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  • BT93 ou le miracle d’une résurrection

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    La première écoute de BT93 nous plonge d’emblée dans la période eighties et nineties. Rien d’étonnant à cela : les titres de cet album ont été créés et enregistrés entre 1989 et 1994. Les connaisseurs reconnaîtront la facture des synthétiseurs devenus des références : Ensoniq ESQ1, TX7, TR707, Korg 01W.

    Nous sommes au mi-temps des années 90 et un jeune artiste anonyme, se faisant appeler BT93, envoie son album éponyme au format K7 à quelques maisons de production indépendantes, qui lui demandent gentiment d’aller voir ailleurs. Fin de l’histoire ? Non. Car celui qui signe le morceau rageur La hiérarchie chie laisse une œuvre d’autant moins morte-née qu’elle commence à tourner sur des platines d’inconnus et devient quasi culte. Entre-temps, BT93 s’est installé comme entrepreneur sérieux – ce qui n’est pas le moindre des paradoxes pour un homme qui chantait : "La hiérarchie chie, /Dans son froc en or massif, / Leurs couilles se sont fait la malle, / Ils ont perdu les pédales, tous à la manif !"

    C’est donc une résurrection, pour ne pas dire un petit miracle, que cet opus oublié. Près de trente ans après sa création, le disque sort enfin en vraie galette et sur les plateformes. Il est coproduit – excusez du peu – par Frédéric Lo, qui a mis sur le coup des musiciens additionnels : Marcello Giuliani à la basse et Patrick Goraguer à l’orgue Hammond et aux percussions. Tout a été remixé et remastérisé à partir d’enregistrements K7.

    Avec BT 93, nous voilà dans un album aux accents post punk-rock : Bronx generation, datant de 1989, revendique ces racines eighties, avec une chanson française dopée aux rythmes saccadés et aux synthétiseurs omniprésents et révolutionnaires. Ce premier morceau est le récit en musique d’une dangereuse rencontre dans un lieu interlope : "Tu f’rais mieux d’décamper / Le zoo du Bronx, quelle idée / Ta tête de youpie égaré / Comme dans l’« bûcher des vanités »…"

    Avec Say What Youy said, voilà un talk-over onirique (les paroles sont d’un certain Hervé Tanguy) qui peut se lire comme un hommage à Yves Simon : "J'avais oublié que je ne t'avais pas oubliée / Nous avions tant usé de salive / En mot, en baisers, en phrases définitives / Ce soir je me souviens de tes yeux, tes bras et tes pieds nus / De nos larmes et nos serments / Dont aucun ne fut tenu."

    Histoire d’amour encore avec Chasseur de tête et Pas ce soir mais peut-être demain, qui conte une "aventure d'un soir" : "Est-ce qu'on va se revoir / Ca fait longtemps que je broie du noir / J'ai un plan pour ce soir / Il faudrait juste que j’arrête de boire."

    Plus léger, On n'est pas sérieux avec les filles lorgne du côté de Patrick Coutin et de son J’aime regarder les filles : "Pourquoi j'devrais n'aimer qu'une fille / Quand tout nous pousse à en aimer plusieurs / En série mais aussi en parallèle / En solo ou bien en chœur."

    "La hiérarchie chie, /Dans son froc en or massif"

    Soyons clair : si BT93 est devenu culte c’est aussi et surtout en raison de ses titres engagés, à l’instar de Références, au parlé-chanté sombre et rugueux : "Les dirigeants d'entreprise, / Plus que jamais broyés par le quotidien, /Sont-ils condamnés à prendre des décisions / Comme des âmes soûles ?" Ce cri contre le libéralisme se fait à travers un travail sur le champ lexical économique et stratégique : "J.L. Bower, Managing the Ressource Allocation Process / Division of Research Graduate School of Business Administration / Harvard University / Cambridge, Massachussetts, 1970 / Références!" BT93 se montre par la suite bien plus explicite : "Cette chanson peut être entendue comme un plaidoyer pour un usage raisonnable d’outils relevant d’une nouvelle rationalité", chante l'artiste dont l'album unique est illustré par le cliché d'un jeune loup sautillant au milieu des tours d’affaires de La Défense, en costume cravate et attaché-case.

    Businessman privé ou énarque ? Ou les deux ? Dans L’énarque, c’est à la première personne qu’il se met dans la peau d’un de ces tristes sires : "Je suis un énarque / Parachuté au poste clé / Mais je mène ma barque / Allez faut manager..." Management, plans sociaux, consultants, carrière, petits cadeaux : pas de doute, nous sommes dans le portrait grinçant d’une de ces figures typiques du capitalisme de ces trente dernières années.

    Le moins que l’on puise dire c’est que BT93 a du répondant et assume son engagement, à l’exemple du morceau phare de l’album, Hiérarchie chie : "Moi je sais ce qui nous nique / C'est les segments stratégiques / Partage en business units / C'est pour ça que je milite." BT93 mitraille à tout-va. Le clip est un montage de plusieurs courts-métrages réalisés entre 2005 et 2010 et ayant comme thématique le monde du travail. Diffusés à la télé (France 3 notamment), avec le comédien Jean-Toussaint Bernard dans le rôle principal, le clip a été réalisé par l’artiste vidéo Yannick Dangin-Leconte (Stupeflip vite !!!).

    Fric rime avec neurasthénique. Les nuits d’un ex-winner, singulièrement plus mélancolique que rageuse, est la partie sombre de ces gagnants du libéralisme, ces pauvres types emprisonnés dans leur propre prison : "Même le Dénoral / N'a plus aucun effet / Sauf sur mon moral / Devenu papier mâché / Que faire d'un insomniaque / Chronique et hors d'attaque / Qui réclame ni dommage ni intérêt."

    Il n’y a pas plus de salut dans le titre acide RV avec les ressources humaines où le milieu de l’entreprise est aussi celui de la cruauté pleinement assumée : "Quand je serai PDG / J'en connais qui vont morfler / Chez les psychologues diplômées."

    L’album se termine avec le surprenant RER pour la défonce. Un morceau qui boucle cet album cohérent. Le titre est évidemment un calembour que pas mal de voyageurs et travailleurs franciliens reconnaîtront. "Dans les couloirs noirs je m'enfonce / Du RER pour la défonce / Cravate serrée / Moi cadre étriqué / Ouvrir dossiers / Jusque nuit veiller."

    BT93 est ressuscité, et on le doit largement à Frédéric Lo : près de trente ans après la création de cet opus, son message reste plus que jamais d'actualité.

    BT93, BT93, Dragon Accel, 2020
    https://www.facebook.com/BT93.music
    https://distrokid.com

    Voir aussi ! "Concrètement, Mona San"

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  • Nathalie Cougny : "J’aime bien surprendre, sinon c’est pas drôle !"

    Nathalie Cougny fait partie des artistes que Bla Bla Blog suit avec intérêt : peinture, romans, théâtre, poésie, engagement. Cette artiste est partout et toujours avec passion. Sa dernière actualité est un roman, Paris Rome, qui imagine la rencontre de nos jours d'une jeune peintre médiatique avec Nietzsche. Rencontre improbable et incroyable qui méritait bien qu'on pose quelques questions à l'auteure. 

    Bla Bla Blog - Bonjour Nathalie. Tu as sorti ce printemps un nouveau roman : Paris-Rome. Derrière ce titre singulièrement simple se cache une histoire étonnante : celle de la rencontre de nos jours d’une artiste-peintre talentueuse et d’un philosophe bien connu, Friedrich Nietzsche. Finalement, de quoi s’agit-il ? D’une uchronie, d’un conte philosophique ou d’un roman surréaliste?

    Nathalie Cougny - Certainement un peu des trois, mais avant tout un roman qui n’a de surréaliste que la présence de Nietzsche à notre époque et qui replace un personnage historique, réel, dans une fiction philosophique. Mais en fait, tout est vrai, même si tout n’est pas réel (sourire).

    BBB - L’image de Nietzsche est encore aujourd’hui entachée de nombreux a priori qui n’ont rien à voir avec le personnage comme avec ses idées. Qu’est-ce que Nietzsche a encore à nous apprendre et que pourrait-il dire de nos sociétés?

    NC - Je pense que les détracteurs de Nietzsche ne le connaissent pas, ne l’ont pas vraiment lu et se sont arrêtés sur des a priori colportés et une déformation de sa pensée initiale par ceux qui ne pouvaient pas faire mieux. En même temps, c’est difficile et c’est ce qui fait son génie, de comprendre une pensée que lui-même pouvait déconstruire pour montrer que rien n’est fixe. C’est ce que j’aime chez lui car, en effet, rien n’est établi et nous sommes en perpétuelle évolution. Par exemple on lui a prêté une accointance avec le régime nazi alors qu’il était antiantisémite. Mais sans doute que sa sœur y est pour beaucoup, elle qui s’est mariée à un nazi et qui a tenté de falsifier ses écrits après sa mort. La philosophie en général a plus que jamais à nous apprendre ou plutôt à nous replacer au centre de nous-même, dans une société ultra violente qui nous isole, nous rend dépendants, nous empêche de réfléchir à travers une surconsommation toujours plus grandissante et tente à nous faire perdre notre identité, je veux dire par là, qui nous lisse. La peur et la défiance sont des leviers majeurs pour parvenir à éteindre les âmes et en faire ce que l’on veut. Toutes sortes de peurs sont entretenues aujourd’hui pour nous empêcher de faire surface : le chômage, le terrorisme, la montée de l’extrême droite, répondre par une pulsion instantanée, des lois pour tout et n’importe quoi qui nous enferment, alors qu’il suffit parfois de bons sens, de remettre des valeurs en place, de se tenir aux choses, d’être ouvert à la différence et surtout d’éduquer en ce sens. Quand est-ce qu’on nous parle de réussite, de beau, d’amour ? On devrait d’ailleurs introduire la philosophie à l’école dès le plus jeune âge avec des méthodes adaptées. Aujourd’hui, nous avons oublié le sens réel du désir, du courage, du discernement, de la réflexion et donc de la philosophie. Nietzsche pourrait nous dire de ne pas nous laisser prendre à ce piège et de nous dépasser pour combattre ce qui nous tue à petit feu, l’Homme de pouvoir, et devenir ce changement, ce "surhomme", pour construire une autre société, plus juste, plus vraie, sans faux semblants, se départir de la morale chrétienne, notamment, qui est encore bien présente et qu’il tenait pour responsable de notre malheur, de cette négation de soi car elle n’est que souffrance pour l’Homme. De nous fier davantage à notre instinct plus qu’à la connaissance qui reste une interrogation, car nous vivons sur des schémas de représentation de l’Histoire, de ne pas nous laisser aveugler par ces marionnettes qui s’agitent constamment sur la place publique, d’être ami de notre solitude, d’être des créateurs, des bâtisseurs. 

    BBB - La philosophie est au centre de ce roman. Mais aussi la peinture, car l’autre personnage de ce roman est Charlotte K, une peintre. Toi-même tu es peintre, d’ailleurs. Jusqu’à quel point ce roman est un dialogue entre toi-même et Nietzsche ?

    NC - Jusqu’à un point ultime (sourire) de réalité, de projections et de fantasmes. N’ayant pu, et pour cause d’époque, rencontrer Nietzsche, comme d’autres visionnaires ou révolutionnaires dans les codes, je pense à Klimt, Darwin ou George Sand, qui pour moi sont de réelles personnalités qui repoussent nos limites, font avancer les mentalités ou la compréhension du monde, j’ai tenté ce huis clos amoureux, car l’amour, sous plusieurs formes, est le fil conducteur de tout le livre, avec ma pensée aussi, en toute modestie. D’ailleurs, je pense que je n’aurais pas fui, comme Lou Salomé, un peu lâchement, je ne me serais sans doute pas mariée, mais je serais restée avec Nietzsche (sourire). Après, il me semblait essentiel d’amener l’art comme vecteur pour faire face à ce monde, pour nous sauver quelque part de cet engrenage. L’art nous ramène à nous-même tout en éclairant le monde. De plus, Nietzsche aimait l’art et défendait, comme aujourd’hui Boris Cyrulnik que j’ai eu la chance de rencontrer, au moins un (sourire), l’art comme "outil" de contradiction face à l’enfermement de la société, ses travers et ses abus. Les artistes sont essentiels pour, non seulement nous faire prendre conscience de la réalité à travers leurs œuvres, nous toucher, nous donner du bonheur, nous faire réfléchir et c’est valable pour tous les arts, mais leur liberté doit leur permettre aussi d’être des porte-voix, de faire tomber les préjugés et de défendre des causes ouvertement. Pour moi l’artiste est hors monde et en plein dedans, il n’est pas cet être naïf, perché sur son nuage et indifférent à tout, pour moi il est en plein dans la vie et son rôle est de premier plan.

    J’aime les auteurs troubles et les personnages forts

    BBB - Une question me taraude : plutôt qu’un nom de famille pour Charlotte, tu as choisi l’initiale K. C’est un hommage à Kafka ?

    NC - Ça aurait pu être une Métamorphose à la Kafka, que j’ai pas mal lu aussi il y a longtemps, j’aime les auteurs troubles et les personnages forts, marquants, à la psychologie intrigante, à la limite entre la raison et la folie. Mais c’est un pur hasard, je trouvais que ça sonnait bien et j’avais envie de laisser planer un mystère, dont je n’ai pas tiré profit d’ailleurs dans le livre.

    BBB - Paris-Rome se lit comme un roman véritablement engagé, âpre et en un sens provocateur comme beaucoup de tes livres. On sent chez toi la femme toujours en mouvement. Quel est ton moteur ?

    Plus la société veut nous "enfermer", plus elle nous pousse à être engagé. J’estime que nous vivons des régressions, notamment pour les droits des femmes dans le monde, mais pour les personnes elles-mêmes, la multiplication des violences en tout genre, la liberté d’expression, le droit à la différence. J’ai le sentiment qu’on cherche à nous étouffer dans une société où le jugement gratuit est devenu la norme, notamment à travers les réseaux sociaux. J’avoue ne pas le subir personnellement, mais je le vois tous les jours. Mon moteur c’est la vie, peut-être parce que je suis athée et que je ne crois pas à la vie après la mort, alors c’est ici et maintenant. C’est ce que j’ai appris de Nietzsche notamment, le grand "oui" à la vie et dépasser toute chose, toute souffrance pour en faire quelque chose de positif, ne pas être dans le ressentiment, dans la jalousie, dans tous ces sentiments qui sont des freins à la vie et nous empêchent d’avancer. Ma vie a commencé sans père et a continué à mettre sur ma route des épreuves, encore récemment le décès de ma mère, que je surmonte par la création, l’amour, le partage, le soutien aux autres aussi et par ce sentiment que la vie, qui est gratuite et nous offre tous les possibles, doit être respectée, défendue et surtout vécue. Après, c’est à nous de la rendre acceptable et belle, nous en avons les moyens en nous, mais nous subissons tellement de choses de toute part que nous nous laissons enfermer. Ce roman est engagé car il déconditionne l’amour, pas seulement par l’histoire de Paris-Rome, mais aussi avec Rencontre à risque, à la fin du livre. Il montre différents aspects de l’amour et balaie un peu le schéma classique de la vie à deux sous le même toit, qui pour moi n’est pas une condition au bonheur. C’est déjà ce que j’avais fait dans mon premier roman Amour et confusions, en plus érotique. Il est engagé aussi pour la condition des femmes et c’est récurrent dans mes livres. La société doit accepter que des femmes fassent le choix de rester libres, ce qui ne veut pas dire forcément seules, dominantes ou je ne sais quoi, mais vivre leur vie et leur sexualité comme elles l’entendent, sans jugement. Ces femmes font peur, à tort et à raison (sourire), à tort pour les hommes qui voudraient partager leur vie et à raison pour ceux, qui que ce soit, qui voudraient les diriger.

    BBB - Un de tes combats est pour la violence faite aux enfants. Peux-tu nous dire où en est aujourd’hui ton combat ?

    NC - C’est un long combat difficile pour plusieurs raisons et il suffit de voir ce que font les associations depuis des années, sans toujours parvenir à leur fin en ce qui concerne la prévention, les lois et l’application des lois. Le plus dur est encore à faire je pense, car il faut absolument remettre de l’éducation, mais le refus de la société à ouvrir les yeux et le renoncement des politiques à mettre en place des actions fortes font que rien ne change ou très peu de choses. D’un côté on a allongé le délai de prescription de 20 à 30 ans, ce qui est très bien et de l’autre les victimes ont toujours du mal à porter plainte parce qu’elles sont seules et peu considérées. On ne veut pas croire la difficulté à entamer une action en justice et tout ce que cela implique personnellement et psychologiquement, par exemple. Comme on ne veut pas croire que des parents maltraitent leurs enfants, jusqu’à la barbarie parfois. Les formations promises auprès des professionnels sont rares ou inexistantes, il n’y a pas assez de moyens à tous les niveaux, alors que les violences sexuelles, par exemple, coûtent 8 milliards d’euros à la sécurité sociale chaque année. Mais il n’y a aucune prévention en France. Donc il faut faire avec. Si je suis arrivée sur ce sujet, c’est d’abord parce que des femmes que je faisais témoigner avaient presque toutes subi une agression sexuelle étant jeune. Je me suis dit alors qu’il fallait commencer par là. Ensuite pour des raisons personnelles de proches qui avaient subi l’inceste et en découvrant dans mon entourage, au cours de discussion même anodines, de nombreuses personnes, des femmes, qui avaient subi un viol étant enfant, et il y en a beaucoup trop. Mon implication contre la maltraitance des enfants est plus récente que celle pour les violences faites aux femmes, même si j’ai, tout au long de ma vie, fait des choses pour les enfants. Elle commence en 2017 avec une pétition qui interpelle les politiques, le clip de prévention des agressions sexuelles sur mineur : C’est mon corps, c’est ma vie !, également visible sur le site de France TV éducation et le projet d’un album jeunesse à destination des enfants du primaire. Je suis en discussion depuis plus d’un an et demi avec le ministère de l’éducation nationale, notamment, pour faire de la prévention dans les écoles via cet album. Mais je ne perds pas espoir, je cherche toujours une maison d’édition pour cet album, car je suis persuadée qu’il faut s’adresser directement aux enfants, qui sont les principaux concernés, pour faire changer les mentalités et libérer la parole. Je suis également membre de l’association StopVeo enfance sans violence, dont la présidente, Céline Quelen, déploie des actions essentielles, notamment via un Kit de prévention intitulé : “Les violences éducatives, c’est grave Docteur ?”. Un outil composé d’une affiche et de dépliants, lesquels sont mis à disposition des familles chez les médecins et les professionnels de santé, et ainsi font prendre conscience des conséquences des violences éducatives ordinaires et que l’on peut/doit élever un enfant sans violence. J’invite d’ailleurs tous les professionnels de santé à se rendre sur le site et à commander ce kit.

    BBB - Parlons poésie. Car la poésie fait aussi partie de ton parcours. J’ai l’impression d’ailleurs que c’est quelque chose d’important, que tu y reviens régulièrement et que tu fais de la poésie un moment de respiration. Est-ce que c’est ainsi que l’on pourrait qualifier ton rapport avec ta démarche artistique?

    NC - Oui, la poésie est très importante pour moi et oui c’est une grande respiration. Même si c’est une part de moi liée aux hommes et donc avec des souffrances aussi. D’abord, c’est la poésie sensuelle qui m’a fait connaître, à ma grande surprise. Je me suis aperçue qu’elle touchait beaucoup de monde, touchait dans le sens des émotions, du vécu, de l’intime, femmes comme hommes pour des raisons différentes et je reçois quantité de messages pour me dire merci et que ça fait du bien. Quel bonheur ! Ma démarche artistique est une démarche humaniste, qui rassemble. La poésie, c’est mon vent de liberté, un vrai plaisir de partage, alors que la peinture est plus introspective encore. La peinture touche à l’inconscient pour moi et reflète mon ressenti, un besoin urgent d’exprimer souvent une douleur pour m’en libérer. La poésie exprime mes émotions et mes sentiments, jusqu’au plaisir sexuel, dans une grande liberté. C’est sa force d’ailleurs, la liberté. Je crois aussi que tout mon travail a un grand rapport au temps, au temps qui passe trop vite, à l’instant que je veux saisir, à toutes ses minutes qui nous échappent et que je veux figer par les mots ou sur la toile, comme des instants de vie à ne jamais oublier.

    BBB - La surprise est toujours au rendez-vous lorsque l’on suit ton parcours. Sur quoi travailles-tu? Un nouveau roman, de la poésie, du théâtre ? Ou bien vas-tu t’essayer à une nouvelle expérience artistique?

    NC - Oui, j’aime bien surprendre, sinon c’est pas drôle (sourire) ! Alors, je travaille actuellement en tant que co-auteur sur l’écriture de livres pour deux personnalités avec des sujets qui ont du sens et qui devraient faire parler, c’est un gros travail qui va me prendre beaucoup de temps. Le one-woman-show Sex&love.com qui s’est joué près de 100 fois est actuellement revisité en pièce de théâtre. Nous sommes en train de faire la bande annonce pour une montée sur scène dans les mois qui viennent, avec deux comédiennes vraiment superbes et talentueuses. Je poursuis mon projet sur la maltraitance des enfants avec la recherche d’éditeur pour l’album et je suis invitée par la mairie de Nice pour 3 jours de conférence/débat et d’intervention devant des classes de primaire en novembre prochain. Et puis, il y a toujours une place pour les projets imprévus. C’est ce qui fait aussi tout le charme de ma vie d’artiste …

    BBB - Merci, Nathalie.

    NC - Merci, Bla Bla Blog.

    Nathalie Cougny, Paris-Rome, Et Nietzsche rencontre Charlotte
    suivi de Rencontre à risque
    éd. Publilivre, 2019, 234 p.
    https://www.nathaliecougny.fr

    Voir aussi : "Voilà l'homme"

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  • Les mots sont-ils des armes?

    sartre,café philo,montargis,engagement,loiretLe café philosophique de Montargis proposera sa prochaine séance le vendredi 24 juin 2016, à 19 heures, à la Brasserie du Centre commercial de La Chaussée. Il s'agira du dernier débat de cette saison pour l'animation philosophique de la Chaussée. Après six années d'existence, le café philo de Montargis termine une année riche en changements, avec une équipe élargie, un renouvellement dans l'animation et de nouvelles perspectives.

    Le débat de cette 58ème séance aura pour sujet : "Les mots sont-ils des armes ?"

    Cette question renvoie à une citation de Jean-Paul Sartre qui affirmait que "les mots sont des pistolets chargés". Les participants du café philo seront invités à s'interroger sur ce qui fait la puissance du mot et de l’importance du langage. De quels types de mots parle-t-on ? D'oralité ou d'écrit ? De quel sorte de pouvoir parle-t-on lorsque l’on pense aux mots ? Le poids des mots a-t-il été supplanté aujourd’hui par le choc des images ? Il pourra également être question d'engagement. Quel est aujourd'hui la place de l'artiste et de l'intellectuel engagé ? Peut-on dire qu'ils tendent à s'effacer et que leurs mots sont plus inoffensifs qu'il y a quelques années ?

    Ce sont quelques-uns des points qui seront abordées le vendredi 24 juin à partir de 19 heures à la brasserie du Centre Commercial de La Chaussée de Montargis.

    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com