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arnaud thorette

  • En famille avec Brahms

    C’est un Brahms intime que propose l’ensemble mené par l’altiste Arnaud Thorette. Family est le nom de l’album (Indesens). Son opus propose un choix de pièces chambristes, grâce à un ensemble musical et ami. Et aussi familial, comme le montrent les deux dernières pièces de l’enregistrement. Brahms est en bonne compagnie.

    Des Cinq Lieder, op. 105 (Fünf Lieder), Arnaud Thorette propose la première, Wie Melodien zieht es mir leise durch den Sinn. Voilà une belle entrée en matière, poétique et mélodique, porté par l’alto vibrant d’Arnaud Thorette, faisant corps avec les instruments.    

    Il est rejoint par la mezzo-soprano Karine Deshayes pour les deux chansons de son opus 91, Zwei Gesänge. Nous sommes ici dans l’intimité du compositeur allemand. Il composa ces deux mélodies en 1884 pour son ami et violoniste Joseph Joachim. Les deux chansons, Gestillte Sehnsucht et Geistliches Wiegenlied, sont à écouter comme des messages d’amour et de soutien de Brahms adressés à Joachim et à son épouse et chanteuse Amalie Schneeweiss. On est ici au cœur du Romantisme mais aussi du cercle privé de Brahms. La nature répond aux épanchements de l’âme. À la fin de sa vie, Brahms écrit ses deux Sonates op. 120. Arnaud Thorette propose la deuxième, dans sa version pour alto et piano, avec Dominique Plancade au clavier. La vision crépusculaire d’un Brahms en fin de vie frappe aux oreilles (Allegro amabile). Brahms garde cependant cette âme romantique et passionnée (Allegro appassionato avec Trio : Sostenuto), avant un Andante (Andante con moto : Tema con variazona ; Allegro) alliant apaisement et tensions dans ce Brahms intime. .

    Au cœur du Romantisme

    L’ensemble mené par l’altiste propose l’Adagio de la Troisième Sonate pour violon, op. 108. Nous sommes là encore dans les dernières années du compositeur allemand. Poignant et ténébreux, Brahms semble laisser épancher ses regrets.

    Nous avions déjà parlé sur Bla Bla Blog de la fameuse Sonate F.A.E. Elle a été composée à trois par Brahms, Schumann et Albert Dietricht. Nous sommes en 1853. Cette pièce porte un nom étrange mais plein de sens : "F.A.E." pour "Frei Aber Einsam" ("Libre mais solitaire"). Elle était destinée au violoniste Joachim, encore lui. C’est le Scherzo de Brahms qui est proposé. Un mouvement plein d’énergie, d’enthousiasme et de fraîcheur, marquant durablement avec cette Sonate F.A.E. l’histoire de la musique romantique. Une histoire d’amitiés aussi.

    Nous parlions d’intimité, de relations amicales et de famille. C’est ainsi que l’on écoute le Feldeinsamkeit, tiré de ses Six Lieder, op. 86. Ils sont proposés pour alto et piano. Dans la mélodie Geheimnis (extrait des Fünf Gesänge, op. 71), Brahms semble nous susurrer à l’oreille quelque secret.  

    On est particulièrement séduit par l’Adagio du Trio pour alto, violoncelle et piano, op. 114. Une vraie entente entre Arnaud Thorette, Antoine Pierlot (violoncelle) et Johann Farjot pour un mouvement majestueux sans être grandiloquent, paisible et invitant à la quiétude. Brahms se fait plus méditatif dans son éloquente Sappische Ode, tiré des Cinq Lieder, opus 94.

    Restons en famille pour terminer. Arnaud Thorette inclut dans son programme la participation de sa fille Aurore Thorette Paillette. À 11 ans, elle s’épanouit dans le rare et bref Spruch, WoO 27. Puis, c’est son frère Anatole Thorette Paillette qui lui succède. Au piano, le garçon de 15 ans interprète le célèbre Wiegenlied (tiré de ses Fünf  Lieder). "Un clin d’œil familial et de passage de témoin", comme le dit l’altiste, pas peu fier de voir sa progéniture le rejoindre, en famille donc.

    Brahms, Family, Arnaud Thorette (alto), Indésens Calliope, 2025
    https://indesenscalliope.com
    https://www.arnaud-thorette.com

    Voir aussi : "Bouquets de Fauré"
    "Nuit et lumières chez les Schumann"

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  • Bouquets de Fauré

    Pour terminer cette année 2024, quoi de mieux que de le faire avec Gabriel Fauré dont nous fêtons les 100 ans de sa mort. Une "Année Fauré", donc, et qui mérite ce Florilège proposé par Indésens. Les enregistrements proposés sur 2 CD s’étalent sur 50 ans, de 1974 à 2024.  

    La première partie de l’album est constituée du Quatuor pour piano et cordes n°2 op. 45 et de la première Sonate pour violon op. 13. Ces œuvres ont été enregistrées entre 2017 et 2024.

    Gabriel Fauré, dont la musique est parfois considérée à tort comme mièvre et trop classique, surprend par sa franche énergie et son audace romantique dans le Quatuor op. 45. L’ensemble constitué par Lauriane Corneille (piano), Hugues Borsarello (violon), Arnaud Thorette (alto) et Raphaël Perraud (violoncelle) restituent de concert la densité de cette pièce de 1886, en particulier l’Allegro molto moderato. La jeunesse, la vivacité et l’audace de l’Allegro molto frappent aux oreilles. On peut aussi parler d’efficacité du langage comme du sens mélodique du compositeur français. Ringard et dépassé, Fauré ? Sûrement pas à l’écoute du troisième mouvement Adagio ma non troppo, mystérieux, raffiné, élégant mais aussi doué d’une singulière modernité avec son piano central dans le quatuor (le jeu inspiré de Lauriane Corneille fait particulièrement merveille). Le finale Allegro molto achève de nous convaincre de l’importance de cette pièce à la fois puissante et lyrique.

    Le premier CD est complété par la Sonate pour violon n°1 op. 13. Elle est jouée ici au violon par Tatiana Samouil, avec David Lively au piano. La gestation de l’œuvre a duré deux ans, de 1875 à 1877, avant de trouver sa forme définitive qui a immédiatement conquis le public. Fauré impose son style fait de recherches mélodiques, d’élégance mais aussi de virtuosité (Allegro molto). Il y a cette délicatesse et cette onctuosité propre à la musique française durant la Belle Époque (le léger et espiègle Andante). Fauré insuffle tout autant une fraîcheur bienvenue dans l’avant-dernier mouvement Allegro vivo avant un finale Allegro quasi presto, enlevé, joyeux et que le duo Tatiana Samouil-David Lively mène avec éclat.  

    De véritables tubes classiques

    La seconde partie de ce double-album de Gabriel Fauré est consacré à des pièces brèves, et pour certaines archi-célèbres. Mettons de côté le Chant funéraire op. 117, tardif (il a été composé en 1921), seul opus religieux de l’album et dont la retenue méditative renvoie à son chef d’œuvre qu’est le Requiem. Le Chant funéraire est ici proposé dans une version  de l’Orchestre d’harmonie des Gardiens de la paix, dirigé par Désiré Dondeyne. Mélodies et Romances dominent ce programme, dans des enregistrements s’étalant sur 50 ans. La harpiste Marie-Pierre Langlament et le violoncelliste Martin Löhr sont les interprètes majoritairement représentés.

    Le terme angliciste de best-of n’est pas galvaudé pour ce qui est un choix de musique de chambre, à telle enseigne que les curieux et curieuses désirant mieux connaître Gabriel Fauré seront bien inspirés de se précipiter sur ce double album, et en particulier sur le second CD passionnant.

    On image l’embarras pour ne pas dire le déchirement des programmateurs dans le choix des pièces. Remarquons cependant que la première Mélodie, op. 7 (Après un rêve), est proposée dans deux versions, l’une avec harpe et violoncelle (Marie-Pierre Langlament et Martin Löhr), l’autre, plus éclatante, avec trompette et piano (Eric Aubier et Pascal Gallet).

    De véritables tubes classiques sont évidemment présents, que ce soit la troisième Romance sans paroles op. 17, avec Alexandre Gattet au hautbois et le pianiste Laurent Wagschal – que les fidèles de Bla Bla Blog connaissent bien maintenant. Autre pièce majeure, La Sicilienne op. 78, toujours avec Marie-Pierre Langlament à la harpe et Martin Löhr au violoncelle. Citons aussi le léger et gracieux Papillon op. 77. Cette pièce revient plus loin dans une étonnante version pour euphonium (Lilian Meurin) et piano (Victor Metral). N’oublions pas non plus la Fantaisie op. 79 aux allures de danse fantasmagorique, avec Vincent Luca à la flûte et Emmanuel Strosser au piano ou la Romance op. 69 – romantique et mélodieuse à souhait.

    Des Huit pièces brèves op. 84, cinq ont été choisies. Laura Bennett Cameron au basson accompagnée de Roger Boutry au piano en proposent deux, le Caprocioso de la n°1 et l’Improvisation de la n°5, adaptés pour cet instrument à vent séduisant et de plus en plus en vogue. Absolument immanquable ! Marie-Pierre Langlament et Martin Löhr sont de retour pour la délicate Sérénade op. 98. L’Élégie op. 24 ne pouvait pas ne pas figurer sur l’album. Elle est proposée dans une version pour harpe et violon.

    Marie-Pierre Langlament et Martin Löhr – encore eux – viennent conclure ce programme avec de nouveau les Romances sans paroles op. 17. Outre le retour de la 3e Romance, Andante moderato, figurent la 1ère Andante quasi allegretto et la 2e Allegro molto. Tout l’esprit de Fauré est là : lignes mélodiques irrésistibles et expressivité tout en retenue.

    Voilà un double-album capital pour découvrir ou redécouvrir la musique de chambre d’un compositeur capital. 

    Gabriel Fauré, Florilèges, Indésens Calliope, 2024
    https://indesenscalliope.com
    https://www.bs-artist.com/pages/communication

    Voir aussi : "Bonnes chansons de Fauré"
    "Élégies pour Fauré"
    "Fauré, cent ans après toujours jeune"

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