Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • L’Histoire en France observée à la loupe

    L'histoire est une passion française : 85% d'entre eux déclarent s'y intéresser. En ce mois de commémoration de l'armistice 1914-1918 comme des attentats de novembre 2015, l'Observatoire B2V des Mémoires en partenariat avec l'IFOP a interrogé un panel de Français pour savoir quel est l'événement historique le plus important survenu en France ou dans le monde depuis 1900 à leurs yeux.

    La question posée par l'IFOP sur l'événement le plus marquant depuis 1900 est sans appel : la Seconde Guerre mondiale est bien la matrice de la mémoire collective des Français. Il s'en est passé pourtant depuis lors : guerres coloniales, massacres et génocides sur toute la planètes, chute du Mur de Berlin et de l'empire soviétique, vague de terrorisme, construction européenne, etc. Rien n'y fait. Même la Première Guerre mondiale pourtant régulièrement au cœur de l'actualité avec les commémorations du Centenaire n'occupe qu'une place seconde dans les représentations collectives des Français.

    46% des Français citent des événements liés aux fureurs du temps, ce qui signe la part structurante de ces violences "extraordinaires". Il s'agit précisément des deux guerres mondiales et du terrorisme, avec donc une prime à la Seconde Guerre mondiale, nuancée par l'évocation des deux guerres par 11%. Avant de revenir sur les présents, notons les absents : ainsi de la guerre d'Algérie, de l'abolition de la peine de mort ou du Front populaire, mais aussi la Shoah en tant que telle.

    Ce sont des hommes bien plus des femmes, mais aussi des jeunes (moins de 35 ans) qui citent plus la Seconde Guerre mondiale, ce qui peut sembler contre-intuitif pour les jeunes sauf à y trouver, peut-être, la place du sujet à l'école, au-delà même des programmes.

    Politiquement ce sont très sensiblement les sympathisants d'Emmanuel Macron qui sont surreprésentés. Est-ce lié à la place des commémorations depuis son élection ? Au profil sociopolitique des électeurs ?

    Les sympathisants de la France insoumise, les jeunes mais aussi les femmes, citent en plus grand nombre le terrorisme. C'est l'autre leçon du sondage : la mémoire courte des actes terroristes est présente, avec 10% de citations à une question qui ne demandait a priori qu'une réponse. C'est dire la force de cette thématique, singulièrement auprès des femmes, des 25-34 ans et des sympathisants de la France insoumise et du Front national.

    On notera cependant que la Région parisienne est sous-représentée sur cet item alors même que la majorité des attentats s'y sont produits. Cela rejoint d'autres études qui montrent qu'à la suite des attentats parisiens et avant celui de Nice, la « peur », principal sentiment cité, augmentait à mesure qu'on s'éloignait de Paris.

    Une seule question, une seul réponse le plus souvent. Et ce sont là des données passionnantes pour tous les protagonistes de la vie publique.

    Source : Denis Peschanski, historien,
    Directeur de recherches au CNRS
    et membre du Conseil Scientifique de l'Observatoire B2V

    www.observatoireb2vdesmemoires.fr

  • Une bonne coupure

    On entre dans l’univers de Nicolas Le Bault comme s’il s’agissait d’un territoire hors du temps. Rien ne ressemble à ses créations déroutantes, et c’est bien pour cela qu’il faut absolument découvrir cet artiste aux multiples facettes.

    Bla Bla Blog avait consacré une chronique à son élégant et très lynchien roman graphique Hygiène Rose, toujours disponible aux éditions Réseau Tu Dois. Nicolas le Bault s’est lancé cette fois, avec trois acolytes, Frederika (pour le texte), Frédéric Fenollabbate (pour les dessins en noir et blanc) et Stéphane Rengeval (pour les photographies), dans une nouvelle aventure artistique, White Rabbit Dream. Le premier volume, La Coupure, sort cet automne.

    Autant dire tout de suite que l’on aime ou que l’on déteste cet imaginaire fait de rêves, de cauchemars, d’illusions, de fantômes, de perversions et de personnages ambivalents. En tout cas, la patte de Nicolas Le Bault est reconnaissable entre toutes : dessins tout droit sortis de l’enfance, visages expressifs, couleurs vives. L’univers de l’enfance est récupéré, recyclé et dynamité à la TNT afin de mettre à nue toute la cruauté du monde et son absurdité. Hygiène Rose proposait, sous l’aspect d’un innocent conte pour enfant, un voyage sensuel et morbide dans lequel l’amour conduit à l’aveuglement, à la souffrance, au meurtre et au martyr. Nous nous trouvons ici dans un monde similaire mais créé en collaboration avec trois autres artistes.

    Dans le premier volume de White Rabbit Dream, présenté comme un "magazine d'art contemporain & de transgression", les quatre auteurs proposent un concept de série graphique compacte, dense et truffé d’inventions visuelles. Textes, BD, anagrammes, photographies ou dessins inspirés de l’œuvre d’Aurélie Dubois se répondent dans un récit truffé de symbolismes, de dessins faussement enfantins et d’admonestations : "Je me demande dans quel terrier tu as vécu jusque-là. On dirait que tu n’as rien vu."

    L’invitation à la coupure, qui se traduit ici par "vivre à la campagne", est le début d’un récit horrifique et "très dangereux", que Nicolas Le Bault représente sous forme d’une courte bande dessinée sanglante et sans paroles (The Bleeding Tree Horror). C’est par ellipse visuelle que les deux auteurs nous entraînent ensuite vers une histoire d’apocalypses, de meurtres et de rituels étranges "par notre Sainte-Mère-Furie… une entreprise de démolition contre l’esprit."

    C’est chez le Marquis de Sade qu’il faut chercher les influences de la seconde partie de ce volume : enfermements, univers carcéral dominé par une "caste d’Eunuques à l’envers", violence omniprésente et éducation à la perversité et au sadisme. Le premier volume de la série nous met en présence d’une narratrice, Amandine L., victime sur le chemin de la rédemption et de la fuite, alors que "le monde est en train de se restructurer". Pour en savoir plus, il faudra au lecteur patienter pour découvrir la suite de ce cycle où arts et transgressions font bon ménage. Bienvenue dans le monde enfantin, sensuel et terrifiant de Nicolas Le Bault.

    White Rabbit Dream, vol. 1, La Coupure, éd. White Rabbit Dream, 2017, 48 p. 5 €
    http://www.whiterabbitprod.com
    http://nicolaslebault.com
    https://nicolaslebault.tumblr.com
    "Au-delà du miroir"
    "La coupure de Nicolas Le Bault : cruel et enfantin !"

  • Les salauds

    Broadchurch clôt bientôt sa troisième – et ultime – saison. Dans la petite ville anglaise balnéaire et imaginaire qui a été secouée par le meurtre du petit Danny Latimer, les inspecteurs Alec Hardy (David Tennant) et Ellie Miller (Olivia Colman) doivent s’atteler à une nouvelle affaire : l’agression sexuelle d’une quinquagénaire au cours d’une soirée d’anniversaire.

    Sur ce fait divers sordide qui secoue Broadchurch, les policiers vont aller de surprise en surprise : au fur et à mesure que l’enquête avance, le nombre de suspects grossit à vue d’oeil. Le spectateur est pris à la gorge par une intrigue d’autant plus passionnant que chaque personnage secondaire semble cacher de lourds secrets. 

    Il ne reste que quelques épisodes avant de pouvoir connaître le fin mot de l’histoire de cette mini-série britannique qui fait déjà date dans l’histoire de la télé anglaise.

    Broadchurch de Chris Chibnall
    Avec David Tennant, Olivia Colman, Jodie Whittaker et Andrew Buchan,

    Saison 3, huit épisodes de 45 mn, Grande-Bretagne, 2017
    Sur France 2, deux derniers épisodes, ce lundi à 20H55