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dostoievski

  • Du paradis à l’enfer

    Quel est ce "rêve ridicule", au cœur de la pièce jouée à partir de cette semaine au Théâtre Dunois du 20 septembre au 1er octobre 2022 ? Le Rêve d’un Homme ridicule, adapté et mis en scène par Simon Pitaqaj, est librement inspirée du Rêve d’un homme ridicule, de L’Idiot, Des Frères Karamazov de Dostoïevski et du discours du Dictateur de Charlie Chaplin. La Compagnie Liria la propose en ce moment.

    Un homme ridicule, petit et médiocre, veut se donner la mort mais il rate son suicide de finit par s’endormir. Il rêve et, dans ce rêve, il parvient à se suicider et est conduit après sa mort sur une planète paradisiaque. Mais qui finit par devenir un enfer.

    Simon Pitaqaj a voulu saisir toute la dimension métaphysique de Dostoïevski qui s’est toujours intéressée à des questions essentielles : "Qu’est-ce que le libre-arbitre pour l'homme ? Quel choix est-il capable de faire pour sa propre vie ? Cet auteur métaphysique ne cesse d'en revenir à la condition humaine pour mieux la décrypter, la comprendre et l'écrire."

    Le Rêve d’un Homme ridicule entend interroger le spectateur sur ces prophéties de mondes meilleurs. Simon Pitaqaj poursuit : "Pour nous consoler, nous dirions, comme une évidence, que l’homme est ainsi fait. Qu’il est à la fois le créateur et le destructeur de son propre univers qu’il ne cesse de traiter avec ingratitude. Incapable d’admirer sans posséder ! Incapable de regarder sans toucher ! Je ne cesse de m’interroger et me demande : Est-ce qu’un jour l’homme prendra conscience de sa folie et de son comportement destructeur ?

    L’homme est ainsi fait, à la fois le créateur et le destructeur de son propre univers

    L’écrivain et dramaturge Jean-Baptiste Evette résume ainsi : "Trois lignes dramatiques se rencontrent et s’affrontent : au centre, l’homme ridicule que son inadéquation au monde fragilise et distingue à la fois, qui passe des ténèbres à la lumière du paradis, qui retombe dans les ténèbres, mais reste marqué par le souvenir de ce qu’il a vu, au point d’évoquer un instant la figure d’un messie. Il y a ensuite une deuxième ligne interprétée par des jeunes gens, garçons et filles, qui incarnent l’humanité d’avant la chute, en harmonie avec la nature, puis sa décomposition, sa corruption. Et enfin, un mystérieux homme noir, qui semble d’abord jouer le rôle du passeur, comme le batelier des enfers grecs, mais qui se révélera bientôt beaucoup plus inquisitorial et menaçant que ce dernier".

    Sous la direction de Simon Pitaqaj, Denis Lavant interprète le rôle central du Rêve d’un Homme ridicule où le spectateur retiendra notamment cette phrase en forme, d’appel : "Si on retrouvait l’union ? Union, qui ferait que chacun d’entre nous, tout en continuant de s’aimer plus que les autres, puissent vivre sans gêner son prochain. Vivre ainsi, tous ensemble, pour ainsi dire, dans une société de concorde ?"

    Cela se passera au Théâtre Dunois, jusqu’au 1er octobre.

    Le Rêve d’un Homme ridicule
    Adaptation et mise en scène de Simon Pitaqaj
    Théâtre Dunois du 20 septembre au 1er octobre 2022
    Compagnie Liria

    Scénographie : Simon Pitaqaj et Julie Bossard, avec : Denis Lavant, Arben Bajraktaraj, 
    Santana Susnja, Valéria Dafarra, Jeanne Guillon Verne, Gaëtan Poubangui,
    Séraphin Rousseau et Henry Lemaigre
    Mardi 20 septembre au samedi 24 septembre 2022 à 19 heures
    Dimanche 25 septembre 2022 à 16 heures
    Mardi 27 septembre au samedi 1er octobre 2022 à 19 heures
    https://www.theatredunois.org/la-saison/saison-2022-2023/le-reve-dun-homme-ridicule-2
    https://liriacompagnie.com

    Voir aussi : "Le bon dieu sans confession"

    Photo : Alexandra Camara

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  • Je suis retournée à Manderlay

    Notre hors-série sur Tatiana de Rosnay se termine (presque) comme il a commencé : par un retour sur les terres de Daphné du Maurier, une artiste fondamentale pour qui veut comprendre l’auteure d’Elle s’appelait Sarah ou de Boomerang.

    Nous revoici donc revenu à Manderley, sur les terres de Rebecca, que l’auteure franco-britannique met en scène dans sa courte pièce Rebecca m’a tuée (éd. L'Avant-scène théâtre). Cette œuvre très atypique dans la bibliographie de Tatiana de Rosnay a été écrite à l’occasion de la cinquième édition du festival Le Paris des femmes" qui a eu lieu du 8 au 10 janvier 2016. Neuf auteures (Stéphanie Blanchoud, Alma Brami, Claire Castillon, Léonore Confino, Carole Fréchette, Claudie Gallay, Cécile Ladjali, Valérie Tong Cuong et Tatiana de Rosnay) et un auteur (Christian Siméon) étaient invités à revisiter Crime et Châtiment de Fiodor Dostoïevski à travers des pièces courtes.

    Les ombres de papier viennent hanter les vivants jusqu’à la folie

    C’est sans surprise que Tatiana de Rosnay a proposé avec Rebecca m’a tuée une plongée dans l’univers de Daphné du Maurier et de son alter-ego romanesque, Rebecca. Dans sa propriété de Manderley – à moins qu’il ne s’agisse de la propriété de Menabilly qu’elle vénérait – l’écrivain traverse une phase de dépression lorsqu’une voix l’interpelle : il s’agit de Rebecca, son célèbre personnage de papier. Comment la faire taire ? "Même si vous avez écrit d‘autres romans, on ne vous parle que de celui-là, Rebecca, Rebecca." Et si tout cela existait réellement ? Et si Manderley n’était pas une simple fiction, contrairement à ce qu’affirme Daphné du Maurier ("Manderley n’existe pas. Vous le savez bien. Et tout ceci n’est qu’un rêve") ?

    Dans cette histoire à l’atmosphère hitchcokienne, les ombres de papier viennent hanter les vivants jusqu’à la folie. L’écriture devient un labyrinthe où le vrai se mêle au faux, et où les personnages de fiction s’adressent aux êtres de chair et de sang. Tatiana de Rosnay fait de Rebecca une créature écrasant de sa présence une artiste qui ne peut s’en défaire ("Tu es tout le temps là, Rebecca. Le matin, quand je me lève et que je prends ma tasse de café et ma tartine au miel, je sais que tu me vois"). C’est une lutte qui est racontée et dont la genèse démarre avec le roman de 1937. Une lutte mortelle dont les protagonistes sont les personnages fictifs de Rebecca et de madame de Winter. Daphné du Maurier doit s’effacer et les laisser vivre. Les romans ne meurent jamais, dit aussi en substance Tatiana de Rosnay.

    Tatiana de Rosnay, Rebecca m’a tuée, in Crimes et Châtiments
    éd. L'Avant-scène théâtre, coll. Quatre-vents, 2015, Paris, 13 p.
    http://www.tatianaderosnay.com

    http://www.parisdesfemmes.com/2016

    Voir aussi : "Tatiana de Rosnay, son œuvre" 
    "Sur les pas de Daphnée du Maurier"

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