Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • À très vite sur Bla Bla Blog

    Bla Bla Blog prend quelques jours de vacances, avant de revenir vous blablater de nouveautés et de découvertes : livres, musiques, séries, expos... Il y en aura pour tous les goûts. 

    À bientôt !

    Photo : Fabio Partenheimer - Pexels.com

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • Vite, un abri côtier

    Au moment de vous donner l’adresse de l’une des plus fameuses crêperies de Concarneau, Côté Mer, il faut que je vous précise tout de suite qu’il va falloir prévoir une réservation, afin de ne pas goûter à la frustration de ce couple entendu il y a quelques années : "Mais madame, on vient tout droit de Pont-L'Abbé…" Ne passons pas sous silence ce restaurant situé sur la corniche concarnoise, presque en face du Quai Nul. Au passage, demandez donc aux petits vieux de vous raconter l’histoire de cette construction aussi inutile que célèbre.

    Bref, je vous livre bien volontiers l’adresse de cette crêperie qui peut s’enorgueillir d’un bouche à oreille flatteur. Vous me direz : rien d’original qu’une crêperie en Bretagne, beaucoup moins en tout cas que l’un des plus fameux fast-food de Bretagne, à deux pas de la côte lui aussi, le B-29, dont je vous avais parlé sur Bla Bla Blog.

    C’est un peu oublié aussi qu’il n’y a rien de plus casse-gueule que les classiques, et qu’il faut un sacré supplément d’âme pour parvenir à se maintenir au-dessus des vagues. Côté Mer a réussi à se faire sa place grâce à une cuisine, simple, efficace mais aussi ce je ne sais quoi de trouvailles.

    Passons sous silence les sempiternelles galettes complètes, aux œufs, à la tomate ou au fromage. Les spécialités de Côté Mer ce sont ces recettes qui nous font sentir tout de suite sur la côte, protégé des embruns dans un restaurant simple, décoré avec goût (il n’est pas rare que les tableaux accrochés soient mis en vente), avec un service efficace et chaleureux.

    Côté carte, je vous encourage à essayer "La Concarnoise", galette dont le thon est cuisiné avec excellence. Autre proposition : "L’Art des choix", lard et pruneau. Inoubliable.

    En dessert, ne passez surtout pas à côté du bien nommé "Abri côtier", une crêpe dont l’alliance œufs et abricots fait merveille. Côté boisson, le whisky breton Eddu est prescrit, tout comme le cidre traditionnel brut Kerné. Le tout à consommer avec modération.

    Crêperie Côté Mer
    2 Boulevard Bougainville, 29900 Concarneau
    Téléphone : 02 56 10 50 26
    https://creperie-cote-mer.business.site
    https://www.facebook.com/creperiecotemer

    Voir aussi : "Bombardement de saveurs au B-29"

    restaurant,crêperie,concarneau,finistère,bretagne,crêpes,galettes

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • Déjà 6 ans

    Bla Bla Blog fête aujourd'hui ses 6 ans. 

    6 ans de chroniques contre vents et marées, avec des découvertes, des coups de coeur, des surprises et beaucoup de talents. 

    En cette période estivale, Bla Bla Blog prépare déjà ses prochaines chroniques : outre la reprise du hors-série sur David Foenkinos, je vous parlerai du nouveau roman de Céline Garneri (Furtiva Lagrima), de la formidable série Babylon Berlin et de deux découvertes musicales (Big Funk Brass et The HeadShakers). Je vous inviterai aussi à vous replonger dans un album de reprises pop-rock de Gainsbourg, sorti en 2006 et qui reparaît cette année.

    Et bien d'autres surprises en vue...

    Merci pour votre fidélité. 

    Photo : Miguel Á. Padriñán - Pexels.com

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • RIP URSS

    En 2005, Poutine annonçait que la chute de le l’URSS avait été la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle. On peut être, comme Christian Mégrelis, sceptique sur ce jugement. Il n’en reste pas moins vrai que la fin de l’Union soviétique au début des années 90 ne s’est pas accompagnée de "gigantesques holocaustes" ni d’un chaos meurtrier : l’empire le plus vaste de l’histoire couvrant 15% des terres émergées (45 fois la France) a sombré "sans qu’un seul coup de feu ait été tiré." Mais non sans mal, comme nous l’explique l’écrivain et ancien businessman.

    Pour conter ce virage géopolitique autant qu’idéologique, Christian Mégrelis a fait le choix de chroniques, de témoignages (ces "choses vues" du sous-titre), d’articles (les "intermèdes") et même d’une correspondance privée, avec cependant des lacunes, notamment sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, d’étonnants clashs ("Chirac et Mitterrand, vieux complices qui avaient franchi ensemble les marches du pouvoir en éliminant les plus compétents") ou des raccourcis critiquables ("[03/10/90] : Anschluss de la RDA par la RFA").

    Ce mélange classé par ordre chronologique constitue le récit plus vrai que nature de Naufrage de l'Union soviétique (Transcontinentale d'éditions) par un homme, amoureux de la Russie, qui se trouvait au bon endroit au bon moment, comme il le dit lui-même. Cet homme d’affaire français au CV long comme le bras commence la première partie de son livre ("Le voyage") par nous faire entrer dans ce qu’il appelle le "barnum", chargé dès 1989 de convertir en profondeur l’Union soviétique à l’économie occidentale et à la privatisation de pans entiers d’un pays moribond.

    La Perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev (qui est cette réforme socialiste de l’URSS) a rapidement son pendant économique : le fameux "Plan des 500 jours", auquel a participé Christian Mégrelis et qui a été accepté en août 1990 non sans difficulté par le parti communiste de l’époque : moins d’un an après la chute du Mur de Berlin, on acte donc dans l’empire soviétique le retour au capitalisme et une assistance technique européenne, qui va rapidement se transformer en une version "hard" téléguidée par les États-Unis et par un véritable apprenti-sorcier économique, Jeffrey Sachs.

    La suite, c’est un désastre à l’échelle d’un continent ("Tout le monde avait oublié le plan des 500 jours !") : le coup d’État manqué d’apparatchiks communistes à l’été 1991, l’arrivée au pouvoir de Boris Eltsine, la réforme ambitieuse de "l’économie soviétique en 500 jours" qui se transforme en dépravation à grande échelle et le règne des oligarques (Roman Abramovitch ou Mikhaïl Khodorkovski), mais aussi la pléthore de profiteurs prenant à leur compte la privatisation de pans entiers de l’économie du pays.

    Période grise

    Le rappel de cette période grise est l’occasion pour l’ancien homme d’affaire de brosser une histoire de la Russie mais aussi de la longue période communiste, "Aujourd’hui, les Russes sont unanimes pour dire que le communisme a été la pire imposture du XXe siècle." Christian Mégrelis en parle grâce au récit de ses voyages comme dans ces portraits hallucinants de hiérarques communistes se débattant dans une URSS crépusculaire dont ils sentent la fin. L’auteur se fait cinglant lorsqu’il parle de la manière dont le régime communiste a pu exister ("La grande illusion") et se construire grâce au Goulag et à ce qu’il convient de nommer "l’esclavagisme" à grande échelle. Sans parler des absurdités d’un régime que l’auteur décrit avec une ironie cinglante lorsqu’il décrit une série de voyages en Sibérie à Saint-Pétersbourg, dans l’Oural ("L’URSS construisait des routes pour les interdire au trafic…") ou dans ces anciennes républiques soviétiques se battant pour exister à l’ombre de la Russie.

    Plus que des récits de voyages ou d’expériences, Le Naufrage de l'Union soviétique peut se lire comme un plaidoyer pour une Russie que l’auteur appelle à respecter. Et le lecteur sera sans doute surpris de lire une défense plutôt rare de Vladimir Poutine : "Le premier dirigeant russe à se préoccuper du bien-être de ses concitoyens et du partage des fruits de la croissance depuis Alexandre II", après une présidence de Boris Eltsine jugée inapte. Christian Mégrelis rappelle qu’à contre-courant des démocraties occidentales, le pouvoir est jugé de manière plutôt positive par l’ensemble des citoyens, mais très sévèrement par les hommes et les femmes d’affaire, ce qui pose bien sûr des problèmes d’investissement dans le pays et de confiance dans son économie.
    Le Naufrage de l'Union soviétique fait partie de ces documents bruts d’un témoin et acteur de l’ombre qui est aussi un message en direction de la France et des Français, afin que la Russie ne serve plus de "punching-ball", malgré ses faiblesses. Respect donc : l’URSS est morte, vive la Russie !

    Christian Mégrelis, Le Naufrage de l'Union soviétique : Choses vues,
    éd. Transcontinentale d'éditions, 2020, 261 p.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_M%C3%A9grelis

    Voir aussi : "Tintin, back in the USSR"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • On est sérieux quand on n’a pas 17 ans

    L’école marseillaise du rap commence à être connue, moins celle de l’électro. Elle est pourtant très active : pour preuve, cette chronique sur Benjamin Schmit, jeune DJ de 16 ans, bien décidé à faire sa place sur cette scène exigeante.

    Le remix du titre Uptown Funk s’inscrit dans la veine french touch, avec ce qu’il faut de sophistication et de trouvailles sonores pour un morceau dansant, à la fois funk, house et électro : "Faire danser les gens, c’est avant tout les réunir et les voir sourire", commente ainsi le jeune musicien, biberonné aussi bien aux tubes de Céline Dion ou Boney M qu’aux artistes plus de sa génération – Dua Lipa, Lil Nas X ou The Week-end. Sans oublier le producteur, musicien et DJ Mark Ronson, auteur avec Bruno Mars d'Uptown Funk.

    C’est par la pratique du violon à l’école Suzuki que Ben a perfectionné son oreille et appris l’exigence en même temps que le souci de la perfection et du détail. "Un accord raté au violon, c’est comme une transition foireuse lors d’un set", glisse,amusé, le jeune DJ. Ses références sont Kung’s (c’est un voisin : il est aixois !), Martin Garrix, Mozambo, CamelPhat et bien sûr Calvin Harris et David Guetta – mais ça, on s’en doutait un peu...

    En parallèle de ses études économiques et scientifiques dans un lycée phocéen et des cours d’arts martiaux, Ben passe une bonne partie de ses soirées à composer des morceaux qu’il teste lorsqu’il mixe dans les événements privés qui deviennent de plus en plus nombreux au fil d’une réputation qui grandit, dans un Marseille pour qui la fête fait figure de religion.

    Son titre Uptown Funk, disponible sur Soundcloud, donne un bel aperçu du talent d’un DJ qui a déjà choisi sa voie. Une sacrée révélation.

    Benjamin Schmit, Uptown Funk Ben Remix, 2020
    https://soundcloud.com/user-585051964/uptown-funk-ben-remix

    Voir aussi : "Dua Lipa, au pop de sa forme"

    Photo : Benjamin Schmit

    benjamin schmit,dj,électro,marseille,house,funk

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • En tongs avec Platon

    Pour ne pas bronzer idiot, Hélène Soumet propose cet été une biographie passionnante autant qu’intelligente sur Platon (Platon à la Plage, éd. Dunod).

    Une biographie sur Platon : le concept est à la fois pertinent et d’une sacrée audace, tant la vie du philosophe athénien est aussi obscure que ses concepts restent encore aujourd’hui lumineux.

    Hélène Soumet allait-elle nous laisser une biographie parsemée de trous et faire de cet essai une nouvelle synthèse sur ses concepts ? Il n’en est rien. Car, tout en assumant les lacunes de l’historiographie, à commencer par ses dates de naissance et de mort, l’auteure nous fait entrer dans la vie de cet Athénien exceptionnel, né entre -428 et -422 et mort en 347 avant J.C. Ses premières années servent à Hélène Soumet à faire un tableau social de la démocratie grecque, affaiblie depuis la mort de Périclés, peu de temps avant la naissance du "divin Platon."

    Le futur philosophe, prénommé Aristoclès, reçoit une éducation "presque parfaite" pour un jeune aristocrate, comme l’écrit Hélène Soumet. La cité athénienne est traversée de soubresauts, en conflit avec Sparte, mais c’est la rencontre avec Socrate qui scelle définitivement le destin du jeune Platon, qui s’imagine à l'époque athlète et poète. Il est bien loin en tout cas, nous rappelle l’auteure, de cette image d’intellectuel rêveur et hors du monde. La rencontre avec "le marginal de génie" qu’est Socrate est décisive pour Platon. Son œuvre sera toute entière consacrée à cet homme ("la raie torpille") : si la maïeutique, l’art d’accoucher les esprits, l’ironie socratique et sa condamnation à mort pour "perversion de la jeunesse" sont connus c’est grâce aux dialogues, ouvrages fondamentaux dans l’histoire de la philosophie. À ce sujet, un chapitre entier est à consacré au Banquet de Platon.

    Grand voyageur devant l’éternel

    Platon à la Plage devient tout simplement captivant lorsque précisément à la mort de son maître il choisit de voyager dans le bassin méditerranéen, afin de confronter la philosophie et sa vision de la politique (le "philosophe roi") avec le monde dit "réel" : l’Égypte, Cyrènes (dans l’actuelle Libye), Crotone, Syracuse (par trois fois) : Platon est bien un philosophe universel, grand voyageur devant l’éternel, ayant eu à corps d’éduquer les hommes d’État, y compris des tyrans.

    Les dernières années de sa vie sont consacrées à son école, l’Académie, et c’est pendant cette période qu’il rencontre un autre penseur capital : Aristote, jeune homme exubérant, zozotant (sic), mais surtout douée d’une exceptionnelle qualité de raisonnement.

    Hélène Soumet ponctue sa biographie vivante et illustrée de passages sur les concepts platoniciens qui ont contribuer à modeler l’histoire universelle de la pensée : les Idées, le Bien, les concepts sur la République, la démocratie ou la justice, les critiques du sophisme ou la recherche de la vérité. On est cependant moins dans un ouvrage didactique que dans une biographie pouvant se lire les doigts de pied en éventail, sur la plage, avec Platon donc.

    Hélène Soumet, Platon à la Plage : L'Invention de la Philosophie dans un Transat,
    éd. Dunod, 2020, 240 p.

    https://helene-soumet.fr

    Voir aussi : "Gros big up pour Clémence Pouletty"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • Énervée, mal élevée et engagée

    Faire du rock engagé n’a rien de vraiment évident. Celui d’Ambre, aux manettes de son premier EP, Sale temps sale futur, a à la fois la franchise des artistes indépendants et le sérieux des productions personnelles qui n’entendent pas oublier la qualité artistique sous prétexte de messages imparables.

    Et ces messages sont dits et chantés avec une belle audace, pour ne pas dire de la rugosité : le féminisme (Je biaise si), le patriarcat (À Troyes), l'environnement (Sale temps sale futur, qui don,ne le titre à l'opus) ou la sexualité (Backchich).

    Le talent et la puissance, Ambre en a, et elle mérite de figurer parmi les artistes à suivre.

    Ambre, Sale temps sale futur, 2019
    https://imusiciandigital.lnk.to/2vumj

    Voir aussi : "Qu’est-ce que Carole Pelé a à nous raconter ?"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • Une histoire de Spam

    L’‎Œil du frigo a dans la ligne de mire Clint Eastwood. Par contre, il ne s'agit ni de son film le plus connu ni d'une de ses propre réalisations. Cependant, Une nouvelle Chance rassemble du beau monde : Amy Adams, Justin Timberlake, John Goodman, Matthew Lillard, Robert Patrick et bien sûr Clint Eastwood, dans le rôle d'un découvreur de talents vieillissant. C'est l'occasion de voir ou revoir un de ses films boudés. Voyons donc ce que ce frigo a dans le ventre, car Clint et les frigos c'est une grande histoire d'amour. Si, si. 

    Hello, alors aujourd'hui nous avons du lourd, du pesant, de l'historique, de la classe, bref tout un frigo! Le grand Clint se penche sur notre univers et il n'y va pas de main morte. Merci Clint , t'es le meilleur.

    Le film parle du déclin pendant la vieillesse et de la filiation avec sa fille, comme souvent chez Clint. Il y a toujours une tendresse particulière avec cette filiation qui l'obsède et le poursuit de film en film. Mais, en plus, Clint a une véritable passion pour les frigos. Il y en a souvent dans ses films (j'en ai quelques uns en réserve...).

    Ici, Clint se penche dans son vieux frigo et passe de son mètre 95 à un un mètre 50 pour découvrir que son frigo est vide. Soyons clair : c'est le matin, Clint n'y voit plus très clair avec cette vieillesse que le talonne et il ne fait plus les courses (encore un frigo maltraité). Par contre, comme dans sa jeunesse, il a au frais et pour son petit déjeuner une boite de SPAM. Et là, on rentre dans la quatrième dimension. Tout le monde, en voyant cette boite de SPAM seule, à moitié vide, recouverte d'un papier alu et servant de petit déjeuner, se dit : "Tiens, ça porte le même nom que nos spams", non-comestibles et que nous recevons par milliers !

    Votre instinct, amis du frigo, est le bon.

    Après quelques recherches subtiles dans le monde de la toile, où il y a plus de fêlés que de frigos, on apprend que ces boites de spam ( SPiced hAM) sont constituées de jambon et d'épaule de porc. Paraît que certains coins planétaires en raffolent. Alors, comment me direz vous, est-on passé de cette boite de viande immonde au SPAM de Clint ? Ma théorie tient dans le compartiment à beurre d'un frigo. Les Monty Python, dans un sketch de pur délire, ont mis en scène le SPAM comme si on devait penser, respirer, vivre SPAM tout le temps... Ce sketch des années 70 a été repris pour nommer les courriers indésirables que nous recevons dans nos boites mail, ce qui a le don de nous énerver, et encore plus Clint ! Du coup, il fait passer un message : "Arrêter de m'envoyer des SPAMS où je les mets au frigo entourés d'alu !" Après ce film, on a pu noter la baisse de spams dans l'univers frigoristique du cinéma eastwoodien !

    A noter quand même qu'il y a deux canettes de bière prêtes à accompagner le SPAM, des fois qu'il serait trop sec au petit dej, et une boite de sardines ouverte qui doit jouer son rôle de désodorisant pour réfrigérateur, histoire que ça sente le frais ! La porte est bien achalandée avec des sauces et du lait, voire quelques bouteilles qui prennent l'air de la sardine!

    Merci, Clint, pour cette leçon d'histoire sur ces boites qui ont rempli les estomacs des soldats (avec sa sœur, le corned beef) : certainement un petit clin d’œil pour le personnage attachant de ce film qui a certainement fait la guerre...

    Un film que je recommande à voir lors d'une longue soirée normande avec un frigo plein !

    ODF

    Une nouvelle chance, drame américain de Robert Lorenz
    avec Clint Eastwood, Amy Adams, Justin Timberlake, Matthew Lillard, John Goodman
    et Scott Eastwood
    2012, 111 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Nouvelle chance frigo"
     

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • Tarzan par Russ Manning

    Dans l’histoire de la bande dessinée, Tarzan, devenu également dans les années 30 un mythe du cinéma grâce à Johnny Weissmuller, est une véritable icône, souvent imitée mais jamais égalée, même si son aura a faibli ces dernières années. Cela dit, une question pertinente peut être posée : qui a jamais lu une des nombreuses aventures de Tarzan en bande dessinée ?

    Les éditions Graph Zeppelin proposent de revenir aux sources mêmes de l’homme-singe, grâce à la réédition de l’intégrale de ses récits en comic-strips (Edgar Rice Burroughs & Russ Manning, Tarzan, l’Intégrale, Volume 4 : 1974-1979, éd. Graph Zeppelin). Ce quatrième et somptueux volume propose les exploits de Tarzan et de son fils Korak par le scénariste et dessinateur Russ Manning, chargé de faire revivre de 1974 à 1979 le héros créé par Burroughs, décédé il y a tout juste 40 ans.

    Il faut lire la préface de Henry H. Franke III pour se rendre compte du défi qu’a demandé la création de strips quotidiens, à quoi se sont ajoutées pour le dessinateur des planches dominicales pour une autre saga légendaire, Star Wars. "[Aucun] autre strip d’aventures n’a suscité autant d’attention et de respect que mes strips de Tarzan ; sans parler des revenus de leurs réimpressions, qu’en a tirées ERB Inc… Aucun autre strip américain d’aventures n’a autant été réimprimé, sans parler de la fréquence à laquelle cela s’est fait, que Tarzan", a commenté Manning à la fin de sa vie. En vérité, son œuvre reste très lié à la créature de E.R. Burroughs. Décédé en 1981, Russ Manning aura travaillé en tout 12 ans sur Tarzan, jusqu’à la dernière histoire, singulièrement plus légère que les précédentes : Tarzan et les jeux d’Ibizzia. "Tout au long de sa carrière artistique, peu importent les hauts et les bas, Manning fut fasciné par le héros de la jungle créé par Edgar Rice Burroughs – le sang de Tarzan coulait dans les veines de Manning", écrit encore le préfacier.

    Ce quatrième et dernier volume de l’intégrale Tarzan propose neuf histoires qui peuvent être lues en continu, tel un véritable feuilleton populaire, ponctué de rebondissements incessants (à l’exemple du récit nerveux, Tarzan et la révolution de la jungle). Parce qu’il fallait ne pas perdre en route les lecteurs de l'époque, les aventures de Tarzan, de Jane et de de Korak ont moins été conçues comme des histoires séparées (si l’on excepte toutefois la première aventure, intrigante, Tarzan retourne à Castra Sanguinarius), que comme un récit unique se déployant librement au gré de l’imagination de Manning.

    Pin-ups glamours catapultées au cœur de la jungle

    Héros légendaire et intemporel, Tarzan n’en est pas moins, dans ce volume, un personnage inscrit dans une période précise, celle du milieu des années 70, avec des préoccupations et des messages modernes pour l’époque. Dans Tarzan dans la Vallée des Brumes, l’homme-singe est confronté à une mystérieuse brume lumineuse "qui modifie [les] cerveaux… Les instincts s’effacent..." Un sérieux problème environnemental en quelque sorte... Nkima, la sémillante jeune femme qui lui en parle, tient des propos typiques de ces années beatniks et peace and love  : "Bientôt, la brume lumineuse rayonnera sur le monde. Alors, les soldats et tout ce qu’ils représentent seront aussi obsolètes que les dinosaures !" Dans Tarzan et les émigrants, le récit sur fond d’affrontements entre autochtones et colons délivre un message environnemental, voire pacifiste – mais non teinté de racisme : "Ces fermiers sont des hommes rudes et bornés. Ils sont persuadés d’être dans leur droit pour préserver leurs récoltes ! Ce sera très difficile de les convaincre qu’ils sont dans l’erreur !" Il est encore question d'écologie dans Tarzan et les émigrants.

    Pour Tarzan et les insectes géants d’Opar, Manning propose une histoire trépidante qui mêle aventure, tensions sociales, fantastique et même science-fiction. Science-fiction encore avec Tarzan et la lune morte de Pellucidar, qui est un récit largement inspiré de Jules Verne, avec un voyage au centre de la terre peuplé de créatures extraordinaires ("Hommes-troglodytes de Lohar… Horribs montés sur de grands lézards… Guerriers montés sur de puissants mammouths… Tout cela sous le commandement de Von Horst et Jen-qua Reyna de Sari, juchés sur un Dinosaure !").

    Stylistiquement, Russ Manning respecte les canons d’Edgar Rice Burroughs, grâce à son coup de crayon précis et son sens du cadrage. Une place importante est également donnée aux héroïnes, souvent des pin-ups glamours catapultées au cœur de la jungle : elles s’appellent Luz (Tarzan et la Vallée des brumes), Lela (Korak et le lac sacré de Krackao), la reine Lâ ou la sauvageonne Nettle (Tarzan et les insectes géants d’Opar). Les féministes hurleront en découvrant ces représentations d’une autre époque : les femmes – à l’exception notoire de Jane – sont souvent représentées comme des personnages naïfs et falots, comme l’exprime la bouillante, courageuse et sexy Reyna : "Tu m’as dit que, dans ton étrange contrée, les hommes et les femmes jouent à des jeux excitants dans le noir !… Je savais que ça arriverait… Que Je serai assez bête pour être aussi douce et idiote… Que les autres filles…"

    Dans cette série d’histoires, il convient de s’arrêter sur la toute première, qui est sans doute la plus originale. Dans Tarzan retourne à Castra Sanguinarius, Russ Manning transporte malicieusement le roi de la jungle au cœur de l’empire romain. Le lecteur peut être surpris, tout comme Gino, un compagnon de Tarzan qui vient comme lui du XXe siècle : "J’y crois pas ! Il y a forcément une caméra cachée quelque part ! On tourne un film, n’est-ce pas ?!… Mais ils n’ont pas le droit de nous garder captifs. C’est interdit par la loi !" Tarzan se sortira bien entendu de ce piège spatio-temporel. Comme d’habitude.

    Edgar Rice Burroughs & Russ Manning, Tarzan, l’Intégrale,
    Volume 4 : 1974-1979
    , éd. Graph Zeppelin, 2020, 296 p.

    https://www.facebook.com/GraphZeppelin
    http://tarzan.org

    Voir aussi : "L’expérience Jimi Hendrix en concept album"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • Une autre Amérique

    C’était en 2007. L’écrivain américain Philip Roth décrivait dans Le Complot contre l'Amérique une uchronie. Il imaginait la prise au pouvoir en 1940 de Charles Lindbergh, le héros de la traversée de l’Atlantique (1927). Alors que l’Europe plongeait dans la catastrophe nazie, les États-Unis s’enfermait dans un neutralisme coupable, attisés par des relents d’antisémitisme et de complicité avec l’Allemagne du IIIe Reich.

    The Plot Against America est l’adaptation en mini-série de cette réécriture de l’histoire, sur le modèle du Maître du Haut Château de Philip K. Dick. Que se serait-il passé si, au lieu du deuxième mandat de F.D. Roosevelt, les Américains avaient choisi le "héros de l’Atlantique" et de personnalités respectées, à l’exemple d’Henry Ford ? La question n’a rien d’absurde, tant l’opinion américaine était à l'époque partagée au sujet de l’interventionnisme. Ajoutez à cela la peur du communisme et l’antisémitisme bien présent. Le terme de "complot" prend tout son sens, et le spectateur de 2020 verra dans cette histoire écrite il y a plus de dix ans de troublantes analogies avec les soubresauts du monde moderne : la peur, les "aventuriers"en politique ou les extrémismes de tout bord. Ça ne vous rappelle rien ?

    Uchronie

    Pour cette uchronie dont le récit s’étale sur six épisodes, les showrunners Ed Burns et David Simon font le choix de la fidélité au roman de Philip Roth. Charles Lindbergh est singulièrement peu présent dans la mini-série, ce qui peut être regrettable, car il y avait sans doute matière à booster cette uchronie grâce à l’histoire tragique de l’enlèvement médiatisé de son fils.

    Cette Amérique imaginaire mais plus vraie que nature est vue sous l'angle d'un petit garçon juif, Philip – comme l'auteur. La mini-série HBO reconstitue avec soin l’Amérique des années 40, tout en déployant avec soin une histoire familiale, qui est aussi le récit d’une enfance.

    Y figurent en bonne place les parents de Philip, Alvin (Anthony Boyle) et Elizabeth Levin (Zoe Kazan, formidable). Mais il convient de dire que ce sont deux autres personnages, bien que mis au second plan, qui sont les plus intéressants : John Turturro  dans le rôle du rabbin Lionel Bengelsdorf et Winona Ryder. Cette dernière irradie, fascine et exaspère à chaque plan dans son rôle de compagne admirative et aveuglée d’amour pour cet homme influent d'obédience juive qui a choisi, contre toute attente, le camp de Lindbergh.

    Ces deux protagonistes sont sans doute les deux grands atouts d’une série qui nous interroge – parfois maladroitement et de manière trop appuyée – sur ces complots qui menacent nos démocraties et sur la manière dont un pays peut se déshonorer.

    The Plot Against America, série uchronique américaine d’Ed Burns et David Simon,
    avec Winona Ryder, Zoe Kazan, Morgan Spector,
    John Turturro et Anthony Boyle, saison 1, 6 épisodes, 2020, sur OCS et Canal+

    Philip Roth, Le Complot contre l'Amérique, éd, Gallimard, 2007, 476 p.
    https://www.hbo.com/the-plot-against-america
    https://www.ocs.fr
    https://www.philiprothsociety.org

    Voir aussi : "Matthew Rhys sur les pas de Raymond Burr"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • Billie Eilish est-elle une bad girl ?

    Le 26 janvier dernier, la 62e cérémonie des Grammy Awards récompensait de cinq prix une gamine de 18 ans, moins d’un an après la sortie de son premier album, When We All Fall Asleep, Where Do We Go? : artiste révélation de l’année, chanson de l’année, enregistrement de l’année et meilleure prestation pop solo pour Bad Guy, meilleure album pop et album de l’année pour son premier opus : n'en jetez plus ! Billie Eilish marquait de son empreinte la scène pop-rock, tout en devenant la première star milléniale, puisque la jeune femme est née en Californie le 18 décembre 2001.

    Dans la biographie qu’Adrian Besley consacre à la chanteuse (Billie Eilish, La biographie non officielle, éd. Albin Michel), c’est autant la précocité que l’importance de l’Internet et des réseaux sociaux dans la révélation de cette chanteuse qui frappe les esprits.

    Certes, l’enfance et la famille de Billie Eilish Pirate Baird O’Connell ont une importance capitale dans sa carrière, puisque ses parents sont tous les deux des artistes et que la jeune star travaille étroitement avec son frère Finneas, lui aussi récompensé lors des Grammy Awards (Adrian besley lui consacre un chapitre entier, preuve de son importance). Pour autant, l’auteur insiste sur l’éducation "ordinaire" de Billie Eilish, si l’on oublie toutefois une scolarisation à domicile par un père et une mère, artistes mais modestes.

    Sa précocité ahurissante a été soulignée à de multiples reprises : "Son histoire fait désormais partie de la grande histoire de la pop, et sera répétée un million de fois", avance Adrian Besley, non sans ostentation. À l’âge de 14 ans, suivant les pas de son frère de quatre ans son aîné, Billie Eilish publie sur Soundcloud les morceaux sHE’s brOKen, Fingers Crossed, puis Ocean Eyes. Ils portent déjà l’empreinte de la chanteuse : textes personnels et sombres, rythme électronique, accompagnements minimalistes et voix fragile, presque murmurée. Ocean Eyes se fait remarquer sur les réseaux sociaux et le morceau reçoit en quelques mois un accueil enthousiaste, tant de la part des professionnels que du grand public.

    "Son histoire fait désormais partie de la grande histoire de la pop, et sera répétée un million de fois"

    La suite est un engrenage de concerts électriques, de collaborations artistiques prestigieuses, de clips tous aussi originaux les uns que les autres et d’une ascension irrésistible. Son succès passera par les États-Unis mais surtout, singulièrement, par la Nouvelle Zélande et l’Australie, qui ont accueilli avec enthousiasme ses premiers concerts dès 2017.

    L’ouvrage d’Adrian Besley est évidemment destinée avant tous aux fans de l’artiste américaine, membre emblématique de la génération Z. Adolescente starisée, Billie Eilish apparaît aussi comme une jeune femme n’ayant jamais caché ses fragilités et sa longue période de dépression, tout en assumant pleinement son nouveau statut, grâce à des looks toujours plus extravagants les uns que les autres – une vraie bad girl –, sans oublier ses engagements (le droit des femmes et l’écologie notamment). Adrian Besley ne met pas de côté ses autres passions : la danse, la réalisation de clips, la mode (nous l’avons dit), mais aussi le rap (XXXTentacion, Drake, Mehki Raine), qui continue d’influencer sa musique, avant tout pop (surnommée "gloom pop", "pop dépressive", pour ses détracteurs).

    Un chapitre entier est consacré à l’album phare de sa jeune carrière, When We All Fall Asleep, Where Do We Go?, que le journaliste intitule tout simplement : "Quatorze œuvres d’art" : "une collection soigneusement composée de pistes [titres] qui, si elles fonctionnent indépendamment, s’alimentent les uns des autres pour créer un ensemble harmonieux." Cet opus sera suivi de concerts marquants qui vont finir d’asseoir son statut : "Billie est la nouvelle reine de la pop, mais il lui reste à procéder à son couronnement. Et peut-on rêver mieux pour célébrer sa réussite que Coachella ?" C’est lors de l’édition d’avril 2019 du prestigieux festival américain, au cours de deux soirées, que Billie Eilish finit de s’imposer, avant ses récompenses quelques mois plus tard aux Grammy Awards.

    La biographie d’Adrian Besley a été terminée en mars 2020, alors que le Grand Confinement obligeait à mettre à l’arrêt l’essentiel de sa vie musicale. Il faudra attendre cet automne pour la découvrir finalement dans un autre rôle : celle d’auteure et d’interprète du titre phare du prochain James Bond, Mourir peut attendre. Le plus célèbre des bad boys sera célébré par celle qui les a chantés avec génie, mais qui n’est pas, à coup sûr, une bad girl, elle.

    Adrian Besley, Billie Eilish, La biographie non officielle, éd. Albin Michel, 2020, 245 p.
    https://www.youtube.com/channel
    https://www.albin-michel.fr/ouvrages/billie-eilish-la-biographie-non-officielle

    Voir aussi : "Quatre filles dans le Levant"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • Qu’est-ce que Carole Pelé a à nous raconter ?

    Avant la sortie à l’automne prochain de son premier EP, Carole Pelé commence à déployer son univers musical et artistique résolument urbain.

    Le rap de Carole Pelé est vif, rude et à nu. Elle s’y livre avec sincérité mais sans cette affectation que l’on retrouve parfois trop souvent dans le milieu hip hop.

    Dans son titre R à Raconter, elle s’exprime – non sans un certain paradoxe – sur la difficulté de se livrer musicalement et de sortir de la page blanche et de créations qui ne seraient pas vaines : "J’ai pas de refrain / J’ai rien à vous raconter" chante-t-elle sur un rythme syncopé où les larmes rageuses ne sont jamais loin.

    Carole Pelé est une combattante "compulsive" du mal-être, comme elle le prouve dans Nuit blanche, qui est un monologue contre ces nuits alcoolisées, vaines et dérisoires armes contre la désinhibition et la déprime. La réponse de la chanteuse est cinglante : "Je laisserai cette noire douleur m’atteindre / Maintenant c’est fini !" Combative encore dans Faut que j’te parle, qui est, sous forme de confession intime, une explication franche et tranchante après une rupture douloureuse. 

    L’ancienne étudiante aux beaux-arts ne pouvait pas ne pas faire de sa musique un "art total", mêlant musique, vidéo, stylisme, performance et art plastique (Faut qu'j'te parle). Pour mieux connaître cette rappeuse à découvrir (elle a quand même été programmée en 2019 au Jump ! Guro Festival 2019 en Corée du Sud !), le passage par Soundcloud et son témoignage pour Crealiance est quasi obligatoire !

    À noter que le 5 septembre, prochain, Carole Pelé jouera au festival Essonne en scène par les Francofolies en première partie de Roméo Elvis et Aloïse Sauvage. Et elle dégainera son six titres dans la foulée, à l'automne.

    Carole Pelé, Carole Pelé, EP, 2020
    https://www.facebook.com/carolepelemusique

    Voir aussi : "Eskimo, entre France, Scandinavie et Japon"

    © Alice Mouchard

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • Frigo, toi mon ami

    Yves fait partie des films qu’il fallait absolument chroniquer ici : on ne peut pas ne pas décemment proposer une série sur les frigos au cinéma et oublier cette comédie déjantée sur l’histoire de Jérem, sympathique loser, squattant chez sa grand-mère et devenu possesseur d’un réfrigérateur intelligent. Une acquisition qui lui permet de rencontrer So, enquêtrice et statisticienne de la start-up Digital Cool qui a crée cet appareil. Yves, le nom de ce frigo hyper connecté, va bientôt devenir indispensable au musicien.

    Derrière sa facture inoffensive, le film de Benoît Forgeard est une véritable machine de guerre. Car tel Hal, l’ordinateur intelligent de 2001 : L’Odyssée de l’Espace, évoqué dans le film, Yves se révèle un objet à la fois subversif et plus humain qu’humain : objet emblématique de la société de consommation, il devient aussi aide à tout faire, confident, coach, compositeur, compagnon de soirée, muse pour rappeur en mal d’inspiration, manager mais aussi entremetteur. Car Jérem tombe amoureux de So. Et voilà notre rappeur raté soudain comblé grâce à son meilleur ami, un frigo.

    Pour cette comédie, beaucoup plus drôle que ne le laisse supposer le pitch, Benoît Forgeard met en scène une brochette d’acteurs et d’actrices en parfaite symbiose : William Lebghil en loser magnifique, son amoureuse d’enquêtrice Doria Tillier, et avec en outre les excellents Philippe Katerine, Alka Balbir en guest-stars. Sans oublier un frigo retors, drôle mais aussi singulièrement sexy, interprété par Antoine Gouy pour la voix off.

    Yves, comédie de Benoît Forgeard, avec William Lebghil, Doria Tillier, Philippe Katerine,
    Alka Balbir et Antoine Gouy, 2019, 107 mn, en ce moment sur Canal+
    http://eccefilms.fr/yves

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • Coquette comme Tuck

    Dès les premières notes de Coquette, le dernier EP de Hailey Tuck, la grâce, l’élégance et la magie sont là. Cette découverte promet d’être à marquer d’une pierre blanche, tant la musicienne impressionne par sa simplicité, sa fraîcheur et finalement son audace.

    Avec son look à la Louise Brooks, pas de doute : nous sommes dans les années 20. La musicienne nous entraîne vers un univers mêlant jazz, folk, pop et cabaret, d’une fraîcheur délicieuse et au goût acidulé. Son premier album est composé de reprises de Rufus Wainwright (A Bit Of You), de Kent (Juste quelqu’un de bien), de Peter Sarstedt (Where Do You Go to?), mais surtout de nouveautés (SeaBird, Every Over Night, Every Other Night, Talking Like You).

    Hailey Tuck a produit avec une très grande classe un opus que n’importe qui devrait avoir dans sa discothèque, tant la chanteuse s’impose avec sa voix à la fois mutine et sexy (A Bit Of You), avec ce je ne sais quoi d’esprit français (Where Do You Go to?, Juste quelqu’un de bien), comme le prouve aussi le titre de l’album.

    Un opus que n’importe qui devrait avoir dans sa discothèque

    Disons-le ici : Coquette, ce sont six petits bijoux capables de défier les années par une artiste au caractère d’ores et déjà si affirmé que l’on ne peut qu’attendre le meilleur pour elle (la native d’Austin a d’ailleurs été nominée aux Grammy Awards en 2019 pour son premier album remarqué, Junk).

    Oui, nous avons bien là une œuvre musicale hors du commun, à telle enseigne que lui coller l’étiquette "jazz" paraît bien trop restrictive. Folk (Seabird, Talking Like You), pop (A Bit Of You), ballades (Where Do You Go to?, Every Other Night), et même chanson française (Juste qu’un de bien) ont leur place dans cet EP pluriel mais, au final, très cohérent.

    Pour le public français, il faut signaler que la chanteuse propose au passage une reprise de Juste quelqu’un de bien, dans une version d’une mélancolie déchirante.

    "Je me suis souvent laissée  aller à la rêverie et j’espère que les arrangements apportés et l’ambiance générale de Coquette traduisent cet état" dit Hailey Tuck au sujet de son dernier opus. Elle ajoute ceci : "Je recherche constamment les expériences de ma propre vie, et de celle des autres qui me fascinent, pour créer une histoire, une anecdote amusante, un tableau. J’ai décidé de canaliser tout ceci dans l’écriture, qui pour moi est la seule chose qui m’intimidait, de choisir également les morceaux en fonction des paroles que j’aurais aimé écrire, et enfin dans une perspective, certes ironique,  de faire un album avec un budget illimité !"

    Coquette est l’une des plus belles découvertes de ces derniers mois : qu'on se le dise.

    Hailey Tuck, Coquette, Hailey Tuck Music, 2020
    https://haileytuckmusic.com
    https://smarturl.it/Buy-Listen-Coquette

    Voir aussi : "Chaud, fort et bon"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook

  • L'homme qui murmurait à l'oreille des frigos

    Non, cette chronique de L’‎Œil du frigo ne parle pas du chef d'oeuvre de et avec Robert Redford. L'homme dont on parle ici est Mike Enslin, interprété par John Cusack dans le film d'horreur Chambre 1408. Un film qui n 'est pas sans référence avc Shining, un autre chef d'oeuvre, mais celui-là de Stanley Kubrick. Encore une histoire d'hôtel hanté et d'écrivain en proie aux affres de la création. Avec un frigo, ici, pour protagoniste.

    Eh oui il fallait que ça arrive, voir un homme qui parle à son frigo. L'excellent John Cusack pète une durite dans une chambre hantée et se met à parler au fond du frigo. Il n'y a pas à tortiller : à ce niveau, on peut considérer que le fusible de la réalité a cramé. Bien sûr, en tant qu'écrivain sceptique il s'est dit qu'une nuit dans une chambre "pseudo" hantée c'était un job vite fait et bien rémunéré. Franchement, j'aurais fait pareil et me serais rendu la gueule enfarinée dans une chambre hantée juste histoire de voir.

    A ce stade du film, Mike comprend que son esprit s'évade par le fond du frigo. Ce n'est pas pour rien que le directeur de l'hôtel, l'inquiétant Samuel L Jackson, vient converser en vision subjective avec Mike. C'est assez rare que l'on touche le fond du frigo, généralement on touche le fond de la bouteille ou de la vie. Ouvrir le fond du frigo est une excellente trouvaille pour montrer à quel point John a perdu la tête. La preuve, il réclame à boire alors que la porte du frigo regorge de quelques mini-bouteilles qui peuvent vous terrasser un homme. On y voit même, il me semble - à moins que mon esprit déraille - une bouteille de champagne de la marque Mumm Cordon Rouge, qui pourrait bien servir à fabriquer un verre de Téquilla boum boum, dont les effets en matière de disjonction générale ne sont plus à prouver ! Bref c'était pas le moment de poser une question rhétorique.

    Mais, le sommet, c'est la destruction du frigo, avec cette crise de nerf qui fait sauter chips, cacahuètes et autres saloperies de la mal-bouffe. La caméra est alors repassée du côté du réel alors que John est toujours en lévitation. Du grand art. J'espère qu'ils n'ont pas eu à retourner la scène plusieurs fois. Il est évident qu'une fois de plus je ne peux vous proposer une recette de cuisine, compte-tenu des ingrédients de ce frigo psychologique.

    Le meilleur de la scène réside dans la fermeture de la porte. John reprend ses esprits et il ferme cette voie de délire. C'est simple et efficace. Tout est dans le "fermé de porte du frigo". Ça claque à vous réveiller un mort, ou à vous réveiller d'un cauchemar. Hélas, je soupçonne le frigo d'être dans le coup ! Petit conseil : tentez chez vous plusieurs sortes de fermeture de frigo et vous verrez les réactions de votre entourage. C'est tout un langage frigorifique !

    Bon juste une information si vous hurlez après votre frigo sans aucune raison : j'entends par là, sans qu'aucun de vos ados n'ait renversé la bouteille de lait ou mangé votre plat favori, alors il est temps de consulter !

    A voir sans faute pour quelques frayeurs nocturnes

    ODF

    Chambre 1408, horreur américain de Mikael Håfström
    avec Samuel L. Jackson, John Cusack, Tony Shalhoub et Mary McCormack
    2007, 104 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Chambre 1408 Frigo"
     

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partagez, twittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

    Suivez aussi Arsène K. sur Twitter et Facebook