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  • Déjà 6 ans

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    Bla Bla Blog fête aujourd'hui ses 6 ans. 

    6 ans de chroniques contre vents et marées, avec des découvertes, des coups de coeur, des surprises et beaucoup de talents. 

    En cette période estivale, Bla Bla Blog prépare déjà ses prochaines chroniques : outre la reprise du hors-série sur David Foenkinos, je vous parlerai du nouveau roman de Céline Garneri (Furtiva Lagrima), de la formidable série Babylon Berlin et de deux découvertes musicales (Big Funk Brass et The HeadShakers). Je vous inviterai aussi à vous replonger dans un album de reprises pop-rock de Gainsbourg, sorti en 2006 et qui reparaît cette année.

    Et bien d'autres surprises en vue...

    Merci pour votre fidélité. 

    Photo : Miguel Á. Padriñán - Pexels.com

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  • RIP URSS

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    En 2005, Poutine annonçait que la chute de le l’URSS avait été la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle. On peut être, comme Christian Mégrelis, sceptique sur ce jugement. Il n’en reste pas moins vrai que la fin de l’Union soviétique au début des années 90 ne s’est pas accompagnée de "gigantesques holocaustes" ni d’un chaos meurtrier : l’empire le plus vaste de l’histoire couvrant 15% des terres émergées (45 fois la France) a sombré "sans qu’un seul coup de feu ait été tiré." Mais non sans mal, comme nous l’explique l’écrivain et ancien businessman.

    Pour conter ce virage géopolitique autant qu’idéologique, Christian Mégrelis a fait le choix de chroniques, de témoignages (ces "choses vues" du sous-titre), d’articles (les "intermèdes") et même d’une correspondance privée, avec cependant des lacunes, notamment sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, d’étonnants clashs ("Chirac et Mitterrand, vieux complices qui avaient franchi ensemble les marches du pouvoir en éliminant les plus compétents") ou des raccourcis critiquables ("[03/10/90] : Anschluss de la RDA par la RFA").

    Ce mélange classé par ordre chronologique constitue le récit plus vrai que nature de Naufrage de l'Union soviétique (Transcontinentale d'éditions) par un homme, amoureux de la Russie, qui se trouvait au bon endroit au bon moment, comme il le dit lui-même. Cet homme d’affaire français au CV long comme le bras commence la première partie de son livre ("Le voyage") par nous faire entrer dans ce qu’il appelle le "barnum", chargé dès 1989 de convertir en profondeur l’Union soviétique à l’économie occidentale et à la privatisation de pans entiers d’un pays moribond.

    La Perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev (qui est cette réforme socialiste de l’URSS) a rapidement son pendant économique : le fameux "Plan des 500 jours", auquel a participé Christian Mégrelis et qui a été accepté en août 1990 non sans difficulté par le parti communiste de l’époque : moins d’un an après la chute du Mur de Berlin, on acte donc dans l’empire soviétique le retour au capitalisme et une assistance technique européenne, qui va rapidement se transformer en une version "hard" téléguidée par les États-Unis et par un véritable apprenti-sorcier économique, Jeffrey Sachs.

    La suite, c’est un désastre à l’échelle d’un continent ("Tout le monde avait oublié le plan des 500 jours !") : le coup d’État manqué d’apparatchiks communistes à l’été 1991, l’arrivée au pouvoir de Boris Eltsine, la réforme ambitieuse de "l’économie soviétique en 500 jours" qui se transforme en dépravation à grande échelle et le règne des oligarques (Roman Abramovitch ou Mikhaïl Khodorkovski), mais aussi la pléthore de profiteurs prenant à leur compte la privatisation de pans entiers de l’économie du pays.

    Période grise

    Le rappel de cette période grise est l’occasion pour l’ancien homme d’affaire de brosser une histoire de la Russie mais aussi de la longue période communiste, "Aujourd’hui, les Russes sont unanimes pour dire que le communisme a été la pire imposture du XXe siècle." Christian Mégrelis en parle grâce au récit de ses voyages comme dans ces portraits hallucinants de hiérarques communistes se débattant dans une URSS crépusculaire dont ils sentent la fin. L’auteur se fait cinglant lorsqu’il parle de la manière dont le régime communiste a pu exister ("La grande illusion") et se construire grâce au Goulag et à ce qu’il convient de nommer "l’esclavagisme" à grande échelle. Sans parler des absurdités d’un régime que l’auteur décrit avec une ironie cinglante lorsqu’il décrit une série de voyages en Sibérie à Saint-Pétersbourg, dans l’Oural ("L’URSS construisait des routes pour les interdire au trafic…") ou dans ces anciennes républiques soviétiques se battant pour exister à l’ombre de la Russie.

    Plus que des récits de voyages ou d’expériences, Le Naufrage de l'Union soviétique peut se lire comme un plaidoyer pour une Russie que l’auteur appelle à respecter. Et le lecteur sera sans doute surpris de lire une défense plutôt rare de Vladimir Poutine : "Le premier dirigeant russe à se préoccuper du bien-être de ses concitoyens et du partage des fruits de la croissance depuis Alexandre II", après une présidence de Boris Eltsine jugée inapte. Christian Mégrelis rappelle qu’à contre-courant des démocraties occidentales, le pouvoir est jugé de manière plutôt positive par l’ensemble des citoyens, mais très sévèrement par les hommes et les femmes d’affaire, ce qui pose bien sûr des problèmes d’investissement dans le pays et de confiance dans son économie.
    Le Naufrage de l'Union soviétique fait partie de ces documents bruts d’un témoin et acteur de l’ombre qui est aussi un message en direction de la France et des Français, afin que la Russie ne serve plus de "punching-ball", malgré ses faiblesses. Respect donc : l’URSS est morte, vive la Russie !

    Christian Mégrelis, Le Naufrage de l'Union soviétique : Choses vues,
    éd. Transcontinentale d'éditions, 2020, 261 p.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_M%C3%A9grelis

    Voir aussi : "Tintin, back in the USSR"

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  • On est sérieux quand on n’a pas 17 ans

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    L’école marseillaise du rap commence à être connue, moins celle de l’électro. Elle est pourtant très active : pour preuve, cette chronique sur Benjamin Schmit, jeune DJ de 16 ans, bien décidé à faire sa place sur cette scène exigeante.

    Le remix du titre Uptown Funk s’inscrit dans la veine french touch, avec ce qu’il faut de sophistication et de trouvailles sonores pour un morceau dansant, à la fois funk, house et électro : "Faire danser les gens, c’est avant tout les réunir et les voir sourire", commente ainsi le jeune musicien, biberonné aussi bien aux tubes de Céline Dion ou Boney M qu’aux artistes plus de sa génération – Dua Lipa, Lil Nas X ou The Week-end. Sans oublier le producteur, musicien et DJ Mark Ronson, auteur avec Bruno Mars d'Uptown Funk.

    C’est par la pratique du violon à l’école Suzuki que Ben a perfectionné son oreille et appris l’exigence en même temps que le souci de la perfection et du détail. "Un accord raté au violon, c’est comme une transition foireuse lors d’un set", glisse,amusé, le jeune DJ. Ses références sont Kung’s (c’est un voisin : il est aixois !), Martin Garrix, Mozambo, CamelPhat et bien sûr Calvin Harris et David Guetta – mais ça, on s’en doutait un peu...

    En parallèle de ses études économiques et scientifiques dans un lycée phocéen et des cours d’arts martiaux, Ben passe une bonne partie de ses soirées à composer des morceaux qu’il teste lorsqu’il mixe dans les événements privés qui deviennent de plus en plus nombreux au fil d’une réputation qui grandit, dans un Marseille pour qui la fête fait figure de religion.

    Son titre Uptown Funk, disponible sur Soundcloud, donne un bel aperçu du talent d’un DJ qui a déjà choisi sa voie. Une sacrée révélation.

    Benjamin Schmit, Uptown Funk Ben Remix, 2020
    https://soundcloud.com/user-585051964/uptown-funk-ben-remix

    Voir aussi : "Dua Lipa, au pop de sa forme"

    Photo : Benjamin Schmit

    benjamin schmit,dj,électro,marseille,house,funk

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  • En tongs avec Platon

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    Pour ne pas bronzer idiot, Hélène Soumet propose cet été une biographie passionnante autant qu’intelligente sur Platon (Platon à la Plage, éd. Dunod).

    Une biographie sur Platon : le concept est à la fois pertinent et d’une sacrée audace, tant la vie du philosophe athénien est aussi obscure que ses concepts restent encore aujourd’hui lumineux.

    Hélène Soumet allait-elle nous laisser une biographie parsemée de trous et faire de cet essai une nouvelle synthèse sur ses concepts ? Il n’en est rien. Car, tout en assumant les lacunes de l’historiographie, à commencer par ses dates de naissance et de mort, l’auteure nous fait entrer dans la vie de cet Athénien exceptionnel, né entre -428 et -422 et mort en 347 avant J.C. Ses premières années servent à Hélène Soumet à faire un tableau social de la démocratie grecque, affaiblie depuis la mort de Périclés, peu de temps avant la naissance du "divin Platon."

    Le futur philosophe, prénommé Aristoclès, reçoit une éducation "presque parfaite" pour un jeune aristocrate, comme l’écrit Hélène Soumet. La cité athénienne est traversée de soubresauts, en conflit avec Sparte, mais c’est la rencontre avec Socrate qui scelle définitivement le destin du jeune Platon, qui s’imagine à l'époque athlète et poète. Il est bien loin en tout cas, nous rappelle l’auteure, de cette image d’intellectuel rêveur et hors du monde. La rencontre avec "le marginal de génie" qu’est Socrate est décisive pour Platon. Son œuvre sera toute entière consacrée à cet homme ("la raie torpille") : si la maïeutique, l’art d’accoucher les esprits, l’ironie socratique et sa condamnation à mort pour "perversion de la jeunesse" sont connus c’est grâce aux dialogues, ouvrages fondamentaux dans l’histoire de la philosophie. À ce sujet, un chapitre entier est à consacré au Banquet de Platon.

    Grand voyageur devant l’éternel

    Platon à la Plage devient tout simplement captivant lorsque précisément à la mort de son maître il choisit de voyager dans le bassin méditerranéen, afin de confronter la philosophie et sa vision de la politique (le "philosophe roi") avec le monde dit "réel" : l’Égypte, Cyrènes (dans l’actuelle Libye), Crotone, Syracuse (par trois fois) : Platon est bien un philosophe universel, grand voyageur devant l’éternel, ayant eu à corps d’éduquer les hommes d’État, y compris des tyrans.

    Les dernières années de sa vie sont consacrées à son école, l’Académie, et c’est pendant cette période qu’il rencontre un autre penseur capital : Aristote, jeune homme exubérant, zozotant (sic), mais surtout douée d’une exceptionnelle qualité de raisonnement.

    Hélène Soumet ponctue sa biographie vivante et illustrée de passages sur les concepts platoniciens qui ont contribuer à modeler l’histoire universelle de la pensée : les Idées, le Bien, les concepts sur la République, la démocratie ou la justice, les critiques du sophisme ou la recherche de la vérité. On est cependant moins dans un ouvrage didactique que dans une biographie pouvant se lire les doigts de pied en éventail, sur la plage, avec Platon donc.

    Hélène Soumet, Platon à la Plage : L'Invention de la Philosophie dans un Transat,
    éd. Dunod, 2020, 240 p.

    https://helene-soumet.fr

    Voir aussi : "Gros big up pour Clémence Pouletty"

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  • Énervée, mal élevée et engagée

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    Faire du rock engagé n’a rien de vraiment évident. Celui d’Ambre, aux manettes de son premier EP, Sale temps sale futur, a à la fois la franchise des artistes indépendants et le sérieux des productions personnelles qui n’entendent pas oublier la qualité artistique sous prétexte de messages imparables.

    Et ces messages sont dits et chantés avec une belle audace, pour ne pas dire de la rugosité : le féminisme (Je biaise si), le patriarcat (À Troyes), l'environnement (Sale temps sale futur, qui don,ne le titre à l'opus) ou la sexualité (Backchich).

    Le talent et la puissance, Ambre en a, et elle mérite de figurer parmi les artistes à suivre.

    Ambre, Sale temps sale futur, 2019
    https://imusiciandigital.lnk.to/2vumj

    Voir aussi : "Qu’est-ce que Carole Pelé a à nous raconter ?"

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  • Une histoire de Spam

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    L’‎Œil du frigo a dans la ligne de mire Clint Eastwood. Par contre, il ne s'agit ni de son film le plus connu ni d'une de ses propre réalisations. Cependant, Une nouvelle Chance rassemble du beau monde : Amy Adams, Justin Timberlake, John Goodman, Matthew Lillard, Robert Patrick et bien sûr Clint Eastwood, dans le rôle d'un découvreur de talents vieillissant. C'est l'occasion de voir ou revoir un de ses films boudés. Voyons donc ce que ce frigo a dans le ventre, car Clint et les frigos c'est une grande histoire d'amour. Si, si. 

    Hello, alors aujourd'hui nous avons du lourd, du pesant, de l'historique, de la classe, bref tout un frigo! Le grand Clint se penche sur notre univers et il n'y va pas de main morte. Merci Clint , t'es le meilleur.

    Le film parle du déclin pendant la vieillesse et de la filiation avec sa fille, comme souvent chez Clint. Il y a toujours une tendresse particulière avec cette filiation qui l'obsède et le poursuit de film en film. Mais, en plus, Clint a une véritable passion pour les frigos. Il y en a souvent dans ses films (j'en ai quelques uns en réserve...).

    Ici, Clint se penche dans son vieux frigo et passe de son mètre 95 à un un mètre 50 pour découvrir que son frigo est vide. Soyons clair : c'est le matin, Clint n'y voit plus très clair avec cette vieillesse que le talonne et il ne fait plus les courses (encore un frigo maltraité). Par contre, comme dans sa jeunesse, il a au frais et pour son petit déjeuner une boite de SPAM. Et là, on rentre dans la quatrième dimension. Tout le monde, en voyant cette boite de SPAM seule, à moitié vide, recouverte d'un papier alu et servant de petit déjeuner, se dit : "Tiens, ça porte le même nom que nos spams", non-comestibles et que nous recevons par milliers !

    Votre instinct, amis du frigo, est le bon.

    Après quelques recherches subtiles dans le monde de la toile, où il y a plus de fêlés que de frigos, on apprend que ces boites de spam ( SPiced hAM) sont constituées de jambon et d'épaule de porc. Paraît que certains coins planétaires en raffolent. Alors, comment me direz vous, est-on passé de cette boite de viande immonde au SPAM de Clint ? Ma théorie tient dans le compartiment à beurre d'un frigo. Les Monty Python, dans un sketch de pur délire, ont mis en scène le SPAM comme si on devait penser, respirer, vivre SPAM tout le temps... Ce sketch des années 70 a été repris pour nommer les courriers indésirables que nous recevons dans nos boites mail, ce qui a le don de nous énerver, et encore plus Clint ! Du coup, il fait passer un message : "Arrêter de m'envoyer des SPAMS où je les mets au frigo entourés d'alu !" Après ce film, on a pu noter la baisse de spams dans l'univers frigoristique du cinéma eastwoodien !

    A noter quand même qu'il y a deux canettes de bière prêtes à accompagner le SPAM, des fois qu'il serait trop sec au petit dej, et une boite de sardines ouverte qui doit jouer son rôle de désodorisant pour réfrigérateur, histoire que ça sente le frais ! La porte est bien achalandée avec des sauces et du lait, voire quelques bouteilles qui prennent l'air de la sardine!

    Merci, Clint, pour cette leçon d'histoire sur ces boites qui ont rempli les estomacs des soldats (avec sa sœur, le corned beef) : certainement un petit clin d’œil pour le personnage attachant de ce film qui a certainement fait la guerre...

    Un film que je recommande à voir lors d'une longue soirée normande avec un frigo plein !

    ODF

    Une nouvelle chance, drame américain de Robert Lorenz
    avec Clint Eastwood, Amy Adams, Justin Timberlake, Matthew Lillard, John Goodman
    et Scott Eastwood
    2012, 111 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Nouvelle chance frigo"
     

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