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chanson

  • Isild Le Besco ou le parti pris des mots

    On ne le dira jamais assez : l’énorme talent d’Isild Le Besco dépasse très largement le cadre du cinéma et de la télévision. Comédienne, elle est aussi scénariste, écrivaine, peintre et, ici, parolière. Elle propose ici Les mots, un album entier mis en musique par Andréel dont nous avions déjà parlé ici.

    Les fameux Mots d’Isild Le Besco c’est d’abord un album de retrouvailles avec des amies et copines de l’artiste parisienne, que ce soit Josiane Balasko, Sandrine Bonnaire, Judith Chemla, Marianne Denicourt ou la regrettée Émilie Dequenne. La chanteuse et autrice peut se vanter d’avoir trouvé des partenaires entièrement investies dans un opus de chansons françaises poétiques, délicates et à la grande mélancolie.

    Quelle bonne idée que de proposer cet album acoustique (et souvent voix-piano) dans lequel la musique d’Andréel vient servir avec délicatesse sans écraser les mots d’Isild Le Besco !

    Dans Tu sais mon bonheur, Josiane Balasko s’adresse au bonheur, comme au compagnon d’une vie ("Alors aime moi, aime moi enfin, / Allons vivre ensemble, moi et toi / Un homme, une femme, mais qui respecte / Mon âme, ma joie, et mon bonheur").

    On ne peut qu’être ému à l’écoute des Murs de notre maison, un morceau interprété par Émilie Dequenne, décédée l’an dernier. Ce titre à la facture jazzy, à la cruauté feutrée, parlant de départ difficile pour une autre vie, est aussi un chant de départ ("J’ai dit au revoir aux murs de notre maison. / Ils ont tout vu, tout retenu, / Les arbres ont pleuré, je les entendais"). Il est question d’une autre habitation dans Ma maison c’est toi, interprétée par Sandrine Bonnaire. Il s’agit cette fois d’une belle déclaration d’amour, un amour certes tardif mais "essentiel" : "Une vie, j'ai vécu bien assez de temps pour comprendre / que l'essentiel était resté loin de moi. / Cette vie où j'ai pu tant donner d'amour et apprendre / ce qui m'importe le plus c’est toi". Encore une fois, c’est la simplicité guitare sèche et voix qui séduit dans ce joli titre à la simplicité touchante.

    La chanteuse et autrice peut se vanter d’avoir trouvé des partenaires entièrement investies

    Judith Chemla est, comme Isild Le Besco, une artiste qui aime se frotter à la chanson. Rien d’étonnant donc à ce qu’on la retrouve dans le Nos livres qui dansent. La musique, les notes et les mots sont au cœur d’un texte poétique qui dit l’amour, qui dit la séduction, qui dit aussi les mystères de nos pensées souvent pudiquement tues : "La nuit les mots s’échappent, certains jouent du piano. / D’autres dansent encore, ils  vont s’imprégner ailleurs."

    Une très grande mélancolie imprègne l’album d’Isild Le Besco. Les auditeurs et auditrices seront touchés par le titre Au sommet de la montagne. Maria de Medeiros y raconte l’amour, les blessures du passé et, finalement, la consolation : "Vous et moi sommes ensemble et plus rien d'autre ne nous importe que nous. / Nous allons marcher à la montagne jusqu'aux sommets et nous nous endormirons."

    Isild Le Besco chante à son tour dans le titre éponyme de l’opus : "Des mots courent en moi / Voyagent si loin / Tous ces mots que j’entends / Tous ces mots qui soignent" (Les mots). Elle s’y découvre autrice, hypersensible et poétesse. Elle parle de blessures mais aussi de rencontres avec elle-même, de réconciliation et d’amour. Voyager, marcher, tracer son chemin et surtout quitter les êtres toxiques pour se retrouver. Marianne Denicourt le chante elle aussi dans J’ai traversé, avec une fausse légèreté ("Je suis devenue une femme / Et la grâce m’accompagne / Simplement parce que je suis moi-même"). Il y a encore de l’introspection dans L’Abondance, avec la formidable Laëtitia Eïda, mélancolique, nostalgique et à la voix veloutée. Avec, là encore, la recherche de la liberté et du sens intérieur.

    L’album se termine par un morceau plus léger mais tout aussi poétique, peut-être l’un des meilleurs de l’opus. Il s’agit du titre Où l’on s’est rencontré, interprété par Léonor Graser. Il y est question d’amour, de rêverie, de l’attente de l’autre, des étreintes et, finalement de bonheur. Idéal pour terminer un album touchant, à découvrir absolument. 

    Isild Le Besco, Les Mots, Station Anvers 2026
    https://www.instagram.com/isildlebesco

    Voir aussi : "Bizarre, bizarre"
    "Lover dose"

  • Il sera beaucoup pardonné à Lionel Langlais

    Lionel Langlais sort son cinquième album, sobrement intitulé… Lionel Langlais. Un "non-titre" comme la marque d’une envie de se montrer tel qu’il est. On pourrait en effet qualifier cet opus comme une envie de se livrer tout au long des dix titres.

    Lionel Langlais, l’esbroufe à tout prix n’est pas son truc. Il en est à "des années lumières", pour reprendre le titre de son premier extrait sur un couple qui ne se comprend pas, lui les pieds sur terre, elle tête en l’air "qui dérive à des années lumières", déjà ailleurs, qui "ne voit pas".

    La générosité et la douceur sont évidentes chez cet artiste attentif au travail sur les textes, à l’exemple du sensible De l’autre côté au sujet des migrants et des exilés. Engagé donc, mais toujours avec finesse.

    Arrêtons-nous un instant sur l’un des meilleurs titres de l’album, In extremis. Lionel Langlais est visiblement attaché à ce morceau qu’il propose dans une deuxième version. On suit l’histoire d’une rencontre amoureuse, interdite et sulfureuse entre un homme et une femme mariée. Cette confession flirtant avec le talk-over matiné d’électro-rock, est à écouter et déguster, comme la bande-son d’une love story venimeuse.

    Plus soft, Amende honorable s’écoute comme les aveux sur un rythme country-blues d’un homme pour ses "mots pas gentils, les gestes sans tendresse", ses "chagrins sans cause", les "lâches abandons" et toutes ses colères. Le chanteur le confesse : "Je suis impardonnable / Je sais / Je plaide coupable / je fais amende honorable".

    Love story venimeuse

    Il y a du Alain Chamfort dans cette manière de s’attacher à une écriture pop-littéaire faussement simple. Saluons au passage le parolier Quentin Lamotta qui n’est pas le dernier à donner un supplément d’âme à cette production impeccable. On pense à L’amour sans âme, efficace dans sa manière d’assumer un amour d’autant plus sublime qu’il est simple et sans questionnements : "Tant qu’à faire terre à terre / L’amour sans âme je préfère… Jouer solo / Piano piano".

    L’auditeur ou l’auditrice s’arrêtera avec étonnement sur ce titre incroyable qu’est En beauté, avec ces vagues synthétiques d’ouverture comme venues d’outre-tombe. Mort, renaissance, méditation, mélancolique : Lionel Langlais exprime avec spleen son besoin de beauté, de vie et de liberté.

    Le chanteur surprend dans ce cinquième album faussement sage, cohérent certes mais aussi coloré. Ainsi, dans Dessine un rond, il se veut critique de son époque : l’argent, les routines, l’angoisse, la maladie, bref le "vertige", il invite au magique et à se raconter des "histoires anciennes" pour se sortir d’un monde qui, finalement, ne change pas. Réflexion contemporaine encore avec La ville étrange qui dépeint un monde rêvé et fantasmé, la ville apparaissant une nouvelle mythologie ou, du moins un mirage.

    Sur un rythme pop-folk, Lionel Langlais apparaît comme le bon pote, doux, rassurant, sage et sensible (Faudrait pas désespérer les anges). Voilà qui donne à cet opus l’apparence d’une invitation à une calme lucidité. Un joli moment de fraîcheur, à l’exemple d’Amour et moi qui vient clore l’opus sur piano et voix.

    Lionel Langlais, Legroscamion Prod, 2026
    https://www.lionellanglais.com
    https://music.imusician.pro/artist/04Cx8OL9Cf
    https://www.facebook.com/lionellanglais
    https://www.instagram.com/lionel.langlais

    Voir aussi : "Célestin plante une graine"

  • Courage, chantons et rapons

    Une fois n’est pas coutume, Bla Bla Blog fait un petit détour par le rap.

    Focus donc sur Kent-Zo. Cet artiste prolifique, propose avec Courage un nouveau titre. Le rappeur se définit comme "lyriciste". Voilà qui situe l’artiste proposant avec Courage, son dernier single : "Courage à toi qui te lèves avec l'envie / De tout recommencer sans douter / Que la vie t'appelle à vivre de belles / Et grandes aventures."

    Altruiste, généreux et positif : voilà des messages qui méritent que l’on s’attarde sur Kent-Zo. À découvrir ou redécouvrir. 

    Kent-Zo, Courage, 2026
    https://www.instagram.com/kent.zo.officiel
    https://www.facebook.com/p/Kent-Zo-100063616980223/?locale=fr_FR

    Voir aussi : "Sônge d’une nuit d’électro"
    "À hauteur de Lhomé"

  • Moderne et pas fini

    Moderne, David Delabrosse l’est. C’est d’ailleurs ce que dit le titre de son dernier album et du premier morceau de l’opus. "Ces mots modernes, ceux qui claquent", il les chante, de sa voix fragile, non sans ironie mais sans tourner le dos au passé.  

    Dans un Équilibre délicat, en featuring avec Denis Piednoir, le chanteur aux vingt ans de carrière propose justement un opus très actuel, riche des interrogations d’un homme d’aujourd’ui ("Footing ou yoga ?", "Hammam ou sauna ?", "Tu dors nu ou en pyjama ?"). Mine de rien, cela donne un album à la fois attachant et personnel, à l’image de cet autre extrait, On a beau se connaître, dans lequel David Delabrosse s’interroge sur son couple, ses failles, et ses erreurs ("On a beau se connaître on se trompe parfois / On a beau s’aimer on se prend plus dans les bras").

    Intéressons-nous à Une grande lignée. Dans une facture alliant chanson française et électro-pop, le chanteur se retourne vers ses origines, non sans humour ("Valéry Giscard d’Estaing serait-il… mon grand-père ?") : la génétique, la prédestination, le poids du passé familial. En quinqua assumé, doué de "l’âge de raison", "plus zen" (l’excellent En cinquantaine) et surtout faisant le point, le musicien refuse pourtant de sacrifier le passé à la modernité ("Ne pas fouiller dans le passé / Sous peine d’y retrouver / Encore un plus grand merdier", Les bouts de cervelle).

    C’est ce que l’on aime chez David Delabrosse : un artiste sans cesse tiraillé entre passé et modernité, prudent lorsqu’il s’agit de remuer les failles du passé, conscient aussi que l’on "vit nos vies comme des fantômes / Traversant les jours et les heures… Moi j’aimerais bien changer de film" (Comme des fantômes). Dans ce morceau, l’adulte qu’est David Delabrosse s’adresse à son fils, son "ado", lui demandant de ne pas aller trop vite ni trop loin, de rester avec lui et sa mère.

    Et si cet album était une invite à rester enfant et ne pas grandir trop vite ?

    Et si cet album était une invite à rester enfant et ne pas grandir trop vite ? C’est en tout cas le thème de la très belle chanson Peter Pan, dans lequel David Delabrosse parle de sa différence, de l’enfance mais aussi du besoin d’aventures. La solution ? Une vie en l’air : sauter ("salto avant salto arrière"), être léger, voir le monde de là-haut, "sentir le vent dans ses veines". Bref, être dans les nuages. Cette Envie de changer, en duo de nouveau avec Denis Piednoir, David Delabrosse, exprime encore le besoin d’"aller vers l’inconnu", rembobiner le film et changer de point de vue.

    La vie en 2026, moderne, laisse un goût d’inachevé et aussi de nostalgie. C’est finalement un album très mélancolique que propose le chanteur (Ta story), mais généreux et altruiste ("Vas-y réagis / Faut pas rester comme ça blotti… T’es pas tout seul dans la vie").

    La générosité n’est pas non plus non dénuée d’humour ni une certaine philosophie de vie. Est-on foutu lorsque l’on a cinquante ans ? Peut-on encore "commencer le judo et gagner les JO", "Doit-on faire son testament… Mettre un sweat à capuche en s’exprimant en verlan ?" La réponse est évidente et David Delabrosse clame sans envie de ne pas se laisser aller. Oui, c’est un Super Quinqua ! On le croit sur paroles.   

    David Delabrosse, Les Mots Modernes, L'Hallali Production, 2026
    https://www.facebook.com/david.delabrosse
    https://www.instagram.com/daviddelabrosse
    https://bfan.link/equilibre-delicat

    Voir aussi : "Dure et douce Abyr"

  • Célestin plante une graine

    Sur la scène française, Célestin se distingue d’abord par le travail sur des textes riches. Osons dire qu’il y a un peu du slameur contrarié dans son nouvel et quatrième album en forme d’invitation, Viens avec moi. Une invitation que l’on accepte avec plaisir.

    Avec Célestin, on est entre amis. Pas d’esbroufes, pas de complications mais place aux confidences. Celle d’une graine d’abord (Je suis une graine), la chose la plus insignifiante et la plus fragile qui soit. Sur cette vie éphémère, le chanteur construit un récit autour de la liberté, de la peur de l’aventure et de l’envie de s’installer ("Je suis une graine cosmonaute / Qui vit le cœur en l’air / Qui vit la tête haute / car j’ai peur de la terre").

    Peur de s’installer, désir d’aventure mais aussi envie de partage à deux ("Viens avec moi / Il reste une place dans mes bagages"). C’est le thème du titre éponyme Viens avec moi, qui ne vient pas sans écho avec le morceau précédent.

    Mais la vie à deux, est-ce si simple, dans un monde qui se marche dessus ? C’est ce que raconte Célestin dans le titre rock et énervé Des Carrées dans des ronds : "On veut vivre entre quatre murs / A dix briques du mètre carré. / Ce qui nous reste part dans les caisses / De l’état et disparaît".

    Le Célestin auteur de textes serrés se surpasse dans deux textes plus personnels. Il y a Demain est un autre jour, en duo avec Racheal Ofori, touchant récit crépusculaire de la fin d’un amour. Le deuxième, Les temps passent, plus autobiographique, raconte le destin du natif de Saône-et-Loire, d’une enfance morose jusqu’à sa "métamorphose" : "J’essaie de coloriser ma vie en rose, en attendant que les tempêtes et les temps passent".

    Au croisement de la chanson traditionnelle et du slam 

    Dans Le téléphérique, c’est une rencontre inopinée au ski… et une chute qui est racontée, avec humour et tendresse. On est tout aussi touchés par Ma sœur, une vraie déclaration d’amour par Célestin pour celle qu’il considère comme sa moitié, si différente et si semblable ("On est tellement pareils, ma sœur, / On est tellement l’inverse"). Le meilleur est une autre adresse en forme de soutien pour l’auditeur ou l’auditrice qui pourrait se sentir "au plus bas" : "C’est toi le meilleur / À être toi… C’est toi la meilleure / À être toi…"

    Célestin semble être au croisement de la chanson traditionnelle et du slam (Dans l’ordre). Voilà qui rend son nouvel album vraiment intéressant et à découvrir, donc. Engagé, "méga hors phase" comme il le chante lui-même, l’artiste est attachant, par exemple lorsqu’il s’adresse au cancer, non sans humour : "T’as abusé de mon hospitalité / J’aime bien donné mais j’aime pas qu’on me prenne" (Cancer). Pas de pathétique ni de plainte mais une sérieuse envie de vivre : "J’ai l’intention de vivre ma vie âgé". C’est tout le mal qu’on lui souhaite, lui qui termine son album par un chant d’adieu, le bouleversant Eva.

    Célestin, Viens avec moi, Inouïe, 2025
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    Voir aussi : "Dure et douce Abyr"

  • Dure et douce Abyr

    Abyr, c’est l’une des voix françaises (ou plutôt libano-française) les plus généreuses et les plus bouleversantes du moment. Elle exprime sa sensibilité sur la couverture de son premier album sobrement nommé Abyr, né en partie grâce à un financement participatif de 114 contributeurs. Son regard triste semble ailleurs. Sans doute est-il destiné à son pays d’origine, le Liban.  

    Le premier titre, Je suis ton voisin, s’écoute comme une déclaration d’amour pour ces frères et sœurs exilés "Je suis ton frère de courage, / nos langues se ressemblent un peu, / Je suis ton frère de naufrage, / On ne sait plus vivre heureux"

    L’expatriée née au Pays du Cèdre tend la main vers ces autres voyageurs douloureux. Elle semble donner un visage à ces migrants. Qui mieux qu’elle pouvait les chanter, elle qui est née d'un père libanais et d'une mère palestinienne au milieu de la guerre civile ? Elle en parle avec tendresse et compassion : "Eux, ils serrent très fort leurs petits, / On n’entend même plus leurs cris, / Et si c’étaient nos bambins / qui devenaient clandestins" (Avancer).  

    La chanson de la franco-libanaise est enrichie d’influences orientales, grâce notamment à sa collaboration avec le musicien Sebka et l’arrangeur Antoine Rault. On pense à Al Hamdoulillah, portrait tendre d’une femme voilée : "Autour de son cou elle porte la clé de sa maison, / Un voile sur la tête et sa foi qui brille comme une étoile". Plus loin dans l’opus, Vol de plaisir y fait écho avec un souvenir d’enfance : d’une tente dans une rue de Mumbai à un départ en avion. Un déracinement, un déchirement. Impossible de rester insensible à ce morceau à la fois dur et doux : "J’ai pris le temps / De raconter mon histoire / Aux hommes bienveillants" (Vol de plaisir).

    Abyr dévoile de nouveau ses blessures dans Je cherche l’enfance : "J’ai reçu en, héritage / Le syndrome du réfugié / Prête à reprendre le large, / Jamais en sécurité". Un tel traumatisme a laissé des traces : son enfance lui apparaît comme un "oiseau blessé", quant à son adolescence, elle a dû "la voler". D’enfance, il en est encore question dans la touchante Émilie, ma poupée. Une tendre chanson pour un jouet, symbole encore de l’enfance de l’artiste. Mais aussi une confession sur la fin de l’innocence, broyée par les adultes.

    Un déracinement, un déchirement

    On le sait, la solitude a été un thème régulièrement chanté dans notre répertoire, que ce soit par Ferré, Moustaki ou Barbara. Il n’est donc pas étonnant de la retrouver ici avec le titre Solitude chérie, cette fois interprété avec un mélange de mélancolie et de plaisir : "Solitude mon amie, / Tu me suis pour la vie, / malgré moi j’ai trouvé un abri / Sous le ciel de Paris".

    Installée en France, Abyr n’oublie pas pour autant son pays natal. Elle tourne son regard et réserve ses pensées à ses compatriotes restés là-bas (À ceux qui restent). Un morceau écrit bien avant les événements actuels du Moyen-Orient, dans lequel la Franco-libanaise parle de l’explosion du port de Beyrouth en 2020.  

    On aime la voix fragile et presque enfantine d’Abyr, et plus encore la poésie mélodique de cet album, à l’instar de Rêver. Rêver pour s’extraire du malheur, des apparences, du "grand froid" et des illusions : "Loin du paradis sur la terre / Je préfère m’envoyer en l’air / Dans mon voyage en solitaire".

    L’auditeur ou l’auditrice écoutera avec tendresse ces saynètes intimes dans lesquelles, en quelques mots, Abyr ouvre grand ses souvenirs, ses regrets et ses inspirations (Du bonheur dans un carton).  Mais arrêtons-nous sur l’une des chansons les plus réussies de l’opus. Il y a du Brassens dans l’irrésistible Vivre mieux que mourir, en forme de dialogue avec le cœur de la chanteuse : "Sachons mieux vivre que mourir / Et ne rien, regretter", confie-t-elle comme un conseil ou une prière.

    L’album se termine avec Tu ne me changeras pas, une jolie déclaration d’amour et d'indépendance, qui est celle d’une femme libre ("Je suis de celles qui papillonnent"). Qu’on se le dise : Abyr n’est pas de celle qui reste en place. Dur pour ceux qui veulent rester avec elle : elle ne sera jamais leur "conquête". Indépendante jusqu’au bout des ongles. Et assurément une grande voix de la chanson.

    Abyr, 2025
    https://www.facebook.com/abyrchanteuse
    https://www.instagram.com/abyr_chanteuse
    https://linktr.ee/abyrchanteuse
    En concert le 18 avril à Morogues (18) – Les Hauts de Loye / Co-plateau avec Sebka
    le 12 juin 2026 à Nilvange (57) – Le Gueulard / Co-plateau avec Sebka
    le 13 juin 2026 à Wissembourg (67) – L'Escale / Co-plateau avec Sebka
    le 28 juin2026 à La Charité-sur-Loire (58) – La Goguette de l’Île

    Voir aussi : "Pauline Brideron, entre onirisme et steampunk"
    "Un monde nouveau pour Hugo Jardin"

  • Siqian Li: "'Voyage among Fragments' is an album about transformation, memory, and different worlds speaking to one another"

    Bla Bla Blog was captivated by pianist Siqian Li, author of a debut album, Voyage among Fragments. An eclectic work, ranging from classical to contemporary, including French songs. This choice intrigued us and made us want to meet Siqian Li. She was kind enough to answer our questions.

    Bla Bla Blog – Hello, Siqian Li. Could you briefly introduce yourself? Where do you come from, and how would you describe your musical journey so far?
    Siqian Li – I come from Chongqing, a beautiful mountain city in southwest China, where my musical journey first began. Since then, that journey has taken me across several countries and very different artistic worlds, from my early training in China to my years of study in the United States and the United Kingdom. Each place has shaped me in a different way. Looking back, my path has never felt like one straight line, but rather a series of encounters, places, and discoveries that have gradually formed the musician I am today.

    BBB – You present a very international album in which French artists hold a prominent place. Maurice Ravel naturally comes to mind first. It seems to me that the general public has been rediscovering this composer in recent years. Doesn’t Ravel appear more modern than we might think?
    SL – Yes I agree. I think Ravel can sound much more modern than people first imagine. We often associate him with elegance, refinement, and colour, which are all true, but beneath that there is also an extraordinary precision and a kind of emotional ambiguity that feels very contemporary. His music is never sentimental in an easy way; it is controlled, clear, and often slightly unsettling, even when it is beautiful. That is part of why he still speaks so strongly today. In a work like La valse, for example, you hear not only brilliance and sophistication, but also instability, tension, and transformation, and that makes him feel very close to our own time.

    BBB – Your album also features, more surprisingly, Charles Trénet. Why did you choose these popular standards of French songs ?
    SL – What drew me first was simply how mesmerised I was when I discovered this set of arrangements. Weissenberg takes Trénet’s chansons and transforms them with such imagination, wit, and pianistic brilliance, while somehow preserving their freshness and spontaneity. That immediately fascinated me. Choosing them for the album was also a conscious way of moving away from a fixed idea of how a classical album should sound. I wanted the repertoire to feel alive, surprising, full of character, and instantly engaging.

    BBB – Pianists are known to be particularly fond of the 19th-century Romantic repertoire — Chopin, Brahms, or Schumann. Yet you did not make that choice. You even seem to favour piano transcriptions. Could you tell us more about the artistic choices behind this album’s programme?
    SL – I have deep love and respect for the great 19th-century piano repertoire, but I didn’t feel the need for my first album to enter directly into a space that is already so richly and magnificently documented. Rather than asking what a debut album is expected to include, I wanted to ask what repertoire felt most truthful to my artistic voice at this moment. Transcriptions became central for that reason: at their best, they are not secondary versions, but re-imaginings that give familiar music a second life and reveal new colours, textures, and perspectives. That felt deeply connected to the spirit of Voyage among Fragments, an album about transformation, memory, and different worlds speaking to one another. So the programme grew from that idea: not from a desire to avoid tradition, but from a wish to engage with it in a more personal and living way.

    "More Chinese musicians are no longer seen only through the lens of virtuosity"

    BBB – Twentieth-century music is also represented, notably with George Gershwin’s Rhapsody in Blue. It is less frequently performed in its solo piano version than with orchestra. What were the main challenges in interpreting this work?
    SL – I’ve performed both versions, and the solo piano version is actually more challenging in some ways, because you have to hold the entire sound world of the jazz orchestra under your hands: you’re responsible not only for the virtuosity, but also for the colour, rhythm, and sheer vitality of the piece. So technically it asks for enormous control and imagination. But that is also what makes it so enjoyable to play. Precisely because everything is in your hands, there is a tremendous sense of freedom: you can shape the pacing, the swing, and the contrasts very directly, almost as if you are becoming both pianist and orchestra at once.

    BBB – You introduce us to some lesser-known composers — Franz von Vecsey, Nicolas Dalayrac, as well as your compatriot Wang-hua Chu. Why did you choose to include them in your programme? Do they share something in common?
    SL – Although they come from very different worlds, each of them brings a voice that feels distinctive, intimate, and slightly off the expected path, and that was important to me. I wanted the programme to include not only familiar landmarks, but also works that might surprise the listener and open another emotional space. Dalayrac brings simplicity and tenderness, Vecsey a bittersweet elegance, and Wang-hua Chu a direct connection to my own musical roots. So what they share is not style, but a certain sincerity and individuality — each adds a different fragment to the journey of the album.

    BBB – You are originally from China, a country that seems increasingly central to the future of classical and contemporary music — one thinks of Lang Lang or Yuja Wang. What is your perspective on this? And first of all, what do you think is the “secret” behind China’s ability to train such remarkably talented musicians?
    SL – It is a difficult question, I think there is no single “secret.” China has a very strong culture of discipline, dedication, and respect for serious study, and that creates an environment where young musicians can build an extraordinary technical foundation very early. But technique alone is never enough. What matters just as much is how that foundation later opens into imagination, individuality, and a deeper artistic voice. I think what is exciting today is that more and more Chinese musicians are no longer seen only through the lens of virtuosity, but as artists with very distinct personalities and perspectives. For me, that is the most important development: not simply producing excellent pianists, but musicians who can contribute something personal to the global musical conversation.

    BBB – What are your upcoming projects? A new album? Concert performances?
    SL – I definitely hope to continue making albums, when the idea has had time to mature properly and feels artistically convincing. For me, recording has to grow out of a clear inner concept rather than simply becoming the next project. Alongside that, I’d love to explore more chamber music collaborations and more cross-cultural or cross-genre projects, where different artistic languages can genuinely meet. Concert performances will, of course, remain central, but I’m especially excited by the idea of building programmes and collaborations that open new spaces for dialogue and imagination.

    BBB – Bla Bla Blog always enjoys discovering the tastes of the artists we meet. Could you tell us about your recent favourites — in music, of course, but also in books, exhibitions, films or series? 
    SL – Apart from classical music, my listening has been moving between very different worlds (Jazz, R&B, Pop etc.), though I’ve realised I probably have quite an old soul in my musical taste. I always return with great pleasure to artists like Art Tatum, Herbie Hancock, Eugen Cicero, Keith Jarrett, and Joan Baez, amongst others. More recently, I’ve also been very drawn to the cellist Abel Selaocoe, whose music has such rawness, freedom, and authenticity. Outside music, I’m deeply interested in ceramic art, not only as a viewer but also as a maker, which has become an important parallel practice for me. In books, I’m currently finishing Nightingale, and I’m generally drawn to historical fiction as well as more philosophical writing, such as Viktor Frankl’s Man’s Search for Meaning. In visual art, I especially love the installations at the Bourse de Commerce – Pinault Collection in Paris; that kind of immersive, atmospheric contemporary art speaks to me strongly. And in films or series, I tend to gravitate toward historical dramas and psychological thrillers.

    BBB – Thank you. 

    Siqian Li, Voyage among Fragments, Sagitta Musica. 2026
    https://www.siqian-li.com
    https://www.facebook.com/siqianpianist 
    https://www.instagram.com/siqianpianist 
    https://www.youtube.com/@siqianpianist 

    Also : "Siqian Li : 'Le grand répertoire pianistique du XIXe siècle ? je n’en ressentais pas le besoin !'"
    "Notre cœur fait Boum!"

    "Qu’elles caractères…"

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  • Siqian Li : "'Voyage among Fragments' est un album sur la transformation, la mémoire et le dialogue entre différents mondes"

    Bla Bla Blog avait eu un coup de cœur pour la pianiste Siqian Li, auteure d’un premier album, Voyage among Fragments. Un opus éclectique, allant du classique au contemporain, en passant par la chanson française. Voilà un choix qui nous a intrigué et nous a donné envie de rencontrer Siqian Li. Elle a eu la gentillesse de répondre à nos questions.

    Bla Bla Blog – Bonjour, Siqian Li. Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ? D’où venez-vous et quel est votre parcours ?
    Siqian Li – Je viens de Chongqing, une magnifique ville montagneuse dans le sud-ouest de la Chine. C’est là que mon parcours musical a débuté. Depuis, ce parcours m'a mené vers plusieurs pays et vers des univers artistiques très différents, de ma formation initiale en Chine à mes études aux États-Unis et au Royaume-Uni. Chaque lieu m'a façonné. Rétrospectivement, mon chemin n'a jamais ressemblé à une ligne droite, mais plutôt à une succession de rencontres, de lieux et de découvertes qui ont progressivement contribué à faire de moi la musicienne que je suis aujourd'hui.

    BBB – Vous proposez un album très international et où les artistes français ont une place de choix. On pense d’abord à Maurice Ravel, bien sûr. J’ai l’impression que le grand public redécouvre ce compositeur depuis quelques années. Ravel n’apparaît-il pas plus moderne qu’on ne le croit ?
    SL – Oui, je suis d'accord. Je pense que Ravel peut paraître bien plus moderne qu'on ne l'imagine au premier abord. On l'associe souvent à l'élégance, au raffinement et à la richesse des couleurs, ce qui est tout à fait vrai, mais il y a aussi, sous cette apparence, une précision extraordinaire et une sorte d'ambiguïté émotionnelle qui résonne profondément avec notre époque. Sa musique n'est jamais sentimentale de façon facile ; elle est maîtrisée, limpide et souvent légèrement troublante, même lorsqu'elle est belle. C'est en partie pour cela qu'il résonne encore si fortement aujourd'hui. Dans une œuvre comme La Valse, par exemple. On perçoit non seulement de la brillance et de la sophistication, mais aussi de l'instabilité, de la tension et une transformation, ce qui la rend très proche de notre temps.

    BBB – Dans votre album, il y a aussi, ce qui est plus étonnant, Charles Trénet. Pourquoi avez-vous choisi ces standards populaires de la chanson française ?
    SL – Ce qui m'a d'abord séduit, c'est la fascination que j'ai ressentie en découvrant ces arrangements. Weissenberg s'empare des chansons de Trénet et les métamorphose avec une imagination, un esprit et une virtuosité pianistique exceptionnels, tout en préservant leur fraîcheur et leur spontanéité. J'ai été immédiatement conquise. Les choisir pour l'album était aussi une manière délibérée de m'éloigner d'une conception figée de ce que devrait être un album de musique classique. Je souhaitais que le répertoire soit vivant, surprenant, plein de caractère et immédiatement captivant.

    BBB –  On sait que les pianistes raffolent du répertoire romantique du XIXe siècle (Chopin, Brahms ou Schumann). Or, vous n’avez pas fait ce choix. Vous semblez même préférer des adaptations au piano. Pouvez-vous nous expliquer vos choix dans le programme de cet album ?
    SL – J'éprouve un profond amour et un grand respect pour le grand répertoire pianistique du XIXe siècle, mais je ne ressentais pas le besoin, pour mon premier album, de m'inscrire directement dans un espace déjà si richement et magnifiquement documenté. Plutôt que de me demander ce qu'un premier album est censé contenir, je voulais me demander quel répertoire résonnait le plus fidèlement avec ma voix artistique à ce moment précis. Les transcriptions sont devenues centrales pour cette raison : pour les meilleures, ce ne sont pas de simples versions secondaires mais des réinterprétations qui donnent une seconde vie à une musique familière et révèlent de nouvelles couleurs, textures et perspectives. Cela me semblait profondément en phase avec l'esprit de Voyage among Fragments, un album sur la transformation, la mémoire et le dialogue entre différents mondes. Le programme s'est donc développé à partir de cette idée : non pas d'un désir d'éviter la tradition, mais d'une volonté de l'aborder d'une manière plus personnelle et vivante.

    De plus en plus de musiciens chinois ne sont plus perçus uniquement sous l'angle de la virtuosité

    BBB – La musique du XXe siècle est présente avec notamment la Rhapsody in Blue de George Gershwin. Elle est moins jouée pour piano seul que pour orchestre. Quelles ont été les difficultés dans l’interprétation de cette œuvre ?
    SL – J'ai interprété les deux versions, celle pour piano solo est en réalité plus exigeante à certains égards car il faut maîtriser tout l'univers sonore de l'orchestre de jazz : on est responsable non seulement de la virtuosité, mais aussi de la couleur, du rythme et de la vitalité même de la pièce. Techniquement, cela demande donc une maîtrise et une imagination considérables. Mais c'est aussi ce qui la rend si agréable à jouer. Précisément parce que tout repose entre vos mains. On éprouve une immense liberté : on peut modeler le tempo, le swing et les contrastes de manière très directe, presque comme si l'on devenait à la fois pianiste et orchestre.

    BBB – Vous nous faites découvrir des compositeurs peu connus. Je pense à Franz von Vecsey, Nicolas Dalayrac mais aussi à votre compatriote Wang-hua Chu. Pourquoi avoir choisi de les inclure dans votre programme ? Ont-ils un point commun ?
    SL – Bien qu'issus d'univers très différents, chacun apporte une voix singulière, intime et légèrement décalée, ce qui était essentiel pour moi. Je souhaitais que le programme comprenne non seulement des morceaux incontournables, mais aussi des œuvres susceptibles de surprendre l'auditeur et d'ouvrir un nouvel espace émotionnel. Dalayrac apporte simplicité et tendresse, Vecsey une élégance douce-amère, et Wang-hua Chu est en lien direct avec mes propres racines musicales. Ce qu'ils partagent n'est donc pas un style, mais une certaine sincérité et une individualité – chacun contribuant à l'histoire de l'album par une fragmentation unique.

    BBB – Vous êtes originaires de Chine où semble se dessiner l’avenir de la musique classique et contemporaine. On pense à Lang Lang ou Yuja Wang. Qu’en pensez-vous ? Et d’abord, dites-nous quel est le secret de ce pays qui parvient à former des musiciens et musiciennes aussi talentueux et talentueuses ?
    SL – C'est une question complexe, et je pense qu'il n'existe pas de "secret" unique. La Chine possède une culture très forte de la discipline, du dévouement et du respect pour les études sérieuses, ce qui crée un environnement où les jeunes musiciens peuvent acquérir très tôt des bases techniques exceptionnelles. Mais la technique seule ne suffit jamais. Ce qui compte tout autant, c'est la manière dont ces bases s'ouvrent ensuite à l'imagination, à l'individualité et à une expression artistique plus profonde. Ce qui est passionnant aujourd'hui, c'est que de plus en plus de musiciens chinois ne sont plus perçus uniquement sous l'angle de la virtuosité, mais comme des artistes dotés de personnalités et de perspectives bien distinctes. Pour moi, c'est là l'évolution la plus importante : non pas former d'excellents pianistes, mais des musiciens capables d'apporter une contribution personnelle au dialogue musical mondial.

    BBB – Quels sont vos projets ? Un futur album ? Des concerts ?
    SL – J'espère bien sûr continuer à enregistrer des albums, lorsque l'idée aura eu le temps de mûrir et qu'elle me semblera artistiquement convaincante. Pour moi, l'enregistrement doit naître d'un concept intérieur clair et non pas simplement devenir un nouveau projet. Parallèlement, j'aimerais explorer davantage de collaborations en musique de chambre et de projets interculturels ou intergenres, où différents langages artistiques peuvent véritablement se rencontrer. Les concerts resteront, bien sûr, essentiels, mais je suis particulièrement enthousiaste à l'idée de concevoir des programmes et des collaborations qui ouvrent de nouveaux espaces de dialogue et d'imagination.

    BBB – Bla Bla Blog aime connaître les goûts des personnes qu’il rencontre. Pouvez-vous nous parler de vos derniers coups de cœur en matière de musiques (bien sûr !), mais aussi de livres, d’expositions, de films ou de séries ?
    SL – Hormis la musique classique, mes écoutes oscillent entre des univers très différents (jazz, R&B, pop, etc.), même si je me rends compte que mes goûts musicaux sont sans doute assez classiques. Je reviens toujours avec grand plaisir vers des artistes comme Art Tatum, Herbie Hancock, Eugen Cicero, Keith Jarrett et Joan Baez, entre autres. Plus récemment, j'ai également été très attirée par le violoncelliste Abel Selaocoe, dont la musique est d'une telle intensité, d'une telle liberté et d'une telle authenticité ! En dehors de la musique, je m'intéresse profondément à l'art de la céramique, non seulement en tant que consommatrice, mais aussi en tant que créatrice, une pratique parallèle importante pour moi. Côté lecture, je termine actuellement Nightingale [de Kristin Hannah] et je suis généralement attirée par les romans historiques ainsi que par les écrits plus philosophiques, comme Découvrir un sens à sa vie de Viktor Frankl. En art visuel, j'apprécie particulièrement les installations de la Bourse de Commerce – Collection Pinault à Paris ; ce type d'art contemporain immersif et atmosphérique me touche profondément. Et au cinéma ou en série, j'ai tendance à privilégier les drames historiques et les thrillers psychologiques.

    BBB – Merci. 

    Traductions : MHC et BC
    Demain, retrouvez sur ce site l’interview originale en anglais de Siqian Li.

    Siqian Li, Voyage among Fragments, Sagitta Musica. 2026
    https://www.siqian-li.com
    https://www.facebook.com/siqianpianist 
    https://www.instagram.com/siqianpianist
    https://www.youtube.com/@siqianpianist

    Voir aussi : "Notre cœur fait Boum!"
    "Qu’elles caractères…"

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