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tragedie

  • Eschyle dépoussiéré

    Focus sur l’édition 2017 de L’Orestie d’Eschyle publiée par Larousse. L’auteur ? Un vieux monsieur de près de 2500 ans. Auteur classique, le tragique grec est l’auteur de plus de cent pièces de théâtre, dont seulement sept nous sont parvenues. Parmi celles-ci, il y a les trois volets de sa trilogie L’Orestie, Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides. Elles sont présentes aux éditions Larousse dans une version moderne qu’il est bon de découvrir ou de redécouvrir.

    L’Orestie appartient presque à un genre à part, celui de la saga troyenne. La Guerre de Troie a fortement marqué les auteurs et poètes Grecs. Ils en ont fait le décor de beaucoup d’œuvres. Agamemnon en fait partie. Le roi d’Argos revient au pays après dix ans de guerre. Il porte sur lui le meurtre de sa fille Iphigénie, sacrifiée pour la victoire des Grecs contre les Troyens. La reine Clytemnestre, sa femme, est là. Elle ne l’attendait plus et se montre tour à tour heureuse, troublée et finalement déconcertée. Elle a un amant, Égisthe, n’a pas oublié la mort de sa fille et constate que son mari amène avec lui une esclave troyenne, l’ex-princesse troyenne Cassandre. Le drame est là. Clytemnestre tue son mari et cette esclave. Un meurtre qui n’est que le début d'un cycle de meurtres. 

    Crime-vengeance-crime

    Le processus crime-vengeance-crime est enclenché dans Agamemnon. Dans Les Choréphores, Oreste, le fils du roi, entreprend de laver sa mort en tuant sa propre mère. Eschyle vient puiser dans la mythologie et la religion qui nourrissent sa réflexion sur le mal et l’interdit.

    Nous sommes dans un triple drame suivant le conflit dévastateur de Troie, comme si la victoire sur la cité ennemie appelait à un retour de bâton. La Grèce a subi de plein fouet une guerre dont les femmes semblent être des protagonistes fondamentales et surtout des victimes. Comme pour L’Orestie. Clytemnestre est celle qui déclenche le cycle de la mort par jalousie autant que par douleur.

    Dans cette histoire de drames mêlant chœurs, incantations, dialogues faisant avancer le récit et lamentations, Eschyle parle de la manière dont la violence s’enclenche et comment les déesses de la vengeance (les Érinyes) peuvent se transformer en celles de la justice (Les Bienveillantes). Une vision poétique autant qu’éthique qui n’a pas prise une ride. 

    Eschyle, L'Orestie, éd. Larousse, 2017, 144 p.
    https://www.editions-larousse.fr/livre/lorestie-9782035938992

    Voir aussi : "Un si long procès"

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    Focus sur l’édition 2017 de L’Orestie d’Eschyle publiée par Larousse. L’auteur ? Un vieux monsieur de près de 2500 ans. Auteur classique, le tragique grec est l’auteur de plus de cent pièces de théâtre, dont seulement sept nous sont parvenues. Parmi celles-ci, il y a les trois volets de sa trilogie L’Orestie, Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides. Elles sont présentes aux éditions Larousse dans une version moderne qu’il est bon de découvrir ou de redécouvrir.

    L’Orestie appartient presque à un genre à part, celui de la saga troyenne. La Guerre de Troie a fortement marqué les auteurs et poètes Grecs. Ils en ont fait le décor de beaucoup d’œuvres. Agamemnon en fait partie. Le roi d’Argos revient au pays après dix ans de guerre. Il porte sur lui le meurtre de sa fille Iphigénie, sacrifiée pour la victoire des Grecs contre les Troyens. La reine Clytemnestre, sa femme, est là. Elle ne l’attendait plus et se montre tour à tour heureuse, troublée et finalement déconcertée. Elle a un amant, Égisthe, n’a pas oublié la mort de sa fille et constate que son mari amène avec lui une esclave troyenne, l’ex-princesse troyenne Cassandre. Le drame est là. Clytemnestre tue son mari et cette esclave. Un meurtre qui n’est que le début d'un cycle de meurtres. 

    Crime-vengeance-crime

    Le processus crime-vengeance-crime est enclenché dans Agamemnon. Dans Les Choréphores, Oreste, le fils du roi, entreprend de laver sa mort en tuant sa propre mère. Eschyle vient puiser dans la mythologie et la religion qui nourrissent sa réflexion sur le mal et l’interdit.

    Nous sommes dans un triple drame suivant le conflit dévastateur de Troie, comme si la victoire sur la cité ennemie appelait à un retour de bâton. La Grèce a subi de plein fouet une guerre dont les femmes semblent être des protagonistes fondamentales et surtout des victimes. Comme pour L’Orestie. Clytemnestre est celle qui déclenche le cycle de la mort par jalousie autant que par douleur.

    Dans cette histoire de drames mêlant chœurs, incantations, dialogues faisant avancer le récit et lamentations, Eschyle parle de la manière dont la violence s’enclenche et comment les déesses de la vengeance (les Érinyes) peuvent se transformer en celles de la justice (Les Bienveillantes). Une vision poétique autant qu’éthique qui n’a pas prise une ride. 

    Eschyle, L'Orestie, éd. Larousse, 2017, 144 p.
    https://www.editions-larousse.fr/livre/lorestie-9782035938992

    Voir aussi : "Un si long procès"

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  • Dans la cité des anges

    La composition en alexandrin est un exercice si rare et si complexe que son utilisation par des auteurs contemporains donne paradoxalement à ces œuvres une éloquente modernité. La preuve avec Los Angeles, une tragédie de Jean Hautepierre sortie en 2022 aux éditions ODS.

    Los Angeles – littéralement "la cité des anges" – ne pouvait pas mieux se prêter à cette pièce s’interrogeant sur l’apocalypse, la vie, la mort, la lutte entre bien et le mal mais aussi la folie.

    Le premier acte démarre dans un casino. Einstein disait que Dieu ne joue pas aux dés. Stello, le personnage principal de la tragédie, lui, mise dans une cité que l’on dirait perdue. "En vain pour toi tourne sans fin la roue du monde", commente le chœur des démons. Jean Hautepierre choisit en effet de faire se dialoguer, pour l’essentiel, Stello et des chœurs. Ne surviennent qu’épisodiquement un Docteur Noir, réincarnation moderne du Docteur Faust, un ange, Galadriel et Satan. 

    L’utilisation de l’alexandrin est tout sauf accessoire

    On aura compris que dans cette vision fantasmagorique de Los Angeles, Jean Hautepierre a voulu écrire une tragédie antique de notre époque. Un choix qui n’est pas nouveau chez lui (Néron, Jean Sobieski). L’utilisation de l’alexandrin est tout sauf accessoire. Dans cette vision noire (et même très noire), la versification traditionnelle donne à la poésie le dernier mot. Voilà une tragédie atypique, a priori jamais jouée, et dont la découverte au format livre reste tout à fait pertinente.       

    sonora

    Voir aussi : "Sonnets pour ce siècle"

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