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las vegas

  • Beb des Soggy, le Sugar Man français

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    Soogy : ce groupe de rock né en 1978 et dissous en 1982 a miraculeusement refait surface grâce à un concours de circonstances exceptionnelles que nous raconte le documentaire Soggy, Un truc de dingue ! d’Olivier Hennegrave qui fut le batteur de cette formation musicale éphémère. Le film est diffusé en exclusivité sur Spicee le 13 juin 2018.

    Plus qu’un revival, c’est le destin exceptionnel de Beb, le chanteur des Soggy, qui intéresse le réalisateur, au point que l’expression de "Sugar Man" français n’est pas usurpé. Sugar Man fait référence au parcours de Sixto Díaz Rodríguez, musicien américain tombé dans l’oubli alors que son single Sugar Man devint culte en Afrique du Sud en plein Apartheid – et sans que lui-même le sache (une épopée racontée en 2012 dans Searching for Sugar Man de Malik Bendjelloul).

    Mais revenons à Beb, au centre du documentaire de son ami et ancien acolyte Olivier Hennegrave. À la fin des années 70, Soggy (en anglais, "atmosphère lourde avant l’orage") est un groupe de hard rock français parmi tant d’autres. Il se produit dans la région de Reims et est bien décidé à percer, grâce au charisme de son chanteur, une vraie personnalité ne se ménageant pas sur scène et qui a pris pour modèle Iggy Pop, avec cette devise éloquente : "On fout tout à fond et on se démerde."

    Les quatre membres du groupe (François Tailleurs à la basse, Eric Dars à la guitare, Olivier Hennegrave à la batterie et bien entendu Beb au chant) ont l’ambition de décrocher la timbale, et seront d’ailleurs à deux doigts de le faire puisque que, quelques semaines avant la dissolution en juillet 1982 de Soggy, ils devaient assurer la première partie de la tournée européenne de Judas Priest. Entre-temps, ils ont enregistré un 45 tours et deux titres, Waiting For The War et 47 Chromosomes, mais pas d’album. C’est la fin d’un groupe de la contre-culture rock qui aurait pu devenir le Stooges français.

    Jardinier aux espaces verts de la Ville de Reims

    Par la suite, toujours passionné de rock mais sans perspective musicale, Beb devient jardinier aux espaces verts de la Ville de Reims. Un homme normal dans un job alimentaire, à quelques semaines de la retraite, et surtout bien loin des frasques du milieu qu’il côtoyait. Nous apprenons qu’il a été marié, qu’il vit seul et qu’il s’astreint à une discipline de fer : abdominaux, lait de chèvre, pas d’alcool et pas de drogue pour conserver son corps "affûté et strié," lui donnant un physique à mi-chemin entre Iggy Pop et le professeur Emmett Brown de Retour vers le Futur.

    Une première résurrection a lieu en 2008 lorsque le label français Mémoire Neuve sort un vinyle avec les deux seuls titres enregistrés par les Soggy. Suit la publication sur YouTube du seul clip qu’ils ont enregistré en 1980 pour FR3 Champagne : Waiting For The War. En peu de temps, la vidéo devient virale. Un public de passionnés découvre un groupe français électrique et un chanteur survitaminé.

    Le groupe californien The Shrine part à la recherche de Beb et l’invite à un concert parisien. Il a lieu au Trabendo, le 15 novembre 2015, soit trois jours après les attentats du Bataclan. Voir l’ex-chanteur des Soggy, les cheveux blanchis mais l’énergie intacte, interpréter avec rage le titre devenu culte Waiting For The War prend évidemment tout son sens ("Depuis la guerre 14-18 mon père m’a toujours dit / Que chaque génération a sa guerre / A chaque seconde je tremble pour la mienne / En attendant la guerre").

    Sous la caméra d’Olivier Hennegrave, le rêve de jeunesse de Beb devient réalité trente-cinq ans plus tard. Les Shrine, dont les membres pourraient être ses fils voire ses petits-fils, invitent bientôt l’ex-Soggy a venir se produire en juin 2016 sur la scène du Hellfest de Clisson, avant une autre tournée à Las Vegas, cette fois, au festival Psycho, la plus grande manifestation pour les métalleux. Mais la barre n’est-elle pas trop haut pour un homme qui a raccroché le micro des décennies plus tôt ?

    Passionnant, drôle, émouvant : la caméra ne quitte pas cet homme simple, modeste et passionné, tout à coup transporté dans une autre dimension, ne croyant lui-même pas au destin que lui offrent ces Américains admiratifs et venus le chercher du côté de Reims. Beb s'illumine à caque seconde du documentaire, incrédule et heureux comme un enfant : "Je suis toujours en vie et je coupe des roses," comme le chantent les Shrine et Beb dans leur single Clipping The Roses.

    Preuve que l’aventure continue, Beb Soggy et The Shrine seront en concert le mercredi 13 juin 2018 au Badaboum.

    Olivier Hennegrave, Soggy, Un truc de dingue ! Documentaire français, 2018, 56:47,
    en exclusivité sur Spicee le 13 juin 2018 

    Beb Soggy et The Shrine, en concert au Badaboum (Paris), mercredi 13 juin 2018
    http://soggy.over-blog.fr

    Pour les lecteurs de Bla Bla Blog, et jusqu'au 15 juillet 2018,
    - 70% pour un abonnement annuel à la plateforme Spicee
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  • Beb des Soggy, le Sugar Man français

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    Soogy : ce groupe de rock né en 1978 et dissous en 1982 a miraculeusement refait surface grâce à un concours de circonstances exceptionnelles que nous raconte le documentaire Soggy, Un truc de dingue ! d’Olivier Hennegrave qui fut le batteur de cette formation musicale éphémère. Le film est diffusé en exclusivité sur Spicee le 13 juin 2018.

    Plus qu’un revival, c’est le destin exceptionnel de Beb, le chanteur des Soggy, qui intéresse le réalisateur, au point que l’expression de "Sugar Man" français n’est pas usurpé. Sugar Man fait référence au parcours de Sixto Díaz Rodríguez, musicien américain tombé dans l’oubli alors que son single Sugar Man devint culte en Afrique du Sud en plein Apartheid – et sans que lui-même le sache (une épopée racontée en 2012 dans Searching for Sugar Man de Malik Bendjelloul).

    Mais revenons à Beb, au centre du documentaire de son ami et ancien acolyte Olivier Hennegrave. À la fin des années 70, Soggy (en anglais, "atmosphère lourde avant l’orage") est un groupe de hard rock français parmi tant d’autres. Il se produit dans la région de Reims et est bien décidé à percer, grâce au charisme de son chanteur, une vraie personnalité ne se ménageant pas sur scène et qui a pris pour modèle Iggy Pop, avec cette devise éloquente : "On fout tout à fond et on se démerde."

    Les quatre membres du groupe (François Tailleurs à la basse, Eric Dars à la guitare, Olivier Hennegrave à la batterie et bien entendu Beb au chant) ont l’ambition de décrocher la timbale, et seront d’ailleurs à deux doigts de le faire puisque que, quelques semaines avant la dissolution en juillet 1982 de Soggy, ils devaient assurer la première partie de la tournée européenne de Judas Priest. Entre-temps, ils ont enregistré un 45 tours et deux titres, Waiting For The War et 47 Chromosomes, mais pas d’album. C’est la fin d’un groupe de la contre-culture rock qui aurait pu devenir le Stooges français.

    Jardinier aux espaces verts de la Ville de Reims

    Par la suite, toujours passionné de rock mais sans perspective musicale, Beb devient jardinier aux espaces verts de la Ville de Reims. Un homme normal dans un job alimentaire, à quelques semaines de la retraite, et surtout bien loin des frasques du milieu qu’il côtoyait. Nous apprenons qu’il a été marié, qu’il vit seul et qu’il s’astreint à une discipline de fer : abdominaux, lait de chèvre, pas d’alcool et pas de drogue pour conserver son corps "affûté et strié," lui donnant un physique à mi-chemin entre Iggy Pop et le professeur Emmett Brown de Retour vers le Futur.

    Une première résurrection a lieu en 2008 lorsque le label français Mémoire Neuve sort un vinyle avec les deux seuls titres enregistrés par les Soggy. Suit la publication sur YouTube du seul clip qu’ils ont enregistré en 1980 pour FR3 Champagne : Waiting For The War. En peu de temps, la vidéo devient virale. Un public de passionnés découvre un groupe français électrique et un chanteur survitaminé.

    Le groupe californien The Shrine part à la recherche de Beb et l’invite à un concert parisien. Il a lieu au Trabendo, le 15 novembre 2015, soit trois jours après les attentats du Bataclan. Voir l’ex-chanteur des Soggy, les cheveux blanchis mais l’énergie intacte, interpréter avec rage le titre devenu culte Waiting For The War prend évidemment tout son sens ("Depuis la guerre 14-18 mon père m’a toujours dit / Que chaque génération a sa guerre / A chaque seconde je tremble pour la mienne / En attendant la guerre").

    Sous la caméra d’Olivier Hennegrave, le rêve de jeunesse de Beb devient réalité trente-cinq ans plus tard. Les Shrine, dont les membres pourraient être ses fils voire ses petits-fils, invitent bientôt l’ex-Soggy a venir se produire en juin 2016 sur la scène du Hellfest de Clisson, avant une autre tournée à Las Vegas, cette fois, au festival Psycho, la plus grande manifestation pour les métalleux. Mais la barre n’est-elle pas trop haut pour un homme qui a raccroché le micro des décennies plus tôt ?

    Passionnant, drôle, émouvant : la caméra ne quitte pas cet homme simple, modeste et passionné, tout à coup transporté dans une autre dimension, ne croyant lui-même pas au destin que lui offrent ces Américains admiratifs et venus le chercher du côté de Reims. Beb s'illumine à caque seconde du documentaire, incrédule et heureux comme un enfant : "Je suis toujours en vie et je coupe des roses," comme le chantent les Shrine et Beb dans leur single Clipping The Roses.

    Preuve que l’aventure continue, Beb Soggy et The Shrine seront en concert le mercredi 13 juin 2018 au Badaboum.

    Olivier Hennegrave, Soggy, Un truc de dingue ! Documentaire français, 2018, 56:47,
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    Beb Soggy et The Shrine, en concert au Badaboum (Paris), mercredi 13 juin 2018
    http://soggy.over-blog.fr

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  • Lady Vegas : la surdouée, le prof et la poissarde

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    lady Vegas.jpgTamara Drewe et Beth Raymer. Les héroïnes des deux films de Stephen Frears, Tamara Drew et Lady Vegas, ont au moins trois points communs : l’ambition de deux jeunes femmes de refaire leur vie, leur outrageante beauté qui va faire tourner la tête de quelques hommes et l’art de porter le mini-short !

    Mais là où Tamara Drewe (Gemma Aterton), le personnage principal du film éponyme, pose ses bagages dans le village de son enfance so british, la candide Beth (Rebecca Hall) entreprend de faire fortune dans la plus artificielle des villes occidentales, Las Vegas. Après une brève carrière dans le strip-tease à domicile, notre Lady Vegas y découvre sa voie dans les paris sportifs où elle s’avère vite surdouée et chanceuse. Elle y trouve, pour le coup, un ami attentif en la personne de Dink Heimowitz (Bruce Willis) et une famille de substitution dans laquelle Tulip (Catherine Zeta-Jones), l’épouse de Dink, finit, contre toute attente, par jouer un rôle non négligeable.

    On peut faire la fine bouche devant cette petite comédie de Stephen Fears. L’auteur des Liaisons dangereuses ou de My beautiful Laundrette offre, avec Lady Vegas, une escapade fraîche mais sans surprise dans le milieu de l’argent facile, avec un happy-end à la clé. Frears est cependant bien trop doué et malin pour se cantonner dans un film commercial uniquement distrayant. 

    Il convient de rappeler que Lady Vegas est aussi et surtout l’adaptation du récit de Beth Raymer, Lay The Favorite. Cette ancienne journaliste y conte son expérience de l’industrie du sexe et des jeux d’argent. Les chassés-croisés amoureux et amicaux, les ambitions et les jalousies sont l’occasion de brosser le portrait d’une Amérique libérale obnubilée par le Roi Dollar. "Las Vegas et Wall Street : même combat !" semble asséner Frears lorsque la fausse ingénue rejoint son petit ami Jeremy (Joshua Jackson) à New York, avant unes escapade professionnelle au Costa-Rica avec son nouvel associé Rosie (Vince Vaughn), le double sombre de Dink. Bravant les lois fédérales sur les jeux d’argent, Beth y découvre aussi amèrement le revers de cette fortune, avant une pirouette finale et une fin convenue. 

    Lady Vegas, modeste étape américaine dans la brillante carrière de Stephen Frears, trouve finalement son plus grand intérêt dans le jeu des acteurs. Rebecca Hall est la révélation de cette comédie sympathique pour son rôle d’ingénue ambitieuse et sexy. Bruce Willis, en contre-emploi, se distingue quant à lui en quinquagénaire installé, blasé et bienveillant. Soulignons enfin le retour sur les écrans de la trop rare Catherine Zeta-Jones : un brin cabotine, elle s’en sort plutôt bien dans le portrait d’une épouse superficielle, jalouse et poissarde. 

    Finalement, Stephen Frears a su tirer vers le haut cette comédie légère. Qui aurait pu en douter ?      

    Stephen Frears , Lady Vegas : Les Mémoires d'une Joueuse, 100 mn, 2012