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  • Alex Varenne, libre et libertin

    En 2005 et 2006, le dessinateur et peintre Alex Varenne a accordé une série d’entretiens à Luc Duthil. Ces entretiens ont été retranscrits dans l’ouvrage richement illustré, Alex Varenne, Itinéraire d’un Libertin : une belle entrée en matière pour qui veut découvrir une figure influente de la bande dessinée érotique, mais également un peintre attachant.

    Alex Varenne, personnage atypique et passionnant, a laissé sa patte reconnaissable entre toutes dans un genre peu connu, quand il n'est pas – injustement – dénigré : la bande dessinée érotique, un paradoxe à notre époque où la pornographie est accessible partout avec l’Internet !

    alex varenneAlex Varenne excelle dans ces planches au noir et blanc élégant, dans ses dessins aux traits précis, dans ses visages délicats et dans les corps féminins soignés et mis en valeur. Le corps féminin reste plus que jamais le sujet principal d’Alex Varenne, y compris dans ses peintures les plus récentes, bientôt exposées à Paris à la galerie Art En Transe Gallery (Paris 3e). L’auteur d’Ardeur ou de de la série Erma Jaguar magnifie les femmes avec un sens du détail et de la mise en scène qu’il travaille sans laisser la place au hasard : l’artiste explique qu’il photographie ses modèles dans toutes les positions avant de se mettre au crayon et de les coucher sur papier.

    Dans Itinéraire d’un Libertin, Alex Varenne n’omet rien de sa carrière, dont il parle avec passion et avec une rare franchise.

    À ses débuts, le futur auteur de La Molécule du Désir est un professeur pour qui la bande dessinée est une activité peu lucrative, en raison notamment de la frilosité des éditeurs. Lorsqu’il entame le premier album de sa série Ardeur, c’est en collaboration avec son frère Daniel Varenne. La collaboration fructueuse donne naissance à un des chefs d’œuvre de la bande dessinée, avant que le scénariste engagé et le dessinateur, qui excelle déjà dans des dessins expressifs (mais aussi des scènes érotiques imposées pour les besoins du récit), ne se brouillent. C’est comme libéré qu’Alex Varenne trouve sa voie dans la bande dessinée érotique, encouragé notamment par Georges Wolinski, avec un passage notable à Charlie Mensuel.

    Dans cette confession sans langue de bois, Alex Varenne parle abondamment des femmes qu’il admire, aime et reproduit sans retenue. Il ne cache pas non plus la portée autofictionnelle – pour ne pas dire autobiographique – de ses réalisations. Fantasmes, pulsions, contes, détournements : Alex Varenne explore le sexe sous toutes ses latitudes, en n’établissant, dit-il, qu’une barrière : celle de la morbidité. Ce qui n’empêche pas l’artiste d’avoir traité malicieusement de sujets comme le SM, le bondage ou la nécrophilie !

    alex varenneIntelligemment, le livre d’entretien dépasse le simple portrait d’un dessinateur capital, à la fois libre et libertin. Luc Duthil met également son travail artistique dans la perspective de ses influences : ses confrères de la BD érotique (Milo Manara ou Guido Crepax en premier lieu), mais aussi les peintres américains contemporains du pop art – Roy Liechtenstein, ajouterons ceux qui ont pu admirer ses toiles. Amoureux de l’Asie, Alex Varenne ne cache pas non plus son intérêt pour les estampes japonaises ou pour les mangas. À ce sujet, le livre d’entretiens rappelle qu’Alex Varenne a été sollicité pour proposer aux lecteurs nippons deux ouvrages aux éditions Kodansha – un projet qui fera, hélas, long feu.

    Alex Varenne ne manque pas non plus de s’arrêter sur ses albums les plus emblématiques (que Bla Bla Blog abordera d’ailleurs dans les prochaines semaines) : Ardeur, Carré noir sur dames blanches, Angoisse et Colère, Erma Jaguar, Les Larmes du Sexe, Amours fous, Gully Traver ou Yumi - La Molécule du Désir (déjà chroniqué dans cet article : "Le Viagra, en plus efficace et plus drôle").

    Sans abandonner la bande dessinée érotique, Alex Varenne s’affirme également dans la peinture, un domaine dans lequel le créateur d’Erma Jaguar excelle : ses thèmes favoris – la femme et l’érotisme – sont déclinés dans des toiles aux aplats colorés, aux personnages saisissants et aux scènes strip-art tour à tour réalistes, oniriques ou mystérieuses. Les femmes de Varenne, "femmes de papier" devenues "femmes de toile", sont peintes amoureusement, sans concession, et parfois avec humour : femmes d’extrême-orient ou de Paris (que le peintre et dessinateur connaît bien), prostituées de nulle part et d’ailleurs, madonnes déshabillées inspirées de la Renaissance, héroïnes fatales, inconnues ordinaires surprises dans l’intimité, dominatrices ou BCBG des quartiers huppées.

    On n’ôtera pas à Alex Varenne son combat d’une vie : grâce à la bande dessinée mais aussi la peinture, ce libertin ne nous parle-t-il pas de la liberté, pour toutes les femmes, d’aimer ?

    Luc Duthil et Alex Varenne, Alex Varenne, Itinéraire d’un Libertin, éd. PLG, 2007, 240 p.
    http://www.alexvarenne.com
    "Le Viagra, en plus efficace et plus drôle"
    Alex Varenne, Strip Art, Art En Transe Gallery, du 8 novembre au 4 décembre 2016

    © Alex Varenne 

  • Cirkus

    ifva7bl0i2gxyan407x2.jpgÀ partir du samedi 1er octobre et durant toute la saison, le club Les Étoiles se transforme en cabaret déjanté !

    À l’origine de ces soirées, Franck Bompani, organisateur de soirées (La Boumette ou La Paillotte de L’Opéra) et Le Lettingo Cabaret (cabaret burlesque parisien) ont décidé d’unir leurs savoir-faire et créer les soirées Cirkus pour le plus grand plaisir des parisiens.

    Les soirées Cirkus s’inspirent des fêtes folles des années 80’s remises au goût du jour via un savant mélange entre clubbing actuel et cabaret d’autrefois. Circus transporte ses convives à travers une soirée clubbing décadente ou les dj’s jouent sur scène accompagnés de trapézistes, de dresseurs de perroquets, de clowns et de superbes effeuilleuses. Des happenings artistiques rythment la fête… Laissez la magie opérer ! Une soirée burlesque et glamour réunissant jusqu’à 600 noctambules sur le meilleur de la Disco, House & Deep House.

    Le club Les Etoiles a ouvert en 1876 comme café-concert géré par l’administrateur des Folies Bergères puis en tant que salle de cinéma de 1946 à 1965.Le dernier usage connu du lieu est celui de cabaret dans les années 90 dont la façade néo-classique est encore en place. En 2011, après un coup de cœur pour l’histoire et le potentiel du lieu, le duo Franck Bompani, & Vincent le Gall , fort de leur longue expérience dans l’évènementiel et épaulé par le cabinet d’architectes Mur Mur, décident d’y entreprendre des travaux. Le théâtre des Etoiles renaît de ses cendres en 2015 et propose de multiples expériences artistiques et sonores

    Tous les samedis à partir du 1er octobre aux Étoiles
    00h-06h
    61 rue du château d’eau, 75010 Paris
    Entrée : 10€, gratuit avant 1h pour les filles

  • "Raconte-moi l'Histoire" censuré

    Le site Raconte-moi l'Histoire avait été chroniqué il y a déjà deux ans par Bla Bla Blog – cela avait d'ailleurs été un de ses premiers articles : "Une histoire, une histoire, une histoire..."

    La bloggeuse Marine, qui s'était lancée dans la publication de billets historiques et irrévérencieux, a eu la mauvaise surprise, le 26 septembre dernier, de voir sa page Facebook censurée et supprimée par le plus célèbre des réseaux sociaux : "Presque 15 000 personnes lésées. Pourquoi ? Je ne sais pas. Une publication ne respecte pas les conditions de publication. Ce peut être un téton qui dépasse, une paire de fesses ou je ne sais quoi", se désole la responsable de Raconte-moi l'Histoire. Ce blog "éducatif" a fait de l'histoire un sujet drôle et impertinent, bien loin des cours ennuyeux que nous avons tous connus sur les bancs de l'école.

    Espérons que cette décision ne soit qu'une mauvaise plaisanterie. En attendant, Raconte-moi l'Histoire est toujours visible à cette adresse : http://www.racontemoilhistoire.com.

    Allez, Marine, tiens bon !

    Raconte-moi l'Histoire
    "Une histoire, une histoire, une histoire..."