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john barry

  • Thierry Caens a le Smile

    C’est une invitation autant musicale que cinématographique que nous propose le trompettiste Thierry Caens dans son nouvel opus bien nommé La Strada (Indésens). C’est justement le titre de Nino Rota qui ouvre cet album coloré qui devrait ravir autant les amoureux et amoureuse du 7e art (mais aussi de la télé) que les mélomanes. Il faut souligner l’excellent livret de l’album physique qui permet de faire un focus sur les compositeurs présents dans lequel l’instrumentiste parle de ces musiciens et souvent amis. Ajoutons que l’instrumentiste avait participé à la BO de Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau. Cinéma et musique, déjà. 

    Pour La Strada, le jeu subtil de Thierry Caens sert à merveille le titre du chef d’œuvre de Fellini, mêlant insouciance italienne, sens de la fête, expressivité mais aussi mélancolie. Le trompettiste ne surjoue pas : dans cette adaptation "de chambre", il respecte La Strada, avec le même souhait de nous ramener quelques années en arrière. De même, Manix, l’un des chefs d’œuvre de Lalo Schifrin, respecte l’esprit insouciant des sixties : densité orchestrale, sens du rythme, couleurs. On retrouve la même facture jazzy et la même douce nostalgie dans La Panthère Rose d’Henry Mancini, célèbre grâce à sa mélodie culte.  

    On est ravis de trouver dans un album qui sent l’amour du cinéma, la Cavatine extraordinaire de Stanley Myers, extraite du Voyage au bout de l'enfer. Si peu jouée mais pourtant si exceptionnelle. Quand l’écoutera-t-on enfin dans des concerts ou des albums classiques.

    Outre le néoclassique et paradoxalement très français Papillon de l’Américain Jerry Goldsmith, tiré du chef d’œuvre éponyme avec Steve McQueen et Dustin Hoffmann, l’auditeur ou l’auditrice découvrira sans doute l’onirique La Maison du lac de Dave Grusin. Le film de 1981 avec Katharine Hepburn, Henry Fonda et Jane Fonda est certes sorti de beaucoup de têtes. Voilà qui rend l’adaptation de Thierry Caens particulièrement importante et donne envie de voir ou revoir ce film délicat et crépusculaire sur les liens familiaux et sur le temps qui passe.

    Crépusculaire, Le bon, la brute et le truand l’est aussi. On le doit au "génie absolu" Ennio Moriconne  (les mots sont de Thierry Caens himself). Le trompettiste avait le choix dans les quelques 500 films du maestro italien. Il a choisi ce morceau culte et sombre du western spaghetti considéré comme un chef d’œuvre – encore un !

    La vie est belle est le plus beau titre de cet album, au point qu’il vous tire inévitablement les larmes aux yeux

    Autre western, le film The Alamo est porté par une bande-son écrite par le compositeur américain Dimitri Tiomkin, né en Ukraine et nationalisé américain et que le célèbre trompettiste français considère comme "un des plus brillants compositeurs de l’âge d’or hollywoodien". Mélodie simple et efficace, retenue et efficacité. Voilà qui fait la qualité de The Alamo, certes pas le plus connu des titres de l’album.

    S’il est un nom reste à l’âge d’or hollywoodien, c’est bien celui de Charlie Chaplin. Réalisateur de génie (peut-être le plus grande l’histoire du cinéma), il fut aussi, et on le sait moins, un compositeur tout aussi génial. Thierry Caens propose une adaptation pour trompette de Smile, tiré des Temps modernes. Il fait de ce standard un titre jazz et glamour. De quoi (re)tomber amoureux ou amoureuse.

    On ne dira jamais assez quel formidable compositeur fut John Barry, trop souvent limité à "l’indicatif" de James Bond. Une preuve avec cette version pour trompette de Danse avec les loups. On a certes le droit de préférer l’original à l’harmonica, il n’en reste pas moins que l’adaptation à la trompette a tout son charme.

    Non sans audace, l’instrumentiste propose une adaptation de Psychose, la musique-générique du film d’épouvante d’Hitchcock. Trompettes, percussions et cordes ressassent le célèbre thème, aussi célèbre que la fameuse scène de la douche. L’esprit sixties est là, tout comme l’esprit machiavélique planant au-dessus du Bates Motel. Moins connu, le titre de Marvin Hamlisch, Nos plus belles années, invitent à la nostalgie et à la douceur. Ce morceau, peu connu, est proposé grâce à la collaboration du trompettiste avec le duo Cordes et Âmes.

    Pour finir,  Bla Bla Blog se lance avec courage : l’interprétation de La vie est belle est le plus beau titre de cet album, au point qu’il vous tire inévitablement les larmes aux yeux. La "faute" à cette orchestration fine et au jeu tout en retenu de la trompette. Il est rare d’entendre de telles musiques de film pouvant porter en quelques mesures la joie, la douleur, la paix et la mélancolie. On la doit à Nicola Piovani. Rien que pour ce morceau, cet album Strada est à se procurer et à écouter impérativement. Et au moins dix mille fois !

    Thierry Caens, La Strada Les grandes B.O. du cinéma international,
    avec l’Orchestre National Avignon-Provence et l’Orchestre Dijon-Bourgogne, Indésens Calliope, 2026

    https://indesenscalliope.com
    https://www.thierrycaens.com

    Voir aussi : "Élévations et émancipations"

  • Chiller avec les sœurs Berthollet

    Fans de séries et de musique, j’ai l’album qu’il vous faut, histoire de vous faire papillonner les oreilles durant cet été : l’album de Camille et Julie Berthollet, Series. Les deux divas du violon ont choisi depuis leurs débuts de rendre la musique classique attrayante, hypermoderne, sexy, en un mot : pop.

    Le medley Series (en anglais et sans accent) laisse de côté le répertoire de Vivaldi, Mozart ou Bach, au profit de revisites en musique de chambre ou avec grand orchestre de grands thèmes télévisés, adaptés avec talent par Matthieu Gonet.

    On y trouvera quelques standards incontournables – "La Panthère Rose" (Henri Mancini), "Mission Impossible" (Lalo Shiffrin), "Les Simpson" (Danny Effman), sans oublier le formidable "Amicalement Vôtre" de John Barry, au rythme, à la densité et à la tension intacts. Plus près de nous, impossible de ne pas louper non plus ces génériques télé passés désormais à la postérité : "Game of Thrones" de Ramin Djawadi, "Downton Abbey" de John Lunn, "The Crown" (composés par Lorne Balfe, Rupert Gregson-Williams et – excusez du peu – Hans Zimmer) ou, certes moins connu, "Le Jeu de la Dame"  avec l’envoûtant "The Queen’s Gambit" de Carlos Rafael Rivera.

    N'oublions pas "House of Cards" de Jeff Beal. Pour la musique de la série politique américaine, les sœurs Berthollet parviennent à en faire une création presque contemporaine capable de vous donner la chair de poule. Impossible non plus de ne pas citer le thème de "Stranger Things" de Kyle Dixon et Michael Stein, si bien visité (il faut bien sûr évoquer le gros travail de Matthieu Gonet et Ronan Maillard) qu’il semble être une authentique création.

    Qui dit adaptations dit parfois revisites surprenantes, à l’instar du "Bella Ciao", un traditionnel italien remis au jour par la série espagnole Casa del Papel.

    Cool, quoi

    L’auditeur s’arrêtera certainement avec un big smile aux lèvres sur le "Yakety sax" de James Q. Rich et Boots Randolph, popularisé par la série – pour certains ou certaines "honteuse" – Benny Hill, générique ultra-célèbre que les deux violonistes nous ressortent avec une belle audace.

    Dans ce mélange régressif et franchement plaisant, Camille et Julie Berthollet n’oublient pas de proposer des morceaux moins connus, tel que "The Skye Boat Song" aux accents écossais. Rien de plus normal pour ce thème d’Outlander, qui est lui aussi issu d’un répertoire populaire et traditionnel.

    L’auditeur découvrira sans doute ce titre de Marron 5, "Girls Like You", une singulière revisite en musique de chambre très XVIIIe siècle pour la série La Chronique des Bridgerton. Des bandes originales font figure de vraies belles découvertes. C’est le cas du nerveux et coloré "The Game Is On", un thème de David Arnold et Michael Price pour la série Sherlock ou de la non moins captivante musique et création "The Leftovers" de Max Richter.

    La France n’est pas absente de ce medley, car sont présents les thèmes de l’enjouée Dix pour cent de Loïk Dury et Christophe Mink et le succès tricolore Lupin ("Arsène" de Mathieu Lamboley, aux accents de musique française de la fin du XIXe et du début du XXe siècle).

    Admettons quelques écarts avec le titre de l’album, puisque quelques thème de films – et non de séries – se glissent dans ce medley, en l’occurrence le délicieux "La La Land" de Justin Hurwitz, respecté à la lettre, y compris dans le mélange comédie musicale Broadway et jazz, mais aussi un extrait de la BO d’Intouchables, composée par le désormais culte Ludovico Einaudi.  

    Toujours aussi surprenantes, les sœurs Berthollet proposent deux inédits. Julie Bethollet a composé et chante le mélancolique "Flashback". Le morceau a été adapté par Camille Berthollet. Le second, justement intitulé "Générique" (proposé à la fin de l’album, évidemment) est un instrumental à la facture classique, s’écoutant comme un concerto pour piano. Il a été lui aussi composé par Julie Berthollet et arrangé par sa sœur.

    Les deux musiciennes ont eu l’excellente idée de proposer en bonus de leur album le sombre et déchirant  "Concerto de l’adieu" de Georges Delerue, extrait de la bande originale du film Diên Biên Phu.  

    Tout cela est cool, quoi. De quoi se réconcilier avec la musique classique, si encore on était fâché avec elle. 

    Camille & Julie Berthollet, Series, Warner Classics, 2021
    Orchestre national d’Île-de-France, sous la direction d’Ernst van Tiel
    https://www.warnerclassics.com/fr/release/series
    https://www.camilleetjulieberthollet.com
    https://www.facebook.com/camilleetjulieberthollet
    https://www.instagram.com/julieberthollet/?hl=fr
    https://www.instagram.com/camilleberthollet/?hl=fr
    https://www.youtube.com/channel/UCd4tZR7nSGBtHF5Gbt4BZQg

    Voir aussi : "La la la ♫♪♫"

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