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Nous avons eu un coup de coeur pour Pauline Brideron, aka Pol's.
Cette artiste originaire de Gien et travaillant non loin de là à Cerdon, a créé un univers singulier. Son truc ? Les vieilles cartes et atlas, des documents tombant vite dans le caduc au fur et à mesure des transformations géopolitiques.
L’artiste déniche dans des vide-greniers, des brocantes et même dans des écoles ces cartes d’une autre époque. Elle en fait le support d’œuvres incroyables, le plus souvent marines : trois-mâts XIXe, pieuvres surgissant des eaux, personnages fantastiques et autres manifestations semblant sorti tout droit d’un roman de Jules Verne. Et sous nos yeux ébahis, surgissent des pays à la fois familiers et extraordinaires, entre onirisme et steampunk !
Pauline Brideron est ce week-end à Saint-Dyé (41), dans le cadre de l’exposition "Art pluriel", avec ses consœurs et confrères VDV (photographe), Corinne Benedek (peintre), Emilie Chartier (art-thérapeute), Nicole Gil, (sculptrice) et Éric Diot (photographe).
En mars 2026, la Galerie Vallois présente "Womanakwa", le nouveau projet du duo MansAmo. Réalisées en apnée, ces photographies subaquatiques mettent en scène des figures en métamorphose et réinventent un panthéon contemporain, nourri de mythologies internationales.
Les figures qui traversent "Womanakwa" s’alimentent de mythologies diverses. Le vodun, des traditions d’Afrique de l’Ouest, des sources grecques et égyptiennes apparaissent comme des réservoirs de formes et de récits — non pas pour citer, mais pour activer : activer des archétypes, des gestes, des puissances, des “rôles” symboliques. Ce panthéon ne cherche pas la cohérence savante. Il cherche l’efficacité poétique : faire sentir que le sacré n’a pas disparu, qu’il s’est déplacé. Que des divinités “oubliées” peuvent survivre autrement, sous d’autres formes, dans une autre grammaire.
Le projet se déploie au-delà des photographies, enrichies par la vidéo, des oeuvres textiles et des textes.
MansAmo est le duo formé par Mansara et Amaury Voslion. Leur travail croise image, musique, texte et performance, et se construit dans une logique de projets, de mises en scène et de formes hybrides.
"Womanakwa — MansAmo" Galerie Vallois (35 rue de Seine, Paris 6e) Du 5 au 28 mars 2026, lundi–samedi, 10h–13h / 14h–19h https://www.galerie-vallois.com
Le peintre John Singer Sargent est largement méconnu en France. Voilà pourquoi le livre de l’historienne d’art Sandrine Andrews tombe à pic (Sandrine Andrews, John Singer Sargent, éd. Larousse), tout comme l’exposition qui est consacré à Sargent au Musée d’Orsay jusqu’en janvier 2026. Mais qui est donc ce peintre dont la notoriété aux États-Unis a été et reste encore aujourd’hui exceptionnelle, mais qui est pourtant si discret par chez nous ? Pour le savoir, Sandrine Andrews propose une découverte passionnante d’un homme que l’on compare à Whistler pour sa célébrité comme pour son apport esthétique.
Il convient de rappeler tout d’abord que nous fêtons cette année le centième anniversaire de la mort du peintre, né en 1856. Ses jeunes années de formation sont d’autant plus marquées par la révolution impressionniste que le garçon, né et élevé dans une famille bourgeoise et éduquée (son père est chirurgien et sa mère une musicienne et aquarelliste), voyage fréquemment en Europe – il est d’ailleurs né à Florence. Ses talents sont précoces. En atteste un croquis bluffant de vues montagneuses alors qu’il n’a que 14 ans.
Sargent fait ses gammes en Italie, comme le montre le magnifique portrait de Rosina Ferrara (Portrait d’une fille de Capri). Cette petite huile sur carton, exposée à Denver, n’est que le premier exemple de ce qui va faire la notoriété du peintre : les portraits, et notamment des portraits de femmes : El Jaleo, La dame à la rose et surtout le stupéfiant et saisissant portait de Madame X (ou Madame Gautreau).
En Europe, c’est à Paris que le jeune homme s’arrête. Il découvre Le Louvre, côtoie le milieu culturel de la capitale (que l’on pense à Gabriel Fauré qu’il portraitise avec succès), se ballade au jardins du Luxembourg et fréquente les concerts de l’Orchestre Pasdeloup. Il côtoie aussi ses homologues français, dont son ami Claude Monet.
Madame X
D’où vient alors la désaffection chez nous de ce peintre à la fois élégant et sensible ? Peut-être, justement, à ce portrait de Madame X, injustement boudé et moqué lors de sa présentation. Sargent choisit de préférer d’autres horizons : l’Italie, donc, mais aussi l’Espagne (Marie Bulloz Pailleron), le Maroc (Fumée d’ambre), avant une escale en Angleterre. Là, sa peinture subtile se prête parfaitement bien aux scènes de jardins et de genres. Son talent dans le portrait se trouve en plus confirmé (l’étonnant et préraphaélite portrait de l’artiste Ellen Terry en Lady Macbeth). Puis, enfin, les États-Unis où, définitivement, la notoriété de Sargent dans les portraits explose, au point qu’il se plaint de trop en faire. La dernière étape, qui n’est pas la moins étonnante, est son choix de revenir en Europe en pleine Première Guerre Mondiale afin de croquer et de témoigner des ravages du conflit. Il meurt quelques années plus tard, auréolé d’un prestige incroyable – aux États-Unis…
Cet ouvrage de Sandrine Andrews est une formidable découverte d’un peintre oublié dans nos latitudes. Un livre richement illustré qui ne pourra que compléter une visite de l’exposition que lui consacre Orsay.
Parlons de la galerie Oana Ivan Gallery. Située au 93 rue du Faubourg Saint-Honoré, à Paris, cet écrin tourné vers l’art, a ouvert ses portes en janvier de cette année. Après une première exposition autour de l’artiste visionnaire Peter Knapp, c’est sur le photographe Gilles Bensimon qui a les honneurs de la galerie parisienne. Il ne reste que quelques jours pour la découvrir.
Gilles Bensimon reste une figure marquante du magazine Elle. Il a lancé l’édition américaine en 1985, avant d’en devenir le directeur créatif. Il a photographié toutes les icônes de son époque : Linda Evangelista, Naomi Campbell, Cindy Crawford, Madonna, Charlize Theron ou Gisele Bündchen.
Photographe des femmes, mais surtout pour les femmes
Photographe des femmes, mais surtout pour les femmes, il a libéré l’image du corps féminin sans jamais en faire un objet. Il a profondément réinventé la façon de photographier la femme : ni icône figée ni simple muse, mais partenaire d’une vision créative. Son œuvre est une ode à l’allure, à l’intimité, à l’instant.
"Ce sont les femmes qui m'ont tout donné", dit-il. Pour lui, un portrait doit être une découverte, garder une part d’ombre. Son ambition : faire "des photos hors du temps, mais qui disent aussi quelque chose de l’instant". Une quête qu’il poursuit avec une exigence sans relâche, souvent teintée de doute : "Je ne suis jamais entièrement satisfait de mes photos". C’est peut-être cette insatisfaction qui le pousse à aller toujours plus loin, à photographier encore, à ne jamais s’arrêter. Lorsqu’on lui demande quelle est sa photo préférée, il répond : "C’est celle que je ferai demain".
Exposition "Gilles Bensimon", du 12 septembre AU 8 novembre 2025 O.I, Oana Ivan Gallery 93, rue du Faubourg Saint-Honoré 75008 Paris https://www.galleryoanaivan.com
Nous avions parlé de l’exposition de Richard Rasa à Amilly autour des animaux sauvages, en danger de mort dans une planète tournant décidément très mal.
Le peintre, dessinateur et écrivain propose, dans la continuité de cet événement, un catalogue de ses plus belles œuvres animalières qu’il complète de textes, des poèmes qui sont autant de messages pour nous.
Quoi de mieux que la couleur, la beauté et les mots pour rendre efficace les alertes ? Surtout si le lanceur est un manchot.
Dans un espace lumineux et aéré, c’est tout un bestiaire que l’artiste met en scène : pingouins, loups, ours, perroquets, koalas ou baleines se côtoient sur fonds de paysages sauvages ou exotiques.
L’homme est absent mais paradoxalement omniprésent aussi, tant ces peintures et dessins évoquent les affronts que nous leur faisons subir. On peut parler d’Arche de Noé dans cette cohabitation sur fond de menaces qui s’appellent déluges, pollutions, réchauffement climatique, destructions de milieux naturels, urbanisations galopantes, augmentation du CO2… et apocalypse des animaux.
Pas de discours lénifiants, d’images démonstratives mais une exposition colorée et joyeuse. Tristement joyeuse. La luxuriance des 45 œuvres proposées (45, comme le numéro du Département qui l’accueil, "mais c’est une coïncidence", précise Richard Rasa avec malice) fait mêler peinture occidentale, influences africaines avec ces couleurs chamarrées et même ligne claire de l’école belge de bande dessinée.
Le peintre n’a pas oublié de rappeler l’extermination des dodos
Les animaux exotiques – chats, chiens et animaux domestiqués sont volontairement exclus du bestiaire – s’observent pacifiquement, s’ébrouent, discutent entre eux et parfois même attendent une sombre menace à l’instar de cet ours polaire juché sur un fragile bout de banquise. Le peintre n’a pas oublié de rappeler l’extermination des dodos, une espèce animale de l’Île Maurice disparue à la fin du XVIIe siècle (Dodo’s Dream). Grandes acryliques aux couleurs chatoyantes et tableaux en noir et blanc montrent ces magnifiques et fascinants animaux en danger.
Dessinateur de BD, Richard Rasa sait utiliser des cases et des bulles – muettes – pour montrer ces êtres vivants malades, sur une planète où leur espace se rétrécit de jour en jour. On sent ces ours, ces perroquets décidément très bavards ou ces guépards comme prisonniers dans les tableaux exposés à Amilly. Ils nous observent, nous parlent et nous alertent avec un mélange de douceur, de fragilité mais aussi de crainte et d’espoir. Grâce à Richard Rasa, les animaux ont plus que la parole : ils ont une âme.
Andreea Gherghinesco sera de retour du 13 au 27 octobre 2024 à la Galerie Partage de Gien pour une exposition libre.
L’artiste loiretaine, installée à Ouzouer-sur-Trézée, avait marqué les esprits avec ses singuliers chats qu’elle a su rendre plus humains qu’humains. Elle tourne aujourd’hui cette page féline pour d’autres séries, moins oniriques et surréalistes mais tout aussi touchantes.
Pour sa nouvelle exposition, que la peintre a nommée "Where", ce sont vers d’autres univers qu’Andreea Gherghinesco propose d’emmener les spectateurs.
Place à une facture plus réaliste donc, mais avec toujours ce soin donné aux couleurs fauves. Les personnages – humains cette fois – se perdent dans des paysages qui peuvent être aussi inquiétants qu’apaisants. Les scènes de baignades sont un classique dans l’histoire de la peinture. Andreea Gherghinesco a la bonne idée de reprendre le thème de la baignade, avec une singulière mélancolie.
À la Galerie Partage, le spectateur pourra également y trouver des portraits où le réalisme des poses ne dispense pas l’artiste de jouer avec les lumières, les clair-obscurs, les textures ou des ondulations de cheveux. Cela donne des visages – souvent jeunes – saisis avec un mélange de naturel et de naïveté.
L’exposition "Where" d’Andreea Gherghinesco est à voir du 13 au 27 octobre 2024 à la Galerie Partage de Gien. Horaires : le mardi de 14H à 19H, les mercredi, jeudi de 10H à 19H, le vendredi et le week-end de 14H à 19H. Entrée libre et gratuite.
Le 2 juillet dernier, Alessandro Clémenza, artiste photographe, a passé une journée sur le premier chantier de la société de promotion immobilière Four Stones, à Beaumont-sur-Oise, Rue Victor-Basch. Ses œuvres, comme celles d’Alexia Bénassy et Thierry Bouët, avant lui, sont présentées au vote du public sur les réseaux sociaux, en attendant une exposition-vente qui aura lieu le 10 octobre 2024 au Quai de la photo à Paris.
Que ce soit pour ses expositions, le cinéma, les séries TV, la mode et la presse, Alessandro est profondément attaché à la présence de l’humain. C’est le photographe de l’intime, celui qui livre des morceaux de vie. Pour la phase finale de livraison sur le chantier, il s’est attaché à retrouver les traces des ouvriers tout en essayant d’imaginer la vie qui va envahir le lieu avec l’arrivée des premiers habitants.
L’Art au profit d’une œuvre caritative sur un chantier
Olivier Douville et son associé Robin Julien souhaitent remettre de l’humain dans la promotion immobilière. Four Stones a poussé son engagement pour sortir de l’industrialisation du renouvellement urbain en créant l’opération artistique Art 4 All sur tous leurs chantiers. Cette démarche en partenariat avec Bail Art Project s’appuie sur trois piliers : l’art, la démarche participative et un objectif caritatif. C’est ce dernier aspect qui a convaincu Alessandro Clemenza de participer à l’aventure. "Le fait que mes images puissent participer à une cause, c’est, pour moi, une raison d’être fier de moi-même".
À Beaumont-sur-Oise, sur le chantier de la résidence de logements sociaux intermédiaires, le Domaine d’Hélène, cela se concrétise par une résidence de trois artistes photographes : Alexia Bénassy, Thierry Bouët et Alessandro Clemenza. Chacun met en lumière une phase de la construction, gros œuvre, second œuvre et finition, ainsi qu’une femme ou un homme travaillant sur le chantier. Leurs œuvres sont soumises au vote du public et présentées lors d’une exposition-vente le 10 octobre 2024 au Quai de la photo à Paris. Aujourd’hui, c’est au tour d’Alessandro Clemenza de livrer ses photos.