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  • Flukt, alors !

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    Le cinéma européen peut offrir de petits bijoux inattendus. Dagmar – L'Âme des Vikings est de ceux là, même si le titre pourrait faire penser à une saga prétentieuse et bourrée de testostérone. 

    Rien de tel pourtant dans ce film d'action venu de Scandinavie, plantant son décor dans une Norvège du XIVe siècle décimée par la peste. Une famille fuit on ne sait trop où pour une vie meilleure. Peine perdue : une troupe de brigands, menée par une femme, Dagmar (Ingrid Bolsø Berdal), vient leur barrer son chemin et extermine ces paisibles voyageurs. Une seule survivante échappe au massacre, Signe (Isabel Christine Andreasen). Elle sera destinée à être vendue comme esclave. La jeune fille atterrit dans le camp de ses bourreaux et y croise une autre captive, Frigg (Milla Olin). Ensemble, elles décident de fuir.

    Le scénario simpliste sur le thème de la survie est justement la grande qualité de ce long-métrage de  Roar Uthaug qui ne s'écarte pas d'un iota de son fil directeur. Le spectateur suit la fuite des deux captives poursuivies par Dagmar. Le film fait la part belle à ce trio féminin, dans une lutte à mort pour leur survie. Peu de dialogues, des poursuites dans un décor rude, des combats à l'arme blanche, une histoire d'amitié, des déchirures familiales : le contrat promis par ce film est largement rempli.   

    Le bloggeur s'interroge cependant : pourquoi n'avoir pas choisi de garder le titre original, Flukt (Evasion), plutôt que le pompeux Dagmar – L'Âme des Vikings ? Le titre original, sec et sans fioriture, colle beaucoup mieux à cette fiction convaincante et efficace. C'est sans doute le seul bémol de cette petite perle cinématographique. Flukt, alors !

    Roar Uthaug , Dagmar - L'Âme des vikings, Norvège, 2013, 92 mn

  • Lilith Havesi : sa vie et ses deux morts

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    A030909~v~Le_soir_Lilith.jpgLilith Havesi (1896-1924) a été le grand amour du narrateur de ce roman. En 1964, il est contacté par une mystérieuse journaliste afin de revenir sur la vie de cette femme hors du commun. Tel est le point de départ de ce roman.  

    Lilith, ou Eve Whiteland pour le grand public, a été une actrice du cinéma muet à la carrière brève mais éclatante. Après avoir tourné avec Michael Curtiz, Charlie Chaplin ou Victor Sjöström, elle abandonne les plateaux de tournage, mais aussi les États-Unis, pour rejoindre la Hongrie, son pays natal. Elle disparaît là-bas en novembre 1924, à l'âge de 28 ans.

    Le Soir, Lilith de Philippe Pratx suit le destin de cette femme mystérieuse et que l'on devine, page après page, gagnée par la folie. Le choix de l'auteur est d'avoir monté son œuvre de fiction comme un puzzle, constituée de fragments de textes épars : récits du narrateur, extraits de carnets intimes, manchettes de journaux, lettres, notices biographiques ou synopsis de scénarios ; des scénarios tous imaginaires car, hormis l'apparition d'artistes tels que Douglas Fairbanks, Rudolf Valentino, Hilda Borgström ou Antonin Artaud, la vie de Lilith et sa carrière sont entièrement fictives. 

    De cette construction hétéroclite et labyrinthique, l'auteur parvient à faire surgir un fantôme du passé, une femme fascinante mais aussi inquiétante : "Ces pages sont les minutes passées à vouloir faire ressurgir Lilith, une vie, une toute petite vie, une vie sublime." C'est un narrateur passionné et lyrique qui revient et ressasse sur cette femme qu'il a aimée et qu'il aime toujours passionnément. Philippe Pratx a un talent exceptionnel dans cette capacité à offrir des pages oniriques et de grands morceaux de poésie : "Le ciel bientôt s'obscurcit, une chaleur de plomb écrase la forêt et porte à ébullition même la sève primitive des arbres."

    Un long et intéressant chapitre sur Erzsébet Bathory, la tueuse en série légendaire aux 650 victimes, ouvre la dernière partie du roman, sans conteste la plus passionnante. À partir de là, Le Soir, Lilith devient un polar au dénouement inattendu et empreint de gothique. Rappelons que "Lilith" – "démon femelle" –  serait, d'après la tradition hébraïque, la première femme d'Adam.  

    Le lecteur peut être dérouté par un tel roman. Il n'en pas moins vrai que l'on peut reconnaître à Philippe Pratx son style exigeant comme son travail de documentation. Car Le Soir, Lilith a beau être un beau livre sur le thème de la mémoire, du souvenir et des regrets, il est aussi un magnifique hommage au Hollywood du cinéma muet.

    Pour aller plus loin dans la lecture du roman, l'auteur offre un très bon site Internet : http://www.indereunion.net/Lilith. Biographie de Lilith , affiches, montages sonores ou extraits du livre permettent de rendre plus palpable encore l'existence de cette actrice hors du commun – et imaginaire.   

    Un remarquable travail ! 

    Philippe Pratx, Le Soir, Lilith, éd. L'Harmattan, 220 p.
    http://www.indereunion.net/Lilith
    Lilith, sur Youtube

     

  • La Guerre des Mondes a-t-elle eu lieu ?

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    lagrange03.jpgDe l'avis de beaucoup, la Guerre des Mondes a bien eu lieu, le 30 octobre 1938, aux États-Unis.

    Ce jour-là, sur CBS, l'annonce par des bulletins d'information de l'invasion des Martiens aurait contribué à propager un vent de panique aux États-Unis. En réalité, ces dépêches ne constituaient ni plus ni moins que l'adaptation radiophonique du roman d'HG Wells, La Guerre des Mondes. L'auteur de cette mise en scène n'était autre que le jeune et brillant Orson Welles, passé à la postérité du jour au lendemain et ce, deux ans avant de tourner son premier chef d'œuvre, Citizen Kane.

    Welles adaptant Wells sur CBS est entré dans la légende : ce 30 octobre 1938, une émission de radio parvient à berner des milliers d'auditeurs. Les services de police sont assaillis d'appels paniqués, des embouteillages monstres se forment, des personnes se suicident pour ne pas tomber entre les griffes des Martiens (ou être violées par eux !), des fausses-couches ou des crises cardiaques surviennent. Le lendemain de l'émission (intégralement reproduite et traduite à la fin de cet essai), les journaux font état de cette panique et du comportement irrationnel de milliers d'auditeurs.

    Que s'est-il réellement passé ? 

    Dans son essai La Guerre des Mondes a-t-elle eu lieu ?, Pierre Lagrange, sociologue des sciences, revient sur cet événement et le décortique pour nous montrer une réalité bien différente de celle qui a été véhiculée ad nauseam. En 1941, HG Wells s'étonnait lui-même devant Orson Welles : "Êtes-vous certains qu'il y eut une telle panique en Amérique ?

    Au vu des sources officielles, des articles de l'époque et des témoignages, aucune vague d'hystérie n'a en réalité secoué les États-Unis ce 30 octobre 1938, mise à part quelques personnes inquiètes, des appels téléphoniques aux services de police de New-York (qui interviennent dans les studios de CBS après la diffusion) et quelques chutes sans gravité. Finalement, précise le chercheur spécialiste en para-sciences, c'est le lendemain, le 31 octobre, que s'est propagée la véritable rumeur, pour plusieurs décennies et jusqu'à aujourd'hui. Journaux, hommes publics et scientifiques ont alimenté et amplifié l'idée que des foules crédules ont cru à une invasion extraterrestre sur la simple foi d'une émission de radio.

    Pierre Lagrange ne nie pas que cette dernière n'a pas fait réagir quelques auditeurs. Par contre, il s'attaque aux milliers de commentaires, d'articles et de livres qui ont considéré comme acquise cette peur collective imaginaire, en surmultipliant et amplifiant quelques faits isolés. 

    L'auteur en profite pour revenir sur l'histoire des "prodiges célestes" et autres soucoupes volantes. Ces phénomènes mystérieux ont fait l'objet d'ouvrages, de romans (Jules Verne, par exemple) et d'articles scientifiques très sérieux mais aussi, rappelle-t-il, de canulars (par exemple le Moon HoaxDans la Lune – du journaliste Richard Adams Locke, attribué faussement à l'astronome Sir William Herschel, ouvrage reproduit en annexe de ce livre). 

    Au XXe siècle, précisément à partir de 1947, la vague des soucoupes volantes s'abat aux États-Unis puis dans le monde. Les rationalistes de tout poil se gaussent de ces croyances infondées rappelant le précédant d'Orson Welles en 1938 – un précédant largement imaginaire et cependant pris pour argent comptant par des "gens sensés". Le grand public, semblent-ils dire, ne peut être constitué que de "sombres crétins incrédules" ! Or, dit Pierre Lagrange à la fin de son essai brillant, "une des plus formidables rumeurs du XXe siècle a pour acteurs principaux des gens cultivés, des représentants de la culture la plus scientifique et la plus rationaliste."  

    Si le monde a échappé à la Guerre des Mondes en 1938, conclue l'auteur, une réelle panique a secoué les États-Unis quelques années plus tard. C'était le 11 septembre 2001 : ce jour-là, des objets volants venaient s'abattre sur New-York et Washington, semant la mort et la désolation. Trois ans plus tard, Steven Spielberg réalisait son long-métrage, lui aussi inspiré du roman d'HG Wells : La Guerre des Mondes.    

    Pierre Lagrange, La Guerre des Mondes a-t-elle eu lieu ?
    éd. Robert Laffont, 352 p.


  • Père Noël, levez-vous !

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    téléchargement.jpgEn ce 25 décembre, je vous adresse un joyeux Noël. 

    C'est aussi pour moi l'occasion de revenir sur un sujet qui avait débattu en 2011 dans le cadre du café philosophique de Montargis : "Le père Noël est-il un imposteur ?"

    La figure sage et consensuelle du Père Noël est sans aucun doute plus complexe que l'on ne le pense. D'ailleurs, pour évoquer la figure légendaire de ce qui reste l'un des grands mythes de notre époque, Claude Lévi-Strauss nous donne un éclairage sociologique passionnant. Je vous invite à vous reporter à ce site Internet qui propose de revenir sur un texte de Lévi-Strauss "Ils ont brûlé le Père Noël". Sur un simple fait divers survenu en 1951 (un mannequin du Père Noël avait été brûlé sur le parvis de la cathédrale de Dijon), l'ethnologue s'intéresse à cette créature rituelle, à l'histoire complexe.

    Je parlais de Montargis : ses habitants se souviennent d'une vive polémique au sujet d'un père Noël : le "consensuel" personnage aimé des enfants avait été interdit dans l'enceinte d'une école (Le Père Noël passera bien à Montargis). Le buzz avait été si important que cette rumeur est revenue en force cette année, notamment sur les réseaux sociaux. Rumeur infondée : le Père Noël semble avoir été blanchi des accusations portées contre lui !

    Le père Noël est-il un imposteur ?
    Ils ont brûlé le Père Noël !
    Le Père Noël passera bien à Montargis
    Le retour de la rumeur sur le père Noël de Montargis

     

  • Le musée des confluences ouvre ses portes

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    Alors que l'ouverture du musée des Confluences à Lyon fait parler de lui (et plutôt en bien !), c'est l'occasion pour le bloggeur de revenir sur un article publié il y a quelques semaines. Pour gentiment se moquer de ce musée, deux artistes lyonnais ont imaginé la création d'un "Musée du Conisme".

    Pour en savoir plus, rendez-vous sur cet article : "Les cons vont avoir leur musée"



  • La vie par les 2 bouts

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    Je parlais précédemment de l'excellent album d'Alka, "La Première Fois", mis en musique par Benjamin Biolay : article "Suprême Alka".

    La chanteuse sort cette semaine son nouveau clip "La vie par les 2 bouts", un extrait de cet album. 

    Suprême Alka

  • Lady Gaga et Tony Bennett, joue contre joue

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    Tony_Bennett_and_Lady_Gaga_-_Cheek_to_Cheek.pngOn connaissait la Lady Gaga de Bad Romance, Poker Face ou de Telephone. Elle a pris tout le monde à contre-pied avec son l'album Cheek to Cheek, sorti il y a quelques mois et enregistré parallèlement à Artpop

    C'est accompagné du crooner américain Tony Bennett, une légende de l'autre côté de l'Atlantique, que la star "sexcentrique" (la "Picasso de la Musique" selon son acolyte) revisiste quelques unes des plus grands standards de jazz et de comédies musicales.

    Cette parenthèse est le fruit d'une rencontre a priori improbable entre deux artistes que tout éloigne. C'est cependant vite oublier que Stefani Germanotta – de son vrai nom – est une new-yorkaise pur jus, comme Tony Bennett, en plus d'avoir une culture musicale solide.  

    L'auditeur se pincera à l'écoute de cet album soigné, romantique à souhait et mettant en valeur la voix toujours assurée du crooner et la sensibilité d'une Lady Gaga que l'on ne connaissait pas. Et force est de constater que les deux stars, certes d'une génération différente (Tony Bennett en est à son 57e album!), sont en parfaite osmose. Le plaisir de chanter de ces deux-là est bien visible. 

    C'est à un retour musical dans le Broadway de Tony Bennett que nous invite le dernier disque de Lady Gaga :  "It Don' Mean A Thing (If It Ain't Got That Swing)", reprise d'un titre de Duke Ellington des années 30, "Sophisticated Lady", le grand classique de Billie Holiday interprété par Tony Bennett en solo, ou encore le standard "Cheek to Cheek", au swing irrésistible. 

    Cette création brillante à deux voix a été présentée comme une parenthèse dans la carrière de la popstar (si l'on excepte une tournée probable en Europe avec Tony Bennett en 2015) et comme une réussite artistique incontestable.

    On aurait tort de faire la fine bouche à l'écoute de Cheek to Cheek, un album sensuel qui invite à danser, joue contre joue.

    Lady Gaga et Tony Bennett, Cheek to Cheek, Polydor, 2014

  • Doit-on tout faire pour être heureux ?

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    mélodie du bonheur 2.jpgLe café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance le vendredi 12 décembre, à partir de 19 heures, à la Brasserie du centre commercial de la Chaussée. Le débat proposé portera sur cette question : "Doit-on tout faire pour être heureux ?"

    Ce dernier café philo de l'année traitera du bonheur. "Tous les hommes recherchent d'être heureux" affirme Pascal. Le bonheur est un Saint Graal vers lequel chacun s'efforce de tendre. Faut-il pour autant qu'il soit notre priorité absolue ? Que vaut le bonheur ? État de plénitude, son étymologie signe notre impuissance à l'atteindre... puisque le "bon-heur" c'est la chance.... Si être heureux ne dépend pas de moi, pourquoi y courir après ? Peut-il être accidentel d'être heureux ? Quelle doit être la valeur de l'existence, la morale ?

    Ce sont autant de questions qui pourront être débattues avec les participants du café philo, le vendredi 12 décembre, à 19 heures, à la Brasserie du Centre commercial de la chaussée.

    Participation libre et gratuite.

    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com

  • Les cons vont avoir leur musée

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    Venus beaute.JPG

    Les cons vont avoir leur musée. Il devrait ouvrir à Lyon en cette fin d'année et devait porter le nom de "Musée du Conisme". Le bâtiment tout en verre, signé par un architecte japonais renommé, aura la forme d'une cocotte en papier géante (50 000 m² de surface d'exposition, un auditorium de 1400 places, un parking de 20 000 places ou un héliport !). Telle est la démarche de deux artistes lyonnais, Sébastien Brunel et Thomas Girard.  En attendant l'ouverture de cet établissement voulu par les édiles locaux, des intellectuels enthousiastes et quelques mécènes passionnés, un site Internet lui est consacré : http://www.conisme.com.

    Gageons que ce site devrait finalement être la seule contribution au Conisme puisque cette démarche artistique n'est rien d'autre qu'un canular. 

    Les Cons (ou plutôt les Conistes pour les appeler de manière précise) devront attendre quelques années avant d'avoir leur musée, et ce même si une exposition satirique d'œuvres conistes" a eu lieu récemment dans la Capitale des Gaules. 

    La démarche de Sébastien Brunel et Thomas Girard mérite que l'on s'y arrête. Imaginer un mouvement artistique, le Conisme, largement inspiré de mouvements du XIXe siècle, a demandé une  belle opiniâtreté, en plus d'un sens de l'humour certain. Les deux artistes se mettent en scène sur leur site, qui dans la peau d'un peintre  "con", qui dans celle d'un mécène aveuglé par "un mouvement reconnu à travers le monde" (20 Minutes, édition Lyon, 24 novembre 2014).

    esplanade_hidef.jpgL'univers décalé du site consacré au Conisme permet de comprendre les motivations de Sébastien Brunel et Thomas Girard. En imaginant un musée inspiré, et brocardant au passage, le musée des Confuences de Lyon, c'est tout le petit monde artistique qui est gentiment moqué. Avec un beau sens de la dérision, le site Internet ad hoc tire à boulet rouge sur des critiques d'art au discours ampoulé (gros coup de chapeau pour les critiques d'œuvres choisies), sur des artistes érigées du jour au lendemain sur un piédestal (Girard le Flamboyant, Brunel le Maudit et Buisson l'Artisan), sur des notables aveuglés par la folie des grandeurs, sur le merchandising (mugs, tongs, cabas, briquet décapsuleur) ou sur le petit monde de l'art contemporain en général.

    Les auteurs de ce canular artistique, qui affirment ne pas se prendre au sérieux et ne pas avoir une très haute opinion de leurs peintures, jettent un joli pavé dans la mare et égratignent la suffisance d'un certain milieu institutionnel et artistique. Une démarche saine, en plus d'être drôle.  

    Un (faux !) commentaire de Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, vient appuyer la démarche des artistes conistes: "Nous le voyons bien aujourd’hui, notre agglomération est devenue une des métropoles européennes qui compte. L’une des plus attractives. L’une des plus créatives. L’une des plus innovantes. Oui, avec le projet du MNAC Convergence Conisme nous avons définitivement changé d’échelle".

    http://www.conisme.com
    http://www.museedesconfluences.fr


    La renaissance de Vénus - grande rétrospective... par ConvergenceConisme

  • Sade, celui que l'on aime détester

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    jpg_4578613461_620f783cb1_z.jpgAlors que nous fêtons le bicentenaire de sa mort, qui connaît vraiment le Marquis de Sade ? Voilà une biographie passionnante qui permet de savoir "presque" tout sur l'une des figures les plus controversées de toute la littérature. Maurice Lever, grâce à une documentation importante (pas moins de 300 p. de notes, d'index et de bibliographie : le livre fait plus de 900 p.) ne cache aucun des aspects du "divin Sade", même les plus noirs.

    Car l'auteur des 120 Journées de Sodome, de Justine ou de La Philosophie dans le Boudoir a passé de nombreuses années en prison et terminé sa vie dans un asile. Né en 1740 sous l'Ancien Régime et mort sous la Restauration en 1814, Sade, n'a été épargné ni par les Royalistes, ni par les Révolutionnaires (dont il fut pourtant un militant engagé, malgré son statut aristocrate !) ni par Napoléon Ier. Coupable à plusieurs reprises de violences sexuelles et de détournements de mineur(e)s, le pouvoir ne lui a en fait jamais pardonné son libertinage et surtout ses écrits sulfureux.

    Personnage charismatique, tour à tour passionnant, pathétique ou insupportable, le marquis de Sade reste une figure majeure de la littérature. Maurice Lever parvient à nous rendre ce personnage très proche et finalement à mieux comprendre ses écrits.      

    Maurice Lever, Sade, éd. Fayard, Paris, 659 p.