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Le bloggeur assistait à Verdun non pas à un record mais à un événement qui s’en approchait : une chute géante de 30 000 dominos pour une bonne cause.
L’association verdunoise 2A2S (Association d’Aide et de Soutien à Sébastien) a été créée autour de Sébastien Brunella, atteint de la maladie de Charcot, ou SLA (Sclérose Latérale Amyotrophique). Cette affection terrible touche aujourd’hui environ 8 000 malades en France, un chiffre pas assez important pour mobiliser les laboratoires à la recherche de rentabilités, et trop élevé pour intéresser l’AFM, comme le rappelait Sébastien Brunella lors de la manifestation caritative organisée le samedi 28 avril autour de ces dominos.
Un record de France comme objectif en 2019
Allier l’utile à l’agréable : voilà quel était l’objectif de 2A2S qui, avec l’aide de l’association des French Dominoes Builders, est partie en guerre contre la SLA pour la faire chuter. Mais s’il y a quelque chose qui a chuté ce week-end ce sont ces 30 000 dominos, montés patiemment (non sans d’impondérables "accidents", ont précisé les organisateurs avec malice) et organisés autour d’impressionnantes fresques imaginées par Thibault Lesne des French Dominos Builders. Le spectacle se déroulait au gymnase du Parc de Londres à Verdun.
Un public de plusieurs centaines de personnes assistait à cette cascade géante dédiée à Sébastien Brunella et aux malades de la maladie de Charcot. Un joli succès pour une grande cause, avec comme objectif pour 2019 une nouvelle chute de dominos, qui sera cette fois un record de France. Ce sera toujours à Verdun, et toujours sous le signe de la lutte contre la SLA.
Kuy Delair performe ses textes à la Galerie La Poïèsis des Arts (Paris, 4e). Cet événement, commencé en mars, proposera deux dernières représentations les 20 et 27 avril à 20 heures.
Dieu est fou d’Éros est une lecture-performance, un genre hybride alliant la lecture de l’écrivain et la performance contemporaine. Certains éléments du théâtre sont également convoqués. La lecture-performance de l’artiste propose de s’interroger sur les tabous sociétaux, en alliant ces thèmes a priori antinomiques : l’auto-fiction, l’érotisme, le sacré et la folie.
Dans la verve de l’auto-fiction, Kuy Delair se met en scène dans ses poèmes. En voulant marier érotisme et religion, Kuy Delair entend s’inscrire dans la tradition ancestrale du paganisme, et à créer, comme le dit elle-même, "une esthétique de l’érotico-mystique."
Un féminisme dans tous ses états
Voilà ce qu’elle en dit : "L'esthétique érotico-mystique dynamise ma pratique transdisciplinaire de la poésie. Prenant ses racines dans l’Éros mythologique, je conçois cette esthétique comme le fondement de ma pratique artistique. Dans le paganisme hellénique, Éros est originellement appelé Dieu Amour. Il est l’alliance d’un désir spirituel (fusion) et organique (fertilité). Il assume la dualité unifiée de la matière (érotique) et du spirituel (mystique). Le mythe théogonique, visant à l’explication du monde, place Éros comme le moteur de l’Etre, de l’être en création." Mais ces traditions antiques, ne seraient-elles pas des pratiques mortes et enterrées en 2018 ? Pour Kuy Delair, elles sont au contraire plus modernes qu’on ne le croit : "Le mysticisme contemporain est la possibilité d’un au-delà laïc, il est également l’ascétisme de ma pratique artistique ; la discipline du corps dans la genèse de son expressivité."
La démarche artistique de Kuy Delair ne vient pas de nulle part. La performeuse, poétesse et intellectuelle navigue entre Montréal, New York et Paris et a pu se faire entendre sur les ondes de France Culture. Femme de lettres, pianiste, musicienne, performeuse mais aussi enseignante à la Sorbonne, son approche des traditions païennes est celle d’une femme d’aujourd’hui, engagée dans une forme de féminisme dans tous ses états, et qui plonge ses racines plusieurs milliers d’années plus tôt.
Un étonnant retour aux sources par une païenne qui ne laisse pas indifférent.
Il y a un an, Opsis TV sortait sa plateforme de streaming dédiée à l’univers théâtral. Sa vocation ? Diffuser des captations de pièces de théâtre en illimité, sur simple abonnement mensuel : aujourd’hui le catalogue de ce service comprend plusieurs centaines de spectacles, en replay ou en direct.
Classique, comédies, théâtre contemporain, musicaux ou spectacles pour enfants sont proposés pour des soirées ou des week-end pouvant aller jusqu’au binge-watching – qui n’est désormais plus réservé aux séries télé.
La plateforme Opsis TV veut se donner la possibilité pour tout public d’accéder à la culture théâtrale plus facilement et à petit prix, notamment pour les provinciaux souhaitant assister à des représentations parisiennes, les seniors, les personnes handicapées, les scolaires ou les Français de l’étranger. Opsis TV promet également des expériences d’immersion qui promettent des séances plus vraies que nature via la réalité virtuelle.
Théâtres privés et publics, festivals culturels et institutions publiques sont partenaires de cette plateforme inédite en la matière. L’INA a signé un partenariat pour l'ajout d'archives théâtrales avec une nouvelle pièce chaque mois.
En avril 2017, Opsis TV a été récompensé du 2ème Prix de l’initiative numérique culture, communication et médias du Groupe Audiens. Dorénavant, si vous ne pouvez aller au Festival d’Avignon, le Festival d’Avignon ira à vous.
Un petit voyage dans le temps et l’espace, ça vous dit ? C’est ce que propose les Buttshakers dans leur nouvel album Sweet Rewards, sorti en France en ce début d’année. La bande à la charismatique et incandescente Ciara Thomson propose un vivifiant retour dans l’Amérique black blues soul que l’on adore.
Portée par un orchestre solide, énergique et chaleureux (guitares, cordes, clavier et batterie), Ciara Thomson et ses camarades de Buttshakers nous prennent par la main pour un périple spatio-temporel : un trip R&B et engagé dans Saint-Louis avec In the city, une plongée dans un caveau sombre et enfumé de Detroit avec Sweet Rewards ou un concert rock dans la campagne sixties de Louisville avec What you say.
Cet opus, tout en rendant hommage aux brillants aînés de la Motown et consorts, serait digne de figurer dans une bande-son de Quentin Tarantino : Trying to Fool, Sweet Reward ou Tax man c’est Jackie Brown 20 ans plus tard.
Digne héritière de James Brown, une vraie sex machine
Ciara et les Buttshakers sont capable de toutes les audaces : le blues mélancolique de Roll with roll, le R&B et ses riffs de guitares dans Tax Man, le funk épicé dans I weak ends ou le titre engagé In the city sur l'affaire Michael Brown, les émeutes de Fergusson en 2014 et sur les discriminations raciales aux Etats-Unis ("We’re just trying to survive, in the city / Can’t we live? /We’re just trying to get by"). Quant au titre Movin on, il s’avance sur un terrain plus rock et aux accents franchement eighties, mais avec toujours cette voix chaude et puissante.
C’est bien entendu le nom d’Aretha Franklin qui vient en tête à l’écoute du timbre de Ciara Thompson, mais une Aretha Flanklin plus survitaminée et bouillante que jamais. La chanteuse des Buttshakers est une tornade soul, une artiste biberonnée à ses racines blues, country, gospel et folk et une vraie sex machine. Digne héritière de James Brown, Ciara Thomson a le feu, le rythme et le chien de Mr Dynamite.
Dix ans après leur création, les Buttshakers débarquent en France pour notre plus grand plaisir. Après la sortie de leur album Sweet Rewards, ils seront en concert en France.
Le Département des Hauts-de-Seine lance l’appel à projets de la 4ème édition du PAPA (Parcours d’Accompagnement à la Professionnalisation des Artistes), un dispositif de soutien et d’accompagnement des musiques actuelles pour les artistes issus du territoire des Hauts-de-Seine. Il permet aux groupes des Hauts-de-Seine développant des projets artistiques aboutis d’être repérés par la filière professionnelle grâce à un programme sur mesure.
Les groupes sélectionnés par un comité de professionnels bénéficient d’une aide financière de 3 000€ à 8 000€ pour développer leur projet, d’un accompagnement d’un an par un "tuteur", professionnel qui va aider aux choix stratégiques et faciliter la visibilité du projet au sein de la filière et d’une visibilité au sein du festival Chorus, dont il avait déjà été question sur Bla Bla Blog) et du Labo Chorus.
Depuis le 15 janvier 2018, le Conseil départemental des Hauts-de-Seine lance un appel à projets pour la 4ème édition du dispositif de soutien et d'accompagnement des musiques actuelles. Les artistes intéressés ont jusqu'au 8 avril 2018 pour candidater.
Nora Hamzawi est bien connue des familiers de Quotidien sur TMC. La chroniqueuse de Yann Barthès tient la rubrique "Nora a la réponse" dans laquelle elle répond chaque semaine aux questions candides d’enfants avec un air faussement excédé. Hier soir, la même chaîne avait eu la bonne idée de mettre à l’honneur l’humoriste et comédienne en diffusant en direct une de ses deux représentations au Casino de Paris.
Au bord de la crise de nerfs
Voilà un bon moyen de découvrir Nora Hamzawi dans son dernier one-man-show. L’artiste y apparaît dans une tenue cool, tee-shirt clair, jean et basket : une tenue simple et idéale pour un spectacle mené tambour battant et sans temps mort. Nora Hamzawi reste fidèle à son personnage speed, désabusé et frôlant à de multiples reprises la crise de nerfs.
Dans son stand-up rafraîchissant et hilarant, la chroniqueuse nous parle d’un quotidien dans lequel beaucoup de nous se retrouverons : la vie en société, les soirées ratées, l’alcool, le chômage, les réseaux sociaux et surtout les relations entre hommes et femmes. Nora Hamzawi est l’humoriste sur laquelle on peut parier pour les dix ou quinze prochaines années.
Le Festival Chorus s’apprête à fêter ses 30 ans lors de sa prochaine édition, du 2 au 8 avril 2018. Les festivaliers vont être gâtés avec la venue, le dimanche 8 avril 2018, de Suprême NTM qui viendra clôturer la 30e édition du Festival Chorus à La Seine Musicale.
Organisée par le Département des Hauts-de-Seine du 20 au 26 novembre 2017, la 29e édition du festival Chorus a été un franc succès avec plus de 14 000 festivaliers et plus de 70 concerts proposés du lundi au dimanche à La Défense et pour la première fois à La Seine Musicale. Bla Bla Blog en avait parlé récemment.
14 000 festivaliers et plus de 70 concerts
Son nouvel écrin à La Seine Musicale a été le théâtre d’un foisonnement de propositions artistiques fidèles à la ligne défendue par Chorus : des plateaux singuliers et audacieux ont mis en avant la diversité et le croisement des courants musicaux.
Le public intergénérationnel, cher au festival, était au rendez-vous, et il a bénéficié d’un cadre spectaculaire. De la Grande Seine à l’Auditorium, en passant par la Grande Rue et les Studios, c’est l’ensemble de La Seine Musicale qui s’est métamorphosé par des ambiances sonores et visuelles innovantes.
Le festival Chorus s’inscrit dans la vallée de la culture des Hauts-de-Seine : une politique culturelle en direction du plus grand nombre à travers une politique tarifaire attractive, la mise en place d’évènements, d’actions et de dispositifs pour tous les âges et tous les goûts, dont certains dédiés à la formation des spectateurs d’aujourd’hui et de demain et à l’accompagnement des talents émergents.
Così fan tutte : "Toutes les mêmes", dit le titre de l'opéra de Mozart. "Tous les mêmes !" dit en substance Despina, servante cynique et clown blanc dans cette adaptation de Michael Haneke : "Aujourd’hui vous aimez un homme, vous en aimerez un autre. Ils se valent l’un l’autre, puisqu’aucun ne vaut rien."
Le livret de Lorenzo da Ponte tient en peu de lignes : au terme d'un pari avec leur hôte Don Alfonso, Ferrando et Guglielmo acceptent de mettre à l'épreuve la fidélité de leur fiancée respective, Fiordigili et Dorabella. Ils feignent un départ impromptu à la guerre et reviennent auprès des jeunes femmes sous les traits de soldats albanais.
Chacun séduit la femme de l'autre, sous le regard goguenard et complice de Don Alfonso et de son alter ego Despina. Comment ce désordre amoureux va-t-il se résoudre ? Et la morale – si encore morale il y a – finira-t-elle pas être sauve ? Mozart a fait de cette histoire tragi-comique bourrée d’invraisemblances une œuvre lyrique d'une justesse et d'une fluidité musicale exceptionnelle.
Cosi fan tutte, opéra a priori misogyne de Mozart pourrait bien être aussi celui qui serait le plus moderne. Libre et libertin, il fait la part belle aux deux chanteuses éconduites puis amoureuses, au centre d’un imbroglio amoureux, là où Don Giovanni manipulait ses conquêtes sans vergogne. Fiordigili et Dorabella figurent parmi les deux beaux rôles féminins du répertoire lyrique. Évidemment, c'est la fidélité des femmes qui est pointée du doigt : "La fidélité des femmes est comme le Phénix arabe. Tout le monde vous dit qu’il existe mais personne ne l'a jamais rencontré" chante Don Alfonso. Mais là comme partout, rien n'est simple : abandonnées, par la grâce d'un jeu et d'un pari aussi cruel que cynique, Fiordigili et Despina se trouvent prises dans un piège sentimental qui se retourne bientôt contre leurs auteurs, Ferrando et Guglielmo, aussi naïfs et présomptueux qu'humiliés.
Fiordigili et Despina sont interprétées par Anett Fritsch et Paola Gardina qui donnent aux deux héroïnes un visage moderne et diablement séduisant. Elles écrasent l’opéra de leur présence, se mettant littéralement à nu. Andreas Wolf et Juan Francisco Gatell leur donnent la réplique d'une belle manière, quoiqu’avec sans doute moins d’épaisseur pour cet opéra qui entend faire la part belle aux femmes. Tous, et en particulier Alfonso et Despina, s’adaptent à la richesse des registres d’un opéra exigeant : le romanesque, la séduction, la comédie, la farce, voire la tragédie.
Les apports de Haneke dans cette adaptation de Mozart sont considérables. D'abord, en jouant sur le travestissement (Despina en médecin puis en notaire), le metteur en scène autrichien, qui avait adapté un Don Giovanni mémorable à l’Opéra de Paris il y a une dizaine d’années, fait bien mieux que de respecter l'esprit de cet opéra bouffe de Mozart : il jette un pont ahurissant entre le XVIIIe siècle et notre époque. Le Siècle des Lumières et le XXIe siècle se télescopent comme jamais : Don Alfonso reçoit ses hôtes lors d'une soirée costumée, prétexte à figurer sur une même scène des personnages en perruques, jabots et des rôles archi-contemporains avec les deux couples Fiordigili–Despina et Ferrando–Guglielmo. Le décor somptueux et froid est celui d’un château qui pourrait être de toutes les époques, si l’on omet le mobilier ou un bar richement achalandé – car on boit beaucoup dans cet opéra.
Coproduit avec la Monnaie de Bruxelles, monté et joué au Teatro Real de Madrid il y a cinq ans, le Così fan tutte de Haneke marquera les esprits par sa relecture des rôles de Don Alfonso interprété par un William Shimell impressionnant de force et de présence et Despina, alias Kerstin Avemo dans un personnage où se mêlent des blessures cachées, la cruauté et la rouerie.
Metteur en scène génial, Haneke se nourrit de l’œuvre de Mozart sans la trahir. Dans son adaptation, Despina et Don Alfonso forment un couple – le troisième de cet opéra – à la fois pervers, troublant et riche d'une histoire que le spectateur pourra imaginer. Le réalisateur autrichien résume ainsi le pitch de son opéra déjà historique : "Pourquoi le riche Alfonso a-t-il épousé Despina alors que c'est une étrangère et qu'elle a vingt ans de moins que lui ? Pourquoi croit-il qu'elle le trompe ? Pourquoi doit-il l'humilier ? Pourquoi doit-elle l'humilier ? Pourquoi a-t-il fait "moderniser" sa superbe villa ancienne ? Pourquoi organise-t-il pour ses amis une crémaillère costumée ? Que veut-il prouver et à qui ? Pourquoi Despina est-elle si triste ? Pourquoi les garçons sont-ils tellement convaincus que leurs amies sont fidèles ? Pourquoi leurs amies en sont-elles fâchées ? Pourquoi sont-ils donc tous si désespérés, si crispés et si fiers ?" Au spectateur de s'en faire une idée, d'accepter de se laisser conduire par Haneke dans cette mise en scène et de partir dans une aventure amoureuse et lyrique, et dont le dernier mot pourrait être laissée à cette phrase en forme de morale : "Heureux qui prend tout du bon côté et qui, dans l’adversité, se laisse guider par la raison."
Wolfgang Amadeus Mozart, Così fan tutte, dirigé par Sylvain Cambreling, mis en scène par Michael Haneke, avec Anett Fritsch, Paola Gardina, Andreas Wolf, Juan Francisco Gatell, William Shimell, Kerstin Avemo, C Major, 2013, 202 mn