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Jazz muté

Le saxophoniste français Rodolphe Lauretta nous entraîne dans des Antilles à la fois proches et lointaines. Kreolia, le nom de son nouvel album est celui aussi du premier titre qui ouvre l’opus. Il s’agit d’un morceau paradoxalement très jazz, mais il s’agit d’un jazz qui aurait muté grâce à l’apport de rythmiques créoles. Portés par le saxophone du musicien et d’inventions sonores électro et contemporaines

"The Roy" – en hommage à Roy Hargrove – a des sonorités à la fois jazz et funky. "Brazilian Truth", plus court : dans un jazz cette fois pas si lointain des Caraïbes, au Brésil, dans un titre métissé, bien entendu, entre samba, jazz et urbain. Voilà qui donne un accent hyper moderne  à ce projet musical initié par une commande du festival Jazz à Vienne autour d'un hommage à Madlib.

Impossible non plus de ne pas parler des invités de cet opus à la belle richesse : le chanteur Dwight Trible, la chanteuse Genevieve Artadi du groupe Knower, le rappeur M.E.D aka Medaphoar et la chanteuse Ruppert Pupkin.
"Ultraviolet" plus électro, comme un moment de smooth dans les étoiles. Du smooth dans les étoiles. Avec ce qu’il faut d’impro.

Du smooth dans les étoiles

"We Are All One" est un titre donnant tout son place au chant – et nous dirions même à la déclamation –  dans un son mêlant jazz et contemporain. La voix de Dwight Trible se mêle avec étrangeté et singularité avec le saxophone et les flûtes de Jî Drû.

"Where To Go" jazz plus occidental et posé prouve que Rodolphe Lauretta connaît ses gammes, tout en regardant à la fois vers le continent américain et vers l’Europe.

C’est avec Genevieve Artadi que le jazzmen s’aventure le plus loin, avec un superbe titre, "Anticipation", une magique création de sons, de textes, dans une pop-jazz luxuriante, voyageuse et délicate tout à la fois.

Plus étrange encore est le titre "Mashupdistage" hallucinogène, sûrement, mais à la rigueur toute jazz. Impossible à ce sujet de ne pas parler de "Smookin’ Wid Lord Quas", avec ce  jazz "cool" très XXIe siècle. L’auditeur retrouvera sans doute ses marques avec "Sauvée", une chanson française de Ruppert Pupkin sur "les séquelles de l’oubli" "Un regard tuméfié", « Étranger de ma tête / Effacé à jamais").

L’album de Rodolphe Lauretta se clôt avec l’étrange, audacieux et dépaysant "Haïti", dans un  mélange luxuriant de jazz, de pop et de rythmes caribéens, non sans. Sur des sons synthétiques, le thème bebop aux accents biguine font place à un second mouvement explosif et syncopé, typique du broken beat londonien. La primeur est laissée à la danse et à la transe, avec en apothéose les ferventes envolées du saxophone et du piano.

Rodolphe Lauretta, Kreolia, Cristal Records, 2021
https://www.rodolphelauretta.com
https://www.facebook.com/rodolphelaurettamusic
https://www.instagram.com/rodolphelauretta

Voir aussi : "Les âmes libres de Sarāb"

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