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illustrations

  • Comment dit-on "Colombe blanche" en langue des signes ?

    Si vous regardez attentivement cette chronique, vous verrez qu’il n’est pas fait mention d’une pagination pour l’ouvrage présenté dans cette chronique.

    En effet, Colombe Blanche (éd. Les Grandes Personne) se présente comme un livre accordéon, se dépliant en longueur mais en recto-verso. Il s’agit d’un ouvrage d’illustration, se présentant comme un "livre-poème" créé en langue des signes, comme le précisent les auteurs, la dessinatrice Pénélope et Levent Beskardes, poète, comédien et metteur en scène sourd. Tous deux avaient déjà collaboré pour un précédent ouvrage, Amour… rouge, qui était lui aussi sur le langage des signes.

    "Nuage blanc", "neige", "ours blanc", "panthère noire", "araignée", "chauve-souris", "feux d’artifice" : le blanc et le noir servent de fil conducteur pour le livre qui joue sur cette dualité. Un recto pour le blanc, et un verso pour le noir. Ou inversement. Pénélope présente ainsi cet ouvrage : "Je veux créer des oppositions entre le blanc et le noir, le positif et le négatif, renforcées par des accents de brillance ton sur ton, en contraste avec la matité du papier, pour terminer par une explosion polychrome."

    Un remarquable travail artistique, pédagogique et éditorial

    Un remarquable travail artistique, pédagogique mais aussi éditorial, proposé par les éditions des Grandes Personnes, dont il faut absoulment saluer ici la constance et l’implication.

    Pour l’ouvrage de Pénélope et Levent Beskardès, les pages se déplient en accordéon, dévoilant en images des mots et des dessins, qui sont surtout des illustrations pour faire découvrir le langage des signes.

    Colombe Blanche est le 4e ouvrage de Pénélope en langue des signes, après Des Mains pour dire Je t’aime, Parle avec les Mains et - nous l'avons dit - Amour … Rouge, des livres réalisés depuis 2012 avec l’aide de Monique Gendrot interprète de l’INJS (Institut National des Jeunes Sourds) de Paris. "J’ai réalisé ces 2 derniers titres avec Levent Beskardès, comédien-poète sourd : Après les poèmes sur les couleurs rouge et  bleu, aborder la notion du blanc et du noir s’est imposé à moi de façon évidente", ajoute Pénélope.

    La sortie de Colombe blanche sera accompagnée bientôt de plusieurs expositions de dessins originaux, d’un spectacle de poèmes en langue des signes, d’interventions, d’ateliers en langue des signes et d’une vidéo accessible sur le site des Grandes Personnes en septembre 2020.

    Levent Beskardès et Pénélope, Colombe Blanche, éd. Les Grandes Personnes, 2020
    http://www.editionsdesgrandespersonnes.com

    Voir aussi : "Des expressions plein la musette"

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  • Lorraine Suty cherche la petite bête

    "On qualifie mon univers d’étrange, d'absurde. Pourtant c’est la réalité et son quotidien qui, depuis l’enfance, me semblent absurdes" : l’illustratrice Lorraine Suty présente ainsi son travail et son œuvre mêlant saynètes naïves sorties tout droit de l’imaginaire d’un enfant (la série Zébulon), mondes imaginaires et mythologiques (Jason et la page perdue) et tout un bestiaire dont les influences peuvent autant être trouvées dans la littérature manga (Senpaï crapaud, Rêve de bento) ou dans l’illustration jeunesse (Trolls). Mais l'artiste sait aussi adopter une facture plus réaliste (Gorille), voire sombre (Œufs surprises), prouvant toute sa palette technique.

    Flamant rose, crocodile à la gueule fermée par une sorte de fermeture éclair, araignée hargneuse, baleines rieuses, singes engeôlés, élégantes grenouille bleutée, dinosaures ou dragons : le bestiaire de Lorraine Suty est non seulement vaste et hétéroclite, mais il se pare aussi de poésie et d’absurde, d’humour et de tendresse, à l’instar de ce couple de hippocampes amoureux.

    Phénoménologue husserlienne de l’illustration

    À l’instar de ces dragons ou ce poisson monstrueux à la tête anthropomorphe, les animaux prennent des atours fantastiques, comme s’ils étaient tout droit sortis d’un ouvrage de fantasy.

    L’artiste propose également une série de paysages plus classiques : Amalfi, Marseille ou Jiufen. Mais elle pose sur ces vues un regard tendre, naïf et très neuf. Les professionnels ne s’y sont pas trompées: Lorraine Suty a été sélectionnée en 2018 au concours Jeunes Talents et exposée au Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême.

    Se plonger dans l’univers de Lorraine Suty c’est laisser son regard sourire. Lorsque Lorraine Suty créé cette forêt aux arbres comme autant de pieds, elle se fait, d’une certaine manière, phénoménologue husserlienne de l’illustration : "Finalement l’absurdité n’est-elle pas qu’une question de point de vue ?"

    BC

    Lorraine Suty, illustratrice
    http://lorrainesuty.com
    @lorrainesuty_illustration
    https://www.facebook.com/lorraine.suty

    Voir aussi : "Femmes extraordinaires des Andelys"

    © Lorraine Suty

     

     
     
     
     

  • Des expressions plein la musette

    Il convient tout d’abord de signaler les noms des illustratrices et illustrateurs cités en page 121 de ce deuxième volume du Catalogue déjanté des expressions de la langue française (éd. d’Enfer). Caroline Bittner, Ciruela Barreto, Noélie Meckenstock, Noël Rasendrason et Émilie Bertolin donnent vie à ce drôle de livre imaginé par Jacques Seidmann.

    Après un premier tome consacré aux loisirs, à la santé, à la beauté et à l’amour, les Éditions d’Enfer proposent une liste de 50 nouvelles expressions populaires françaises illustrées, sur les thèmes de l’argent, de la société, de la survie et du travail – les uns n’allant pas sans les autres. Ces ouvrages conçus par Jacques Seidmann et le Collectif des Crayons ont été sélectionnés dans le cadre des Journées européennes de la francophonie qui se sont déroulées du 16 au 24 mars 2019.

    Une campagne de crowdfunding

    Véritable catalogue absurde fait de mots-valises, d’expressions prises au pied de la lettre et d’inventions lexicales aussi loufoques et surréalistes les unes que les autres, ce catalogue pas tout à fait comme les autres met en image la richesse de la langue française en imaginant de drôles d’objets : des chaussettes à mettre les pieds dans le plat, une cisaille à couper les ponts, des ciseaux à couper les cheveux en quatre ou un vernis à langue de bois.

    Les illustrations soignées, qui ne sont pas sans rappeler les créations absurdes de Topor, font de ce livre un vrai bel objet, imaginé par Jacques Seidmann, créateur de noms de marques depuis plus de de vingt ans. Il s’explique ainsi : "Quand on fait de la création de marque, on est obligé de triturer la langue, de trouver des formulations inédites. En jouant avec les mots, on acquiert de l’agilité et de la liberté. C’est un rapport au langage qui n’est pas très fréquent et qui m’a sûrement préparé à l’invention de ces objets loufoques."

    Une campagne de crowdfunding et la création des Éditions d’Enfer ont fait le reste. Ces deux premiers volumes offrent un regard à la fois amoureux, caustique et même dadaïste sur notre langue, bien loin de l’académisme de bon aloi. Mais ce deuxième volume peut aussi se lire comme un manifeste contre l’absurdité de la société de consommation. Un vrai ouvrage engagé, mine de rien.

    Catalogue déjanté des Expressions de la Langue française, tome 2
    Illustré par le Collectif des Crayons, Éditions d’Enfer, 2019, 123 p.
    http://cataloguedejante-desexpressionsfrancaises.fr

    Voir aussi : "Attache ta tuque ou le français dans tous ses États"

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