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Bandes dessinées et mangas - Page 2

  • Étreintes orientales

    les mille et une nuits,bd,contes,érotisme,sexe,favorite,sultan,trif,andrea celestini,claire nyman,tabou,orientalismeIl y a des sagas dont l’ambition laisse pantois, lorsqu’elles ne nous excitent pas à l’idée de ce que donneront les volumes suivants. L’adaptation en bandes dessinées des Mille et une Nuits par Trif (éd. Tabou) en fait partie.

    Les éditions Tabou proposent cette version du classique de la littérature arabe, dont le moins que l’on puisse dire est qu’il risque de surprendre, pour ne pas dire heurter, pas mal de lecteurs.

    Trif propose en effet une version BD épicée et érotique dans ces histoires légendaires mêlant drames et émois amoureux, jalousies, richesses et pouvoirs, rêves de richesse, mariages idylliques, corps somptueux et étreintes torrides. Vous ajoutez à cela des amants transits, des sultans impitoyables, quelques djinns et des favorites belles comme des déesses et redoutables comme des bataillons et vous aurez une idée de ce que peut proposer les éditions Tabou, spécialisés dans l’érotisme.

    Ce premier volume en BD des Mille et Une Nuits commence, comme il se doit, par une introduction de ces contes légendaires racontés par Shéhérazade. Choisie comme courtisane, le sultan Shahriyar l’a promise à la mort après une seule nuit d’amour, comme toutes les autres épouses qui l’ont précédée. Promise à une mort certaine, Shéhérazade, la propre fille du vizir, n’entend pas être une nouvelle victime de Shahriyar. Lors de sa première (et potentiellement unique) nuit avec lui, elle lui raconte un premier conte, et, au petit matin, lui en promet d’autres aussi merveilleux : mais pour cela, le sultan doit lui laisser la vie sauve pour une nuit supplémentaire.

    Amants transits, sultans impitoyables, quelques djinns et des favorites belles comme des déesses

    La première de ces histoires, La Favorite et le Marchand Ghanim, est tiré du Conte d'Ayyûb le Marchand, de son fils Ghânim et de sa fille Fitna. Ghânim, un marchand de Bagdad, désargenté et seul, mais d’une grande probité, aperçoit un jour une superbe favorite dansant et chantant nue dans l’un des jardins du sultan. Bouleversé, le marchand entend la voir en secret régulièrement, jusqu’au jour où deux hommes enlèvent la jeune femme, la séquestre dans un coffre et l’emmènent dans le désert pour la tuer. Ghânim les suit pour délivrer la belle.

    Le second récit, Les deux Sorcières et le Prince Badr est inspiré de Jullanâr ou Badr Bâsim. Le sultan de Bassora a un fils, le beau et ténébreux Badr. Le vieil homme n’a pas de doute qu’il fera un mariage idéal. Mais l’héritier, naïf et insouciant, a déjà des visées : deux sœurs Giawara et Abdallah. Un soir, Badr décide de surprendre la première, "la plus belle fille de Bassora." Mal lui en prend.

    Ces deux histoires composent le premier volume d’un ouvrage assez classique dans la facture qui n’est pas sans penser à Djinn, la série orientalisante de Jean Dufaux et d'Ana Mirallès. Mais la comparaison s’arrête là, car la sensualité est arrosée d’une bonne dose d’érotisme, avec des courtisanes et des amants – du reste, souvent des sultans, vizirs et autres sémillants héritiers – souvent très déshabillés et succombant à des tentations aux lourdes conséquences.

    Voilà qui revisite Les Mille et Une Nuits d’une manière truculente, et finalement sans trop trahir l’esprit d’une œuvre classique qui ne parle après tout que d’amour.

    Trif, Les Mille et une Nuits, volume 1, Le Parfum de Shéhérazade
    Éd. Tabou, 2020, 48 p.

    Adaptation de Claire Nyman et mise en couleur d’Andrea Celestini
    http://parutions.tabou-editions.com

    Voir aussi : "Mon corps est à moi"

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  • Où sont les monstres ?

    Ce n’est peut-être pas la bonne période pour découvrir le second tome du comics Vwars. Toutefois, pourquoi ne pas considérer que cette histoire d’une mutation génétique transformant ses malades en vampires peut être une BD aux vertus cathartiques ?

    Jonathan Maberry, au scénario pour cette adaptation de son roman, imagine une terre en guerre entre humains (les Beats) et des vampires (les Bloods), ce que le premier tome avait développé. Marco Turini et Alan Robinson, aux dessins pour ce deuxième volet, allient le fantastique et l’action pour une intrigue rythmée autour de soldats d’élites – humains, bien sûr. L’escouade V-8 est chargée dans une mine abandonnée, transformée en base scientifique hyper spécialisée. La mission devient un casse-pipe.

    Là où l’histoire prend un tour inattendu c’est que, contre tout manichéisme, parmi les vampires certains s’avèrent pacifiques. Quant aux humains, il semble que l’éthique et la morale ne coulent pas dans le sang de tous. Les soldats Lashonda et Taurus, respectivement Beat et Blood, vont faire l’expérience dans cette question exisentielle : "Où sont les monstres ?" Une nouvelle mission les conduit à Paris, sur les traces d'un appareil capital dans cette lutte contre les Bloods.

    V-Wars, publié par Graph Zeppelin, est une compilation des épisodes 6 à 11 de la série de comics. Cette saga de sang et d’action a été adaptée par Netflix.

    Jonathan Maberry, Marco Turini et Alan Robinson, V-Wars 2, Tous des Monstres
    Ed. Graph Zeppelin, 2020, 152v p.
    https://www.originalcomics.fr/2501-graph-zeppelin

    Netflix

    Voir aussi : "Monstres et compagnie"

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  • Tintin et le Lotus Bleu à la radio

    On connaissait le Tintin en BD, le Tintin en dessin animé ou encore Tintin au cinéma en motion capture (Le Secret de la Licorne de Steven Spielberg). Il y a aussi Tintin à la radio.

    France Culture propose en podcast, pour les jeunes de 7 à 77 ans, une adaptation radio des aventures de Tintin. en particulier Tintin et le Lotus Bleu, l’un des chefs d’œuvre d’Hergé.

    Fidèle au texte du créateur belge, la Comédie française fait revivre cette plongée dans la Chine des années 30 mêlant des intrigues rocambolesques, un poison fou, plusieurs génies du mal, des rebondissements, des amitiés (Tintin rencontre pour la première fois Tchang),des  considérations géopolitiques mais aussi des dénonciations du racisme et du colonialisme.

    Une belle manière de revenir du jeune reporter bruxellois et son fidèle compagnon à quatre pattes, Milou.

    C'est à suivre en ce moment en podcast, en cette période de confinement.

    D'après Hergé, Tintin et Le Lotus bleu, 5 podcasts, Radio France
    Coproduction France Culture, Moulinsart et la Comédie-Française
    https://www.franceculture.fr/evenement/les-aventures-de-tintin-le-lotus-bleu
    Hergé, Tintin et Le Lotus bleu, éd. Casterman, 1946, 61 p.

    Voir aussi : "Tintin, back in the USSR"

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  • La BnF rend hommage à Albert Uderzo

    Au lendemain de la mort d'Albert Uderzo, l'un des pères d'Astérix, la Bibliothèque Nationale de France a décidé de lui rendre hommage.

    Laurence Engel, sa présidente, s'exprime ainsi : "La BnF ressent une vive émotion au moment de la disparition d’Albert Uderzo. Le don qu’il avait fait à la Bibliothèque a marqué une étape importante - renouant avec la tradition d’une présence dans les collections de l’art de la bande dessinée, d’abord dans ses formes les plus anciennes, puis, et notamment grâce à lui, dans ses expressions contemporaines. Et c’est aussi une relation d’amitié qui s’est interrompue. Mais l’oeuvre d’Uderzo, ce patrimoine commun, demeure, elle, intacte et comme il l’avait souhaité, au sein des collections de la BnF, pour que reste vive, active, cette mémoire collective. Des planches magnifiques, de très grand format, qui donnent à voir le talent extraordinaire du dessinateur qu’il était. Uderzo aimait à se définir lui-même comme « un besogneux de la futilité » : sa besogne fut colossale et sa futilité nous demeure essentielle."

    Uderzo avait fait don en mars 2011 à la BnF de planches originales issues de trois albums des aventures du célèbre Gaulois : Astérix le Gaulois, le tout premier de la série, La Serpe d’or et Astérix chez les Belges.

    Un besogneux de la futilité

    Ces planches de grand format, encrées au pinceau par-dessus des crayonnés vierges de tout remords, donnent à voir l’immense talent d’un dessinateur de génie, dont la modestie naturelle aimait à rappeler qu’il était avant tout "un artisan."

    Ce don a été au cœur des deux événements de la BnF : la grande exposition Astérix à la BnF ! qui s’était tenue d’octobre 2013 à janvier 2014 et l'anniversaire des 60 ans d’Astérix en 2019, une autre exposition qui présentait dans la galerie des donateurs l’ensemble des 44 planches originales du tout premier album.

    Par la virtuosité du trait comme par le sens de la lettre, par la force du mouvement et celle des jeux
    d’ombres et de lumières, par la verve du caricaturiste, par l’efficacité des onomatopées, le dessin d’Uderzo est un art total, et totalement un art.

    Grâce à ce don qui témoigne de l’importance que les aventures d’Astérix et Obélix ont acquise dans la mémoire collective du XXe siècle, en France comme hors de ses frontières, Albert Uderzo a fait aussi pleinement entrer dans les collections nationales l’art de la bande dessinée. L’exposition Astérix à la BnF ! que la Bibliothèque a organisée en 2013, à la suite de cette donation, a rendu à l’œuvre qu’il a créée avec René Goscinny l’hommage qui lui était dû, en retraçant la genèse et les développements d’une réalisation majeure du neuvième art.

    https://www.bnf.fr/fr/agenda/asterix-le-gaulois-aux-origines
    Astérix de A à Z, exposition Astérix à la BnF !, octobre 2013-13-janvier 2014

    Voir aussi : "Astérix et la fille de Vercingétorix"

    Photo : Astérix le Gaulois. Aux origines. Bibliothèque nationale de France, 20-22 septembre 2019
    ASTÉRIX ® OBÉLIX ® IDÉFIX ®
    © 2019 LES ÉDITIONS ALBERT RENÉ / GOSCINNY-UDERZO

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  • Mon corps est à moi

    katia even,nicolas guenet,inguinis,érotisme,sexe,cirque romain,tibèreIl faut croire que l’Antiquité et la mythologie gréco-romaine soient des sources d’inspiration pour les auteurs de bande dessinées érotiques : après le cycle Achille de Cosimo Ferri, Katia Even et Nicolas Guenet choisissent le monde du cirque romain pour y dérouler une intrigue mêlant complot familial, manigances pour la possession d’un cirque et fantasmes sur fond de religion. C’est le sujet du premier tome du cycle Inguinis Oracle (éd. Tabou).

    Au Ier siècle de notre ère, sous l’empereur Tibère, Gaïus, jeune héritier d’un cirque que sa mère possède et gère depuis la mort de son mari, vit une vie insouciante, essentiellement dans les lupanars de la cité romaine. Un attentat contre la vieille femme bouleverse tout : Gaïus est obligé de fuir et trouve refuge au Temple des vestales, des prêtresses vierges veillant au feu sacré chargé de protéger Rome. Ces femmes, jouissaient d’important privilèges publics, en échange de 30 ans de chasteté. La présence du jeune fuyard pourrait bien mettre à mal chez Licinia, l’une de ces prêtresses, sa promesse de virginité.

    On imagine qu’il a fallu de la documentation aux auteurs pour faire revivre cette Rome du Ier siècle et en particulier le mystère des vestales. Inguinis Oracle s’inspire d’un récit de Plutarque sur une Licinia, une vestale ayant rompu son vœu de chasteté avec un patricien. Dans cette BD sulfureuse, Katia Even et Nicolas Guenet imaginent le personnage de Gaïus, jeune homme pourchassé, insouciant et plus habitué aux bordels romains qu’aux complots de pouvoir.

    Au Nom du Cirque, le premier tome de cette histoire, ne lésine pas sur les scènes d’orgies et d’ébats, tout en faisant de la virginité de Licinia l’un des sujets principaux du premier tome : la prêtresse saura-t-elle résister à l’attirance pour Gaïus ? La toute fin du livre s’ouvre astucieusement sur une interrogation, qui promet de futurs passionnants développements.

    BC

    Katia Even et Nicolas Guenet, Inguinis Oracle, tome 1, Au Nom du Cirque
    éd. Tabou, 2020, 48 p.

    http://www.tabou-editions.com

    Voir aussi : "Plans à Troie"

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  • Les enfants sont répugnants

    Il y a deux manières de lire l’adaptation en BD de Sacrées Sorcières par Pénélope Bagieu.

    La première est ni plus ni moins que la découverte d’un classique du conte fantastique de Roald Dahl, qui deviendra également un film de Robert Zemeckis cette année.

    À Londres, un jeune garçon de huit ans, orphelin, vit avec sa grand-mère, une vieille dame dynamique, extravagante mais à la santé fragile. Suite à une alerte, ils se rendent à une station balnéaire pour quelques jours. Or, durant leur séjour, un congrès de sorcières se réunit secrètement pour ourdir un complot international contre les enfants ("Les enfants sont répugnants ! Ils puent ! Ils empestent ! Ils sentent le caca de chien ! Rien que d’y penser j’ai envie de vomir ! Il faut les écrabouiller ! Les pulvériser ! Écoutez le plan que j’ai élaboré pour nettoyer l’Angleterre de cette vermine…") Voilà le jeune garçon et sa grand-mère – qui n’est pas ignorante de ce thème peu ordinaire – entraînés dans une aventure incroyable.

    Voilà pour l’histoire de ce conte. Mais Pénélope Bagieu ne s’est pas emparée par hasard de cette histoire de sorcières. L’auteure, féministe revendiquée (on lui doit l’excellente série Culottées autour de personnalités féminines qui ont changé l’histoire, dont Joséphine Baker, Betty Davis, Phulan Devi ou Hedy Lamarr), fait de ces sorcières, à la fois redoutables, déterminées mais aussi ennemies des enfants, des représentations féminines modernes, invincibles et anti-maternelles au possible.

    La grand-mère, le personnage sans doute le plus passionnant de Sacrées Sorcières, est elle aussi une figure de femme complètement libre et indépendante. Protectrice de son petit-fils, la voilà engagée dans une aventure audacieuse. Une guerre de femmes, en quelque sorte, mais dans laquelle les enfants restent des héros sans peur et (presque) sans reproche.

    Pénélope Bagieu & Roald Dahl, Sacrées Sorcières, éd. Gallimard, 2020, 300 p.
    @penelopeb
    https://www.roalddahl.com

    Voir aussi : "Hedy Lamarr, star hollywoodienne et inventeuse de la technologie sans fil"

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  • Mon amant chinois

    Adapter en BD Marguerite Duras et l’un de ses plus grands chefs d’œuvre, L’Amant : quelle gageure ! Il fallait la délicatesse et le tact d’une auteure comme Kan Takahama pour mener à bien ce défi. Et en manga…

    Le choix d’un tel genre est finalement très pertinent pour une histoire se passant en Asie, dans l’Indochine des années 30, et contant l’éphémère histoire d’amour entre l’auteure française, quinze ans et demie à l’époque, et un riche ressortissant chinois.

    À l’époque, la jeune Marguerite vit dans une famille ruinée et dominée par un frère violent, sur lequel l’adaptation choisit de ne pas s’apesantir. L’adolescente vit en pension, avec pour seule amie une fille de son âge.

    C’est sur un bac sur le Mékong qu’elle croise la route de celui qui va être son premier amant. D’où vient-il ? Quelle est son histoire ? A-t-il déjà une fiancée ? Kan Takahama répond à quelques-unes de ces questions dans sa préface : sans doute les deux personnages se connaissaient-ils au moins de vue avant leur rencontre. Et il est également fort possible que la fiancée chinoise, qui fait l’objet de plusieurs cases, était elle aussi très jeune, mais "suffisamment aisée pour pouvoir épouser le Chinois."

    Cette histoire d’amour cruelle et vouée à l’échec est dépeinte avec un mélange de sensualité et de sensibilité, sans passer sous silence la cruauté que n’épargnera pas la petite Marguerite (la fameuse soirée au restaurant, en présence de la mère et du frère). Le coup de crayon de Kan Takahama, tout en respectant les canons du manga (yeux et bouches expressives, cases dynamiques), ajoute sa patte personnelle : travail sur l’éclairage et sur les flous, recherches dans les décors et surexpositions.

    Le lecteur trouvera dans cette BD des images (le costume de la jeune fille, les décors intérieur, la scène du bac) qui le ramèneront à une autre adaptation : celle filmée, cette fois, par Jean-Jacques Annaud en 1992. Une preuve supplémentaire que L’Amant de Marguerite Duras continue à vivre sa vie de chef d’œuvre marquant.

    Kan Takahama, L’Amant, d’après Marguerite Duras
    Adaptation Corinne Quentin, éd. Rue de Sèvres, 2020, 155 p.

    Marguerite Duras, L’Amant, éd. de Minuit, 1984, 145 p.
    https://www.editions-ruedesevres.fr/takahama-kan

    Voir aussi :"Bijou, bijou"

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  • Dernières nouvelles de l’enfer

    Hellina-Scythe-Visuel-1000pxl-rvb.jpgL’enfer est pavé de mauvaises intentions, et dans le cycle de BD Hellina & Scythe, on peut compter sur la reine Scythe, l’adjuratrice Hellinao ou la princesse consort Maelstrom pour mettre au pas des armées de démones et les envoyer ad patres. Le livre regroupe les quatre premiers épisodes de Hellina Scythe parus entre janvier et mai 2017. La saga d’érotico-fantasy propose un univers sombre à souhait peuplé de succubes sexy et athlétiques : de vraies super héroïnes en sorte, peuplant un enfer "grandiose, froid, magnifique, horrible et solitaire." Ce dont il est question dans ce très beau volume, proposé par les éditions Tabou, est ni plus ni moins qu’une nouvelle mythologie mettant en scène Cerbère, Hadès ou Perséphone, mais aussi des personnages inventés de toute pièce : Aurélie la Gardienne de la Rivière des Chagrins, Hellina, la maîtresse des enfers ou la non moins sculpturale reine Scythe.

    Dans Hellina & Scythe, la première nouvelle graphique du volume, avec Pat Shand au scénario et Gabriel Andrade au dessin, nos deux guerrières, au service de Lucifer, goûtent cinq siècles d’accalmie sur terre, occasion parfaite pour batifoler dans "la première crypte venue." Mais leur longue nuit d’étreintes est troublée par le raid d’une armé conduite par Forneus, la reine du Quadrant de l’Armoise du dernier cercle – excusez du peu : la reine folle, "connue pour sa collection d’oiseaux morts et sa tenue faite de ses propres cheveux", est venue leur faire la nique. Elle vient renverser l’enfer – Lucifer pour le dire autrement. Une nouvelle guerre commence contre une adverse retorse, guerre qui menace de plonger la terre dans une redoutable apocalypse. Hellina et Scythe organisent la résistance en mettant en place une armée de démons avant de descendre en enfer afin d’affronter la reine folle.

    Dans l’histoire suivante, Nekrotika et Maelstrom (au scénario, Doug Meiers, William A . Christensen et Mark Seifert, et au dessin Juan Jose Ryp), il est question d’un combat singulier entre deux démones pour devenir princesse consort et se disputer les faveurs de la reine. Ce duel entre les deux prétendantes va vite prendre une tournure d’une tout autre ampleur.

    Les amours saphiques sont aussi des transcriptions au féminin des amitiés viriles antiques

    Dans le moins convaincant Sythe & Maelstrom (William A . Christensen et Mark Seifert au scénario et Rick Lyons au dessin), il est question précisément de la rencontre entre la reine Sythe et celle qui sera sa future princesse consort Maelstrom. Cette dernière est passée entre les mains d’un autre ennemi de Lucifer, l’archidiable Béset.

    Pour le très réussi Les Origines de Hellina, en trois parties, Doug Meyers et Loren Hernandez content le destin éloquent de l’humaine Sandra Lords, une éternelle femme victime de toutes les exactions pactisant avec le mal pour devenir la maîtresse des enfers, avant de rejoindre plus tard les rangs de Scythe.

    Voilà le programme réjouissant de ce volume mettant en scène des diablesses s’entre-déchirant pour le contrôle des enfers dans des guerres sans merci. Des guerres où les humains sont réduits au rang de pantins fragiles et finalement guère mieux que ces démones qui les protègent à leur manière : "C’est Lucifer qui a ordonné que l’humanité soit doté du libre-arbitre pour la protéger des créatures voulant contrôler les esprits."

    Combats à mort, tueries, tortures, viols, éviscérations ou sang coulant à gros bouillons sont mâtinés d’une solide dose d’humour noir et bien entendu d’érotisme. Le cycle Hellina & Scythe est autant un plaisant divertissement sensuel et sanglant – à ne pas prendre bien évidemment au premier degré – qu’un réel projet artistique. Nos héroïnes imposent leurs forces et leurs désirs dans des mondes terrestres ou infernaux essentiellement masculins – si l’on excepte la première histoire mettant en scène la reine folle. Disons aussi que les viols ne sont pas moins importants que les émasculations, et les personnages masculins ont fort à faire pour imposer leur règne. Les amours saphiques de Scythe et Hellina sont représentées bien sûr comme des fantasmes pur jus – à l’instar de la centaine de couvertures reproduites – mais ce sont aussi des transcriptions au féminin des amitiés viriles antiques courantes dans la mythologie grecque, à l’instar d’Achille et Patrocle.

    Ce très bel album, qui n’est pas à mettre entre toutes les mains, se termine par plus de 50 pages et 112 couvertures d’albums de ce cycle : un mélange d’horreur, de mythologie, de dark fantasy et d’érotisme. Vous voilà prévenus.

    Pat Shand, Gabriel Andrade et Juan Jose Ryp, Hellina & Scythe
    éd. Tabou, 2019, 224 p.
    http://www.tabou-editions.com
    https://patshand.tumblr.com

    Voir aussi : "Plans à Troie"

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  • Bijou, bijou

    loustal,fred bernard,bijou,diamantBellaciao : ce nom qui sonne comme le rappel d’un chant de résistance est aussi, dans la BD de Loustal et Fred Bernard, le diamant au centre de Bijou (éd. Casterman).

    Découvert en 1907 en Afrique du Sud par un obscur chercheur, la pierre précieuse, tour à tour bague, sautoir, puis de nouveau bague, va passer de mains en mains, puis de cous en doigts, traversant le siècle et des dizaines de pays, avant d’atterrir, par le plus grand des hasards, en possession de la seule personne qui pouvait en être propriétaire.

    Entre-temps, Bellaciao va connaître mille et une aventures : un aventurier amoureux, une aristocrate survivante du Titanic, une bourgeoise des années folles, l’actrice Greta Garbo, un mari volage et sa maîtresse, des voleurs et des voyous audacieux et plusieurs femmes hommes et femmes chanceux, généreux ou malchanceux.
    Bellaciao, ce joyau convoité et aimé, raconte à sa façon des destins individuels où se mêlent la chance, le destin, la convoitise mais aussi la grande histoire : la première guerre mondiale, l’entre-deux guerres, l’Occupation ou le 11 septembre.

    Les auteurs ont construit leur roman graphique à la manière d’un album illustré : deux vignettes par page, aucune bulle, un texte narratif court et efficace et des dessins naïfs aux couleurs chaudes.

    Avec Bijou, Loustal et Fred Bernard signent une BD qui, en parlant d’un objet précieux, racontent aussi toute la vanité de vies éphémères.

    Loustal et Fred Bernard, Bijou, éd. Casterman, 2019, 69 p.
    http://www.loustal.com
    https://www.casterman.com/Bande-dessinee/Catalogue/albums/bijou

    Voir aussi : "Une nouvelle nuit à Rome avec toi"

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  • Astérix et la fille de Vercingétorix

    Nous l’annoncions sur Bla Bla Blog : Astérix est de retour cette année pour un 38e album scénarisé et dessiné pour la quatrième fois par Jean-Yves Ferri et Didier Conrad.

    Après le voyage en Italie du précédent opus (Astérix et la Transitalique), nous retrouvons Astérix, Obélix, Idéfix et consorts en Armorique pour une aventure autant qu’une rencontre avec la fille de Vercingétorix. Le rejeton du célèbre chef gaulois, traquée par les Romains, trouve refuge dans le village des irréductibles gaulois, seul endroit dans la Gaule occupée à pouvoir assurer sa protection. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la présence de cette ado pas comme les autres va provoquer moults bouleversements intergénérationnels…

    Même si Uderzo a laissé la main, les créateurs de ce nouvel opus entendent respecter l’esprit des aventures du petit Gaulois, d’autant plus que l’histoire s’inscrit au cœur du village breton, résistant toujours à l’envahisseur des troupes de César grâce à leur potion magique.

    Pour La Fille de Vercingétorix (éd. Albert René), les lecteurs auront droit à une invitée de marque, puisqu’il ne s’agira ni plus ni moins que la fille du vainqueur d’Alésia. Ce personnage fictif, véritable people avant l’heure, est avant tout une jeune fille confrontée aux problématiques classiques de l’adolescence et le parfois douloureux passage à l’âge adulte. Si son illustre père n’apparaît qu’à l’occasion d’une case dans toute la série, la jeune adolescente porte l’album comme sans doute aucun personnage féminin ne l’avait fait jusque-là dans la série. Elle est la force motrice qui, par ses décisions, conduit l’action de bout en bout, allant jusqu’à épuiser parfois Astérix et Obélix dont la mission consiste à la suivre… En ce sens, elle est donc la première véritable aventurière de la série, l’histoire de cette 38e aventure reposant entièrement sur elle.

    Mais que ferait une adolescente esseulée dans un petit village Gaulois, à part "s’ennuyer à mourir" et surfer sur sa tablette en pierre ? Dans un élan de grande bonté, les auteurs lui ont concocté une petite surprise : la création de tout un tas de copains ! Jusque-là dans l’ombre de leurs parents, les jeunes du village n’ont jamais occupé la place qu’ils méritaient dans la série. Justice leur soit rendue, grâce à l’imagination débordante de Jean-Yves Ferri et au coup de pinceau de Didier Conrad.

    Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, La Fille de Vercingétorix, éd. Albert René, 48 p., 2019
    https://asterix38.com

    Voir aussi : "Prochain Astérix en octobre 2019"

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  • Conte de la folie ordinaire

    Quelques minutes suffisent pour lire cette Histoire du Rapt, bande dessinée que Nicolas Le Bault a conçu de A à Z. Nicolas Le Bault : cet artiste underground nous avait tapé dans l’œil avec son roman graphique inclassable La Fille-Miroir. Nous l’avions ensuite suivi dans le projet White Rabbit Dream, production collective mêlant dessins, photos et textes.

    Cette fois, c’est seul que Nicolas Le Bault a écrit et dessiné cette Histoire du Rapt, creusant un peu plus l’univers d’un artiste tourmentant ses personnages, avec une force cathartique qui n’appartient qu’à lui.

    Cette BD au format nouvelle s’apparente à un conte horrifique dans lequel l’enfance est la première victime. Il y a du David Lynch, du Sade, du Bukowski, du Tim Burton, mais aussi un peu de La Nuit du Chasseur dans cette histoire contant un secret d’adultes – bien qu’il ne soit que partiellement dévoilé – découvert par un garçon qui sera confronté à l’interdit mais aussi à la mort.

    Nicolas Le Bault a particulièrement soigné cette nouvelle dessinée, que ce soit dans le texte et dans le dessin. Sa patte est reconnaissable : personnages naïfs dessinés comme les poupées de notre enfance, visages expressionnistes bien trop joyeux pour être honnêtes, couleurs appuyées. L’univers enfantin n’est qu’un décor factice derrière lequel se cache l’odieux, la folie et l’inceste.

    Petit à petit, l’œuvre graphique de Nicolas Le Bault construit un univers terrible, poétique et passionnant à découvrir.

    Nicolas Le Bault, Histoire du Rapt, Pool of Years, White Rabbit Prod, 2019, 16 p.
    https://www.whiterabbitprod.com

    Voir aussi : "White Rabbit Dream, transgressif et sensible"

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  • Les corneilles n’oublient jamais les visages

    Amateurs de thrillers hitchcockiens tordus à souhait, cette BD est faite pour vous. Timothée Le Boucher signe Le Patient aux éditions Glénat : une petite merveille, après le remarqué Ces jours qui disparaissent (qui devrait être adapté au cinéma).

    Cette bande dessinée somptueuse plonge dans l’histoire d’un crime familial sordide. Une famille est retrouvée assassinée à l’arme blanche après que Laura Grimaud, l’aînée des enfants, ait été croisée déambulant un couteau ensanglanté à la main. Seul Pierre Grimaud, son frère de 15 ans, est retrouvé en vie, gravement blessé et dans le comas. L’adolescente de 17 ans, déclarée coupable de ces crimes, sera enfermée avant qu’elle ne mette fin à ses jours.

    Six ans après ce fait divers, Pierre sort de son comas. Une psychologue, Anna Kieffer prend en charge le jeune patient afin de comprendre ce qui s’est passé mais aussi de traiter les traumatismes du jeune homme.

    Une grenade scénaristique

    Entre la scientifique et l’ancienne victime du "massacre de la rue des Corneilles", une étrange relation se noue, alors que Pierre se plaint de recevoir des visites dans sa chambre d’un mystérieux homme en noir. Et il est vrai qu’autour de l’hôpital, un étrange individu rôde.

    Le moins que l’on puisse dire est que Timothée Le Boucher prend son temps pour déplier l’intrigue autour des séquelles d’un crime finalement jamais complètement élucidé. L’auteur a usé d’un soin particulier dans le traitement des lieux, des espaces, des regards et des dialogues dans un huis-clos de plus en plus étouffant. Tel un joueur d’échec, l'auteur avance ses pièces les unes après les autres, avant de dégoupiller sa grenade scénaristique à partir de la moitié du livre.

    Manipulation, traumatismes, souvenirs persistants : Timothé le Boucher souligne qu’à l’instar des corneilles, les victimes n’oublient jamais. Anna Kieffer incarne l’héroïne hitchcockienne par excellence : femme fatale mais fragile, c’est elle le fil conducteur de cette histoire de plus en plus intime.

    La bande dessinée donne également une large part aux personnages secondaires – patients, infirmières, médecins – dont certains deviennent essentiels à l’intrigue. Une intrigue rondement menée pour un récit sombre et déstabilisant. Une vraie réussite.

    Timothé Le Boucher, Le Patient, éd. Glénat, coll. Mille Feuilles, 2019, 292 p.
    http://timotheb.canalblog.com

    Voir aussi : "Changez-vous, mademoiselle"

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  • Fabcaro ne sauve pas les apparences

    fabcaro,open bar,zaï zaï zaï,humour,surréaliste,dadaïste,absurdeAprès le succès de Zaï Zaï Zaï, Fabcaro revient avec une première fournée de planches soignées et désopilantes : Open Bar, 1ère tournée (éd. Delcourt, coll. Pataquès). Les travers de notre société, les modes, les discours courants ou nos habitudes sont passées à la moulinette de ce dessinateur hors-pair.

    Les personnages, en réalité des figures anonymes dessinées à la fois avec précision mais sans jamais qu'ils soient clairement identifiables, évoluent dans des environnements qui nous sont familiers, mais avec à chaque fois un détail, une phrase ou un mot qui fait tout voler en éclat.

    Les règles de bienséance sont dynamitées par des discours peu avouables. Les soirées bobos deviennent des stands de tirs. À la naïveté des enfants, se voit répondre l’absurdité des adultes. La langue de bois est érigée en totem et Fabcaro fait du non-sens une mécanique impitoyable : un train à l’heure a l’allure d’un événement incroyable, un rendez-vous chez le coiffeur devient un improbable salon intello, un débat entre deux politiques se transforme en duel dadaïste, les soirées devant la télé sont matière à entrer dans une quatrième dimension, et lorsqu’un enfant s’étonne de voir un éléphant dans son assiette, ses parents ne voient vraiment pas où est le problème.

    La vie quotidienne, le travail, les vacances, la Poste, la SNCF, les journaux télévisés, les doublages de film, les politiques, les commerces, les préoccupations écolos, les bobos, l’éducation des enfants, les migrants, la politique, les arts, la mode ou la société de consommation : l’auteur fait de ces choses qui nous paraissent somme toute normales des incongruités où l’absurde est poussé jusqu’au bout de sa logique. Et ne comptez pas sur Fabcaro pour sauver les apparences.

    Fabcaro, Open Bar, 1ère tournée, éd. Delcourt, coll. Pataquès, 2019, 54 p.
    https://www.editions-delcourt.fr

    Voir aussi : "Comme ça, vous n’avez pas votre carte !"

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  • Prochain Astérix en octobre 2019

    Saviez-vous que Vercingétorix avait une fille ? Nous non plus. Elle fera en tout cas l’objet du prochain et 38e album d’Astérix, La Fille de Vercingétorix, qui sortir le 24 octobre 2019.

    60 ans après sa première apparition dans les pages du magazine Pilote, le héros créé par les deux génies du 9e art, René Goscinny et Albert Uderzo, est de retour.

    Si Astérix et Obélix pensaient se remettre de leur précédent voyage dans la péninsule italienne (Astérix en Trasatlantique) dans la quiétude de leur belle Armorique, c’est raté !

    Escortée par deux chefs arvernes, une mystérieuse adolescente vient d’arriver au village. César et ses légionnaires la recherchent, et pour cause : au village, on murmure que le père de la visiteuse ne serait autre que le grand Vercingétorix lui-même, jadis vaincu à Alésia.

    Cette nouvelle aventure du petit Gaulois a été imaginée par le tandem Jean-Yves Ferri et Didier Conrad. Les créateurs disent ceci au sujet de cette découverte digne d’un Lutèce-Match de l'époque romaine : "À ce que l’on sait c’est une ado en révolte. Normal, c’est pas facile tous les jours de s’appeler Vercingétorix !… Nous avons pas mal enquêté sur elle pour l’album : son apparence, son nom, son caractère... Comme vous savez, Vercingétorix était très discret sur sa vie privée, et les sources historiques sont rares. Mais, vous verrez, nous avons réussi à collecter de nombreux scoops !"

    Ce nouvel album sera tiré à plus de 5 millions d’exemplaires et traduit dans plus de 20 langues dès la fin 2019.

    Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, La Fille de Vercingétorix, éd. Albert René, 2019
    https://www.asterix.com

    Voir aussi : "Maillot rose pour Obélix"

    astérix,obélix,vercingétorix,adolescente,gaulois,césar,alésia,pilote

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  • Sarah et Julia en BD

    Il y avait le roman Il s’appelait Sarah, puis la version ciné : voici maintenant, sorti depuis quelques mois, l’adaptation en bande dessinées du best-seller de Tatiana de Rosnay. Pascal Bresson au scénario et Horne au dessin proposent une nouvelle lecture de l’histoire de cette petite juive prise dans les tourments de l’Occupation allemande et de l’État autoritaire de Vichy.

    Lorsque la police française vient arrêter sa famille, Sarah, 10 ans, choisit d’enfermer son petit frère Michel dans le placard de leur appartement. Elle lui fait la promesse qu’elle viendra le chercher plus tard. 60 ans plus tard, une journaliste américaine s’apprête à aménager dans l’appartement parisien qu’occupait sa belle-famille.

    Il y avait un piège dans pour une telle adaptation : celle de trop s’inspirer du film de Gilles Paquet-Brenner, avec Kristin Scott Thomas dans le rôle principal. Contre cet écueil, Pascal Bresson et Horne ont choisi de proposer une œuvre graphique austère, portée le noir et blanc et des gris lavis omniprésents et oppressants – y compris pour les scènes se passant entre 2002 et 2005. Quelques touches de couleurs jaunes ou orangées viennent éclairer les quelque 200 planches de la BD, mettant en valeur la petite victime innocente. Et l’on en vient à penser à la fillette en robe rouge de La Liste de Schindler.

    Des "Mangemorts" tout droit sortis de l’armée de Voldemort

    Pascal Bresson et Horne choisissent d’allier des paysages et des descriptions réalistes – notamment le Paris de la journaliste américaine Julia Jarmond – à des scènes expressionnistes. Les policiers français, les soldats allemands ou les geôliers du camp de Beaune-la-Rolande ne sont que des masses sombres. Ces "Mangemorts", comme tout droit sortis de l’armée de Voldemort, ouvrent des bouches monstrueuses, prêtes à dévorer leur victime – le plus souvent des enfants. Lors d’une scène capitale dans un restaurant, Julia Jarmond elle-même se trouve face à une bouche semblable : et il s’agit singulièrement celle de son propre mari...

    Plus sans doute que la version filmée, cette BD fusionne parfaitement bien l’époque des années 40 et la nôtre. Le passé vient surgir et se fracasser contre le présent. Tel un tsunami, il met à nu les liens familiaux, bouscule les certitudes et oblige les personnages à se révéler. Il est impossible de ne pas parler des lieux, que ce soit l’appartement de Sarah ou le camp de Beaune-la-Rolande agissant comme des marqueurs indélébiles, des dizaines d’années après un drame indicible. À la faveur d’un déménagement ordinaire, voilà une journaliste américaine et une petit fille juive indéfectiblement liées.

    Tatiana de Rosnay, Pascal Bresson et Horne, Elle s’appelait Sarah
    éd. Marabulles, 2018, 207 p.

    http://www.tatianaderosnay.com
    https://pascalbressonbd.weebly.com

    Voir aussi : "Tatiana de Rosnay, son œuvre" 
    "Je viendrai te chercher"

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