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Laurie Darmon, la fille formidable

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Ça vous est déjà arrivé ? Je suis sûr que oui : un titre inattendu qui vous cloue, KO debout. Une évidence m’a assommé cette semaine au cours duquel je me disais : "Le ciel est gris et j'ai le teint vieilli / Un peu triste pessimiste mais surtout un peu triste" (Malsain) : Laurie Darmon est une fille formidable.

Elle a le talent extraordinaire de vous accrocher. Aujourd’hui, la chanteuse s’est faite une place après un bouche-à-oreille élogieux. Son deuxième EP, Mesure Seconde, reprenant la majorité des morceaux de Mesure Première, est sorti il y a quelques mois et confirme le talent et l’audace de l’artiste.

Tout est là : la voix fluette fragilement posée et sans esbroufe, une rythmique syncopée résolument tournée vers le slam, le rap et un travail sur le texte qui nous fait tendre l’oreille.

Prenez La Rupture, une histoire d’amour, de séparation : "Une porte qui claque, / Un deux trois verres de cognac / Tombent en vrac, c’est l’attaque / Et puis elle craque / Larmes de solitude, lassitude / Se dénude d'une prélude d’inquiétude / Interlude d’une jeune fille prude / C’est juste une fin un peu banale / Le final, terminal, histoire sentimentale / Qui fait son carnaval." Sur une rythmique slam, parsemée d’un peu électro, Laurie Darmon livre une chanson faite d’amour mis à mort et de violence, dans un texte alliant mélancolie, brutalité et note d’espoir.

Dans ce deuxième EP, qui reprend en majorité Mesure Première, un autre titre est à découvrir et écouter absolument : Juillet Formiguères : formidable. Au menu de cette chanson : une guitare, une voix et surtout un texte d’une grande délicatesse où la poésie est au service de la nostalgie : "Juillet Formiguères / Souvenirs solaires / C'était mes premières libertés / Oui, Formiguères / C'était hier / C'est un doux regard / La gare / Début Juillet / un soir d'été / Quand la température augmente / Et que les nuits deviennent décentes / C'est un train couchettes / Guinguettes / On l'attendait depuis longtemps".

A l'instar de quelques brillants anciens (Moustaki, Ferré ou Barbara), Laurie Darmon parle sans fard de l’enfance, du temps qui passe, de spleen et de nostalgie. Les thèmes sont aussi au centre de Bonjour Tristesse, hommage à Françoise Sagan : "Sans crier gare elle s’est enfuie / La petite fille de mon pays / Elle s’est enfoncée dans la nuit… Ma chère tristesse quand me quitteras-tu".

Le travail sur le texte est omniprésent, par exemple dans La voix, un titre slam, déjà présent dans Mesure Première : "Ta voix cristalline me déshabille, me dévêtit / Comme une pluie fine qui coule sans bruit / Ta voix dense réveille mes mains / Comme un long silence que l'on brise au petit matin.

J’avais pu dire sur ce blog que nous traversions, en dépit de la crise du disque, une période faste pour la chanson française, en renouvellement perpétuel. Laurie Darmon y apporte sans conteste sa pierre avec "l'inépuisable envie d'éclore".

Laurie Darmon, Mesure Seconde
http://lauriedarmon.com

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