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Bas les masques

Disons-le d’emblée : le journal intime, genre littéraire qui a connu ses lettres de noblesse par le passé (que l’on pense à ceux des Frères Goncourt, de Paul Léautaud, d’Anaïs Nin ou encore de Franz Kafka) a été remisé aux oubliettes, balayé par les blogs et autres publications sur les réseaux sociaux. Autant dire que l’on ne peut que saluer l’audace de Delphine Bell qui, avec Inattendu (éd Le Lys Bleu), propose un journal s’étalant de mars à octobre 2020.  

Le lecteur l’aura deviné tout de suite : cette période correspond à la période de la crise sanitaire du Covid et au confinement, une période atypique et qui a marqué les esprits : "Le chant des oiseaux est strident, très clair et il règne une nouvelle qualité de silence, presque effrayant. Non, l’humanité est encore là…" Le confinement et la parenthèse de toute vie sociale et professionnelle est-elle une chance ? Pas si simple. "Je me lève de plus en plus tard, nous nous couchons de plus en plus tard. Les horaires nous appartiennent, ce qui donne un sentiment factice de liberté. Peut-être que faire semblant empêche de sombrer."

Une profondeur humaine et tragique

Delphine Bell raconte au quotidien ces mois passés, enfermée avec ses proches, ressassant ses souvenirs, méditant sur sa vie, sa famille, ses amis, son destin, et sur le "catastrophisme éclairé" que lui offre notre période actuelle – et en particulier cette "inattendue" année 2020.

La pandémie, avec son lot de masques, de télétravail, de peur de l’autre et d’enfermement imposé ("Le temps s’est désorganisé", "Nous manquons tous de repères") permet à moins à Delphine Bell de se concentrer sur l’écriture ("Mes cahiers m’attendent", "Je nage, je surnage, j’écris des pages…"), à commencer par son compagnon, sa famille ("Avec Mat, nous inventons des fêtes…") et ses parents. Son père, en maison de retraite, est au centre des préoccupations de l’auteure, mais il y aussi sa mère, disparue quelques années plus tôt. La douleur est tangible dans ces pages. Le deuil et le manque rythme les jours, les semaines et les mois de la diariste, donnant à cette période de confinement et de déconfinement une profondeur humaine et tragique.

Singulier journal intime, dans laquelle Delphine Bell ose un chapitre, inattendu, justement : une chronique imaginant le 1er août 2030…

Et si, face à cette "fausse liberté" qu’a été le confinement, la survie ne venait pas de l’écriture ? Elle est une "vraie arme, elle élargit les possibles, fixe le marbre de [ses] souvenirs, car qui sommes-nous à part des bribes de mémoire ?"

Delphine Bell, Inattendu, éd Le Lys Bleu, 2023, 288 p. 
https://www.lysbleueditions.com/produit/inattendu
http://intelligently-fashionable.blogspot.com

Voir aussi : "Rien n’est écrit d’avance"

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