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C'est pas un heureux hasard que j'ai découvert la chanteuse Pomme. En quatre chansons – son premier EP En Cavale – la jeune artiste impose déjà un sacré talent et promet.
Il n'y a pourtant rien de révolutionnaire dans En Cavale : des balades pop et country-folk, des histoires d'amour, de trahison et de séparation, une voix délicate et posée, une orchestration réduite – guitares (à noter l'hypnotisant accompagnement dans le titre "En Cavale"), synthétiseur et percussions. D'où vient alors ce supplément d'âme ? Sans doute à des détails : la simplicité affirmée, la justesse de l'interprétation, la cohérence des quatre titres ("J'suis pas dupe", "En Cavale", "Sans Toi" et "Jane & John") ou encore ces petits "r" roulés !
Il y a une évidence certaine à découvrir et à écouter Pomme. Je prends les paris que d'ici peu elle fera partie de notre paysage musical.
En attendant, dans ce premier EP, notre Pomme nous invite à la connivence et à fredonner avec elle des mélodies efficaces et des paroles qui peuvent parler à tous : "J'ai fait le tour et notre amour est en cavale / Il nous a volé une année à tous les deux / Laisse-le partir on va pas crier au scandale / on le retrouvera peut-être quand on sera vieux."
Une réflexion m'agace lorsqu'il est question de Serge Gainsbourg : s'attarder sur les quinze premières années de sa carrière et oublier volontairement ses dernières œuvres, sur l'air du "Je préfère le Gainsbourg de La Javanaise que le Gainsbarre de Love on the Beat".
Ce rejet reflète sans doute une forme de pudibonderie pour ce qui est certainement un des albums les plus originaux et les plus mieux écrits de l'Homme à la Tête de Chou. Sorti en 1984, Love on the Beat peut même être qualifié d'un des meilleurs disques français de la décennie 80 (comme l'indique le classement des 1001 Albums qu'il faut avoir écouté dans sa Vie).
Ce qui a fait la (mauvaise) réputation de l'avant dernier album de Gainsbourg sont ces chansons sulfureuses qui ont heurté le public de l'époque : "Love on the Beat", "No comment" et surtout "Lemon Incest".
Arrêtons-nous sur la spécificité de cet album provocateur.
C'est avec audace que l'auteur de "L'Eau à la Bouche" a pris le parti d'écrire et composer un disque homogène, dont chaque titre est décliné sur les thèmes du sexe, de la grivoiserie et de la pornographie. "Love on the Beat", la chanson qui introduit l'album (sic), est un long et rugueux chant d'amour érotique, aux paroles exceptionnellement travaillées, et traversé durant les huit minutes par des gémissements féminins et des cris d'orgasme que d'aucuns trouveront à la longue insoutenables.
Les auditeurs des ondes FM de l'époque ont été certainement tout autant choquées par "Lemon Incest", une balade composée sur l'Etude n°3 "Tristesse" de Frédéric Chopin, et interprétée par Serge Gainsbourg et Charlotte Gainsbourg, sa fille âgée de treize ans à l'époque. Il a été reproché à son auteur d'écrire une chanson glorifiant l'amour incestueux, et surtout d'avoir entraîné sa propre fille dans cette aventure scabreuse. Une critique pleine de mauvaise foi comme l'affirmera toujours Charlotte Gainsbourg. La jeune interprète considère qu'elle participait de plein gréé à un projet artistique qu'elle soutenait. L'admiration du père et de la fille était réciproque.
Deux autres titres ont émergé auprès du grand public : "Sorry Angel" et "No Comment", un succès qui peut se lire comme un tube drôle et osé. Moins connus, signalons : "HMM HMM HMM", "Kiss Me Hardy", "I'm The Boy" et "Harley David (Son of a Bitch)". "Harley David (Son of a bitch)", à ne pas confondre avec le "Harley Davidson" que Gainsbourg avait écrit pour sa muse de l'époque, Brigitte Bardot, passerait presque pour une parenthèse amusante : "Hé, dis donc David fils de pute, qu'est-ce que tu fais sur ma Harley ?... Ses vibrations te font de l'effet...".
Gageons au passage qu'aucun de ces titres ne passerait de nos jours le filtre de la censure et de l'autocensure. Mais ceci est une autre histoire.
Christine and the Queens a fait une prestation remarquée lors de la dernière cérémonie des Césars : une interprétation impressionnante et inspirée du tube des années 80 "It's Only Mystery" d'Eric Serra (et tiré de la bande originale du film Subway de Luc Besson).
Nous célébrons aujourd'hui le centième anniversaire du début de la bataille de Verdun.
Marie Cherrier a composé et chanté un titre poignant il y a quelques années : Le Temps des Noyaux (clip réalisé par Stéphane Mondino). Il est à découvrir et à redécouvrir ci-dessous.
Pour en savoir plus sur Marie Cherrier, rendez-vous sur cet article : "Voilà Marie".
Un soir de concert à l'Olympia des Eagles of Death Metal et de match de Champion's League, j'avais rendez-vous à Bobino avec Chloé Lacan. La chanteuse se produisait dans son spectacle Ménage à Trois, créé en 2014 avec ses deux complices Nicolas Cloche et Brice Perda.
C'est dans un joyeux bazar sur scène que l'artiste, en tournée nationale jusqu'au 30 juillet 2016, nous emmène dans son univers, savant mélange de musique, de théâtre, de poésie et de scénettes de la vie quotidienne.
Dans un show tonitruant, au cours duquel Chloé Lacan et ses deux camarades se donnent sans compter, la chanteuse offre au public un répertoire balançant entre air swing (Byzance), ballade sombre (Noces Funèbres), jazz manouche (La Pêche au Bonheur), valse musette, air de cabaret (La Tremblouille), rythme latino américain (Va) ou chanson mélancolique (Nouveau Départ), sans oublier un hommage à Nina Simone et un morceau italien adapté en créole par Nelson-Rafaell Madel. Tout cela est enveloppé dans de l'humour omniprésent où le public est invité à réagir et participer – y compris à la clôture du spectacle lorsqu'il est prié de quitter la salle en musique !
Il n'est pas anodin de dire que cette richesse musicale est servie sur un plateau par trois artistes sur scène, jonglant avec des instruments aussi divers que l'accordéon, le piano, les percussions, l’ukulélé, le saxhorn ou le glokenspiel. Chloé Lacan s'amuse et joue avec ses complices Nicolas Cloche et Brice Perda qui s'avèrent bien plus que de simples accompagnateurs : ce sont de vrais chanteurs, comédiens et showmen. Et puis, il y a la voix de Chloé Lacan, un timbre de velours, caressant et fragile. Il y a sans nul doute du Barbara lorsqu'elle interprète, hiératique et poignante, Noces Funèbres, un chant d'amour baudelairien (ou gainsbourien, si l'on pense à La Noyée) pour un amant disparu : "Et au lit de la rivière / Tu dois m'emmener / Mon bel amant funèbre / Et on s'y couchera / En ne laissant qu'un soupir / Près de la cheminée / Où le feu s'éteindra."
Voilà d'ailleurs ce qui est la trame de Ménage à Trois : des histoires, tour à tour drôles, mélancoliques, poétiques, sombres, engagées ou cruelles. Il est question, dans ce spectacle enlevé, de la vie à deux "après l'amour" (Ménage à Trois), de la recherche du bonheur (La Pêche au Bonheur), du temps qui passe, du quotidien cruel... ou des passes sur les parkings des supermarchés (Byzance). Parmi les joyaux de ce spectacle figure Nouveau Départ contant le voyage bouleversant d'une mère célibataire avec son fils, à la recherche d'un monde meilleur : "Je le connais ce regard -là / Tu fais le même à chaque fois / Que maman s'en va de travers / Et que les ennuis lui tournent autour / Mais on va jouer, moineau / Et s'inventer des tours".
Ménage à Trois est un authentique rendez-vous vital, dans un show collectif envoûtant, enlevé et séduisant. Follement séduisant.
Et deux de plus pour Christine and the Queens ! Après deux Victoires de la Musique en 2015 (Victoire de l'artiste interprète féminine et Victoire du vidéo-clip pour Saint Claude), l'artiste nantaise repart de la cérémonie des Victoires 2016, qui s'est tenue le 12 février, avec deux autres récompenses : Victoire du spectacle musical, tournée ou concert et Victoire du vidéo-clip pour Christine.
Une double distinction qui ravit le bloggeur. Voir à ce sujet l'article qui avait été consacré à Christine and the Queens il y a un an : "La Reine Christine".
Et si la preuve de la popularité de Michel Delpech, qui nous a quitté ce week-end, passait également par la parodie ? Au milieu des années 2000, un duo d'humoristes se penchait sur la carrière de l'auteur de Chez Laurette en revisitant ses titres. Comment ? En croisant quelques-unes des plus célèbres chansons de Michel Delpech avec des titres du groupe de new-wave Depeche Mode. Ce projet se nommait fort opportunément : "Delpech Mode".
Le résultat, improbable, ce sont des croisements hybrides, drôles et en forme d'hommage à un chanteur extrêmement populaire.
Pour Delpech Mode, lorsque "Quand J'étais Chanteur" de Michel Delpech rencontre "Just Can't Get Enough" de Depeche Mode, cela donne "Just Can't J'étais Chanteur" (en vidéo ci-dessous). Parmi les autres mix : "Master And Chasseur" ("Le Chasseur" sur une musique de "Master And Servant"), "Strangelorette" ("Chez Laurette" / "Strange Love"), "Somebodivorcés" ("Les Divorcés" / "Somebody"), "Enjoy The Loir-et-Cher" ("Loir-et-Cher" / "Enjoy The Silence"), "Personal Michel" ("Wight is Wight" / "Personal Jesus") et "Shake The Flirt" ("Pour un Flirt" de Michel Delpech sur la musique de "Shake The Disease" de Depeche Mode).
Ces parodies en plein milieu des années 2000 ont montré que le chanteur mythique des années 70 restait toujours une personnalité importante, avec des chansons, devenues des classiques et qui ont marqué les esprits, en dehors de toutes les modes.