Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Hop, Bongo Hop

    Pin it!

    L’ouverture de Satingarona, le deuxième opus de Bongo Hop, laisse une première impression que l’auditeur va voyager dans un univers latino, créole et caribéen. Grenn pwonmennen, avec en featuring Kephny Eliacin, propose une visite dans les paysages haïtiens, mais avec une rythmique de samba… ramenée tout droit d’Angola. Un grand écart musical passionnant, surtout si l’on pense que Bongo Hop est né du côté de Lyon et est le fruit de la rencontre du trompettiste, journaliste et globe-trotteur Étienne Sevet et du producteur Patchworks.

    Il y une fraîcheur poétique assez incroyable dans le bien nommé Agua fría. La voix veloutée de Laurène Pierre-Magnani (Lord Rectangle) étire, sur un rythme chaloupé, son flow poétique d’une rare densité : "Supposons que je vienne d’ailleurs, que j’ai perdu mon chemin. J’ai oublié le jour et l’heure et le temps qu’il fera demain. Je viendrai vous parler d’un monde qui disparut en un instant. Les siècles qui passaient comme le secondes, comme on nous file un diamant."

    Un opus syncrétique, d’une belle sophistication

    Une certaine mélancolie, pour ne pas parler de gravité, est présent dans les titres de cette saison 2 : la déforestation (Grenn pwonmennen), un crash d’avion au Venezuela (La Carga, avec Nidia Gongora) ou le formidable titre urbain mené par Greg Frite (ex Triptik).

    Satingarona pt. 2 est une œuvre où le métissage est maître. Le français, le créole et l’espagnol se fondent dans un album avec paradoxalement une belle cohérence. Le voyage et l’expérience musicale, entre jazz, pop, samba, calypso et hip hop, guident la bande d’Étienne Sevet. L’album coloré, rythmé et souriant (O na ya, avec Cindy Pooch) ne verse jamais dans la caricature de l’album tropical, chaud et cool : Bongo Hop offre un opus syncrétique, d’une belle sophistication. Passionnant.

    The Bongo Hop, Satingarona pt. 2, Underdog / Big Wax / Believe, 2019
    https://www.facebook.com/bongohopmusic

    Voir aussi : "Odyssée musical pour Dowdelin"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Musicale Tchéquie

    Pin it!

    Nous parlions il y a quelques jours des 10 festivals mondiaux les plus incroyables à faire, une liste établie par le site spécialisé Smart Lemur. Bla Bla Blog a choisi de reparler de festivals, mais cette fois en Tchéquie, un pays d’une richesse culturelle particulièrement rare. Le printemps marque le début de la saison des festivals, en République tchèque également. Du classique, du jazz, de la pop... Focus sur ces événements, en Bohême et en Moravie.

    Festival en hommage au compositeur tchèque Bedřich Smetana

    Du 13 juin au 7 juillet prochain, la ville natale de Smetana lui rendra hommage, comme chaque année depuis 1949. Le Festival Smetanova Litomyšl est l'un des plus grands festivals de musique classique organisés dans le pays. Il propose aux spectateurs une riche programmation mêlant musique symphonique et instrumentale. Les nombreux concerts, oratorios, représentations d'opéras se tiendront au sein du château Renaissance de Litomyšl, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO.

    Festival de musique Colours of Ostrava au cœur de la Moravie industrielle

    Depuis 2002, le festival Colours of Ostrava est l'événement musical de l'année. La raison ? Une programmation extrêmement variée et un emplacement insolite et unique en Europe. En effet, c'est à Dolní Vítkovice, un ancien site industriel de mines et de forges que les nombreuses scènes ouvertes et couvertes accueillent les concerts ainsi que les nombreux ateliers, discussions, projections de films et représentations théâtrales. Une atmosphère unique à vivre du 17 au 20 juillet.

    Le festival de jazz de Brno (Moravie sud)

    Du 13 mars au 30 avril, le Festival JazzFest Brno réunit les amoureux de jazz et d'improvisation autour de nombreux concerts et jam sessions enflammées. Avec près de 10 000 spectateurs chaque année, ce rendez-vous musical très attendu laisse place au jazz traditionnel et aux nouvelles tendances de la musique moderne.

    Festival de musique de Ceský Krumlov (Bohême sud)

    Cette cité médiévale située sur les rives de la Moldau (ou Vltava) accueille tous les étés un festival international de musique. Le centre historique, reconnaissable grâce à sa grande tour au clocher vert et rose, est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Du 19 juillet au 10 août, les concerts se tiendront dans des endroits exceptionnels de Ceský Krumlov, comme le château ou le plus ancien théâtre baroque au monde ! Quant à la programmation, elle propose plusieurs genres de musique, allant de la musique folklore à la comédie musicale.

    Le festival international de musique classique à Prague

    C'est le 12 mai prochain, date d'anniversaire de la mort du compositeur tchèque Bedřich Smetana, que débutera la 74e édition du festival du Printemps de Prague. Artistes reconnus, orchestres symphoniques, ensembles de musique de chambre : la programmation est réputée pou sa richesse et son ambition. Les concerts et les spectacles se donneront au sein des monuments emblématiques de Prague. Parmi eux, le Rudolfinum, siège de l'Orchestre Philharmonique de Prague, un bâtiment de style néo-renaissance ou encore la Maison Municipale, symbole de l'architecture Art Nouveau.

    https://www.czechtourism.com/fr/home

    Voir aussi : "Les 10 festivals qu’il faut avoir faits dans sa vie"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Des expressions plein la musette

    Pin it!

    Il convient tout d’abord de signaler les noms des illustratrices et illustrateurs cités en page 121 de ce deuxième volume du Catalogue déjanté des expressions de la langue française (éd. d’Enfer). Caroline Bittner, Ciruela Barreto, Noélie Meckenstock, Noël Rasendrason et Émilie Bertolin donnent vie à ce drôle de livre imaginé par Jacques Seidmann.

    Après un premier tome consacré aux loisirs, à la santé, à la beauté et à l’amour, les Éditions d’Enfer proposent une liste de 50 nouvelles expressions populaires françaises illustrées, sur les thèmes de l’argent, de la société, de la survie et du travail – les uns n’allant pas sans les autres. Ces ouvrages conçus par Jacques Seidmann et le Collectif des Crayons ont été sélectionnés dans le cadre des Journées européennes de la francophonie qui se sont déroulées du 16 au 24 mars 2019.

    Une campagne de crowdfunding

    Véritable catalogue absurde fait de mots-valises, d’expressions prises au pied de la lettre et d’inventions lexicales aussi loufoques et surréalistes les unes que les autres, ce catalogue pas tout à fait comme les autres met en image la richesse de la langue française en imaginant de drôles d’objets : des chaussettes à mettre les pieds dans le plat, une cisaille à couper les ponts, des ciseaux à couper les cheveux en quatre ou un vernis à langue de bois.

    Les illustrations soignées, qui ne sont pas sans rappeler les créations absurdes de Topor, font de ce livre un vrai bel objet, imaginé par Jacques Seidmann, créateur de noms de marques depuis plus de de vingt ans. Il s’explique ainsi : "Quand on fait de la création de marque, on est obligé de triturer la langue, de trouver des formulations inédites. En jouant avec les mots, on acquiert de l’agilité et de la liberté. C’est un rapport au langage qui n’est pas très fréquent et qui m’a sûrement préparé à l’invention de ces objets loufoques."

    Une campagne de crowdfunding et la création des Éditions d’Enfer ont fait le reste. Ces deux premiers volumes offrent un regard à la fois amoureux, caustique et même dadaïste sur notre langue, bien loin de l’académisme de bon aloi. Mais ce deuxième volume peut aussi se lire comme un manifeste contre l’absurdité de la société de consommation. Un vrai ouvrage engagé, mine de rien.

    Catalogue déjanté des Expressions de la Langue française, tome 2
    Illustré par le Collectif des Crayons, Éditions d’Enfer, 2019, 123 p.
    http://cataloguedejante-desexpressionsfrancaises.fr

    Voir aussi : "Attache ta tuque ou le français dans tous ses États"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Le "River Man" de Nick Drake revisité par Jan Felipe

    Pin it!

    Nick Drake, que l’on ne finit pas de découvrir et d’aimer 45 ans après sa mort à l’âge de 22 ans, prouve une fois de plus sa vitalité à travers Lua Rosa un projet brésilien dédié au musicien britannique.

    Le compositeur et interprète franco-brésilien Jan Felipe propose dans ce cadre une revisite de River Man. Une revisite mais pas une trahison pour le titre folk de Nick Drake. À la guitare sèche et au chan, Jan Felipe propose une version fidèle et d’une superbe pureté. Les sons fantomatiques de Felipe Aguiar au clavier donnent au River Man cette teinte crépusculaire et bouleversante.

    Rendez-vous sur leur vidéo Youtube pour découvrir l’un des plus célèbres titres de Nick Drake.

    Jan Felipe, River Man, autoproduit, 2019 
    https://www.nickdrakeluarosa.com.br
    https://www.facebook.com/nickdrakeluarosa

    Voir aussi : "Courts mais bons"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Le garçon qui murmurait à l’oreille des ados

    Pin it!

    C’est sans doute en partie par chauvinisme que le public français s’est intéressé à la série américano-britannique Sex Education, dont la première saison est diffusée sur Netfix. Emma Mackey, actrice et mannequin franco-britannique tient l’un des rôles principaux, celui de Maeve Wiley, une lycéenne à forte tête, intelligente, débrouillarde mais aussi méprisée par ses camarades. Il est vrai que la native du Mans prend à bras le corps le personnage essentiel d’une série qui se penche sur un sujet épineux et semé d’embûches : la sexualité des adolescents.

    Dans un lycée britannique, le jeune Otis Milburn (Asa Butterfield), vivant avec sa mère Jean (Gillian Anderson), une brillante psychologue, vit le quotidien d’un adolescent mal dans sa peau dans un bahut très ordinaire. Il a pour ami Eric, un camarade excentrique et ouvertement gay (avec une performance exceptionnelle de Ncuti Gatwa).

    La rencontre d’Otis et de Maeve, que tout oppose a priori, scelle le début d’un étrange business : la lycéenne désargentée propose au jeune homme, doué d’empathie, de qualités d’écoute et surtout de connaissances en gynécologie, d’ouvrir un cabinet sauvage de sexologie au cœur même de leur lycée. Contre toute attente, les services d’Otis trouvent leur public. De (jeunes) clients s’adressent au garçon, toujours vierge, pour lui demander son aide sur des problèmes les plus intimes qui soient.

    Un étrange business

    Sur un sujet aussi délicat que celui-ci, les créateurs de Sex Education ont sans doute créer la série la plus étonnante et la plus mémorable de ce début d’année. Cette comédie dramatique en huit épisodes choisit la légèreté pour parler de sujets graves : l’identité, la frustration, le harcèlement, la violence, la solitude ou la misère sexuelle. Les actrices et acteurs sont tous parfaits dans une série qui pouvait tomber dans de la grivoiserie ou de la provocation inutile.

    Asa Butterfield et Emma Mackey s’en sortent avec les honneurs et n’ont certainement pas fini de faire parler d’eux. Quant à Gillian Anderson, l’ex Dana Scully d’X-Files, elle étonne par ce rôle à contre-emploi de psychothérapeute hors-norme. Hors-norme, comme du reste cette série.

    Sex Education, série de comédie dramatique de Laurie Nunn
    avec Asa Butterfield, Gillian Anderson, Ncuti Gatwa et Emma Mackey
    USA et Grande-Bretagne, première saison, huit épisodes, Netflix, 2019

    Site officiel Netflix

    Voir aussi : "Kidding, à en rire ou à en pleurer"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Les 10 festivals qu’il faut avoir faits dans sa vie

    Pin it!

    Smart Lemur, un site Web de voyages spécialisé dans les voyages qui sortent des sentiers battus, a sélectionné 10 festivals de musique à travers le monde, souvent inconnus des festivaliers habituels, qui sont à faire au moins une fois avant de mourir. Musiques, art contemporain, développement personnel ou méditation : il y en a pour tous les goûts et (presque) tous les pays.

    1. Magnetic Fields, à Alsisar Mahal, Rajasthan (Inde)
    Situé dans l'historique et fascinant Alsisar Mahal dans le Rajasthan, en Inde, Magnetic Fields est une expérience culturelle et musicale de trois jours qui absorbe les visiteurs et a su captiver depuis plus de quatre ans. Véritable terrain de jeu pour les plus jeunes, les visiteurs peuvent se prélasser sur les pelouses, méditer, chasser des trésors enfouis ou faire voler un cerf-volant au lever du soleil sur le toit de l’ ancien palais du Raj.

    2. Rassemblement de Yaga, Varena (Lituanie)
    Yaga accueille son festival de yoga et de développement personnel dans une clairière de la forêt Ežeraitis au bord du lac Spengla. Cela se passe dans la région de Varėna, dans le sud de la Lituanie. Le festival n'a pas de sponsors et est financé uniquement par la vente de billets afin de rester fidèle à son éthique. Des DJ et des groupes de différents pays se produisent sur cinq scènes et présentent un large éventail de sons électroniques.

    3. Festival Træna – Helgeland (Norvège)
    Le Helgeland en Norvège est l’un des endroits les plus spectaculaires de la planète. Les longues côtes désertiques et les nombreux fjords surnaturels donnent aux visiteurs l'impression qu'ils viennent d’atterrir sur une autre planète. En vérité, Træna n'est pas qu'un festival musical. C’est une fête où la musique est simplement un appât pour attirer le public vers un coin du monde qu’ils n'auraient jamais vu et avec des personnes qu'ils n'auraient jamais rencontrées en d'autres occasions. Le programme musical de Træna est constitué pour l’essentiel d’artistes scandinaves.

    4. Worldwide Festival - Sète (France)
    Le festival annuel du musicien Gilles Peterson a lieu chaque année dans la ville de Sète. C'est une semaine de célébration autour de la musique. L'emblématique amphithéâtre du Théâtre de la Mer surplombant la mer Méditerranée est le lieu idéal pour ce véritable banquet artistique. Le festival propose également des fêtes sur la plage et des événements dans de petites salles autour du célèbre port de pêche immortalisé par Georges Brassens. Le festival organise également un événement partenaire en mars dans les Alpes suisses à Leysin, avec une journée de ski suivie d'un après-piste et de la bonne musique.

    5. Meadows in the Mountains (Bulgarie)
    Au fin fond des montagnes bulgares, une petite communauté de personnes partageant les mêmes idées a eu l’idée de se réunir une fois par an dans un lieu spécial. Le bien-être est au cœur de ce festival pluriel : on y trouve des cours de yoga et des ateliers sur la médecine naturelle ou sur le tarot. Le festival est relativement nouveau mais il se développe rapidement grâce à un excellent bouche-à-oreille.

    6. Rainforest World Music Festival (Bornéo)
    Le Rainforest World Music Festival est un festival unique réunissant des musiciens renommés du monde entier sur l'île mythique de Bornéo. C’est un événement hors du commun, d’une extravagance musicale et culturelle à nulle autre pareille. Les organisateurs proposent des ateliers l'après-midi et des représentations en soirée sur la scène principale : cette recette explique le succès public d’un festival qui continue d'attirer des spectateurs du monde entier.

    7. Festival Gottwood de Llanfaethlu (Pays de Galles)
    Au cœur de la forêt d'Anglesey se trouve le Festival Gottwood qui réussit là où la plupart des manifestations échouent : son offre musicale, visuelle et culturelle très équilibrée offre aux visiteurs un environnement très sûr, de l’insouciance et surtout une expérience inédite. Attendez-vous à un tour de montagnes russes à travers différents styles de musique. Dans l’ensemble, ce festival offre une alternative véritablement unique par rapport à d’autres manifestations de ce genre : Gottwood c'est presque la fête à la maison.

    8. UVA Festival de Ronda (Espagne)
    Triple choc sensoriel mêlant musique, arts visuels et architecture, l’UVA Festival de Ronda au sud de l’Espagne est dédié à la culture contemporaine. Les organisateurs se concentrent sur la nécessité de préserver un environnement intime et une atmosphère unique pendant ce festival de trois jours qui se déroule dans un vignoble  et non loin d’un ancien monastère du XVe siècle.

    9. Great Wall Festival (Chine)
    Organisé sur les lieux d’une des plus grandes constructions humaines, le Great Wall Festival se déroule sur la Grande Muraille de Chine. Faire la fête dans un tel lieu était inimaginable il y a quelques années encore... Cet événement, qui a lieu en mai, est un festival de musique techno unique sur deux jours. Nina Kraviz y a fait ses débuts et Chris Liebing était du voyage pour quatre heures d’un spectacle audiovisuel en 2018. Nul doute que les organisateurs envisagent sérieusement de développer cette scène, la plus épique qui soit.

    10. Woodford Folk Festival (Australie)
    Le Woodford Folk Festival a lieu chaque année du 27 décembre au 1er janvier. Les maîtres mots de cet événement  sont : communauté, culture, création et traditions inclusives à travers des récits et des cérémonies. Le festival propose des concerts, des danses, du théâtre de rue ou des rencontres avec des écrivains. Il y a également un festival de films, des séances de comédie, des jams acoustiques, des débats, un moment festif pour les enfants, un programme environnemental, des spectacles de cirque, des ateliers, des cabarets de fin de nuit et des défilés. N’en jetez plus...

    https://smartlemur.com

    Voir aussi : "La montée au Trégor"

    Lire la suite

  • Prochain Astérix en octobre 2019

    Pin it!

    Saviez-vous que Vercingétorix avait une fille ? Nous non plus. Elle fera en tout cas l’objet du prochain et 38e album d’Astérix, La Fille de Vercingétorix, qui sortir le 24 octobre 2019.

    60 ans après sa première apparition dans les pages du magazine Pilote, le héros créé par les deux génies du 9e art, René Goscinny et Albert Uderzo, est de retour.

    Si Astérix et Obélix pensaient se remettre de leur précédent voyage dans la péninsule italienne (Astérix en Trasatlantique) dans la quiétude de leur belle Armorique, c’est raté !

    Escortée par deux chefs arvernes, une mystérieuse adolescente vient d’arriver au village. César et ses légionnaires la recherchent, et pour cause : au village, on murmure que le père de la visiteuse ne serait autre que le grand Vercingétorix lui-même, jadis vaincu à Alésia.

    Cette nouvelle aventure du petit Gaulois a été imaginée par le tandem Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. Les créateurs disent ceci au sujet de cette découverte digne d’un Lutèce-Match de l'époque romaine : "À ce que l’on sait c’est une ado en révolte. Normal, c’est pas facile tous les jours de s’appeler Vercingétorix !… Nous avons pas mal enquêté sur elle pour l’album : son apparence, son nom, son caractère... Comme vous savez, Vercingétorix était très discret sur sa vie privée, et les sources historiques sont rares. Mais, vous verrez, nous avons réussi à collecter de nombreux scoops !"

    Ce nouvel album sera tiré à plus de 5 millions d’exemplaires et traduit dans plus de 20 langues dès la fin 2019.

    Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, La Fille de Vercingétorix, éd. Albert René, 2019
    https://www.asterix.com

    Voir aussi : "Maillot rose pour Obélix"

    astérix,obélix,vercingétorix,adolescente,gaulois,césar,alésia,pilote

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Frigo, la baleine et le frigo

    Pin it!

    On ne parle pas assez des films muets du début du XXe siècle : le noir et blanc, le muet, les jeux appuyés, mais aussi ces génies souvent oubliés. L’‎Œil du frigo nous propose une chronique sur l'une de ces figures marquantes, Buster Keaton, dit "Frigo" pour son visage souvent inexpressif. S'il y a un artiste qui colle le mieux à cette rubrique sur les frigos dans le cinéma, c'est bien lui. 

    À force de faire des recherches on tombe sur de drôles d'idées. Un homme, Buster Keaton dit "Frigo", part faire le tour du monde alors qu'une femme vient de lui briser le cœur. C'est souvent le rôle des femmes qui, pour un frigo mal rangé, sont prêtes à vous larguer – mais je m'égare...

    Evidemment, notre héros part avec une coque de noix et fait le plein du frigo. Le bateau, fait d'une grande tente blanche, est la représentation parfaite de nos appareils actuels. Il s'ensuit alors quelques mésaventures dont la fin est savoureuse. Je ne vais pas vous la raconter : il faudra prendre patience et regarder ce film muet durant vingt minutes et savourer tout l'art de Buster Keaton.

    Devenir Frigo à l'époque de l'invention du frigo, je trouve cela fascinant : un personnage aussi blanc qu'une porte de frigo et aussi froid qu'un glaçon ne pouvait certainement pas s'appeler autrement. Il remplit donc son frigo de bateau avec du zerolene (huile de moteur), du gasoline (essence) et du Hard Jack, qui semble être un fromage dur, donc qui se conserve longtemps. Quelle drôle d'idée de partir avec une caisse de fromage faire le tour du monde pour noyer son chagrin. Certes, lorsque l'on est Frigo, il n'est pas complètement incongru de naviguer avec un fromage bien au frais. Le réfrigérateur des années 20 était encore à ses balbutiements, et force est de constater qu'il consommait beaucoup d'essence et de d'huile de moteur. Nous n'avions pas de porte pour mettre les condiments mais nous pouvons être reconnaissant à cette femme qui a permis à Frigo de se jeter à l'eau – si je puis dire – et de nous faire découvrir presque un siècle après les prémices d'un frigo moderne.

    Dire que j'ai passé des décennies à me faire larguer sans jamais avoir pensé à partir avec du fromage dans le frigo, et même sans partir faire le tour du monde avec mon frigo... Pourtant, à bien y regarder,  si il y en a bien une qui ne vous largue jamais, c'est bien votre frigo, sauf quand il a bouffé toute l'huile de moteur. Mais je salue ce courage, cette expérience qui saura nous mener un petit peu plus loin dans nos vies et découvrir une fois encore jusqu'où l'humanité frigostique peut nous élever. 

    Ce petit bijou de Buster Keaton, d'une durée de 20 min, est à voir absolument.

    ODF

    Frigo et la Baleine (The Love Nest), Comédie de et avec Buster Keaton, USA, 1923, 22 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Frigo et la Baleine"
     

     

     Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Heureux comme Sade en Italie

    Pin it!

    marquis de sade,italie,rome,naples,florence,siècle des lumières,michel delon,vincennes,pierre leroy,carnet de voyageDurant l’été 1775, le marquis de Sade est pris à la gorge par trois sérieuses affaires de mœurs à Arcueil, Marseille puis Lacoste. Malgré le soutien de sa famille, dont sa femme Renée-Pélagie de Montreuil, marquise de Sade, le futur auteur des Cent Vingt Journées de Sodome fuit incognito pour l’Italie, sous le pseudonyme du comte de Mazan. Après un passage à Turin, Parme et Bologne, il parvient à Florence le 3 août 1775. Il est à Rome en octobre 1775. Il y reste jusqu’à la fin de l’année, avant de se rendre à Naples pour un séjour de janvier à mai 1776. Durant l’été, il est de retour en France. Six mois plus tard, il est arrêté et incarcéré à Vincennes. C’est le début d’une longue période de captivité, mais aussi d’écriture forcenée, sombre et explosive.

    De son excursion en Italie, le marquis de Sade ramène un journal de voyage, en réalité un véritable work in progress que les éditions Flammarion présentent dans une édition établie et commentée par l’universitaire et spécialiste du siècle des Lumières, Michel Delon. Il signe également une préface éclairante de ce Voyage d’Italie, indispensable pour entrer dans un ouvrage à la fois documenté, inachevé et essentiel dans l’œuvre de Sade. Un entretien avec le collectionneur Pierre Leroy vient compléter cet ouvrage.

    Critique sur les traditions comme sur les mœurs des habitants

    Avec le recul le périple du marquis de Sade organisé dans l’urgence afin d’échapper à la justice française est l’une de ses périodes les plus enthousiasmantes. Son séjour dans la péninsule italienne lui permet de découvrir un pays passionnant, aux trésors antiques et artistiques inestimables, ce qui ne l’empêche pas de se montrer critique sur les traditions comme sur les mœurs des habitants : "Il faut convenir (…) qu’on trouve des vertus au travers de tous les vices dont je viens de caractériser cette nation. Le peuple, sans doute, est rustique grossier, superstitieux et brutal, mais il a de la franchise et même quelque fois de l’aménité…"

    Sade est un voyageur avide de documentations comme d’expériences. Il y rencontre plusieurs femmes, connaît des relations parfois sulfureuses et croise quelques aventuriers comme lui. Le marquis ramène d’Italie de multiples cahiers, dossiers, feuilles et notes qu’il ne mettra jamais en forme de son vivant mais dont il se servira pour ses livres futurs, dont L’Histoire de Juliette (1799). Le lecteur trouvera quelques pages pittoresques sur des monuments qu’il découvre à Florence, Rome ou Naples. Il est par contre beaucoup plus dissert et caustique lorsqu’il est question de folklores et de traditions. Plus surprenant, le marquis de Sade se montre offusqué lorsqu’il est question de crimes et de mœurs qu’il juge choquants : "Les murs épais et reculés des vastes palais de la noblesse recèlent, dit-on, bien des horreurs. Et combien de jeunes malheureuses, conduites furtivement et de nuit dans ces criminelles enceintes, y ont-elles laissé leur honneur et la santé !"

    Le lecteur sera surpris par ces lignes écrites dix ans avant Les Cent Vingt Journées de Sodome ; il le sera moins par cette forme de confession : "Cette manie bizarre de faire le mal pour le seul plaisir est une des passions de l’homme la moins comprise et par conséquent la moins analysée."

    C’est en Italie que Sade se laisse porter par ses rêveries les plus lumineuses – nous sommes en plein Siècle des Lumières. Il y connaît le plaisir de l’aventure et des découvertes, et se montre même philosophe éclairé. Michel Delon conclue ainsi : "Imagine-t-on Sade heureux ? En Italie, pourquoi pas ?"

    Sade, Voyage d’Italie, préface et commentaires de Michel Delon
    éd. Flammarion, 2019, 305 p.

    http://www.sade-ecrivain.com

    Voir aussi : "Sade, celui que l'on aime détester"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Deux grandes oreilles pour Tim Burton et son Dumbo

    Pin it!

    Je ne serai pas le premier ni le dernier à dire que le Dumbo de Tim Burton se démarque de son œuvre par sa facture très classique.

    Dans sa revisite de ses grands classiques animés, Disney a choisi le réalisateur d’Edward aux Mains d’Argent, d'Alice de l'autre Côté du Miroir ou du Batman de 1989 pour raconter l’histoire de Dumbo. En 1941, le studio Walt Disney confiait à Ben Sharpsteen l’adaptation en dessin animé du roman d’Harold Pearl. L’histoire de l’éléphanteau aux oreilles si gigantesques qu’elles lui permettent de voler séduit le public et devient un classique du cinéma.

    Il fallait un réalisateur de la trempe de Tim Burton pour filmer de nouveau, et cette fois avec de vrais acteurs, cet émouvant destin. Évidemment, les images de synthèse ont été utilisées pour redonner vie à Dumbo, l’animal de cirque devenu une attraction de foire en même temps qu’un objet de convoitise.

    Dans cette histoire toute fantastique, qui ne pouvait que plaire à Tim Burton, il est autant question de lutte sur fonds d’intérêts autour d’un éléphanteau innocent que d’une réflexion – certes pas poussée bien loin – sur le thème de l’anormalité et du handicap.

    La prestation d’Arcade Fire pour la reprise de Baby Mine est une pure merveille

    Dumbo et Holt Farrier (Colin Farrell), l’ancien soldat mutilé de retour de guerre (l’histoire se déroule en 1919) qui est chargé de s’occuper et de dresser Dumbo dans le cirque qui l’a vu naître, sont finalement deux frères de cœur bien plus semblables qu’ils n’en ont l’air. Ils sauront s’apprivoiser après la rencontre tumultueuse avec le magnat du divertissement, M. Vandemere (Michael Keaton). La sombre et magnétique grâce d’Eva Green fera du piège tendu par son amant un nouveau départ pour Dumbo, comme pour Holt Farrier, ses deux enfants et la troupe de cirque menée par Max (Danny DeVito).

    Tim Burton respecte à la lettre l’esprit Disney : son Dumbo est d’un classicisme (presque) sans surprise. La noirceur gothique disparaît au profit d’éclairs poétiques, lors notamment des scènes aériennes de l’éléphant volant. Du spectacle plein les yeux, du merveilleux et un happy-end : parfait pour redonner du lustre et dépoussiérer un classique du studio aux grandes oreilles.

    Un conseil pour terminer : restez quelques minutes sur votre siège lors du générique de fin : la prestation d’Arcade Fire pour la reprise de Baby Mine est une pure merveille. Une dernière larme pour l’éléphant féerique.

    Dumbo, comédie dramatique fantastique de Tim Burton, avec Colin Farrell, Michael Keaton, Danny DeVito et Eva Green, USA, 2019, 112 mn
    https://disney.fr/films/dumbo-2019

    Voir aussi : "Alice contre le temps"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Hum Hum, duo né du cinéma

    Pin it!

    Sophie Verbeeck est la voix de Hum Hum. Si cette chronique s’ouvre sur cette précision c’est qu’indéniablement son timbre marque les esprits dans le premier EP du duo qu’elle forme avec Bernard Tanguy.

    Blueberries, le premier titre qui ouvre l’album du même nom, respire une pop très nineties au goût sucré, avec une belle élégance et des plages poétiques incroyables, à l’exemple de l’onirique Rêves clandestins : "Je suis partie prenante à des rêves clandestins / Mon humeur vagabonde et se pose pour un rien / J’ai le cœur qui abonde et qui épie le tien / J’ai le cœur qui abonde des affects assassins."

    Une belle élégance et des plages poétiques incroyables

    Sophie Verbeeck n’est pas tout à fait une inconnue, pas plus du reste que Bernard Tanguy. Les deux se sont rencontrés sur un plateau de cinéma, l’un dirigeant l’autre dans le film À Trois on y va (2015). L’actrice belge (également vue dans Les Provinciales), devenue musicienne pour le duo Hum Hum qu’elle a lancé avec son complice, prend à bras le corps ce premier EP, avec conviction, audace et un plaisir évident.

    Pop anglaise ou pop française – ou plutôt franco-belge ? Impossible de trancher. Le léger accent frenchy dans Poetry a tout pour séduire le public anglo-saxon.

    Ce premier EP est un vrai petit diamant brut, dont les textes ont été écrits par Sophie Verbeeck elle-même. La chanteuse et Bernard Tanguy se sont bien trouvés. On attend leur premier album avec impatience. Eux aussi, sans doute.

    Hum Hum, Blueberries, Water Music, 2019
    https://www.facebook.com/humhum.music

    Voir aussi : "Numéro un"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Chef, un petit verre

    Pin it!

    Depuis les Brèves de comptoir on savait que le zinc était une source d’inspiration intarissable, capable de livrer citations pleines de bon sens, réflexions socio-philosophiques ou punchlines incroyables.

    Paroles de Zinc, websérie documentaire sortie en ce début d’année, ne fait rien d’autre que s’incruster au cœur des bistrots, troquets et autres cafés pour une plongée au milieu de l’univers si français des bistrots parisiens, l’un des derniers grands lieux populaires.

    Le bistrot devient grâce à ces courts reportages une micro-société ou une grande famille où presque tous les sujets sont dissertés par des consommateurs prolixes : la crise, le travail, la dèche, la politique, le logement, le "village" de Paris, le RSA, les voyages ou les arts. Les réalisateurs, Seb, Fred et Will savent se faufiler entre les tables et le comptoir pour faire parler et écouter ces clients qui ne demandent qu’à raconter quelques tranches de leur vie. Paroles de Zinc permet également d’être témoin de plusieurs apparitions émouvantes du regretté Rachid Taha.

    Cinq épisodes sont déjà en ligne, "Bistrot", "Crise", "Paname", "Cinéma" et "Français". Ils ont été tournés dans deux bistrots parisiens typiques : Chez Ammad, dans le XVIIIe arrondissement de Paris et à La Liberté dans le XIIe. C’est l’occasion de rencontres, parfois très alcoolisées, avec des anonymes qui sont aussi des frères et des sœurs à qui l’on a envie d’offrir pour quelques minutes ou quelques heures de chaleur humaine. Comme le disait Antoine Blondin, "quand on meurt de faim, il se trouve toujours un ami pour vous offrir à boire."

    Paroles de Zinc, websérie documentaire, sur Youtube
    https://www.facebook.com/ParolesdeZinc

    Voir aussi : "Beb des Soggy, le Sugar Man français"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Au cœur d’une femme

    Pin it!

    tatiana de rosnay,joël de rosnay,paolo ucello,greffe,cœur,romanParu chez Plon en 1998, avant de faire l’objet d’une réédition dix ans plus tard, Le Cœur d’une Autre est le troisième roman de Tatiana de Rosnay. Tout comme L’Appartement témoin, l’auteure s’intéresse à la quête d’un homme paumé, un anti-héros que le destin fait basculer dans une histoire hors-norme.

    Bruce Boutard est un antipathique et fieffé misanthrope, divorcé et à la vie sans aspérité autre que son fils Mathieu : "J'avais les habitudes lugubres d'une vieille fille ; ces vieilles filles velues à bouillottes qui se parlent seules à voix basse, qui portent des chaussettes de laine pour dormir et leur Damart même quand il fait chaud. Rien de tragique, pourrait-on dire. Rien d'extraordinaire. Cependant - hélas ! -, il s'avère que je suis un homme." Un être franchement antipathique que le lecteur va pourtant suivre avec passion.

    Suite à un malaise, Bruce apprend qu’il souffre d’une maladie du cœur et qu’il doit être greffé en urgence. Au bout d’une attente interminable, une bonne nouvelle arrive et Bruce reçoit un nouvel organe. De retour de l’hôpital, l’ancien homme acariâtre et misogyne se trouve changé, tant dans le caractère, que la sensibilité et les goûts. Un voyage en Italie avec son fils le convainc que son nouveau cœur l’a profondément transformé. Il parvient à connaître l’identité de la donneuse, décédée la veille de sa greffe. Elle se nommait Constance Delambre et semble maintenant revivre "à travers ce cœur transplanté." La vie du greffé est transformée à jamais. Bruce n’a désormais qu’une obsession : savoir qui est cette femme à qui appartenait son nouveau cœur, un cœur qui semble être possédé d’une mémoire.

    Une quête impossible

    C’est une quête de la vérité qui est au centre de l’histoire, une quête au départ impossible car, comme le rappelle l’auteure, le don d’organe est anonyme. Il fallait une astuce de romancière pour permettre à Bruce de se mettre en piste : la rencontre avec Joséphine – de nouveau une histoire de cœur – va s’avérer décisive.

    Comme pour L’Appartement témoin, c’est en Italie que se déroule l’enquête sur la piste de Constance, mais qui est aussi celle du peintre Paolo Ucello et d’un mystérieux tableau. C’est l’occasion pour Tatiana de Rosnay de proposer de belles pages sur l’artiste florentin, notamment cette description de La Bataille de San Romano : "C’était un grand tableau sombre aux teintes ocre et bistre, peint avec une vigueur candide et une rigueur des lignes qui me fascina. Intrigué par le tumulte discipliné de l’œuvre, la symétrie parfaite des lances et des plumes plantées dans les armets, il me semblait que je me trouvais transporté au milieu d’une bataille. J’entendais la clameur sourde d’une lutte, le choc de boucliers contre armures, les bruits métalliques des cuirasses, des épées, des glaives, les hennissements des chevaux enchevêtrés, harnachés de pourpre et d’or, dont deux gisaient au sol, l’un agonisant, l’autre figé par la mort… Derrière la violence de la bataille s’étirait un paysage tranquille; des vendangeurs travaillaient dans les vignes, et un chien poursuivait des lièvres à travers champs."

    Comme l’explique Tatiana de Rosnay dans la préface écrite en 2011 de ce roman, ce n’est pas un lieu qui déclenche l’intrigue mais "un cœur qui, en changeant de corps, va se remettre à palpiter dans une nouvelle poitrine, encore empreint d’émotions antérieures." La seconde préface de cette édition, de Joël de Rosnay, aborde le thème de la greffe sous le regard du scientifique : "Une greffe de cœur peut-elle changer la psychologie et le comportement d’une personne ?" se demande-t-il. Un début de réponse est donnée par l’épigénétique, poursuit-il : une discipline récente qui tendrait à montrer que la base du livre de sa fille Tatiana est loin d’être absurde.

    Le lecteur oublie rapidement les doutes sur les effets de ce nouvel organe et se laisse porter par cette histoire de "mémoire neuve" – pour reprendre un titre de Dominique A. Il suit les pas d’un Bruce transformé en vrai beau personnage romanesque, grâce à une mystérieuse donneuse qu’il n’aurait jamais dû connaître et qui lui a fait pourtant don du plus grand des cadeaux  : "Je lui dois la vie, et le goût de la vie. Comment lui dire merci, puisqu'elle n'est plus sur terre ?"

    Tatiana de Rosnay, Le Cœur d’une Autre
    éd. Le Livre de Poche, 1998, éd. Héloïse d’Ormesson, 2009, 282 p.

    http://www.tatianaderosnay.com

    Voir aussi : "Tatiana de Rosnay, son œuvre"
    "Premiers fantômes"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Perdu au milieu des elfes

    Pin it!

    fantasy,elfe,centaure,christine ringuet,romanElfes, licornes, hippogriffes, nains, centaures ou dragons : rien ne manque dans ce petit roman de fantasy qu’est La Constellation des Elfes, écrit et auto-édité par Christine Ringuet (Amazon).

    Dans le pays de Galiaé, un jeune homme, Kalen, recueille accidentellement une elfe et sa licorne. En quelques heures, sa vie ennuyeuse et pleine de frustration prend un tour féerique, dans tous les sens du terme. C’est aussi l’occasion pour lui de vivre sa va vie avec des créatures fantastiques et dans des pays pas moins imaginaires.

    On accroche ou pas à ce premier roman, relativement court pour un livre de fantasy (environ 200 pages). Les amateurs se laisseront conduire en douceur dans cette quête initiatique qui se laisse goûter sans honte.

    En début d’année, Christine Ringuet a publié son deuxième roman, Eléanor X (auto-édité lui aussi).

    Christine Ringuet, La Constellation des Elfes, Amazon, 2018, 205 p.
    https://www.facebook.com/christine.ringuet.7

    Voir aussi : "Taddeuz à l’école des sorciers"

    fantasy,elfe,centaure,christine ringuet,roman

  • Plus fort que les mots

    Pin it!

    Le titre de cette chronique illustre à merveille à la fois le titre de Louder Than Words, comme son esprit : du son, du son et que du son pour un opus pur et sauvage. Made in Gü est seul aux manettes de ce tout premier album qui sait jouer du contraste comme de la recherche musicale.

    L’entrée en matière de Louder Than Words (sur Bandcamp) est pour le moins rugueuse : Throw The Pomegranate est un retour au métal des années 70-80, mais ce serait un métal rafraîchi à la sauce électro XXIe siècle et troué de jolis impacts lumineux. Hacked Substance, véritable Mad Max musical, propose les mêmes guitares et basses saturées, avec plus de minimalisme sans doute : le leitmotiv accroche aux oreilles, telle une machine apocalyptique lancée en pleine vitesse.

    Made in Gü va chercher de l’autre côté de l’Amérique son inspiration pour Sun Gate d’une incroyable fraîcheur : rythme rock sixties, guitare électrique caressante, basse entraînante et claviers subtilement agencés, alors que 
    Tree nous entraîne de son côté dans un monde paradisiaque, entre Amérique latine et Océanie. Une vraie world music sachant jouer des sonorités péruviennes ou polynésiennes. Fermez les yeux et laissez-vous guider dans ce voyage à la fois improbable et séduisant.

    Un vrai album dans l’album

    L’album devient conceptuel avec les mouvements At Night. Comme aux plus grandes heures du rock psychédélique des années 70, Made in Gü propose cinq titres s’affranchissant du format traditionnel. Avec ses plus de huit minutes At Night Pt 1 : Forever Alone s’offre une déambulation cool, méditative et mélancolique, avant de prendre des accents sombres, relayés par le second mouvement, At Night Pt 2 : Catastrophic Shutdown. Cette fois, Made in Gü revient à un rock metalleux échevelé : percussions endiablées, riffs de guitares puissantess et titre bref et cinglant comme une gifle. Le morceau qui lui succède, At Night Pt 3 : Death of Roses, part dans une direction étonnante : la mort de ces roses pourrait être autant un hommage à Where The Wild Roses Grow de Nick Cave & The Bad Seeds et Kylie Minogue qu’une bande son gothique que Tim Burton n’aurait pas renié. Les guitares et les claviers jouent les ectoplasmes dans une atmosphère inquiétante et ténébreuses. Pour At Night Pt 4 : Dream Big propose, sur presque dix minutes, une longue balade seventies plus lumineuse. Cette fois, priorité à l’acoustique et à une mélodie facilement imprimable. Toujours aussi aventurier, le facétieux Made in Gü fait intervenir guitares sèches, sons venus des Andes et riffs sombres et très rock. At Night Pt 5 : Smiling Sunrise clôt en douceur, avec guitares et basse, ces cinq mouvements – un vrai album dans l’album.

    Le dernier titre de Louder Than Words n’est pas le moins intéressant. Avec une belle économie de moyen, Space Travel offre un voyage spatio-temporel apaisé et rêveur, avant de s’envoler au milieu d’un pluie de météorites très rock, puis d’atterrir, doucement, sain et sauf.

    Made in Gü est également l’auteur de la BO de La Lutte des Classes, dont nous avons longuement parlé sur Bla Bla Blog. Elle est également en écoute sur Bandcamp, sur la page d’un musicien qui ne fait sans doute que commencer une carrière prometteuse. Et l’on se prend à rêver du chemin que pourrait prendre Made in Gü dans un prochain opus plus seulement instrumental.

    Made in Gü, Louder Than Words, autoproduit, Bandcamp, 2019
    Made in Gü, La Lutte des Classes, Original Soundtracks, Bandcamp, 2019
    https://www.facebook.com/madeingu
    https://madeingu.bandcamp.com/album/louder-than-words

    Voir aussi : "Lucy, Racquel et moi"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !