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new wave

  • Le bleu piscine va bien à Nicolas Vidal

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    Revoilà Nicolas Vidal. L’ex-fan des eighties avait fait l’objet d’une chronique sur Bla Bla Blog. Il est revenu cet été avec Bleu piscine.

    Sans surprise, ce troisième album est un retour aux années 80, devenues particulièrement hype ces derniers temps. Cette décennie, longtemps malmenée, pour ne pas dire ringardisée, a été depuis réhabilitée grâce notamment à la nouvelle scène electro-pop. Ce mois ci le magazine Magic fait même de 1988 la plus grande année du rock. Ni plus ni moins.

    Mais là n'est pas le sujet. Les années 80 font depuis longtemps parti de l'univers de Nicolas Vidal à l’exemple de Bleu Piscine, dont le titre renvoie au Pull Marine, le tube emblématique d’Isabelle Adjaini. Le moins que l'on puisse dire est que cette couleur va bien à Nicolas Vidal. Le musicien alterne rythmes, variations et sonorités renvoyant aux eighties, à l’exemple de ces titres pop acidulés que sont Ar (Mon Amour) et Roche. Ils côtoient d’autres titres plus électros (L’Amour qui penche), et toujours avec des textes finement écrits : "Jouir de la vie sans entrave / avec un pardessus moiré / Jurer à la saison des braves / De ne jamais s’ennuyer / Déclarer à la littérature / Son unique fidélité / Puis inspirer des murmures / À la faune électrisée / Voilà un été dandy / À digérer tes frasques / Nous à l’été dandy / Immaculés fantasques / Surprenant été dandy / Élégant iconoclaste" (Été dandy).

    Balades noctambules à Londres ou dans le Paris du Palace

    La new wave tient une bonne place dans cet album chaleureux (Transe) qui, si il est écrit en français, n’en reste pas moins marqué par l’influence de la pop anglaise post-Beatles, à l’exemple du très réussi John, en featuring avec Une Femme Mariée. Impossible également de ne pas citer Alain Chamfort (Été dandy) et bien entendu le Gainsbourg dernière époque (Bleu Piscine).

    Non sans mélancolie (Balboa, Pop Boy à Paris ou John), Nicolas Vidal semble déambuler dans ces "hauts quartiers de peine" comme le chantait Dominique A : ses balades noctambules à Londres ou dans le Paris du Palace est aussi la peinture baroque d’une époque passée dans la postérité pour son mauvais goût devenu légendaire. Nicolas Vidal en fait une oraison électro gothique dans Été Dandy et une balades romantique (Sous ton ombrelle).

    Certaines et certains pourront s'agacer d'un album à la nostalgie assumée (La Vie D'avant) ; beaucoup pourront par contre se laisser prendre au piège par un opus qui semble faire un grand retour vers le futur.

    Nicolas Vidal, Bleu Piscine, n(ouvelle)v(ersion), 2018
    https://www.difymusic.com/nicolasvidal
    https://www.faceszine.com
    Pierre Evil, "1988", in Magic, septembre-octobre 2018

    Voir aussi : "Ex fan des eighties"

  • Nouvelle vague

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    Il y a de la fraîcheur eighties chez les trois garçons d’Amoure, un groupe de la scène pop strasbourgeoise né en 2014. Ils signent leur nouvel EP, Vague, léger comme un farniente estival et d’un séduisant dynamisme. Prise de tête interdite : "Je veux faire des vagues / Quitte à nager en plein délire. / Je veux faire des vagues, / Les chevaucher jusque Agadir"(Vague).

    Les quatre titres pop ne lésinent pas sur l’énergie, et vous serez bien en peine de ne pas les écouter à plein volume lorsque vous lézarderez sur votre plage préférée. C’est une joyeuse parenthèse dorée que nous proposent les trois membres du groupe, Nicolas Lietaert, Julien Hermann et Thibault Dutt : du vague, des plages (Sable), de la lumière (Claire) et un trip à Rome en bonus.

    Le premier titre, Vague, annonce la couleur : ce nouvel EP des Amoure se veut estival. Estival et aussi, quelque part, new wave : c’est en effet du côté d’Indochine mais aussi d’Étienne Daho que nos trois musiciens viennent chercher une partie de leur inspiration. Des influences qu’ils revendiquent dans l’adaptation, en forme d’hommage, de Week-end à Rome. Et l’on repart, sous le soleil italien et avec Daho cette fois : "Week-end à Rome, / Tous les deux sans personne / Florence, Milan, s'il y a le temps / Week-end rital, en bagnole de fortune / Variété mélo à la radio."

    Amoure, Vague, Deaf Rock Records, mai 2018
    Amoure, en concert le 31 juillet à l’Estival Open Air, Estavyer (Suisse)
    http://www.bonjouramoure.fr
    https://www.facebook.com/amouremusic

  • Fishbach, jamais rien vu d'aussi mortel

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    Je vous préviens, Fishbach ne va pas vous laisser indemne. Son premier EP éponyme, sorti il y a un peu plus d'un an, est un mélange de d’électro-rock nerveux et de pop survitaminée. Dans la grande veine de ses aîné(e)s des années 80, l'artiste originaire de Charleville-Mézières ne craint pas de saturer ses titres de guitares saturées et de laisser sa voix puissante se noyer dans des torrents de synthétiseurs, tel le chant amoureux, sombre et gothique Tu vas vibrer : "Tu vas vibrer / comme un chien dans une caisse".

    La jeune chanteuse, que certains comparent déjà, pour son énergie déployée, à Catherine Ringer - certains ont même cité Jeanne Mas - pioche dans la new wave, ce mouvement musical que l'on pensait à tort disparu corps et âme depuis la fin des années 80.

    La musicienne a un talent indicible pour construire des morceaux à la mélodie imparable, à l'image de Mortel : "Jamais rien vu d'aussi mortel que ces tirs au hasard / Je viendrai demain aux nouvelles à la lueur du phare."

    Béton mouillé a une complexité follement séduisante : une ligne mélodique joliment travaillée et une architecture musicale faisant se croiser des chœurs vaporeux, la voix androgyne de la chanteuse, des boîtes à rythme sèches et puissantes et des synthétiseurs aux sonorités 80's.

    Reparlons années 80, justement, avec cette reprise hallucinée d'un titre de Bernard Lavilliers, Night Bird – intitulé, pour l'occasion, Night Bird (Petit Monstre). Le talk-over (parlé-chanté) dans le morceau original (voir le clip de Bernard Lavilliers sur ce lien) laisse place chez Fishbach à de l'électro-pop dans la droite lignée du poème mélodique et psychédélique de l'auteur d'Idées noires. Le Night Bird de Fishbach s'affranchit du texte d'origine aux multiples méandres ("Petit monstre pourquoi m'as-tu aimé / Je t'ai cherchée sans le savoir, / Je t'ai trouvée sans le vouloir, / Le sang est beau lorsque il est frais / Je connais la nuit de ta mort...") mais propose la même lecture musicale brute et sombre. Lavilliers peut se féliciter d'avoir été une telle source d'inspiration.

    Il semblerait que Fishbach prenne une autre dimension avec son prochain album, À ta Merci, qui sortira le 27 janvier prochain. En attendant, le premier titre, Y crois-tu ?, s'annonce déjà comme un tube en devenir, aux accents rimbaldiens : "Je t'ai vu t'avais l'air de plaire / Je t'ai bu la nuit dans la mer / Tu n'as vu en somme / Que de beaux ébats / Le reste tu t'en cognes." La native de Charleville-Mézières est plus que jamais à suivre. Dans la suite de ce nouveau disque, elle sera en concert à la Cigale le 14 mars prochain.

    Fishbach, Fishbach, EP, Entreprise, 2015
    Fishbach, À ta Merci, Entreprise/Sony Music, 2016
    http://ffishbach.tumblr.com

  • Ex fan des eighties

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    En ex fan des eighties, Nicolas Vidal peut sans conteste revendiquer sa filiation avec Serge Gainsbourg, Jean-Louis Murat, Depeche Mode (The Executionner) ou Alain Chamfort, période Manureva. Son dernier album, Les Nuits sereines n’existent pas, place le chanteur dans la lignée des artistes lorgnant déjà du côté de la pop des années 80 et de la new wave. Dans la même veine figurent aussi Sarah Mitkovski et Mell que le bloggeur avait chroniquées il y a peu.

    Nicolas Vidal se fait plus modeste mais aussi plus éclectique lorsqu’il se présente ainsi, non sans humour :"Je suis un auteur nourri de références variées que j’essaie d’utiliser avec légèreté et parcimonie en mélangeant allègrement Robyn et Martin Gore, Françoise Hardy et Au revoir Simone, Elli et Jacno, Carine Roitfeld et Rocky Balboa."

    Un bon coup de régression, donc, attend l’auditeur qui va découvrir dans Les Nuits sereines n’existent – un joli titre plein de spleen – une musique minimaliste et aérienne. 

    Loin d’une nostalgie vaine, Nicolas Vidal se fait dandy baudelairien dans le premier titre, Pour Compléter La Parure : "Se parfumer de luxure / S’abreuver d’écume fatale / Un léger sourire obscur / Une partition végétale." L’auditeur pourrait y retrouver les traces d’Oscar Wilde voyageant dans le temps grâce à la fameuse machine de HG Wells, pour retrouver Serge Gainsbourg dans une fumerie d’opium.

    C’est la même invite à la décadence et au snobisme qui nous est proposée dans Teenager : "Quelques psychotropes / Pour conjurer le sort / Un baiser sucré sur un canapé / un garçon qui dort." N’y aurait-il pas la trace de Baudelaire dans ce premier couplet ("Son coude dans les coussins, / Écoute pleurer les bassins ; / C'est la chambre de Dorothée", Bien loin d’ici, in Les Fleurs du Mal) Nicolas Vidal se drape dans un peu de lo-fi et beaucoup de maîtrise mélodique pour trousser un joli titre sur le thème de l’adolescence.

    Ce thème également traité dans Comme Une Fille, semblant tout droit sorti du Top 50 pour jeunes filles en fleur : "Tu noies les causes / Les litanies / De tous ces hommes qui te renient… / Comme une fille avec le cœur qui scintille." Un joli brin d’hommage aux adolescentes qui rêvent "qu’un réciproque amour / se présentera" avant de foncer tête baissée, "les deux pieds au plancher."

    Comédie Extravagante s’aventure sur les terrains vagues, suffocants et équivoques de l’amour, encore : "Je voudrais te voir nue / Entourée de malaises / Tel un pervers repus / Déblatérant des fadaises..." Nicolas Vidal, musicien bercé par la new wave, se fait une nouvelle fois poète décadent autant que désabusé : "Hélas / Je ne suis pas un as / Et l’amour ne m’a / Jamais aimée."

    Après la balade Amore, moins convaincante (et qui n’est pas sans rappeler les tubes italiens des bandes FM), le single Les Nuits Sereines – qui donne le titre à l’album – s’impose par son onirisme : "Les nuits sereines n’existent pas / Et dans les songes que l’on voit / Des interstices de vie déjà / Prennent de temps en temps la poussière" proclame le chanteur dans un titre qu’Alain Chamfort n’aurait pas renié.

    L’interlude Choix, instrumental électronique, pioche de son côté dans le répertoire jarrien, avant un nouveau grand saut dans le temps avec Mademoiselle R, digne de la new wave française, sur des paroles qu’un dandy en veste Members Only aurait pu chanter sur une scène du Palace: "Mademoiselle R / Autoritaire / D’un monde feutré / Chamarré / Dévoile ses envies / Et ses personnelles lubies."

    L’album se termine par Dimanche, moins eighties mais tout aussi pop. Cet instrumental clôture non sans nostalgie une plongée dans une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.

    Nicolas Vidal, Les nuits sereines n'existent pas, N(ouvelle)V(ersion), 2016
    Nicolas Vidal
    Page Facebook de Nicolas Vidal


  • Mell, on "Danse" ou on déprime ?

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    Mell vient de sortir Déprime & Collation, son sixième album, un vrai concept album d’une belle audace musicale. Les influences de la chanteuse, née du côté de Nancy et vivant depuis deux ans à Montréal, sont à chercher tous azimuts : rock anglais des années 70/80, new wave, folk nord américaine ou électro. Les vingt titres de Déprime & Collation, d’une grande variété mais paradoxalement aussi d’une grande cohérence, dessinent le visage d’une artiste aux facettes multiples, bien décidée à s’affranchir des barrières et à faire entendre sa voix.

    L’album commence par un titre rock rugueux mâtiné d’électro, Ton corps j’ai crié. La voix androgyne de Mell parle sans artifice d’amour et de séparation : "Où est passé ton corps / Où est passé la mort / Que je frôlais chaque soir" dit la chanteuse dans ce titre brut et sans artifice, rude comme l’amour.

    Son et guitare rock encore avec Snack & Blues. Non sans nostalgie et avec le parti pris du lofi neighties, Mell nous parle encore d’amour, une nuit de déprime et de gueule de bois : "Tour du monde / All night long / Serre-moi encore jusqu’à ma mort / Tout le monde rentre chez soi / Moi je m’écroule à chaque pas / De quoi j’ai l’air à cette heure là".

    Mell puise aussi avec énergie dans les années 80 pour des chansons punk-rock coup de poing et enlevées. Hey, Mort de rire et Danse c’est The Clash ressuscité et dopé à l’électro par une musicienne qui n’a pas froid aux yeux. Mell carbure à la new wave dans Au cinéma, transportant l’auditeur dans une salle obscure pour une idylle sucrée et éphémère : "Emmène-moi au cinéma / Que je puisse te toucher dans le noir / Comme si c’était la première fois / Je tremblerai / Tu souriras" : injection de nostalgie garantie.

    Le titre de l’album parle de déprime. Disons, pour être juste, que c’est vers la mélancolie et la nostalgie que penche la majorité des titres. C’est She said, ballade électro, Mon enterrement, une mélodie folk à l’ironie mordante, ou encore Tes yeux verts, titre folk lumineux et minimaliste : "Dans tes yeux clairs / J’ai vu la mer / Dans tes yeux verts / J’ai vu l’enfer… / Non je n’ai pas peur des tempêtes".

    Où te caches-tu ? penche du côté de Nick Drake : "Où te caches-tu mon amour / Dans quel pays / Dans quel faubourg". Cette ballade folk, sur le thème de l’amour et de l’identité, est savamment mise en relief par petites touches, sans dénaturer une mélodie simple, une voix délicatement posée et une guitare sèche lofi.

    Au Louvre c’est encore du côté de la pop-folk qu’il faut chercher l’influence de l’artiste pour une chanson qui parle d’une absence, de la recherche de sens et de l’évidence d’un manque au milieu des galeries immenses du célèbre musée parisien : "Des chats sauvages me tombent dessus / Et puis ton corps à moitié nu / Au-dessus du vide sous les étoiles".

    Déprime & Collation est particulièrement riche de titres instrumentaux faisant la part belle aux synthétiseurs et à l’électronique, qui ne sont pas sans rappeler la mythique Trilogie berlinoise de David Bowie et Brian Eno ( Low, "Heroes" et Lodger). Comme aux plus belles heures des concept-albums, deux courts interludes viennent ponctuer l'album concept de la native de Lorraine: c’est Marécages invisibles et surtout Dot-111, formidable titre psychédélique pouvant faire penser à V-2 Schneider dans "Heroes".

    Mell n'est pas non plus avare en titres instrumentaux longs mais aussi exigeants : Les crocodiles qui somnolent, Absurdistan, I love u at five o’clock ou Poisson chat qui conclut l'album. Astronaute de son corps est une belle page électro tout en voyage, mêlant guitare aérienne et synthétiseurs. No barricade se révèle être un instrumental harmonieux et séduisant où les guitares décrochent un rôle de premier choix. Rarement des accords de cordes n’ont parus aussi évidents. Canaille mayonnaise mêle quant à lui des guitares rock rugueuses et un son électronique comme venu d’outre-tombe.

    Album audacieux, déstabilisant, et pas si déprimant que cela, Mell offre un diamant musical, riche de surprises mais aussi de promesses.

    Mell, Déprime & Collation, Art Disto / L’Autre Distribution
    sortie nationale le 10 novembre 2016

    Page Facebook de Mell
    Mell en tournée & promo en France tout le mois de novembre
    dont le Divan du Monde à Paris  le mardi 29 novembre
    (avec Katel, Céline Ollivier, Adrienne Pauly et Nicolas Jules)