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  • En corps troublé

    img_2717-e1447490945368.jpgDans un loft, quatre artistes se sont donnés rendez-vous sur le thème du corps, du sexe, de l'amour, du trouble et, quelque part, de la confusion des sentiments. C'est cette confusion qui guident Vanessa Herin, Ben Anton, Xavier Devaud, et Nathalie Cougny, réunis ce week-end au Julia (Paris 3e) à l'initiative de cette dernière, écrivain, peintre, poète. Nathalie Cougny présentait ce samedi 23 janvier son dernier livre, Amour et Confusions... qui sort actuellement en librairie (éditions Sudarènes). J'aurai bientôt l'occasion de reparler plus longuement de ce roman qui pourrait bien être une des surprises littéraires de ce début d'année.

    L'exposition collective "En Corps !" au Julia (en collaboration avec Passage du Désir, le magazine Galante, Karim Haïdar Traiteur et Cherry Gallery) accompagne cette sortie nationale. Pour "En Corps !", le fil conducteur de l’illustratrice Vanessa Herin, du photographe belge Ben Anton et des peintres Xavier Devaud et de Nathalie Cougny est Aurore, le personnage principal de l'autofiction Amour et Confusions... Graphisme, photo, peinture, dessin et littérature (sans oublier l'art culinaire) se servent et se répondent dans une belle harmonie, au service d'un message plus sérieux et moins léger que ce que l'on voudrait bien croire : un questionnement sur le couple, les rapports homme-femme, le sexe ou notre rapport au corps.

    Vanessa Herin s'est appropriée le roman de Nathalie Cougny pour proposer des peintures au réalisme cinématographe. Sous son pinceau, Aurore prend vie, débusquée dans son intimité, dans une chambre après l'amour ou à l'intérieur d'une voiture dans les bras de son amant.

    WP_20160123_10_47_07_Pro.jpgPour l'exposition "En Corps !", la présence du photographe Ben Anton sonne comme une évidence. Celui qui a mis sur les fonts-baptismaux la photographie gestuelle présentait plusieurs de ses œuvres, dont le cliché qui illustre la couverture du roman de Nathalie Cougny. Les sujets de Ben Anton sont pris sur le vif au point d'être à la limite de l'abstraction. Poses longues, jeux sur le zoom et sur l'obturateur donnent à ses photographies vitesse, urgence et un trouble vital et joyeux.

    Il est encore question de trouble s'agissant des œuvres exposées par Xavier Devaud. De puissantes huiles figent des visages d'hommes dans des brouillards cotonneux. Ces portraits d'hommes sont ainsi comme isolés et immobilisés dans une solitude terrible. Xavier Devaud présente également des dessins de nus d'une diabolique efficacité et d'un graphisme précis à couper le souffle. Cette fois c'est dans l'intimité des corps que nous pénétrons. Dans la grande tradition de Jean Cocteau ou de Jean Marais, des hommes et des femmes s'étreignent, s'embrassent, se toisent ou se déchirent dans des scènes orgiaques souvent crues.

    Ces dessins érotiques tranchent avec les peintures de Nathalie Cougny. Elle présente pour "En Corps !" des œuvres abstraites où des huiles rougeoyantes pleines d'harmonie pouvant être traversées de stries énergiques, côtoient des toiles aux larges aplats noirs où se mêlent des tourbillons fluides et légers.

    L'univers dévoilé par Nathalie Cougny et ses amis n'est pas simplement une exposition artistique : c'est aussi une vraie expérience sensorielle qui est aussi une invite à découvrir son dernier roman. Nous y reviendrons plus tard sur ce blog.

    http://www.nathaliecougny.fr
    http://farfallablue165.wix.com/farfalla-blue
    http://www.bybenphoto.com
    https://devaudx.wordpress.com
    http://www.cherry-gallery.fr

     

    Illustrations : Vanessa Herin, Ben Anton, Xavier Devaud, et Nathalie Cougny

  • L'Histoire se répète-t-elle ?

    montargis,café philo,loiretLe café philosophique de Montargis est de retour en ce début d'année et proposera une nouvelle séance le vendredi 29 janvier 2016, à 19 heures, à la brasserie du centre commercial de La Chaussée. Le débat, choisi par les participants de la séance de décembre portera sur cette question : "L'Histoire se répète-t-elle ?"

    L'Histoire, une véritable passion française, n'avait jamais été un sujet débattu parles participants de l'animation de la Chaussée. Ce sera chose faite pour cette 54e séance qui s'intéressera à cette idée que les faits historiques pourraient bien être cycliques ou du moins se répéter à intervalles plus ou moins régulières. Cette affirmation tient-elle la route ? Pouvons-nous dire, à l'instar d'Hegel, que les hommes n'apprennent jamais rien ? L'Histoire a-t-elle un but ? Ce qui semblerait être une répétition d'événements historiques (guerres, révolutions, faits de société, etc.) n'est-il qu'une illusion ? Le libre-arbitre et la liberté de chacun de nous peut-il avoir sa place dans « la grande machine de l'Histoire » ?
    Ce sont autant de points qui seront discutés et débattus le vendredi 29 janvier, à partir de 19 heures à la brasserie du Centre Commercial de La Chaussée de Montargis.

    La participation sera libre et gratuite.

    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com

  • Cachez ces seins

    Ce fait nous est rapporté par le Quotidien de l'Art du 19 janvier dernier et a pour protagoniste le Musée d'Orsay, une artiste contemporaine et un respectable grand maître de la peinture, Édouard Manet.

    L'auguste musée avait, dans un souci de populariser la peinture autant que de faire un peu de retape commerciale, proposé "d'emmener [les] enfants voir des gens tout nus". Ce n'est pas moi qui le dit mais une publicité pour l'exposition "Splendeurs et misères, images de la prostitution, 1850-1910" (22 septembre 2015 au 17 janvier 2016). Cette promesse a été tenue au-delà de toutes les attentes, au grand dam du musée parisien.  

    L'artiste luxembourgeoise Deborah de Robertis a profité de l'exposition temporaire sulfureuse pour réaliser une performance qui a affolé agents de surveillance des salles, responsables du musée et forces de l'ordre.

    Dans le but de "rendre compte de la violence symbolique qui entoure le corps des femmes... et de rendre visible aux yeux du grand public une mécanique de censure installée autour de la nudité féminine", nous dit Sarah Braun dans le magazine web FemmesDeborah de Robertis a choisi le samedi 16 janvier, de reproduire en live l'Olympia de Manet, en se déshabillant au milieu du public. L'objectif était également, nous apprend le Quotidien de l'Art, de filmer les réactions du public et de l'interpeller également sur la liberté de l'artiste et sur la question de la censure.

    La réponse des autorités et de l'institution culturelle a, en quelque sorte, répondu aux attentes de Deborah de Robertis puisque ce sont les forces de l'ordre qui ont mis fin à la performance de l'artiste – à la demande du musée organisateur. Celle-ci s'est élevée contre cette forme de censure et ce que son avocat qualifie de "pudibonderie judiciaire". 

    "Voir des gens nus", avait promis le prestigieux Musée d'Orsay. La promesse a été respectée au-delà de toutes les espérances, par la même artiste qui avait rendu chèvre le musée d'Orsay en exposant son sexe devant le tableau L'Origine du Monde de Courbet. C'était en 2014. L'artiste avait écopé à l'époque d'une condamnation pour exhibition sexuelle. Cette fois, Deborah de Robertis s'en tire avec un rappel à la loi. Jusqu'à la prochaine performance ? 

    "La performeuse Déborah de Robertis arrêtée samedi au musée d’Orsay",
    Quotidien de l'Art, 19 janvier 2016

    Sarah Braun, "Déborah de Robertis arrêtée à Paris", in Femmes, 18 janvier 2016

  • Alka à l’Élysée

    1280x720-jeW.jpgAlka Balbir a figuré parmi les premiers artistes que j'ai chroniqués sur ce blog en raison de son premier disque, La Première Fois produit par Benjamin Biolay ("Suprême Alka"). Il me paraissait logique de produire un nouveau billet pour signaler sa présence dans la comédie Gaz de France, réalisée par Benoît Forgeard.

    Philippe Katerine est en première ligne dans le rôle d'un Président de la République impopulaire (Tiens, ça vous rappelle quelque chose?) et tentant de remonter dans les sondages grâce à ses conseillers. Alka Balbir fait partie de ce casting.

    Gaz de France est présentée comme une fable absurde et intelligente : "Avec une étonnante économie de moyens, un décor minimaliste et une poignée d'acteurs talentueux (...), le cinéaste nous enferme dans un étrange huis clos. En ligne de mire, la politique vidée de son sens et la mainmise de la communication... Dans ce décorticage très caustique du théâtre politicien et de ses coulisses, il donne à voir la peur de la guerre et du chaos, le chacun pour soi" nous dit Télérama. À voir.

    "Gaz de France”, Télérama, 13 janvier 2016
    Gaz de France de Benoît Forgeard, avec Philippe Katerine, Alka Balbir, Olivier Rabourdin, Myriam Studer et Benoît Forgeard, France, 2015
    Page Facebook d'Alka