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Indurain, c’est le duo suisse constitué de Marius Zimmermann et Sylvain Sangiorgio.
Ils nous arrivent de Genève avec un EP, Vacances à la mer, à la facture pop folk ("Imagine"), et non sans couleurs ("Carola"). L’influence du son rock des seventies est bien présent dans cette manière de prendre l’auditeur à contre-pied ("Au pas de danse").
"Vacances à la mer", le titre éponyme de l’EP, est accompagné d’un clip "de facture totalement locale", comme le précisent les artistes. Dans cette période de froid, pourquoi ne pas se précipiter vers cette vidéo légère, souriante et chaleureuse ? "Vacances à la mer / Taper la Manche à Deauville… / Dormir en voiture / Rêver de Nature / Calanques / Côte d’Azur".
Le groupe Sigal, c’est avant tout Marie Sigal, artiste touche à tout géniale et à la voix irrésistible. Elle s’est entourée de complices musiciens, dont Philippe Waterballs qui co-compose plusieurs morceaux de l’EP Minotaure. Dorian Dutech et Simon Portefaix complètent le groupe.
En six titres pop-rock, Sigal impose son univers et ses messages : il est question du labyrinthe qu’est notre vie, rythmée par la naissance, l’amour, le sexe, les ruptures, les relations hommes-femmes et les pulsions.
Disons le aussi : il y a du parfum des années 80 et de la new wave boostée à l’électro dans ce premier EP de Sigal, à l’image du premier morceau, "Le jour d’après ma mort". Avec ce paradoxal ode à la vie, Sigal choisit le contre-pied, à l’image de cette géniale rupture de rythme funk et disco à la fin du titre qui parle avant tout de la vie : "Le jour d’après ma mort, / je retrouverai mes plantes et puis mes chats / y aura plus de place pour le tralala" avec la fin de tous les soucis : "J’en aurai fini de l’Atarax et du Xanax / Ataraxie jolie jolie… Je jour d’après ma mort / Je n’irai pas au supermarché / Je ferai tout ce que je n’ai jamais fait : / Être autre chose qu’un enfoiré".
Pour l’extrait "Minotaure", le son eighties est encore là, dans ce récit amoureux sensuel et sexuel, écrit sous l’angle mythologique, imagé avec soufre, humour et poésie tout à la fois : "Ici sa main qui te caresse / Qui file à l’anglaise / Voici une nuit d’orage et de braise / Petite mort princesse". Le morceau qui donne son nom à l’EP, peut être vu comme un hymne au plaisir et au désir féminin : "C’est un homme c’est un dédale / Waiting for me / C’est un monstre un animal".
Disons le aussi : il y a du parfum des années 80 et de la new wave boostée à l’électro
Pour "La couveuse", Sigal choisit le talk-over pour se mettre dans la peau d’un nouveau-né. C’est un choix artistique rare. Il faut écouter comment la chanteuse évoque le monde vu par un bébé prématuré "dans le silence de la couveuse" d’une maternité. La chanson se termine par une émouvante adresse, celle d’une mère pour son jeune enfant : "Oh toi mon nouveau né / C’est fini la couveuse C’est fini".
L’amour nourrit l’EP de Sigal avec une fraîcheur et une joie communicative, y compris dans ce portrait singulier qu’est "François" : "François rebelle mon paradis / C’est démodé toute cette folie / François tu es ma maladie". Un portrait mais aussi, vous l’aurez compris, une déclaration d’amour – contrarié : "François, ma mélancolie".
La sensibilité de Signal est tout autant évidente et "sans équivoque" dans "Tu danses", une déclaration tendre, amoureuse et admirative derrière laquelle se lit l’influence de Zazie : "Ton corps est avalanche ton cœur est abondance".
Il y a même sensualité dans cet appel au lâcher-prise, à la liberté et à l’hédonisme dans le subjuguant "Open bar" : "Exigeons / Des mains repues des bouches rougies / Des étendards des insomnies / Sens éperdus sens interdits / Des gyrophares / Des bains de minuit".
En attendant la sortie de leur EP In The Storm, le groupe Nahaka dévoile leur premier single, "My Reggae Man".
Plus que convaincant, ce titre saura convaincre y compris les auditeurs peu familiers du dub ce genre musical né du reggae jamaïcain.
"My Reggae Man", avec ces rythmes reconnaissables entre tous, est porté par Jodie Namite. La chanteuse porte sur ses épaules cette déclaration d’amour avec un sex-appeal embarquant totalement l’auditeur : "Oh my reggae man, makes me so high".
Voilà qui est de bon augure pour la sortie prochaine de l’EP du groupe savoyard Nahaka.
EP In The Storm : sortie prévue en septembre prochain 2022.
Il y a comme un retour dans les années 70 avec ce surprenant et très urbain EP de Radio Kaizman, Block Party. Quelques années avant l’arrivée du hip-hop, aux États-Unis, les "block parties" inauguraient une nouvelle manière de faire de la musique : une rue fermée de part et d’autre devenait le lieu de concerts improvisés pour faire la fête, avec un son mêlant soul, funk mais aussi jazz. Le rap allait naître de ces "block parties" dans des quartiers désœuvrés et souvent interlopes, une manière comme une autre de donner de la vie mais aussi parler de son mal-être et du mal-vivre.
Block Party reprend cette tradition avec leur brass band et des instruments traditionnels : flûte, trompette, trombone, caisse claire, soubassophone, sans oublier les voix de Delphine Morel et de Stéphane Benhaddou. Clément Drigon, Quentin Duthu, Romain Maitrot, Brice Parizot et Aldric Plisson complètent le groupe.
Mettre "les rimes en barres"
Formé en 2013, Radio Kaizman est avant tout un groupe de scène. Profondément inspiré des sonorités urbaines, du groove et des rythmes typiques des marching bands de la Nouvelle Orléans.
Dans leur dernier EP plein de vie, produit avec un soin remarquable, les Radio Kaizman rappellent la culture des block parties en réalisant le leur. Les six titres urbains et soul parlent de la manière de vivre dans des quartiers mal aimés ("Drive"), de choix impossibles et de "faux débats" ("Kidding – On se tape des barres"). Le flow de Radio Kaizman est à l’avenant d’une musique lumineuse et funk : le groupe carbure à la vitamine et au son.
La générosité est là, dans ces tableaux pourtant gris et urbains : "Pensée pour tous ces migrants, qui affrontent vents et marées / Mari femme et enfant, l’enfer avant la liberté" ("Hubris – Traversée"). Le message du groupe ? Le plaisir de faire monter les décibels et de mettre "les rimes en barres" ("I Don’t Know").
Dans cet EP, comme dans ces block parties des années 70, le dernier mot est à la musique : "Vas-y rentre dans la danse / Cadence, détente, rythme entêtant, / P’tites boîtes grands rêves / Ici la place est métisse."
La preuve avec ce mini-album franchement réjouissant, et assurément dansant.
En concert le 26 août, Détour en Tournugeois, Lacrost (71), le 28 août, Fanfarefelues, Vitré (35), les 17 et 18 septembre Cergy Soit, Cergy (95), le 9 septembre, Asso Lézarts, Colmar (68), les 22 et 23 septembre, La Faïencerie, Creil (60) et le 29 octobre, Lavoir Entendu, Épinal (88)
Pas de prise de tête pour le Collectif Team Peace, un groupe qui nous vient de Mayenne. "Roue libre", le premier morceau qui donne son titre à l’album, annonce la couleur : sur des rythmes et des sons reggae et pop, le groupe formé par Edouard Poirier-Bruneau, Antoine Hureau, Tony Damond et Sylvain Caremel assument leur philosophie de vie : ne pas s’arrêter, avancer, lâcher prise et prendre de l’importance à l’instant. Ce que le groupe revendique encore dans "La vie est une leçon".
Quatre gars individualistes dans leur chère campagne ? Pas si vite. Car Team Peace est aussi un "collectif" comme ils le disent dans un autre extrait. "Soyons collectifs dans nos vies", assènent-ils dans un optimisme qui fait du bien à entendre.
Est-ce que nous avons d’ailleurs le choix, et pouvons-nous nous permettre de "petits coups d’éclats" ? Le Collectif Team Peace propose un chant engagé pour sauver ce qui peut l’être : "Le vent va tourner / Et nous enlèvera loin de nos divisions / Le vent va tourner Nous n’avons plus le temps pour nos indécisions" ("Le vent va tourner")."Fais pas ci fais pas ça" propose, de son côté, de garder de la distance face aux "discours de nos télés.
Le collectif met en musique la souffrance scolaire en raison des troubles dys
"Toujours prêts à combattre" ? C’est ce que proclament les quatre artistes, toujours prompts à monter "Sur le ring", suivant par là l’ADN du reggae. "Get up, stand up for your right", chantait un certain Bob Marley, n’est-ce pas ?
Et si ces dernières années marquaient le retour en force d’une Province dénigrée par un certain esprit parisien. C’est ce que certains groupes et artistes chantent, à l’instar des Savoyards d’Au comptoir des histoires ou les Sarthois de Sans Prétention. Ici, c’est la Mayenne qui est mise à l’honneur, avec tendresse et non sans humour ("Ma petite Mayenne", qui coule dans les veines du Collectif). "Quartier" est, quant à lui, un hommage nostalgique au quartier "où l’on a grandi" et "où l’on a tout appris".
Avec l’étonnant titre "Dys", le groupe choisit l’alliance du reggae, du rock et du rap pour parler de la difficulté chez certains enfants de manier les mots. Avec justesse, le collectif met en musique la souffrance scolaire en raison des troubles dys et de l’incapacité de beaucoup d’enseignants de suivre ces enfants en souffrance : "La société ne tourne pas rond / Ne prenez pas les dys pour des bouffons".
Engagés, humanistes, généreux et finalement optimistes : voilà comment on pourrait qualifier cette team mayennaise. Mais aussi poètes, comme le montre le très convaincant "Illuminée", qui vient clôturer Roue libre.
Voilà un joli "courant d’air", pour reprendre le premier titre de l’album des Marmottes, Dans l’amour jusqu’au cou. Après plus de dix ans d’existence et trois albums sous le bras, le groupe de "rock festif" insuffle leur énergie communicative, avec pogo, orchestration acoustique et des influences nineties à chercher du côté de La Rue Ketanou, Zebda, Tryo ou Matmatah, sans nul doute des camarades de promos et de festivals. Il est question dans leur opus de liberté, de lâcher prise, de luttes , d’engagements mais aussi de love story, même lorsqu’il s’agit d’un amour pour le moins contrarié – sinon passé aux oubliettes : "J’ai oublié d’amener mes problèmes. / Ça tombe bien, j’en ai pas besoin ici. / Compte pas sur moi pour te redire que je t’aime. / Toi, tu t’en fous, toi, t’as fini, et moi, c'est parti" ("Courant d’air"). Comme ça, c’est dit.
Il est aussi question de vie à deux avec "Célibataire", une suite de saynètes aux situations dites "compliquées" mais grâce auxquelles on a toujours "un truc de dingue à raconter" : des rencontres foireuses "les meufs zarbis j’en ai connu plus plus qu’il n’en faut" : des portraits haut en couleur de femmes coincées, délurées ou nymphos.
Nous parlions d’engagement. Il faut bien sûr citer "Mai 68". Les Marmottes en font un hommage, vantant cette colère saine d’une France mue par des idéaux que le groupe savoyard identifie au courant hippie – ce qui est une manière de voir les choses... Mais passons sur cette interprétation et parlons de ce joyeux foutraque musical : ça ambiance, ça s’époumone et ça fait claquer les sarouels pour ce qui est un vibrant chant de nostalgie autant qu’une invite à faire une révolution mondiale et un retour au Peace and love et à l’anarchie. Est-ce possible ? "Il nous reste aujourd’hui / Bien plus qu’un souvenir, / Une décennie de folie / Qui n’a pas eu envie ?"
Voilà qui est une réponse à ce constat formulé dans "C’est la merde. Il s’agit du tonitruant constat d’une planète à la dérive. Musicalement, dans ce morceau, il semble que nous soyons catapultés dans les années 80, lorsque le pogo n’était pas optionnel lorsqu'il était question de rock.
La cueillette des abricots prend des couleurs chaudes, sensuelles, pour ne pas dire sexuelles
L’auditeur sera sans doute plus sensible au joli morceau qu’est "Chaque jour", une déclaration délicate et sincère : "Chaque jour que Dieu fait, / Qu’il fasse beau, qu’il fasse mauvais / C’est pas facile tous les jours de vivre loin, / De ton amour".
Soyons honnêtes : Les Marmottes ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils se font portraitistes, à l’instar de cette bande d’amies ("Virée entre copines"), ce "Punk à chien" ou ce pilier de comptoir et collègue de travail qui ne "respecte rien et (…) veut toujours faire la fête", ("Robert").
Dans « Les abricots", le groupe choisit de rendre hommage au travail saisonnier dans les vergers du sud : la cueillette des abricots prend des couleurs chaudes, sensuelles, pour ne pas dire sexuelles ("Tout en haut de l’arbre, / Se cachait le le plus bel abricot… / Mais aurais-je l’audace de saisir ce joyau ?").
On regrette que l’album ne se soit pas terminé avec ce qui en est sans doute le plus beau morceau : une chanson d’amour en duo avec Charlotte Keller, "États d’âme". Il y est question de lassitude dans le couple "quand on était perdus", de deux êtres paumés mais aussi de la "force de courir" qui peut nous rester, et le désir d’avancer à deux. La chasse au "bonheur capricieux" ("Tu peux compter sur moi").
L’opus se termine sur un message central que Les Marmottes dressent avec une joie communicative et un certain optimisme. "Ta Planète", c’est une invitation à prendre soin de l’environnement et à réveiller les consciences. À se réveiller, quoi. Ce sont des Marmottes qui vous le chantent, avec le sourire, s'il vous plaît.
Vous êtes de plus en plus nombreux à suivre ce blog curieux et toujours à la recherche de nouveautés dans les domaines de la musique, du cinéma, des livres ou des expos.
Après cette coupure estivale, Bla Bla Blog va revenir avec des nouveautés. Côté musiques, je vous parlerai de la jazzwoman Laura Anglade et ses reprises de standards de la chanson française. Il sera aussi question de l’électro de MLD, du groupe Les Marmottes et de Célestin.
Côté cinéma, je vous parlerai du remake de Mon garçon par Christian Caron (My son). Une série nous intéressera : Anatomie d'un scandale. Les fans de Downton Abbey seront aux anges : vous saurez bientôt pourquoi.
Il sera aussi question du Vendée Globe 2024 et d’une opération caritative mais aussi du festival parisien Aux Arts !, à la rentrée. Côté livres, je vous parlerai du document de Betty Milan consacré à Jacques Lacan, d’un beau livre des éditions Larousse sur les chefs-d'œuvre de la peinture mais aussi de fantasy.
Ce ne seront que quelques-unes des surprises prévues.
A bientôt.
Photo : Lilartsy - Pexels
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Étrange plaisir de retrouver les Paris Combo, dans un album qui est aussi le dernier de sa chanteuse, compositrice et co-leadeuse, Belle du Berry, disparue en 2020 d’un cancer à l’âge de 54 ans, alors que le groupe venait de terminer son septième album studio.
Quesaco?, derrière ses rythmes sud-américains et sa facture jazzy, est un opus posthume que son interprète ne connaîtra pas dans sa version finale. L’auditeur l’écoutera donc avec un mélange de bonheur et d’émotion.
Album ensoleillé et invite aux voyages, Quesaco? a ce je ne sais quoi de mélancolie et d’envie contrariée, à l’exemple du morceau éponyme : " Vois, le soleil, feu de paille / Vois, oh vois, le soleil qui se taille / Nous laissant là, entre chiens et loups / À l'heure où nous avons rendez-vous / Rendez-vous avec le destin mais qui s'en fout".
Les Paris Combo alternent ainsi entre joie de vivre et désabusement. Le morceau "La barre espace" traduit cette hypermoderne solitude que le Grand Confinement du Covid a exacerbé : "Je manque d’espace / J’ai la mémoire qui s’efface / Je manque d’espace / Ce confinement me dépasse". Pour autant, il y a quelque chose à sauver que ces vies numériques, chante Belle du Berry, de sa voix fraîche et légère : "Sur le clavier de nos vies, l’histoire s’écrit sans qu’on y pense".
Opus posthume
L’optimisme et l’amour semblent avoir le dernier mot dans cet album qui est un hymne à la vie, à l’altruisme et à l’amour ("Seine de la vie parisienne", "Cap ou pas cap", "Tendre émoi"). Non, il ne faut pas craindre de désirer, d’aimer et d’assumer un coup de foudre : "Éviter c’est pas vivable / Désirer c’est désirable" ("Panic à bord").
Paris Combo déclinent les sujets les moins sexy et les plus sombres avec un enthousiasme et une sincérité sans faille ("Maudit money", "Première guerre"). Jazz manouche, madison, tango, pop-rock, ballade et bien sûr chanson française : le groupe aux 25 ans de carrière propose dans cet opus quelques joyaux à l’écriture particulièrement fine. Que l’on pense au délicieux "Axe imaginaire" et à ces paroles : "J'ai pas la tête de Wonder Woman / Pas le pouvoir de Spiderman / J'ai pas l'étoffe d'un super héros / Et pas l'instinct du bonobo / Mais si je cherche une seconde âme / Sur un axe d'amalgame / Je vais dissoudre mon ego / Et me noyer dans un verre d'eau".
Belle du Berry domine à la fois musicalement et sentimentalement cet album important qu’elle interprète avec une gravité chantée mezza voce : "Do you think my love is leaving / Do you think with a broken heart / Do you think I'm overacting / The saddest part?"
Cela n’empêche pas le groupe Paris Combo, sans sa chanteuse fétiche, de choisir la musique, le swing et le smooth, dans un dernier morceau sucré et d’une douce indolence : " Lazy ladie / Ce que j'apprécie c'est procrastiner / Et dire non aux cadences infernales / Implorer la trêve hivernale / Paresser par ici / Paresser par ici / Et laisser passer la / Passer la diligence".