Handel, jamais aussi proche (17/09/2026)
Qui connaît vraiment Haendel ? Voilà un compositeur prolifique, admiré à son époque, encore archi joué, vraiment admiré, mais dont la personnalité et l’âme demeurent un mystère. En comparaison, ses contemporains Bach et Mozart sont devenus hyper populaires à partir du XXe siècle. Oui, il y a bien un mystère Haendel – ou plutôt Handel, Clara Ponty ayant choisi l’orthographe anglais utilisée après l’installation du compositeur allemand de l’autre côté du Channel.
La pianiste a choisi de "ré-imaginé" Handel dans l'album Handel reimagined (Neo Classic), sorti cet année mais né il y a six ans pendant le confinement, alors que la musicienne venait de se produire à Halle, la ville natale du compositeur. "Pendant le confinement, ma meilleure thérapie a été de m’asseoir à mon piano et de jouer une heure de musique baroque presque chaque jour », confie l’artiste. « Ce fut ma plus grande consolation dans une période difficile."
C’est au piano que la musicienne américaine réinterprète quelques grands titres – on a même envie de préciser "quelques grands tubes" – de l’auteur de Water Music, du Messie… ou de l’hymne de la Champions League ! Il faut aller à la dernière piste pour écouter le Royal Anthem, extrait de Zadock The Priest, adapté par Benjamin Britten deux siècles plus tard pour le grand plaisir des fans de football.
L’objectif de Clara Ponty est on ne peut plus clair : "Je souhaite donner une nouvelle vie à cette musique exceptionnelle. Mon espoir est que cet album soit perçu comme une passerelle, prouvant que le classique n’est pas une musique de niche, mais une émotion universelle."
L’hymne de la Champions League
Rappelons que Georg Friedrich Haendel, né à Halle, donc, en 1685 et mort à Westminster en 1759, est un représentant capital de la période baroque (que l’on pense au Mysterious Minuet). Clara Ponty choisit le dépouillement (Sweet Gigue), donnant à ces œuvres intemporelles un extraordinaire dénuement, jusque dans la célèbre Sarabande (Sarabande reimagined). L’Américaine a sans doute en tête ses compatriotes du courant répétitif américain – Adams, Reich, Glass. Il y a du minimalisme dans cette manière d’interpréter le baroque handelien. Et pourquoi pas ? Autre tube, la Passacaille, devenue ici la Gladsome Passacaille, tout aussi irrésistible et demandant la même virtuosité.
"Handel Made in Ponty" ce n’est pas une relecture, mais des relectures allant du classique au moderne, en passant même par la pop. C’est ce que l’auditeur ou l’auditrice se dira d’ailleurs à l’écoute de Permets-moi de pleurer, extrait de l’opéra Rinaldo. Prenez ce morceau, écrivez des paroles et vous aurez sans doute un tube de notre époque.
On est tout autant heureux de retrouver deux extraits de la Water Music, cette "musique sur l’eau", l’une des plus grandes compositions de l’histoire consacrée à la fête. Et à la vie. Clara Ponty fait de l’Ode to River Thames une interprétation mystérieuse, singulière, légère et au bonheur pudique. Quant à A Majestic Air, nous voilà dans un titre aérien – justement – à la mélodie imparable et rappelant qu’Handel est un compositeur immédiatement attachant, bref si proche de nous grâce notamment à la magicienne qu'est Clara Ponty. Un gros big up pour elle !
Clara Ponty, Handel reimagined, Neo Classics, 2026
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Voir aussi : "À la recherche de Philippe Malhaire"
00:00 Écrit par Bruno Chiron | Tags : haendel, handel, musique classique, baroque, sp, piano, pianiste, clara ponty | Lien permanent | Commentaires (0) |
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