Alma.

    The Crown, série historique britannique de Peter Morgan, avec Olivia Colman, Tobias Menzies, Helena Bonham Carter, Gillian Anderson, Josh O'Connor, Emma Corrin, Marion Bailey, Erin Doherty, Stephen Boxer et Emerald Fennell, saison 4, 10 épisodes, Netflix
    https://www.netflix.com/fr/title/80025678

    Voir aussi : "Maîtres et serviteurs à Downton Abbey"

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  • Quand je pense à la vieille Anglaise

    C’est une adaptation brillante que je vous invite à découvrir : celle de La Maison biscornue, un roman policier méconnu et d’une rare cruauté d’Agatha Christie. Ce téléfilm britannique a été réalisé par un Français, Gilles Paquet-Brenner, avec au scénario Julian Fellowes. Le nom ne vous dit peut-être rien. Il s’agit pourtant du showrunner de la série Dowton Abbey. Il fallait bien ce talent pour mettre en image l’une des œuvres géniales de la vieille dame anglaise, devenue la papesse du crime.

    À la fin des années 40, L’homme d’affaire et célébrité Aristide Leonides a été tué chez lui, dans sa grande demeure, que la romancière britannique décrit ainsi : "C’était, là je le compris tout de suite, non pas une villa anglaise mais… un château manqué." Une maison biscornue (Crooked House) donc.

    L’enquêteur Charles Hayward est chargée par Sophia Leonides, la petite fille du millionnaire, de retrouver l’assassin. Le détective ne peut rien refuser à la jeune femme, avec qui il a eu une brève relation quelques années plus tôt en Égypte. Rapidement, les soupçons se portent sur les membres de la famille.

    Un château manqué

    Il y a Lady Edith de Havilland, la belle-sœur d’Aristide. Il ne faut pas oublier les filles et les belles-filles du tyrannique vieillard, sans oublier ses petits enfants, Josephine et Eustace et la veuve éplorée, Magda Leonides. Qui a donc empoisonné Aristide Leonides, et pourquoi, car le vieil homme gardait des secrets ?

    Je m‘arrête là sur l’intrigue qui aboutit, on s’en doute, à la découverte par le détective sans peur et (presque) sans reproche du, de la ou des coupables. Les fans de films d’époque se régaleront avec l’ambiance, les décors, les costumes et les coiffures de ce téléfilm d’une belle qualité, à la facture certes classique. Au scénario, Julian Fellowes a fait merveille pour adapter le policier d’Agatha Christie.

    Au casting, le spectateur découvrira un joli gratin. Glenn Close tient le rôle de la doyenne caustique et rude. Christina Hendricks, qui avait explosé dans Mad Men, est Brenda, la deuxième épouse du businessman, submergée par le chagrin (si tant est que ce n'est pas de la comédie). Sans oublier Gillian Anderson, méconnaissable en Magda Leonides, belle-fille illuminée autant qu'incomprise.   

    La Maison biscornue est à voir en ce moment sur Canal+.

    La Maison biscornue, téléfilm policier anglais de Gilles Paquet-Brenner, scénario de Julian Fellowes, avec Max Irons, Stéfanie Martini, Glenn Close, Honor Kneafsey, Christina Hendricks, Terence Stamp, Julian Sands, Gillian Anderson, Christian McKay, Amanda Abbington et Preston Nyman, 2017, sur Canal+
    Agatha Christie, La Maison biscornue, éd. Club des Masques, 1951, 189 p.
    https://www.canalplus.com/telefilms/la-maison-biscornue

    Voir aussi : "Maîtres et serviteurs à Downton Abbey"

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  • Maîtres et serviteurs à Downton Abbey

    Allez, je me lance : Downton Abbey est très certainement l’une des meilleures séries de ces dix dernières années. À mettre en tout cas sur le podium des créations télés les plus ambitieuses artistiquement, au point d’en avoir fait un film pour le cinéma, dont je vous parlerai bientôt.

    Cette véritable superproduction historique anglaise, créée par Julian Fellowes pour qui rien n’était trop beau, n’a pas lésiné sur les moyens : costumes, coiffures du début du XXe siècle, automobiles d’époques, accessoires dignes de figurer dans Affaires conclues, sans oublier les décors, toujours somptueux. En premier lieu, il y a le château néogothique de Downton Abbey – celui de Highclere Castle dans le Berkshire, nous précise le générique de fin – véritable personnage de la série.

    Le spectateur suit la vie d’une famille aristocrate anglaise, les Crawley. Il y a le comte de Grantham Robert Crawley (Hugh Bonneville), aussi droit et collet monté qu’intègre, marié à une roturière, l’Américaine Cora Crawley née Levinson, la toujours impeccable Elizabeth Mc Govern que l’on retrouve ici dans le rôle d’une mère faussement effacée mais à l’autorité jamais démentie. Il y a aussi les trois sœurs, au caractère bien trempé : l’insaisissable Mary (Michelle Dockery), promise à un mariage de circonstance mais que le tout premier épisode va bouleverser, la jeune, généreuse et passionnée Sybil (Jessica Brown Findlay) et la secrète Edith (Laura Carmichael), qui rêve d’enfin trouver chaussure à son pied. Et, the last but not the least, il y a aussi et surtout la comtesse douairière de Grantham, Violet Crawley (Maggie Smith), véritable tête pensante et figure tutélaire, dont la rigidité apparente laisse deviner au fur et à mesure des épisodes un caractère bien plus subtil qu’il n’y paraît.

    Plusieurs générations cohabitent donc bon an mal an dans l’immense domaine de Downton Abbey, sans compter les tantes et beaux-parents, les lointains cousins, les visiteurs impromptus (dont un diplomate turc qui, dès le troisième épisode, va mettre bien malgré lui un sacré grain de sable dans la stabilité familiale) et une ribambelle d’invités pour des soirées aussi chics qu’onéreuses.

    Ceux d’en haut et ceux d’en bas

    Mais Downton Abbey ne serait pas Downton Abbey sans une invention scénaristique géniale : mettre en parallèle à l’histoire des Crawley celle de leurs serviteurs. Une armée de domestiques, femmes de chambre, valets de pied, cuisinières ou majordomes chargés de faire vivre le domaine. C’est aux étages inférieurs que vivent ces hommes et ces femmes, traités sur un pied d’égalité par les créateurs de la série. Outre les histoires d’amour contrariées (celle de William et de Daisy), les deuils, les drames et les questionnements de chacun et chacune sur leur destin respectif comme sur leur place dans une société aristocrate fermée, les auteurs mettent aussi en avant ces singuliers liens hiérarchiques avec les figures autoritaires de Charles Carlson (Jim Carter) et de Mademoiselle Hugues (Phyllis Logan) et ces affrontements parfois impitoyables sur des fonctions âprement convoitées – celle de valet de chambre par exemple. Dans l’étage inférieur des serviteurs, où les maîtres ne pénètrent que rarement, se jouent les destins de personnages attachants : John Bates (Brendan Coyle) et la femme de chambre Anna (Joanne Froggatt), la naïve Daisy (Sophie McShera) et sa robuste responsable en cuisine, Mme Patmore (Lesley Nicol), l’intrigant Thomas Barrow (Rob James-Collier) et sa "complice" Mlle O’Brien (Siobhan Finneran), dans une ambiance où le protocole rigide chez ces serviteurs n’a rien à envier à celle de leurs aristocrates de maîtres.

    La série entretient un va-et-vient régulier entre ceux d’en haut et ceux d’en bas, entre riches et pauvres. Malgré tout, des relations fortes faites de confiances voire d'affection  se tissent au-delà des barrière sociales, à l’exemple du procès de Bates au cours de la saison 2. Les dialogues sont soignés et écrits à la perfection pour suivre les aléas des Crawley et de leurs serviteurs dans une Grande-Bretagne secouée par les grands événements européens : le naufrage du Titanic, la première guerre mondiale, la grippe espagnole, l’indépendance irlandaise, les débuts de l’émancipation féminine et le basculement vers un nouveau monde après la Grande Guerre.

    Sans doute l’une des meilleures séries jamais tournées, vous dis-je.

    Downton Abbey, 6 saisons, série historique de Julian Fellowes, avec Hugh Bonneville, Elizabeth McGovern, Maggie Smith, Michelle Dockery, Laura Carmichael, Jim Carter et Penelope Wilton, 2010-2015, Grande-Bretagne, Amazon Prime
    https://www.itv.com/downtonabbey
    https://www.primevideo.com

    Voir aussi : "Kad Merad, Baron noir et très noir"

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  • Sur les pas d’Harry Potter, de Game of Thrones ou d’Outlander

    La Grande-Bretagne et l’Irlande ont su tirer leur épingle du jeu grâce à la télévision et le cinéma. Le tournage des sagas que sont Harry Potter, Outlander, Game of Thrones ou Star Wars ont eu un effet indéniable collatéral sur le tourisme d’outre-manche. Certains professionnels ont réussi à surfer sur l’engouement des séries et des sagas à grand spectacle en proposant des voyages clé en main pour un public de fans bien destinés à marcher sur les traces d’Harry Potter, de Jon Stark ou des derniers Jedis.

    Prenez Brittany Ferries. La compagnie de ferries propose plusieurs formules pour des vacances originales et hors des sentiers battus : la visite des studios de la Warner près de Londres, là où ont été tournés la majorité des épisodes du petit sorcier de Poudlard ; un circuit en Écosse pour suivre les pas de Claire et Jaimie, les héros d’Outlander ; une excursion plus vraie que nature pour visiter le domaine des Winterfell, les Îles de Fer ou la Forêt Hantée de Game of Thrones ; et enfin un pèlerinage en Irlande pour découvrir le Wild Atlantic Way, cette longue route côtière qui longe la façade Atlantique, le lieu de tournage du dernier Star Wars.

    Et voilà comment les professionnels du tourisme arrivent à tirer profit du petit et du grand écran. 

    http://www.brittany-ferries.fr

  • Les salauds

    Broadchurch clôt bientôt sa troisième – et ultime – saison. Dans la petite ville anglaise balnéaire et imaginaire qui a été secouée par le meurtre du petit Danny Latimer, les inspecteurs Alec Hardy (David Tennant) et Ellie Miller (Olivia Colman) doivent s’atteler à une nouvelle affaire : l’agression sexuelle d’une quinquagénaire au cours d’une soirée d’anniversaire.

    Sur ce fait divers sordide qui secoue Broadchurch, les policiers vont aller de surprise en surprise : au fur et à mesure que l’enquête avance, le nombre de suspects grossit à vue d’oeil. Le spectateur est pris à la gorge par une intrigue d’autant plus passionnant que chaque personnage secondaire semble cacher de lourds secrets. 

    Il ne reste que quelques épisodes avant de pouvoir connaître le fin mot de l’histoire de cette mini-série britannique qui fait déjà date dans l’histoire de la télé anglaise.

    Broadchurch de Chris Chibnall
    Avec David Tennant, Olivia Colman, Jodie Whittaker et Andrew Buchan,

    Saison 3, huit épisodes de 45 mn, Grande-Bretagne, 2017
    Sur France 2, deux derniers épisodes, ce lundi à 20H55

  • C’est quoi ce pays ?

    What The Fuck France est ce programme court présenté par le survitaminé Paul Taylor. Le comédien britannique, s’adressant aux spectateurs mais aussi à ses doubles français Jean-Pierre et Paul, épingle en moins de trois minutes les us, coutumes, habitudes et travers des Français : la cuisine, la mode, le café, les Césars, l’administration, la bise, la langue française, le romantisme ou le sacro-saint achat du pain.

    Dans la langue de Shakespeare, Paul Taylor énumère les trois raisons qui expliquent pourquoi ces spécificités sont stupides. Il nous explique pourquoi nous sommes des alcooliques refoulés, comment l’achat d’une baguette dans une boulangerie s’avère être un acte d’une grande gravité ou n'hésite pas à égratigner les Parisiennes – des "emmerdeuses". 

    Les 29 épisodes rythmées de What The Fuck France sont un délice d’humour, d’impertinence mais aussi de pertinence. Le comédien britannique n’est pas avare en punch-lines : "Le je t’aime bien est la pilule du lendemain du langage", "Il est plus difficile de comprendre la description d’un plat que de comprendre l’intrigue du film Inception" ou "Tu es tellement attaché à ta boulangère que tu es presque marié avec elle."

    Vous avez jusqu’au 24 juin pour découvrir sur Canal+ cette série hilarante... et française, of course.

    What The Fuck France de Paul Taylor et Robert Hoehn,
    réalisée par Félix Guimard, France, 2016, sur Canal+, jusqu’au 24 juin 2017

  • Éducation à l'ancienne

    La chaîne de la TNT Numéro 23 diffuse ce dimanche 22 février, à 22H45, Une Éducation, un film de Lone Scherfig, avec Carrey Mulligan dans le rôle principal.

    Disons tout d’abord que ce long-métrage de 2010, qui se déroule dans l’Angleterre des années 60, est tirée du récit autobiographique de la journaliste britannique du Sunday Time Lynn Barber.

    Jenny (Carrey Mulligan), 16 ans, n’a pour tout horizon qu’une vie rangée et ennuyeuse, sous la coupe de parents conservateurs. Élève brillante, violoncelliste douée, désireuse d’intégrer Oxford, elle n’est cependant pas certaine de pouvoir s’échapper de cet univers étriqué. Un jour de pluie, un inconnu lui propose de s’abriter dans sa voiture de sport. Il s’appelle David (Peter Sarsgaard). Il a une vingtaine d’années de plus qu’elle. Ce bel homme, insouciant, stylé, mystérieux, amoureux de la vie et dépensant sans compter, tranche avec le monde ennuyeux et fade de Jenny. Cette dernière est entraînée, avec celui qui devient rapidement son amant, dans un tourbillon de nouveautés : dîners chics, ventes aux enchères, voyages romantiques, rencontres inattendues, nouvelles amitiés. Mais ce monde doré et clinquant n’est-il pas un miroir aux alouettes ? Et la jeune fille sérieuse peut-elle abandonner l’éducation austère de ses parents pour une autre école – celle de la vie ?

    La réalisatrice danoise Lone Scherfig a réussi à faire à partir d’un scénario finalement assez simple (une histoire d’amour scandaleuse entre deux êtres que tout sépare), un très élégant film, frais et délicieusement nostalgique. Mais Une Éducation est également le récit d’une initiation et du parcours d’une adolescente contrainte à un certain moment de choisir son avenir.

    Il convient de dire un mot de l’actrice principale : Carrey Mulligan, 22 ans à l’époque du tournage, est bluffante dans son interprétation d’une adolescente de 16 ans. L’Académie des Oscars l’a saluée en lui décernant en 2010 la palme de meilleure actrice pour ce rôle. Peter Sarsgaard, que l’on avait déjà vu dans Jarhead ou Dans la Brume électrique prouve également l’étendue de son talent.

    Numéro 23 donne aux spectateurs l'occasion de découvrir cette petite perle.

    Une Éducation, de Lone Scherfig, avec Carrey Mulligan,
    Peter Sarsgaard et Alfred Molina, 2010, 95 mn
    Numéro 23, dimanche 22 février 2015, 20H45