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  • Polygame, mini-miss et autres créatures de Jarcamne

    Sur la pochette de son premier album, L'Abri bus, Jarcamne déplie sa longue silhouette dégingandée dans un abribus, une rose à la main. Qui attend-il ? Sans doute son public, qui pourrait tomber sous le charme de cette nouvelle voix de la chanson : "Je suis heureux si ma chanson / Te plaît / Je voudrais plaire à tout le monde" comme avoue l’artiste dans J’veux pas grandir.

    Jarcamne est un vrai artiste de notre époque, partageant avec Philippe Katerine le goût pour l’autodérision. Il pourrait aussi être notre voisin poli et discret, le bon pote, le collègue de bureau bienveillant ou ce lointain cousin mystérieux et sensible : "Imbibé par la chanson française, je m’efforce de parodier, la majesté, l’excès, la peur, la douleur, la fragilité de mes semblables", affirme-t-il.

    Sensible, Jarcamne l’est dans sa manière de parler de sujets actuels et rarement traités : la polygamie (Le Polygame), l’environnement (Deux Mille Cent), le speed-dating (Speed dating), les élections de mini-miss (Mini-Miss), une marionnette obsessionnelle et plus vraie que nature (Plaie immobile) ou un jardin ouvrier (Le Jardin).

    L’air de rien, Jarcamne impose sa voix et un discours faussement naïf. Dans Deux Mille Cent, le réchauffement climatique est poétisé avec un faux-angélisme ("Les écosystèmes s’harmonisent / L’hiver ici c’est la banquise / Les ours en méditerranée passent leurs hivers à Saint-Tropez"), jusqu’à une chute inattendue mais pourtant pleine de bon sens : "À moins qu’en l’an deux mille cent / On soit aussi con qu’à présent."

    Il est également question d’engagement dans Mini-Miss. Jarcamne se fait cette fois l’observateur sévère, sur un air de samba, de ces défilés de "lolitas carnaval." Le musicien égratigne le miroir aux alouettes que sont les défilés d’enfants grimés en miss : "Maman rêve des affiches / Des shows télévisés / Papa en carriériste / Lolita en narcissique." Jarcamne a cette conclusion : "Miss est un truc pour les grands / Pas un jouet d’enfant / Pas besoin de carnaval / Pour t’aimer Lolita."

    Jarcamne sait se léger dans l’excellent Speed Dating, joyeuse valse sur le thème de la séduction, de la drague et du mensonge : "Séduire et convaincre / la clochette retentit / Sept minutes pour vaincre."

    Dans Le Polygame, son titre le plus provocateur, Jarcamne se glisse joyeusement dans la chambre à coucher d’un polygame. Les féministes hurleront à l’écoute des confidences d’un homme amoureux de plusieurs femmes et obligé de s’expliquer devant les autorités : "Messieurs, messieurs / Confusion, amalgame / Est-ce donc là un drame / D’héberger quelques âmes ?" Jarcamne construit une malicieuse chanson amorale, dans laquelle ce sympathique et "infâme" polygame nous parle autant de plaisir que d’hypocrisie : "Quand ils ont envoyé les képis à ma porte / J’ai compris qu’en voisin / J’avais fait des envieux."

    Il est encore question d’hypocrisies – et même d’hypocrisie à double détente – dans L’Héritage. Jarcamne raconte sur un air de jazz l’histoire à la première personne d’un héritage controversé, avec pour héros un grand-père décédé qui "avait une favorite de cinquante piges sa benjamine." Le "vieux lubrique", autrefois connu pour "sa morale et ses bonnes manières", dévoile d'outre-tombe sa double vie, déshéritant du même coup ses enfants au profit de sa maîtresse. Et voilà une famille unie et "pique-assiette" s’empoignant pour un héritage qui leur file sous le nez  : "Maman s’écrit : Ah la salope / Adieu chalet de Courchevel / Papa retrousse le fond de ses poches / Fini le coup de pouce mensuel."

    Plus sombre est le titre Les Crayons, le plus engagé sans doute puisque Jarcamne traite dans une ballade acoustique et mélancolique de l’attentat contre Charlie Hebdo : "Marianne lève-toi, ils sont devenus fous / Marianne lève-toi on ne meure pas à genoux."

    L’abribus, qui donne le titre de l’album, nous parle d’un lieu souvent ignoré, sans doute parce qu’il est omniprésent dans nos vies. Chez Jarcamne, l’abribus devient romanesque et poétique en ce qu’il condense et cristallise nos petites vies, nos espoirs, nos attentes ou nos amours : "Sous l’abribus le cœur serré / en attendant le 23 / Christophe rêve de la belle Aline / Mais de sa femme c’est la copine / Et le Christophe ne le sait pas / Sous l’abri pendant qu’il a froid / Sa femme en maîtresse saphique / Cajole l’Aline sur le sofa."

    Jarcamne sait nous croquer comme peu d’artistes :"Depuis l’enfance mon oreille a toujours été captivée par ces histoires plus ou moins banales de la vie, celles de Mam’selle Clio de Charles Trénet, du Tord boyau de Pierre Perret, ou de Ta Katie ta quitté de Boby Lapointe." De belles références pour un musicien qui fait de notre monde son terrain de jeu.

    Jarcamne, L’Abri bus, La Face B, 2017
    http://www.jarcamne.com

  • Festival Ochapito, des spectacles plein Lisieux

    Le Festival Ochapito se déroulera en plein cœur de Lisieux du 4 au 7 octobre 2017 avec, à l’affiche, plus de 30 concerts sur 3 scènes dont un chapiteau dédié à la musique électronique et un espace consacrée aux groupes locaux.

    Depuis 8 ans, cet événement musical met de la couleur et de la musique dans les rues de Lisieux. Au fil des années le festival Ochapito a pris de l'ampleur et a grandi pour devenir une référence dans la musique pour la région Normandie. Un événement exceptionnel qui rassemble dans une programmation éclectique (rock, pop, fanfare, chanson, world ou musique électro).

    Pour 2017, des artistes internationaux tels que Emir Kusturica et The No Smoking Orchestra, Manu Dibango, les survoltés Babylon Circus ou encore Flavia Coelho, Natalia Doco, Jahen Oarsman.

    Cette édition aura pour fil conducteur le thème de l’eau et a pour partenaire l’Agence de L’Eau Seine Normandie. Plus qu’un festival de musique, Ochapito proposera de nombreux événements : théâtre de rue, performances artistiques, expositions, ateliers ou spectacles pour enfants. En bref, quatre jours de fête au cœur de Lisieux, dont la première journée, le mercredi 4 octobre, sera gratuite.

    Les organisateurs nous proposent des réjouissances pour s’en mettre plein les yeux et les oreilles, avec des artistes et des groupes de tous horizons : Fake (rock progressif), Jaja (swing rock), Shifumi Orkestar (airs traditionnels russes, musiques tziganes et yiddish), La Caravane Passe (rock acoustique, hip-hop et électro), Jahen Oarsman (indie folk), Natalia Doco, The Show (soul, funk), Flavia Coelho (mélodies solaires au parfum de Ragga), Monkey To The Moon (space pop), Mado & Les Freres Pinard (rock tzigane), Stanko Marinkovic (rock ethnique), Manu Dibango (world music), The Goaties (punk-rock), Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra (punk-rock, jazz manouche, musette).

    À noter aussi la présence de Stereoclip, Citizen Kain, Miss Tick, Madben, Lowkey Et Kardinal, Misstick, Secret Cinema, Moshe Galaktik Ou Chris Honorat.

    Un gros coup d’Ochapito pour injecter du fun, du cool et de la fête à Lisieux.

    Festival Ochapito
    Lisieux, dans l’hyper-centre lexovien.
    Tarif par jour : entre 15 € et 29 €
    Pass 3 jours : 50€
    Entrée gratuite mercredi 4 octobre et samedi 7 octobre (l'après-midi)
    www.festivalochapito.com

  • Les sciences vont-elles trop loin ?

    berlanda,café,philosophiqueLe café philosophique de Montargis fait sa rentrée le vendredi 22 septembre 2017 à la Brasserie du Centre commercial de la Chaussée. Pour ouvrir la neuvième saison de l’animation philosophique de la Chaussée, un café philo spécial sera proposé autour du sujet : "Les sciences vont-elles trop loin ?" Pour l’occasion un invité spécial, le philosophe et écrivain Thierry Berlanda viendra débattre avec les participants de cette séance.

    Ce sujet sur les sciences, le progrès et l’éthique est l’objet d’un des derniers ouvrages de Thierry Berlanda qui, avec son roman Naija (éd. du Rocher) propose, sous forme de thriller, une réflexion sur les dérives et les dangers des technologies.

    Après un débat précédent sur le thème du progrès, les participants du café philo s’interrogeront sur les dangers que pourraient nous faire courir les sciences. Après avoir permis à l’homme de s’émanciper de la nature, les sciences ne sont-elles pas dans un affrontement inédit avec elle ? N’y a-t-il pas le danger que cette nature se rebelle ? Les sciences, qui ont permis à l’homme de se développer, pourraient-elles conduire à sa propre destruction ? Ou se pourrait-il qu’elles fassent de lui, dans un avenir plus ou moins lointain, un autre type d’être humain, un Homo Deus, comme le prédit Yuval Noah Harari ? Les sciences sont-elles maîtrisables ? Réconcilier sciences et nature est-il possible ?

    Ce sont autant de questions qui pourront être débattus avec Thierry Berlanda lors de la séance du 22 septembre prochain, à partir de 19 heures à la brasserie du Centre Commercial de La Chaussée de Montargis. La participation sera libre et gratuite.

    http://cafephilosophique-montargis.hautetfort.com