Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Le salon de l’érotisme sous le regard des modèles d’Alex Varenne

    Dans le cadre de l’exposition "Strip Art" consacrée à la peinture d’Alex Varenne, avait lieu à la galerie Art en Transe Gallery, ce samedi 26 novembre, le premier salon de la littérature érotique. Bla Bla Blog était d'ailleurs partenaire de cet événement.

    C’est dans ce lieu cosy que Flore Cherry, créatrice et animatrice des Écrits Polissons, avait invité la fine fleur de ce genre littéraire, souvent considéré avec dédain, pour ne pas dire pudibonderie. Or, ce samedi, le public se serrait en nombre dans la galerie Art en Transe Gallery, entouré des toiles d’Alex Varenne. Ah, si ses modèles avaient pu parler ! Et bien, s’ils avaient pu parler, ils auraient pu dire bien des choses en somme.

    Sous le regard de la jeune Chinoise fleurie Ri-Shu-Shi, la musicienne et écrivain Julia Palombe présentait son dernier ouvrage, Au Lit Citoyens (éd. Hugo et Cie). Ce livre qui a fait du bruit dans Landerneau lors de sa sortie, est un réquisitoire contre toute forme de contrainte, d’interdits voire d’injonctions (la fellation, "la double péné" ou la marchandisation de nos partenaires) autour d’un sujet qui devrait être avant tout une affaire de liberté et de choix : "La sexualité est le bac à sable des grandes personnes", proclamait Julia Palombe. "La pornographie n’est pas un problème en soi" ajoutait cette dernière à quelques centimètres du tableau Yin et Yang, montrant une Chinoise dans une position peu équivoque. L’artiste s’en prenait aux religions lorsqu’elles s’immiscent dans nos lits.

    Le public était invité, dans le cadre de ce salon de l’érotisme, à faire preuve d’imagination en participant à des jeux d’écriture préparés par les auteurs invités. Les peintures d’Alex Varenne Jambes de Tango, Couple endormi ou Typologie de la Femme, pouvaient inspirer les amateurs tentés d’écrire, par exemple, une phrase sexuellement explicite avec les mots "Pieuvre", "Télécommande" et "Bretelle".

    La Professionnelle semblait écouter avec grand intérêt la présentation du B.Sensory, le premier sextoy connecté relié à des ouvrages érotiques, pour des lectures interactives plus vraies que nature. Le modèle peint par Alex Varenne découvrait sans doute ce que pouvait être la littérature érotique 3.0, à l’heure du digital. Sa créatrice, Christel Le Coq, remarquait que la pornographie et l’érotisme sont sans nul doute des moteurs économiques incroyablement dynamiques : Canal+ n’aurait sans nul doute pas connu son succès de chaîne à péage sans le fameux "film du premier samedi du mois", disait-elle en substance. La responsable de la start-up prévoyait ensuite que la prochaine évolution dans le domaine du sexe allait passer par les vêtements (et les sous-vêtements?) connectés.

    Pourquoi la lecture publique de la bloggeuse Charlie Liveshow faisait-elle étrangement écho à la toile Le Verrou de Fragonard ? La camgirl se trouvait en terrain familier dans ce salon et se faisait la voix de sa consœur Octavie Delvaux, auteure de La Tentation de Palerme, une nouvelle du recueil À Cœur pervers. L’auditeur était plongée dans une atmosphère à la fois surannée et un brin pervers, justement. Un homme et une femme se rencontrent et se séduisent : rien que de trop normal si ce n’est que l’homme que Gwen séduit est un homme d’église. Charlie contait, à quelques pas d’une adaptation moderne et pop-art du Verrou de Jean-Honoré Fragonard, une histoire écoutée… religieusement.

    Parlons enfin du tableau en forme de manifeste féministe, Womanpower, où avait lieu une performance de Cécile Morel. Elle chuchotait à l’oreille de qui le souhaitait des passages du monologue Molly Bloom, la mythique séquence finale de l’Ulysse de James Joyce (voir aussi cet article). Molly Bloom (ou Pénélope) est le premier personnage littéraire à parler de sa condition de femme sans fard, sans limite et sans faux-espoirs : "Il me semble que Pénélope (Molly) est une femme parfaitement saine, complète, amorale, amendable, fertilisable, déloyale, engageante, astucieuse, bornée, prudente, indifférente" disait d'elle l’écrivain irlandais. Qu’elle prenne vie sous le Womanpower d’Alex Varenne était un joli clin d’œil pour ne pas dire une intelligente audace des organisateurs du premier salon de la littérature érotique. 

    Gallerie Art en Transe Gallery
    Écrits Polissons
    "Alex Varenne, peintre"
    "Molly Bloom Experience"

    http://www.juliapalombe.com
    http://blog.b-sensory.com
    http://charlie-liveshow.com

    Photos : Flore Cherry

  • Tentés par le premier salon de la littérature érotique ?

    sexe,érotismeLe premier salon de la littérature érotique se tiendra le samedi 23 novembre prochain à Paris, à l'espace éphémère du Marais, 4 rue Roger Verlomme (Paris, 3ème arrondissement). Un rendez-vous insolite au cours duquel sexe et érotisme sont déclinés avec sérieux

    Ce salon créé s’inscrit dans le cadre de l’exposition "Strip Art" consacrée à la peinture d’Alex Varenne, sujet de plusieurs chroniques sur Bla Bla Blog.

    Conférences, ateliers, coins lectures, dédicaces, concours et surprises (l’on pourra notamment découvrir avec B.Sensory que l’amour connecté n’est pas qu’une expression) seront au programme de cette journée pour un salon plutôt culotté.

    Le public pourra y rencontrer quelques pointures d’un genre littéraire souvent considéré avec méfiance ou dédain mais qui a son public de fidèles et qui est aussi à la pointe de la liberté d’expression.

    Ce premier salon du genre réunira des artistes passionnés et engagés, à l’exemple d’Arthur Vernon, romancier et homme de spectacle fervent défenseur d’une sexualité ludique et désacralisée (Comment je me suis tapé Paris, ed. Tabou), Philippe Lecaplain journaliste à RFI qui a sorti son premier roman (Ces Dames de l'Annonce, éd. Tabou) ou Daniel Nguyen, auteur d’une des nouvelles du recueil Osez 20 histoires de Sexe... (éd. La Musardine).

    Mais ce sont d’abord les femmes qui seront à l’honneur au cours de ce salon. Le public pourra y rencontrer Eva Delambre (Devenir Sienne, éd. Tabou), Eve DeCandaulie (Mon Mari est un Homme formidable, éd. La Musardine) ou Octavie Delvaux (Sex in the Kitchen, éd. La Musardine), des auteures célébrant la transgression, que ce soit via la soumission, l’adultère ou le sadomasochisme. Deux autres écrivains pleines de promesses présenteront leur travail : Julie-Anne De Sée (10 Bonbons à l'Amante, éd. Tabou) et Stella Tanagra qui présentera son recueil de nouvelles Sexe Cité (IS éditions) consacré à la libido féminine. Deux artistes – féminines également – compléteront ce plateau : Marion Favry, coach en écriture, organisatrice des Dinécritures et auteure de S'occuper en t'attendant (éd. La Musardine) et la chanteuse rock décomplexée Julia Palombe, auteure de Au lit Citoyen (éd. Hugo et Cie).

    Ce rendez-vous du premier salon de la littérature érotique d’ores et déjà passionnant entend être celui de toutes les libertés.

    Alors, tentés ?

    Salon de la littérature érotique, samedi 26 novembre 2016
    Espace éphémère du Marais, 4 rue Roger Verlomme, Paris 3ème
    Entrée : 5 € (à régler sur place / consommations non comprises)
    Sur place : un foodtruck, accompagné de la bière "La Fessée"

    Bla Bla Blog sera partenaire de cet événement

    Daniel Nguyen : un auteur à part from Sandra Franrenet on Vimeo.

  • Le scénario de la bande dessinée pour les nuls

    alex varenne,cesan,cherryLa bande dessinée vous intéresse, comme nous ? Vous souhaitez vous immerger l'espace d'un moment dans ce milieu ? Bla Bla Blog vous encourage à une initiation au scénario de BD. Il aura lieu ce samedi 26 novembre, de 13H30 à 14H30 au 4 rue Roger Verlomme, Paris 3ème, dans le cadre du salon de la littérature érotique.

    Cet atelier est organisé par l'école CESAN qui présentera sa revue Bilboquet, réalisée par le C'BD, l'association des étudiants de l'école CESAN. Pour ce premier numéro publié en juin 2016, ils ont planché sur les notions d'érotisme sous toutes ses formes : une collection de souvenirs, d'anecdotes, d'incongruités, de fantasmes et de performances... graphiques ! À l'image de l'école, la revue présente un paysage graphique et narratif éclectique et donne à connaître les personnalités artistiques hautes en couleurs de la toute jeune garde de la bande dessinée et de l'illustration.

    Le C'BD, l'association étudiante de l'école CESAN, permet aux étudiants et aux diplômés de créer et renforcer des liens entre les différentes générations et de se retrouver autour de manifestations spécifiques. L'association a pour principal objectif de mutualiser les fonds afin d'aider à la publication des projets des étudiants mais aussi de mutualiser les compétences et les réseaux professionnels de chacun. Le C'BD a un rôle de comité éditorial, les projets des étudiants sont lus et revus par les membres de l'association qui décident de leur publication. Enfin, le C'BD a pour vocation de promouvoir le travail des étudiants dans des festivals, des salons ou à travers des expositions collectives.

    L'inscription donnera accès à une initiation au scénario de la BD, un accès VIP de 15h à 21h30 au salon de la littérature érotique, la visite guidée de l'exposition "Strip-Art" par Alex Varenne, le catalogue collector Strip-Art (série limitée et signé), boisson offerte (les bières "La kékette") ainsi que des goodies (Kit Love). Et si vous venez accompagnés, 1 place achetée = 1 place offerte.

    Et si vous venez de la part de Bla Bla Blog, vous aurez droit à une réduction de 20% !

    Inscription : www.placeminute.com

    Atelier de scénario de la BD
    4 rue Roger Verlomme, Paris 3ème
    samedi 26 novembre, de 13H30 à 14H30
    16 € sur pré-inscription et 20 € sur place
    20 % si vous venez de la part de Bla Bla Blog

  • Z comme Zorg

    "Nous n’avions pas l’intention, Alex et moi, de faire une véritable adaptation de Mars. Nous souhaitions surtout, avant que le temps n’estompe tout, fixer ce qui subsistait encore des années Zorn dans Zurich et le souvenir de ses proches." C’est ainsi que Daniel Varenne commente, dans la préface "Zurich… Zorn… Z", Angoisse et Colère, qu’il a créée avec son frère Alex Varenne.

    Œuvre OVNI dans la carrière de ce dernier, cette bande dessinée, scénarisée par Daniel Varenne, est sortie en 1988. Rétrospectivement, elle marque un point d’arrêt dans la collaboration de ce duo. Les deux frères s’étaient fait connaître au début de cette décennie avec l’emblématique cycle de science-fiction Ardeur. En réalité, quoi de plus différent que ces deux albums, en tout point opposés ? D’un côté, une saga post-apocalyptique de près de 500 pages que le bloggeur a qualifié de cyberpunk ; de l’autre, une dense et sobre adaptation littéraire du récit Mars, écrite par Friz Zorn, écrivain suisse malade et dépressif, décédé avant la publication de son texte devenu culte.

    Les 28 planches éclairent, sondent et documentent un texte exigeant, lucide et à l’humour grinçant d’un Zurichois devenu malade – au sens propre comme au sens figuré – de son existence. Alex et Daniel Varenne travaillent une nouvelle fois en dehors des sentiers battus grâce à une relecture en bande dessinée de Mars. En documentalistes rigoureux, les deux auteurs ont visité les lieux où a vécu, jusqu’à sa mort en 1976, Fritz Zorn, ou Fritz Angst dans l’état civil. Les noms de l’auteur, Zorn (ou "colère" en allemand) et Angst ("angoisse") sont bien entendu les clés du titre de l’album. Tableau d’une ville bourgeoise autant que portrait d’un artiste malade, les Varenne offrent une déambulation terrible au cœur d’une ville occidentale, Zurich, prison argentée d’un homme, Zorn, qui avoue vivre dans un enfer feutré. Le salut viendra paradoxalement du cancer : "La chose la plus intelligente que j'aie jamais faite, c'est d'attraper le cancer" écrit-il dans son récit.

    Daniel Varenne s’étend, dans la préface de ce "roman graphique" avant l’heure, sur les lieux de l’auteur de Mars : l’université, l’appartement du jeune professeur dans la Frankengasse, la villa de son psychanalyste (33 rue de la Freiestrasse) et la rive de la Goldküste. Ce sont ces lieux qui forment la trame de la bande dessinée, tel le décor de théâtre d’un monologue tragique. Méditation sur la dépression, dénonciation d’une société bourgeoise zurichoise (cela vaut aussi bien entendu pour beaucoup de sociétés dans le monde), Angoisse et Colère peut se lire aussi comme l’hagiographie d’un martyr biberonné au lait d’une éducation faussement harmonieuse, sans aspérité, morte et sans amour : "Je n’avais pas d’amis et je n’avais pas d’amour… La sexualité ne faisait pas partie de mon univers car la sexualité incarne la vie" proclame le narrateur. Un propos que ne renierait pas Alex Varenne.

    L’album est complété par Bobby Lynn, portrait a priori très éloigné du Zurichois dépressif mais aux similitudes frappantes. Au contraire de Fritz Zorn, Bobby Lynn est l’homme de tous les excès. Cet acteur renommé, en réalité un enfant gâté et dépressif, finira par brûler la vie par les deux bouts, car il "n’avait pas eu le courage de regarder la vie en face."

    Fritz Zorn laissait le témoignage lumineux d’un désespoir qu’il révéla post-mortem au monde entier ; Bobby Lynn, lui, fit le vide autour de lui, après une carrière sous les projecteurs.

    Alex et Daniel Varenne, Angoisse et Colère, éd. Casterman, À Suivre, 1988, 69 p.
    Fritz Zorn, Mars, éd. Gallimard, Folio, 1982, 315 p.

  • Jeune pape

    Le moins que l’on puisse dire est que Paolo Sorrentino (Il Divo, La Grande Bellezza, Youth), s’est attaqué à un morceau de choix avec The Young Pope. Croyants, non-croyants, chrétiens, traditionalistes et modernistes vont être égratignés par la série la plus en vue du moment, et chacun va en prendre pour son grade.

    Jude Law interprète Lenny Belardo, un pape originaire d’Amérique du nord qu’un collège de cardinaux a choisi d’élire à des fins politiques. En mettant sur la touche le favori du conclave, un cardinal conservateur, au profit d’un outsider jeune et inexpérimenté, la Curie croit parier sur le bon cheval, un ecclésiastique idéaliste qu’elle estime manipulable. Or, le nouveau pape, Pie XIII, s’avère bien plus retors que prévu et, contre toute attente, entend bien conduire une politique pontificale que personne n’avait pressenti.

    C’est peu dire que The Young Pope réserve son lot de surprises. À l’instar de cardinaux arroseurs arrosés, le spectateur est pris à rebrousse-poil par ce pape charismatique. La fiction télévisée est d’excellente facture et permet d'entrer dans l’intimité du Vatican. Avec un bel art du contre-pied, Paolo Sorrentino entretient longtemps le trouble autour du jeune pape et de ses motivations. Jude Law tient là un rôle inoubliable : séduisant, cabotin, secret, pieux, ambitieux, manipulateur politique et inspiré jusqu’à l’illumination. Son Pie XIII marquera longtemps les esprits. Mieux, il met dos à dos catholiques progressistes et traditionalistes en interrogeant le devenir de l’institution papale.

    Face à l’omniprésence de Jude Law, il convient de souligner que les seconds rôles parviennent à exister, que ce soit Silvio Orlando en cardinal rusé et opiniâtre, Diane Keaton en religieuse digne de Mazarin, Ludivine Sagnier en croyante pieuse ou Cécile de France en communicante conquise par un jeune pape diablement séduisant.

    Paolo Sorrentino confirme dans cette série son talent de réalisateur et impose sa patte artistique, dans la mise en scène baroque, la direction d’acteurs, les cadrages et la lumière. Somptueux, passionnant et déstabilisant.

    The Young Pope, série TV de Paolo Sorrentino avec Jude Law, Diane Keaton,
    Ludivine Sagnier, Javier Cámara et Silvio Orlando,
    10 épisodes, 2016, sur Canal+