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sf - Page 2

  • L’Empire

    Les Cramés de la  Bobine présentent à l'Alticiné de Montargis le film L’Empire. Il sera visible du 13 au 19 mars 2024. Soirée débat le mardi 19 mars à 20 heures 30.

    Entre Ma Loute et La Vie de Jésus, entre le ciel et la terre, Bruno Dumont nous offre une vision caustique, cruelle et déjantée de La Guerre des étoiles.

    L’Empire, science-fiction français de Bruno Dumont
    avec Lyna Khoudri, Anamaria Vartolomei, Camille Cottin, 2024, 110 mn
    https://www.cramesdelabobine.org/spip.php?rubrique1430
    https://www.arpselection.com/film/lempire

    Voir aussi : "Le Titien, l’empire des couleurs"

     

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  • Abattoir 5

    roman,confrérie,kurt vonnegut,sf,science-fictionUn classique de la science-fiction. Billy Pellerin, opticien et ancien soldat américain survivant des bombardements de Dresde, passe pour un doux illuminé aux yeux de tous.

    Mais il a surtout le pouvoir d'effectuer des sauts spatio-temporelles et d'avoir été en contact avec les Tralfamadoriens, un peuple extraterrestre. Ses sauts dans le temps font que passé-présent et futur se confondent, rendant la vie humaine et, par là, la guerre, absurdes.

    Un roman très original porté par un des maîtres de la contre-culture américaine. 

    Kurt Vonnegut, Abattoir 5, éd. Points Seuil, 1969, 405 p. 
    http://confrerie2010.canalblog.com/archives/2012/12/16/25928109.html
    https://www.seuil.com/ouvrage/abattoir-5-roman-graphique-kurt-vonnegut/9782021491371

    Voir aussi : "Anatomie d’un instant"

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  • On n’a pas marché sur la lune

    Imaginez un moment que le premier humain a avoir marché sur la lune en 1969 n’était pas américain mais russe. Voilà le point de départ de la série de SF la plus incroyable de ces trois dernières années. Pour For All Mankind, les créateurs  Ronald D. Moore, Matt Wolpert et Ben Nedivi, les créateurs de Battlestar Galactica, Outlander et Fargo, revisitent la conquête spatiale à la mode uchronie. À ce sujet, il faut absolument regarder avec attention les premières minutes des saisons 2 et 3 pour suivre les bouleversements qu’auraient pu entraîner les premiers pas hors du berceau terrestre d’un Soviétique.

    Le premier épisode imagine des millions d’Américains subjugués par ce que leur montre la télévision : les premiers pas du cosmonaute Alexeï Leonov – qui a vraiment existé – sur l’astre lunaire. Les États-Unis ont perdu une bataille capitale de la course à l’espace, enjeu stratégique majeur dans la Guerre Froide. Et, bientôt, c’est une femme russe qui lui emboîte le pas. Humiliée, la NASA entend poursuivre son rêve d’espace, et bientôt c’est sur Mars que se dirigent les regards. 

    Conséquences incalculables : colonisation de la lune, progrès de la science, conquête de mars

    For All Mankind est de la science-fiction, de la vraie, tant l’uchronie incarne la fiction élevée au rang de réflexion puissante. La série d’Apple+ entend montrer que la victoire – imaginée – des Russes a permis à la course à l’espace de ne jamais s’arrêter. Et les conséquences sont incalculables : colonisation de la lune, progrès de la science (les premières voitures électriques se développent dans les années 70), conquête de Mars et astronautes devenus de véritables héros que le grand public suit avec intérêt.

    Les trois saisons suivent d’ailleurs les péripéties de ces hommes et femmes (car la conquête spatiale se féminise rapidement) devant gérer leurs projets spatiaux tout en s’occupant de leur famille. Ce n’est déjà pas facile lorsque l’on travaille sur terre ; alors, pensez, sur la lune…

    Les personnages imaginés se nomment Ed Baldwin et sa femme Karen (la formidable Shantel VanSanten), l’étonnant et passionnant Gordo Steven, Ellen Wilson dont le destin va la conduire très loin et l’étonnante Molly Cobb.

    On peut être agacé par des facilités dans le scénario et les dialogues mais, en tout cas, For All Mankind mérite de figurer parmi les séries de SF les plus passionnantes du moment. Et tout cela avec les moyens importants d’une superproduction.   

    For All Mankind, série américaine de Ronald D. Moore, Matt Wolpert et Ben Nedivi,
    avec Joel Kinnaman, Michael Dorman, Wrenn Schmidt, Sarah Jones,
    Shantel VanSanten, Jodi Balfour et Olivia Trujillo, 3 saisons depuis 2019

    https://tv.apple.com/fr/show/for-all-mankind

    Voir aussi : "Cantique du quantique"
    "Sans modération"

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  • Cantique du quantique

    C’est par hasard que je suis tombé sur cette étonnante et somptueuse BD sortie l’an dernier aux éditions Albin Michel. Serge Lehman au texte et Yann Legendre au dessin proposaient Vega, un de ces albums dont chaque page – que dis-je ? Chaque vignette – semble être un authentique tableau.

    Mais parlons avant tout de l’histoire. Vega débute en 2060 à Djarkata. Sur une terre dominée par la technologie - une technologie qui a d’ailleurs épuisé les ressources de la terre - la scientifique Ann Vega quitte son mari Rio et leur petite fille Dewi pour partir en mission. Sur l’île de Java, elle et son équipe viennent de découvrir le dernier orang-outan encore vivant. Au même moment, des terroristes s’attaquent à l’immeuble où se trouvent Rio et Dewi.

    Quelques années plus tard, dans un Chicago hyper pollué, Ann Vega étudie cet orang-outan qu’elle a ramené d’Indonésie. Mais ce travail de recherche déplaît en haut lieu. 

    Arche de Noé spatiale, amour entre une humaine et un singe, luttes terroristes, deuil impossible, poésie et métaphysique

    Vega peut être apparenté au cyberpunk (sombre, anticipation dystopique, part importance accordée aux technologies et à la robotique), tout en faisant le choix d’un graphisme des plus alléchants. Chaque planche est conçue avec le plus grand soin. On peut saluer Yann Legendre pour son travail sur le noir, les ombres mais aussi les couleurs, avec un grand sens du détail. 

    La scientifique Ann Vega est l’héroïne forte mais aussi blessée d’une histoire qui nous parle d’environnement, d’éthique mais aussi du salut (ou non) de la science. Une science souvent insaisissable, à l’image de la découverte des notes de Rio par son épouse ("C’est de la physique quantique… Et je n’y ai jamais compris grand-chose"). L’aventure mêlant arche de Noé spatiale, amour entre une humaine et un singe, luttes terroristes, deuil impossible, poésie et métaphysique devient aussi un conte fantastique. Tout à fait fascinant. Et à découvrir si ce n'est pas déjà fait.

    Yann Legendre et Serge Lehman, Vega, éd. Albin Michel, 2022
    https://www.albin-michel.fr/vega-9782226459114
    https://www.yannlegendre.com

    Voir aussi : "Qui n’aime pas Anaïs Nin ?"
    "Folles, bizarres, normaux et autres monstres"

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  • Invasion Los Angeles

    Les Cramés de la  Bobine présentent à l'Alticiné de Montargis le film  Invasion Los Angeles. Il sera visible du 14 au 19 décembre 2023. Soirée débat ce dimanche 17 décembre à 20h30.

    Un ouvrier au chômage découvre un groupe discret qui fabrique des lunettes noires. Intrigué, il en essaie une paire et découvre un monde effrayant : de nombreux humains sont en réalité des extraterrestres aux visages hideux et écorchés ; les panneaux publicitaires ordonnent la soumission dans des termes dignes de Big Brother. Avec un autre ouvrier, il affronte les envahisseurs. Mais quel jeu joue Holly, la séduisante responsable des programmes du canal 54 ?

    Invasion Los Angeles, SF américaine de John Carpenter
    avec Keith David, Roddy Piper, Meg Foster, 1989, 93 mn
    D’après la nouvelle Eight O’Clock in the Morning de Ray Nelson
    https://www.cramesdelabobine.org/spip.php?rubrique1376

    Voir aussi : "The Old Oak"

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  • Demain, les chiens

    clifford donald simak,roman,confrérie,sf,science-fiction,fableLe grand auteur américain de science-fiction Clifford D. Simak imagine un avenir très lointain avec une Terre gouvernée par une civilisation de chiens.

    La domination de ces animaux devenus intelligents est telle que l’existence même de la race humaine (la plupart se sont exilés sur Jupiter) est réduite à une vague légende relayée par huit contes. Ce roman (ou recueil de nouvelles ?) est une compilation de ces contes, présentés par un narrateur dubitatif au sujet de ces histoires.

    Très astucieusement, Simak suit un parcours chronologique et installe des personnages récurrents (en premier lieu le robot Jenkins) ainsi qu’une lignée familiale à la destinée hors du commun, les Webster : il fait ainsi de cette suite de huit histoires différentes un véritable roman homogène où se croisent des humains rongés par l’individualisme, des robots dévoués mais non dénués d’un certain sens de la destinée, d’un philosophe martien (c’est l’aspect le moins convainquant du livre), de mutants et bien sûr de chiens qui se sont émancipés de la tutelle des hommes.

    Le lecteur est convié à se perdre dans ces faux récits, héritages de traditions orales. Mais Clifford D. Simak, grand amoureux de la nature, entend surtout montrer son attachement à un certain sens de l’humanisme, de la morale et de la paix. Un classique de la SF.

    Clifford Donald Simak, Demain les Chiens, éd. J’ai lu, 311 p.
    http://confrerie2010.canalblog.com/archives/2011/07/18/21632171.html
    https://www.jailu.com/demain-les-chiens/9782290070628

    Voir aussi : "Six personnages en quête d’auteur"

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  • Les aliens sont parmi nous

    Attention aux homonymes : le réalisateur japonais dont nous parlons ici, Kurosawa, n’est pas le maître du cinéma classique et auteur des Sept Samouraïs, de Barberousse ou de Ran. Kiyoshi Kurosawa, bien vivant, n’en reste pas moins un artiste important du septième art, remarqué depuis quarante ans avec des œuvres aussi singulières que Charisma (1999), l’excellent  Shokuzai (2012) et le délicieux Tokyo Sonata, remarqué à Cannes en 2008.  

    Le réalisateur a fait du cinéma de genre (fantastique, SF, zombies et fantômes) sa vraie marque de fabrique, contribuant à renouveler en profondeur le cinéma japonais.

    Il est temps de le découvrir ou de le redécouvrir avec l’un de ses derniers films, Invasion, relecture d’une fin du monde par des aliens sur un mode minimaliste, intimiste mais non moins efficace. Le récit suit Etsuko, une Japonaise employée dans une entreprise de textile qui s’inquiète de voir son mari Tetsuo, médecin hospitalier, soudainement changer. Alors qu’à son travail son patron ne semble pas lui aussi dans son état normal, Etsuko finit par s’inquiéter lorsque sa collègue Miyuki vient se confier sur son angoisse : un fantôme vit chez elle. Etsuko l’amène à l’hôpital de son mari et croise un collègue de son mari, l'étrange et inquiétant Dr Makabe.

    Invasion des profanateurs 

    Les amateurs de cinéma de SF verront dans cet excellent Invasion une revisite du classique L'Invasion des profanateurs de sépultures (1956). Sans artifice, Kurosawa imagine un monde inquiétant – la ville d’Etsuko n’est pas clairement identifiée – où des aliens prennent la figure d’humains ordinaires, au point de duper leurs proches.

    Sans l’artifice des grosses productions américaines, le réalisateur japonais avance ses pions grâce à un excellent trio d’acteurs : l’inoubliable Kaho, la star montante nippone Masahiro Higashide et Shota Sometani, dans le rôle du mari paumé. Adapté d’une série télé à succès, Invasion propose – et ce n’est pas la moindre de ses originalités – une lecture humaniste et un hommage à notre monde.

    L’inquiétant Makabe vient non seulement en avant-garde de la future guerre des monde mais aussi et surtout ressentir et comprendre des concepts on ne peut plus humains : la peur, la violence, le souvenir ou l’amour. Un couple, soudé malgré tout, est au centre de cette Invasion des profanateurs d’un autre genre. Étonnant et à découvrir. 

    Invasion, science-fiction japonaise de Kiyoshi Kurosawa,
    avec Kaho, Shota Sometani et Masahiro Higashide, 2017, 140 mn, en DVD et Blu-Ray

    https://japoncinema.com/critique-du-film-invasion-kiyoshi-kurosawa-2018

    Voir aussi : "La vieille femme et la mort"

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  • Indiens et envahisseurs

    Sacré Disney ! Avec son incroyable Prey, la firme aux grandes oreilles n’a pas seulement proposé un inédit et une plongée dans l’Amérique des peuples indiens. Elle proposait la résurrection d’un des personnages emblématiques du cinéma de SF ! Mais lequel ? 

    Nous sommes en 1719. L’Amérique est encore un vaste territoire indien, pas encore colonisé totalement par les immigrés européens. Un peuple de Comanches vit paisiblement sur ses terres. Parmi cette tribu, Naru, intrépide et farouche, tente de faire valoir ses dispositions à la guerre, au même titre que son frère Taabe.

    Les deux vont devoir unir leurs forces lorsqu’ils découvrent qu’un monstre venu du ciel s’en prend aux hommes qu’il croise. 

    Où est le monstre ?

    On ne sait pas ce qui a prit Disney de vouloir ressusciter Predator, personnage de la SF horrifique des années 80 qui n’a jamais vraiment inspiré les créateurs qui se sont penchés sur lui (le piteux Alien vs. Predator pour ne citer que lui). Or, voilà que Disney choisit de relancer la franchise grâce… à une Indienne du XVIIIe siècle. Et pourquoi pas ?

    Dans la lignée de Cowboys & Envahisseurs (2011), Dan Trachtenberg fait marier SF et western. Il donne à une adolescente indienne, courageuse et obstinée, le rôle-titre, avec évidemment un message très inclusif. Les scènes d’action sont d’une belle efficacité et réservées à un public averti. De ce point de vue, le cahier des charges de la franchise Predator est respecté.  

    Prey, pur divertissement, se fait en plus métaphorique, en ce qu’il fait se rencontrer tribus autochtones, alien venu de l’espace et pionniers à peine moins brutaux venus d’un autre monde. Où est le véritable monstre, semble nous glisser Disney à l’oreille ? Bien vu, terrifiant et annonciateur de futurs massacres, barbaries cruautés, bien réels, héls, ceux-là. 

    Prey, horreur et science-fiction américain de Dan Trachtenberg, avec Amber Midthunder,
    Dakota Beavers, Dane DiLiegro, Stormee Kipp et Michelle Thrush, 2022, 99 mn, Disney+

    https://www.disneyplus.com/fr-fr/movies/prey/5Y0VIrKjUDWm

    Voir aussi : "La cavalière du désert"

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