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Triple zéro

Il paraît que les milieux de la mafia ont adoré le traitement qui leur était réservé par Francis Ford Coppola dans son triptyque génial du Parrain : des scènes devenus mythologiques, la violence stylisée, la place laissée à la famille et des anti-héros flamboyants… Un tableau de la mafia italo-américaine adoré, semble-t-il, par ces hors-la-loi .

Ils seront sans doute beaucoup moins flattés par ZeroZeroZero, la série italienne adaptée du roman éponyme de Roberto Saviano, dont la tête a été mise à prix par le milieu de la Camorra depuis la publication de Gomorra. Place ici à une nouvelle incursion dans le milieu de la mafia, cette fois sous forme d'une fiction dont l'horizon est élargie aux quatre coins du dmonde.

La 'Ndrangheta, organisation mafieuse calabraise en proie à une guerre interne et violente, organise, via son chef Don Minu La Piana (Adriano Chiaramida), l’achat de cocaïne mexicaine pure (la "zerozerozero" dans le jargon criminel). De l’autre côté de l’Atlantique, les producteurs et vendeurs, les frères Enrique et Jacinto Leyra, s’organisent dans un climat de guerre civile, entre lutte de clans et interventions d’une troupe des forces spéciales menées par un chef corrompu, Manuel Contreras (Harold Torres). Un troisième intervenant prend contact : il s’agit d’intermédiaires américains, le père et la sœur Emma et Edward Lynwood (respectivement Andrea Riseborough et Gabriel Byrne), bientôt rejoints par le jeune fils Chris (Dane DeHaan), gravement malade. Ceux-ci sont chargés de transporter la cargaison de drogue par bateau. Un  transport qui ne va pas se dérouler sans heurts.

Tragédie antique

ZeroZeroZero se démarque des nombreuses fictions de la mafia d’abord par sa forme : une série se développant avec patience mais aussi précision sur plusieurs lieux éclatés. Le fait que Roberto Saviano soit aux origines de cette création télé garantit le sérieux du travail. Non seulement les arcanes de des organisations mafieuses sont décrites avec réalisme (y compris dans la violence) mais le journaliste et auteur italien choisit de faire le récit d’une criminalité mondialisée, entre l’Italie, le Mexique et les Etats-Unis, et jusqu’en Afrique. L’intrigue avance pas-à-pas, à l’image de cette cargaison, au centre de toutes les convoitises. Les guerres pour la possession de territoires – que ce soit dans la vieille Europe ou en Amérique centrale – ne connaît aucune règle et se transforme vite en tragédie que l’on pourrait qualifier d'antique – avec cette place capitale des liens familiaux, qu’ils soient italiens ou américains.

On sort complètement esquinté par cette plongée en enfer. Pas sûr que les criminels de la pieuvre apprécieront pareil tableau.

ZeroZeroZero, série policière italienne de Stefano Sollima, Leonardo Fasoli et Mauricio Katz, avec Andrea Riseborough, Dane DeHaan, Giuseppe De Domenico, Adriano Chiaramida, Harold Torres et Gabriel Byrne, saison 1, 8 épisodes, 2020, Canal+, OCS
https://www.canalplus.com/series/zerozerozero

Voir aussi : "Le pizzaiolo, l’intello, le bricoleur et la prostituée"

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