Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

tamara de lempicka

  • Tatiana de Rosnay, ce sont ses fans qui en parlent le mieux

    Pin it!

    Tatiana de Rosnay est une auteure qui a su fédérer autour d’elle une communauté de fans et d’admirateurs. Pour ce dossier spécial, nous avons choisi d’interroger Mathilde, une de ses nombreuses fans. Pour mieux entrer dans l’univers de Tatiana de Rosnay, nous lui avons posé quelques questions auxquelles elle a bien voulu répondre. Mathilde est également bloggeuse (http://mathytistoire.blogspot.fr) et a été une auteure récemment primée pour un concours de nouvelles organisé par le site Aufeminin.

    Mathilde, bonjour. Merci de répondre à nos questions. Bla Bla Blog a commencé il y a quelques semaines un hors-série spécial sur Tatiana de Rosnay. Qu’en penses-tu ?
    C’est une excellente idée ! J’ai été ravie d’apprendre que Bla Bla Blog se lançait dans cette aventure. Ce blog a décidément bon goût !

    Et toi, quand as-tu découvert Tatiana de Rosnay ?
    Je crois que c’était en mai 2008. Dix ans, déjà ! Et la première rencontre hors des pages, à l’automne 2010, dans une librairie du 7e arrondissement de Paris, à l’occasion de la sortie de l’adaptation d’Elle s’appelait Sarah.

    Quel livre de Tatiana de Rosnay as-tu lu pour la première fois ?
    J’ai découvert Tatiana de Rosnay par La Mémoire des murs. Il m’a été offert pour mon anniversaire. Je ne connaissais pas encore l’auteure. J’aime les livres que l’on vous offre, que l’on a choisi pour vous parmi ceux présents en librairie. Un livre, c’est aussi une rencontre. Je pense que ça en dit beaucoup à la fois sur la personne qui a fait ce choix et aussi sur soi-même. Sans ce cadeau, je me dis que j’aurais peut-être pu passer à côté quoique je pense qu’un tel titre m’aurait un jour ou l’autre interpellée. Qui ne s’est jamais dit : "Ah, si les murs pouvaient parler… ?" Je me souviens l’avoir dévoré.

    Combien de livres d’elle as-tu lu à ce jour ? Tous ?
    Presque. J’aime bien garder le dernier en date quelques temps pour patienter avant le suivant. Il me reste donc à lire Tamara par Tatiana. Les chroniques de Bla Bla Blog écrites à l’occasion du dossier spécial m’ont donné envie de tous les relire tout en sachant que l’expérience ne sera pas la même. On aimerait parfois ne jamais avoir ouvert certains livres pour pouvoir les découvrir avec le regard de la première fois.

    Peut-on dire que tu es une inconditionnelle de cette auteure ?
    Ma bibliothèque me dit que oui ! Entre les romans, les recueils de nouvelles, les ouvrages collectifs, on peut difficilement nier les choses ! J’aime aussi dénicher d’anciennes éditions ; j’ai notamment trois éditions de Spirales, deux du Cœur d’une Autre, de La Mémoire des murs, du Voisin etc. Elles me sont très précieuses. L’ensemble occupe un niveau de ma bibliothèque. J’ai un léger problème avec les livres, impossible de me freiner. C’est à la fois une maladie et un remède. J’ai aussi une immense affiche du film Boomerang, mais quand je dis immense, je n’exagère rien. J’ai légèrement sous-estimé la taille d’une colonne Morris… Ça valide bien le côté inconditionnelle, non ?

    Qu’est-ce qui fait qu’on devient accro à Tatiana de Rosnay ?
    Comment ne pas l’être ? Pour ma part, j’ai été réellement bouleversée par Elle s’appelait Sarah. J’ai rarement autant pleuré en lisant et, pourtant je suis une vraie madeleine. Les larmes coulaient et gondolaient le papier. Ce livre fait partie de ceux que je n’oublierai jamais. Un véritable choc. C’est toutes ces émotions qui font que l’on devient accro. Au-delà de l’écrivain, il y a aussi la femme que j’admire pour son humanité, sa générosité, ses combats (Le Refuge, la ligue des auteurs professionnels, entre autres) et son humour. Tatiana occupe une grande place dans ma bibliothèque et dans mon cœur.

    "Ça ne se dit pas ça, si ?"

    Je ne connais rien sur Tatiana de Rosnay mais je voudrais la découvrir. Tu me conseillerais quel livre ?
    Comme on peut s’en douter, je parle de Tatiana de Rosnay autour de moi et on me pose alors cette question. Cela dépend bien évidemment du lecteur que vous êtes. J’ai souvent conseillé de commencer par Boomerang ou Spirales. Ce dernier est assez court et très efficace, je pense que c’est une bonne façon de découvrir l’auteure.

    Entre nous, il n’y a pas un livre qui t’a déçu chez elle ?
    Ça ne se dit pas ça, si ? Bon, j’ai tout de même une réponse à cette question. Non pas que je n’ai pas aimé Le Voisin, mais je l’ai lu au mauvais moment. Je voulais en faire mon premier livre de 2011 histoire de bien commencer l’année, mais la grippe s’est invitée et la fièvre me faisait délirer (ou alors, était-ce ce l’inquiétant Léonard Faucleroy qui agissait un peu trop ?) Étant très (trop) sensible aux bruits, cette histoire de voisin a encore fait monter la température. J’ai déjà eu envie de glisser le décret cité au début du roman dans quelques boîtes aux lettres… Je compte le relire très prochainement.

    Quels thèmes te touchent particulièrement chez Tatiana de Rosnay ?
    Je crois que ce sont les secrets et les non-dits familiaux qui me fascinent, lorsque le rideau se lève sur les ombres du passé et que les vies en sont bouleversées. Il y a aussi le fait que les personnages sont toujours très humains ; ils apparaissent avec leurs qualités, leurs forces, leurs fragilités et leurs failles.

    Y a-t-il un sujet que tu souhaiterais que Tatiana de Rosnay traite dans un de ses prochains livres ?
    J’aimerais beaucoup lire une autre biographie. Sur une célèbre actrice américaine qui ne cesse de fasciner le monde entier, par exemple. J’ai adoré celle consacrée à Daphné du Maurier dont je n’avais lu que quelques nouvelles auparavant. Il ne faut pas avoir peur d’y plonger même si l’on est plus habitué au roman. Je vois bien un roman avec une jeune héroïne très forte, un personnage proche d’Emma González. Je ne sais pas pourquoi. Et pourquoi pas un livre pour les enfants afin que les plus jeunes aient eux aussi la chance de la lire ? Ou un spin-off sur l’un des personnages rencontrés précédemment ? Un come-back d’Angèle Rouvatier [Boomerang] !

    S’il y avait un seul livre d’elle que tu emmènerais sur une île déserte, lequel serait-il ?
    Une île déserte soit, mais chaude ou froide ? Je préfère savoir, je suis météo-sensible. S’il fait chaud, j’imagine que la nostalgie de la pluie me donnerait envie de passer mon temps avec la famille Malegarde [Sentinelle de la Pluie]. Sur une langue de terre froide, je crois que Manderley For Ever serait parfait à condition d’avoir réussi à faire un feu au préalable.

    As-tu lu son dernier ouvrage sur Tamara de Lempicka ? Et si oui que pourrais-tu nous dire de lui ?
    Oui. Je n’ai pas pu m’empêcher de le parcourir sitôt acheté, mais je le lirai en profondeur plus tard. Le plaisir n’en sera que décuplé. Quelque chose me dit que ce "plus tard", ne saurait tarder… Découvrir le fruit du travail de Tatiana et de sa fille, Charlotte, est particulièrement émouvant.

    Si tu avais Tatiana de Rosnay devant toi aujourd’hui, que lui dirais-tu ?
    Comme j’ai toujours envie de dire mille choses, mais qu’à peu près 99% ne sortent pas, il ne reste souvent qu’un grand merci ce qui paraît bien peu face au bonheur de la lire !

    Merci, Mathilde, pour ces réponses.
    Avec plaisir.

    Pour illustrer cette chronique, Mathilde a choisi Drôle d'époque de Clara Luciani. Un excellent choix...

    http://www.tatianaderosnay.com
    http://mathytistoire.blogspot.fr
    Aufemin.com

    Voir aussi : "Tatiana de Rosnay, son œuvre"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • La naissance de la belle Rafaëla

    Pin it!

    Dans la postface de Tamara de Lempicka, la bande dessinée de Virginie Greinier et Daphné Collignon, Dimitri Joannidès rappelle qu’après une période flamboyante durant les années folles, Tamara de Lempicka a été oubliée du monde de l’art. Trop figurative ? Trop bourgeoise ? Pas suffisamment révolutionnaire ? Suspecte d’avoir été une vraie star dans le milieu parisien de l’entre-deux guerres ?

    C’est du reste cette période qui intéresse Virginie Greinier, au scénario, et Daphné Collignon, au dessin. Sans didactisme, avec une admiration certaine, et sans rien cacher des failles de la peintre, Virginie Greinier raconte l’année 1927 qui a vu la naissance de l’un des plus grands nus du XXe siècle, La Belle Rafaëla.

    La BD suit les pérégrinations de Tamara de Lempicka dans le Paris qui était la capitale mondiale des arts, celle d’André Gide, de Jean Cocteau ou de Picasso. Femme artiste dans une société toujours bridée, Tamara de Lempicka revendique farouchement sa liberté, y compris dans sa situation de femme mariée et mère d'une petite fille. Lorsqu’elle apprend à Gide qu’elle recherche un modèle pour son prochain tableau, ce dernier lui propose de lui présenter des femmes de ses connaissances. La peintre accepte de l’accompagner, mais aucune ne la convainc.

    Au dessin, Daphné Collignon nous propose des planches aux couleurs sépias qui sont chacune d’authentiques créations graphiques, renvoyant le lecteur dans les années folles. Voilà une entrée en matière passionnante et intelligente pour entre dans l’œuvre d’une artiste prodigieuse qui n’a été redécouverte qu’après sa mort, à partir des années 80.

    Il sera de nouveau question de Tamara de Lempicka dans quelques semaines, dans le cadre cette fois de notre hors-série sur Tatiana de Rosnay.

    Virginie Greinier et Daphné Collignon, Tamara de Lempicka
    postface de Dimitri Joannidès, éd. Glénat, 2018, 56 p.
    https://www.daphnecollignon.com

  • Cyrielle Gulacsy, un point c’est tout

    Pin it!

    Si les pas vous conduisent à Los Angeles ces prochaines semaines, faites un saut à la Show Gallery. La Française Cyrielle vient y exposer pendant un mois sa série Visible Light.

    Des productions de Cyrielle Gulacsy, que ce soit ses travaux sur les galaxies (ARP 244 et Pareidolia en 2017), sur l’intelligence artificielle (The Big Crush, 2017) ou ses nus (00100001, 2017), il y a un point commun : le point, justement.

    L’artiste suit les pas de ses brillants aînés pointillistes pour créer des œuvres à la très grande technicité. Devenue maîtresse dans l’art du dessin, Cyrielle Gulacsy utilise le point comme on manipule les pixels. Des centaines d’heures et des millions de points sont nécessaires pour faire surgir ici une série de galaxies, là un parachute plus vrai que nature, là encore des corps humains. "Je pense que le pointillisme est bien plus qu’une technique. C'est à la fois la forme et la substance de ma recherche artistique. C'est une manière d'appréhender et de transposer la réalité du monde physique, constituée d'une infinité de particules séparées par l'espace," dit-elle dans une interview pour la galerie anglaise Moosey Art.

    cyrielle gulacsy,pointillisme,érotisme,geroges seurat,paul signac,camille pissaro,lucien pissaro,felipe pantone,geek art,surréalisme,street art,galaxies,espace,mécanique quantique,los angeles,californie,fernando bottero,tamara de lempickaCyrielle Gulacsy parle de l’influence de la pop culture, mais il est clair que son travail est plus à voir avec une démarche proche de la new age, dans laquelle la méditation prend une place capitale : "Je ne prétends pas "représenter l'expérience humaine, ce qui m'intéresse, c'est plutôt de créer une expérience, de surprendre et de susciter un questionnement chez le spectateur. À propos de notre place dans l'univers par exemple."

    Très sensible à l’astrophysique, Cyrielle Gulacsy parle facilement d’espace-temps, de relativité générale, de mécanique quantique, de gravité ou de... galaxies. Cette source d’inspiration, ajoute-t-elle, a été déclenchée par la lecture de l’ouvrage de Stephen Hawking, Une brève Histoire du Temps. Elle s’immerge dans l’univers, un univers qui peut être tour à tour interprété (Pareidolia), fantasmé (The Big Crush) ou alors prosaïque et d’un hyperréalisme bluffant (Parachute, Satellite Elektron 1 – 1964) : "Il y a un lien évident entre le cosmos et l'esprit et c'est un parallèle que je veux explorer," précise-elle. L’artiste prépare prochainement une série sur les moteurs d'avion et les pièces de fusées.

    De véritables "Variations Goldberg de l’amour"

    Cyrielle Gulacsy serait-elle une artiste perchée et obnubilée uniquement par l’infiniment grand, les phénomènes corpusculaires ou la dualité onde-particule ? Non. Celle qui a fait du point une technique lui permettant, comme le dit elle-même, de "[s’]isoler et de prendre [son] temps en retour," est bien une véritable héritière de la pop culture, mais une pop culture qui serait mixée avec le street art (l’artiste cite volontiers l’Argentin Felipe Pantone), l’art moderne européen (le pointillisme de Georges Seurat, Paul Signac, Camille et Lucien Pissarro mais aussi les monochromes à la Yves Klein dans sa série Visible Light) ou encore le geek art nourri de surréalisme (The Big Crush).

    cyrielle gulacsy,pointillisme,érotisme,geroges seurat,paul signac,camille pissaro,lucien pissaro,felipe pantone,geek art,surréalisme,street art,galaxies,espace,mécanique quantique,los angeles,californie,fernando bottero,tamara de lempickaDans une série consacrée aux nus (00100001), Cyrielle Gulacsy choisit le petit format et toujours la technique du point pour capter des sujets surpris dans leur intimité. Elle s’attache à représenter des gros plans sur des seins, des fesses, des bouches ou des dos masculins. Ces dessins érotiques – de véritables Variations Goldberg de l’amour – déclinent la nudité, les étreintes et les corps avec naïveté, humour et parfois effronterie. La composition et le graphisme ne sont pas sans rappeler les peintures tout en courbes d’une Tamara de Lempicka, voire d'un Fernando Bottero. Les corps se montrent en toute innocence dans des scènes de bronzages ou de bains de mer, en Californie, sur la Côte d’Azur, ou ailleurs. Il y a quelque chose d’attendrissant à découvrir les sujets de ces dessins en noir et blanc : des traces de bronzage de mains sur une poitrine, deux pieds reposant sous une paire de fesses, des gestes aux forts pouvoirs érotiques (étreintes, caresses, baisers, bouches extatiques) mais captés avec une retenue élégante, comme pour ne pas déranger.

    Dans sa dernière grande série, Visible Light, celle-là même qui est exposée à la Show Gallery de Los Angeles, la couleur fait une entrée fracassante dans l’œuvre de Cyrielle Gulacsy. L’artiste choisit cette fois de s’attaquer, vie des quasi monochromes, aux ciels et aux transformations de la lumière à certaines heures du jour : "J'ai commencé à étudier le spectre solaire, comment la lumière change au cours de la journée en fonction de son interaction avec l'atmosphère." Derrière des titres secs (20:19, 18:24 ou 07:49), les derniers travaux de Cyrielle Gulacsy parviennent à captiver, comme si le spectateur contemplait le ciel californien un matin d’été. Les points se parent de mille feux pour offrir de véritables galaxies de couleurs.

    C’est à voir en ce moment à la Show Gallery de Los Angeles jusqu’au 18 octobre.

    Cyrielle Gulacy à la Show Gallery de Los Angeles, 1515 N Gardner,
    du 13 septembre au 18 octobre 2018

    http://www.cyriellegulacsy.com
    https://www.instagram.com/cyrielle_gulacsy
    https://www.facebook.com/cyriellegulacsy
    https://www.show.gallery
    "Cyrielle Gulcsy Interviewed by Mooseyart 

    Robin Seemangal, "This French Artist Gets Her Inspiration From Space Travel" 

    Voir aussi : "Aurélie Dubois unmakes sex"
    "Si vous avez tout compris à cet article c’est que je me suis mal exprimé"

    © Cyrielle Gulacsy

    cyrielle gulacsy,pointillisme,érotisme,geroges seurat,paul signac,camille pissaro,lucien pissaro,felipe pantone,geek art,surréalisme,street art,galaxies,espace,mécanique quantique,los angeles,californie,fernando bottero,tamara de lempicka

     

  • Est-ce que les femmes doivent êtres nues pour entrer dans un musée ?

    Pin it!

    Et si, depuis qu’ils existent, les beaux-arts ne marchaient que sur une jambe ? Personne ne contestera que depuis que les musées sont musées, la moitié de l’humanité – en l’occurrence les femmes – est oubliée. Il semblerait que l’art, un domaine pourtant ô combien universel, ait été de tout temps masculin – si l’on omet toutefois la place des mannequins, des muses et autres modèles… qu’ils soient déshabillés ou non.

    Les Guerrilla Girls avaient tapé du poing sous la table il y a quelques années en détournant, pour une affiche engagée, l’Odalisque d’Ingres, avec cet appel : "Est-ce que les femmes doivent êtres nues pour entrer au Met de New-York ? Moins de 5 % des artistes de la section art moderne sont des femmes mais 85 % des nus représentent des femmes." No comment. 

    Il est vrai qu’à côté de quelques noms connus – Louise Bourgeois, Frida Kahlo, Tamara de Lempicka, Cindy Sherman ou Niki de Saint Phalle (voir illustration) – les musées du monde ont largement participé à l’exclusion des femmes dans un système culturel et social incontestablement machiste.

    Cette exclusion, le site Women’s Art et son compte Twitter proposent de le combler en mettant à l’honneur artistes connues ou moins connues du monde entier. Et l’on s’aperçoit avec effarement et consternation que les beaux-arts sont passés, de mauvaise foi ou non, à côté d’une kyrielle de chefs-d’œuvre et de de génies féminines.

    5 % des artistes art moderne sont des femmes
    mais 85 % des nus représentent des femmes

    Même si Artemisia Gentileschi (1593-v.1652) a été remise enfin à l’honneur depuis quelques décennies, peu d’entre-nous connaissent les œuvres monumentales de la sculptrice américaine Enid Yandell (1869-1934, vidéo ci-dessous), le travail de la peintre, designeuse et illustratrice argentine et surréaliste Leonor Fini (1907–1996) ou savent que l’un des premier mangaka était... une femme, Machiko Hasegawa (1920-1992).

    Il faut saluer la pugnacité et la passion des auteur·e·s de Women’s Art qui ne s’arrêtent pas à relire, revisiter et critiquer l’histoire orientée de l’art occidental : ce sont aussi les artistes contemporaines venus du monde entier qui sont mises à l'honneur, que ce soit la peintre malaisienne Fadilah Karim, la photographe iranienne Newsha Tavakolian, la finnoise Miina Äkkijyrkkä et ses impressionnantes sculptures métalliques en carcasses de véhicules ou encore l’artiste de mix-média ivoirienne Massogona Sylla.

    Bien entendu, le combat féministe est au cœur de la démarche de Women’s Art, comme le rappelle de nombreuses publications Twitter. Il reste aux musées du monde entier à se réveiller et à donner enfin aux artistes féminines actuelles ou disparues leur vraie place : une moitié de l’humanité, qui a été longtemps sous silence, souhaite que les femmes mises à l’honneur sur les cimaises des musées ne soient plus simplement les modèles nus d’Ingres, Manet ou Picasso.

    https://twitter.com/womensart1
    https://womensartblog.wordpress.com
    "Les femmes au musée : des muses mais aussi des artistes",
    in Newvoradio.fr, 9 mars 2017