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de séries et de TV ?

  • Vendanges amères

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    Le hasard est parfois bien fait : alors qu’il y a quelques jours je découvrais le podcast d’Affaires sensibles consacré à l’histoire de la plus grosse arnaque dans le monde du vin, cette semaine je tombais sur le film Sour Grapes consacré au même sujet, et qui est disponible sur Netflix.

    Le protagoniste de cette affaire s’appelle Rudy Kurniawan. Un pseudo en réalité, qui est aussi un hommage à un joueur de badminton indonésien. Notre Rudy Kurniawan vient lui aussi de ce pays, d’une famille à l’histoire compliquée pour la faire brève, et que le film de Jerry Rothwell explique dans les dernières vingt minutes de son documentaire.

    Lorsque le fringant jeune homme asiatique apparaît dans la communauté des collectionneurs de vin à partir de 2000, il se montre évasif sur sa fortune. Il se présente comme un héritier passionné de bons flacons, capable de dépenser une fortune dans des bouteilles d’exception, la plupart françaises, et dans des millésimes rarissimes : Mouton Rothschild 1945, Chambolle-Musigny 1962, Vosne-Romanée-Conti, Château Petrus 1947 ou des Clos-saint-denis millésimés de 1945 à 1971. Et sur à cause de ces derniers vins qu’il va se faire pincer.

    Omerta

    Rudy Kurniawan est doué d’une connaissance encyclopédique en œnologie et il impressionne ses nouveaux amis collectionneurs. En quelques années, il devient un personnage emblématique des salles de vente et il s’associe avec le commissaire-priseur new-yorkais John Kapon qui se charge de revendre les vins de sa collection. Non seulement Rudy Kurniawan gagne beaucoup d’argent, mais il contribue aussi à bouleverser le marché du vin et à faire grimper les prix. L’escroquerie va être dévoilée parallèlement par le milliardaire et collectionneur Bill Koch et le viticulteur bourguignon Laurent Ponsot qui s’aperçoit que certains crus… n’ont jamais existé.

    Pas la peine d’être un spécialiste du vin pour apprécier Sour Grapes (comme d’ailleurs le numéro d’Affaires sensibles). Le spectateur sera fasciné par l’histoire d’une arnaque savamment organisée qui a tellement roulé dans la farine des hommes d’affaire roublards qu’aujourd’hui encore on estime que près de 10 000 faux crus de Rudy Kurniawan sont encore en circulation dans le monde. Et personne ne semble vraiment tenir à ce qu’on les déniche.

    Une vraie omerta qui a tout de même conduit derrière les barreaux un brillant spécialiste et fraudeur en vin, sans que l’on sache complètement toutes les complicités. Le milieu des collectionneurs de vin n’a pas été le moins gêné par cette escroquerie exceptionnelle. Et dans un milieu régi par le bling-bling, le fric et les signes extérieurs de richesse, on pourrait résumer ainsi les réactions des acheteurs des vins made in Kurniawan : "Qu’importe si mon Domaine de la Romanée-Conti à 85 000 dollars la bouteille est faux, du moment que l’étiquette indique que c’est un Domaine de la Romanée-Conti…"

    Sour Grapes, documentaire américain de Jerry Rothwell, avec Laurent Ponsot, Jay McInerney, Jefery Levy, Maureen Downey et Rudy Kurniawan, 2016, 85 mn, Netflix
    https://www.netflix.com
    "Le vigneron et le faussaire", Affaires sensibles, France Inter, 2017, en podcast
    https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles

    Voir aussi : "Histoire sensible"

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  • Quand je pense à la vieille Anglaise

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    C’est une adaptation brillante que je vous invite à découvrir : celle de La Maison biscornue, un roman policier méconnu et d’une rare cruauté d’Agatha Christie. Ce téléfilm britannique a été réalisé par un Français, Gilles Paquet-Brenner, avec au scénario Julian Fellowes. Le nom ne vous dit peut-être rien. Il s’agit pourtant du showrunner de la série Dowton Abbey. Il fallait bien ce talent pour mettre en image l’une des œuvres géniales de la vieille dame anglaise, devenue la papesse du crime.

    À la fin des années 40, L’homme d’affaire et célébrité Aristide Leonides a été tué chez lui, dans sa grande demeure, que la romancière britannique décrit ainsi : "C’était, là je le compris tout de suite, non pas une villa anglaise mais… un château manqué." Une maison biscornue (Crooked House) donc.

    L’enquêteur Charles Hayward est chargée par Sophia Leonides, la petite fille du millionnaire, de retrouver l’assassin. Le détective ne peut rien refuser à la jeune femme, avec qui il a eu une brève relation quelques années plus tôt en Égypte. Rapidement, les soupçons se portent sur les membres de la famille.

    Un château manqué

    Il y a Lady Edith de Havilland, la belle-sœur d’Aristide. Il ne faut pas oublier les filles et les belles-filles du tyrannique vieillard, sans oublier ses petits enfants, Josephine et Eustace et la veuve éplorée, Magda Leonides. Qui a donc empoisonné Aristide Leonides, et pourquoi, car le vieil homme gardait des secrets ?

    Je m‘arrête là sur l’intrigue qui aboutit, on s’en doute, à la découverte par le détective sans peur et (presque) sans reproche du, de la ou des coupables. Les fans de films d’époque se régaleront avec l’ambiance, les décors, les costumes et les coiffures de ce téléfilm d’une belle qualité, à la facture certes classique. Au scénario, Julian Fellowes a fait merveille pour adapter le policier d’Agatha Christie.

    Au casting, le spectateur découvrira un joli gratin. Glenn Close tient le rôle de la doyenne caustique et rude. Christina Hendricks, qui avait explosé dans Mad Men, est Brenda, la deuxième épouse du businessman, submergée par le chagrin (si tant est que ce n'est pas de la comédie). Sans oublier Gillian Anderson, méconnaissable en Magda Leonides, belle-fille illuminée autant qu'incomprise.   

    La Maison biscornue est à voir en ce moment sur Canal+.

    La Maison biscornue, téléfilm policier anglais de Gilles Paquet-Brenner, scénario de Julian Fellowes, avec Max Irons, Stéfanie Martini, Glenn Close, Honor Kneafsey, Christina Hendricks, Terence Stamp, Julian Sands, Gillian Anderson, Christian McKay, Amanda Abbington et Preston Nyman, 2017, sur Canal+
    Agatha Christie, La Maison biscornue, éd. Club des Masques, 1951, 189 p.
    https://www.canalplus.com/telefilms/la-maison-biscornue

    Voir aussi : "Maîtres et serviteurs à Downton Abbey"

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  • Le paradis d'Hollywood

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    Des louanges ont été dressées pour la série Hollywood, créée par Ryan Murphy et Ian Brennan. Une vraie superproduction, particulièrement soignée, à la gloire de l’Âge d’Or d’Hollywood. Des années 30 aux années 50, le pouls du cinéma mondial bat du côté de Los Angeles. C’est le règne du divertissement, des films à gros budget, des nouveautés techniques (cinémascope, films parlants, couleur) mais aussi du star system. Les vedettes de l'époque se nomment Buster Keaton, Louise Brooks, Charlie Chaplin, Paulette Goddard, Franck Cappra, Marlene Dietrich ou George Cukor, et les chefs d’œuvre se multiplient : Le Kid, Citizen Kane, Autant en emporte le Vent ou Freaks. Après la seconde guerre mondiale, cependant, l’étoile de Hollywood commence à pâlir, et c’est justement le thème de la série que propose Netflix.

    Démobilisé après avoir servi sous les drapeaux en Europe, Jack Castello (David Corenswet) s’est installée avec sa femme enceinte à Los Angeles, où il rêve de gloire et de percer dans le cinéma. Désargenté, il traîne ses espoirs entre les salles obscures et les studios de la prestigieuse compagnie Ace, à la recherche d’un petit rôle. Il finit par se faire alpaguer par un certain Ernie (Dylan McDermott), qui le remarque pour son physique avenant. L’homme, qui dirige une station-service, lui propose de travailler dans son établissement, qui est aussi et surtout un lieu couru du proxénétisme (plus poétiquement appelé "paradis" par Ernie). Jack accepte de se prostituer pour le gratin de Hollywood, ce qui va lui ouvrir bien des portes. En route vers le succès, il croise la route d’autres jeunes ambitieux: le metteur en scène Raymond Ainsley (Darren Criss), le scénariste Archie Coleman (Jeremy Pope), les actrices Claire Wood (Samara Weaving) et Camille Washington (Laura Harrier), mais aussi le jeune premier Rock Hudson (magnifique Jake Picking !).

    Un gros bémol

    Il y a du bon et du moins bon dans cette série brillante, clinquante et à bien des égards très enlevée. Les showrunners ont mis le paquet pour reconstituer cet Hollywood d’après-guerre : costumes, décors, coiffures, reconstitutions des studios et scènes tournées en noir et blanc. L’hommage est presque à chaque image de ce qui reste un superbe hommage à une époque révolue, pour le meilleur et pour le pire.

    Car, loin d’être une reconstitution dithyrambique de cet âge d’or, les créateurs ont choisi de tirer à boulet rouge sur l’hypocrisie qui régnait à Hollywood. Racisme, machisme, homosexualité refoulée ou condamnée : les acteurs doivent se battre avec leurs armes pour faire valoir leur talent, quelque soit leur couleur de peau, leur sexe ou leur sexualité. Les artistes et producteurs, en marge - ou tout simplement ignorées - s’associent pour monter un film, Meg, écrit par un scénariste noir (et gay), Archie, et réalisé par le cinéaste métis Raymond, avec une actrice noire, Camille Washington, lorgnant le premier rôle, sans oublier un acteur gay tout juste débutant, un certain Rock Hudson. Pour financer ce film, la société Ace voit débarquer par accident une femme, devenue fortuitement productrice : Meg pourra-t-il être tourné ? Et quel accueil va-t-on lui faire ? 

    Hollywood séduit pour cette manière de montrer comme jamais cette facette de "la machine à divertissement", grâce à des personnages très forts, purement fictifs ou alors inspirés par des vraies vedettes (Rock Hudson, bien sûr, mais aussi Hattie McDaniel ou Anna May Wong).

    Il y a pourtant un gros bémol dans cette série qui, dans les derniers épisodes, fait le choix du happy-end, en refaisant notamment l’histoire des oscars, grâce à un savant mixte entre les cérémonies de 1947 et de 1948. Shocking ! Ainsi, les passionné·e·s de cinéma remettront à la bonne année les récompenses des films Miracle sur la 34e rue (1947) et Sang et Or (1948), rassemblés pour les besoins de la série dans la même soirée. On pourra y voir une facilité de scénariste ou une facétie destinée à laisser passer un message. À vous de décider.

    Hollywood, série dramatique américaine de Ryan Murphy et Ian Brennan,
    avec David Corenswet, Darren Criss, Laura Harrier, Darren Criss,
    Joe Mantello, Samara Weaving, Jeremy Pope,
    et Dylan McDermott, saison 1, 7 épisodes, Netflix

    https://www.netflix.com/fr/title/81088617

    Voir aussi : "Cours, Etsy, cours"

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  • En attendant la finale de Koh Lanta

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    Aujourd’hui marque la conclusion de cette saison de Koh Lanta. C’est ce soir que nous saurons qui de Claude, Inès ou Naoil l’emportera au cours de la mythique épreuve des poteaux, avant d'être désigné le ou la "survivant·e" ultime.

    La semaine dernière, en demi-finale, les candidats Alexandra, à cause d'une blessure, et Moussa ont été éliminés. Moussa, justement, fait encore parler de lui avec le single Aventuriers, créé avec Davassy, un nouvel artiste de la scène pop urbaine.

    Les deux musiciens se sont inspirés du générique du jeu pour imaginer une œuvre originale mêlant culture pop, influences africaines et rap.

    Un titre qui fait déjà le buzz. On aime ou pas : mais en tout cas, Aventuriers fait le buzz, et sera sans nul doute fredonné par des milliers de fans.

    Davassy & Moussa Niang, Aventuriers, 2020
    https://www.tf1.fr/tf1/koh-lanta
    https://fanlink.to/cNyZ

    Voir aussi : "Lutte des classes au Chastain Hospital"

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  • Lutte des classes au Chastain Hospital

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    Encore une série médicale, me direz-vous… Il est vrai que depuis les aventures de inénarrable docteur House, que l’on aimait détester, il semblait que la télé n’avait plus grand-chose de neuf à raconter autour des hôpitaux… américains – en attendant bien sûr que la crise sanitaire inspire les showrunners et autres scénaristes. Et c’est pourtant dans cette période de confinement et d’urgences réelles dues au Covid-19 qu’est arrivée sur TF1 la série The Resident.

    Cette production de la Fox avait un insolent parfum de provocation, à telle enseigne que TF1 aurait pu programmer pour des jours meilleurs cette histoire de blouses blanches. C’était bien mal les connaître, et on peut les remercier d’avoir non seulement tenu bon, mais en plus d’avoir anticipé la programmation de la saison 2.

    The Resident suit l’équipe urgentiste du Dr Conrad Hawkins, aussi beau gosse que non-conformiste. Dès le premier épisode, en tant que référent à l’hôpital Chastain d’Atlanta il prend sous son aile le fraîchdement diplômé Devon Pravesh, un premier de la classe qui va vite déchanter. La tension maximale est garantie dans un établissement où travaille le très influent chirurgien Randolph Bell, dont la réputation est salie par des erreurs à répétition et qu’il tente de cacher tant bien que mal. Au cœur de cet hôpital, qui est autant un centre de santé qu’une machine à fric, il y a aussi l’infirmière idéaliste et têtue Nicolette (Emily VanCamp), l’interne hyper douée Mina Okafor (Shaunette Renée Wilson), la directrice impitoyable Claire Thorpe (Merrin Dungey) et l’inquiétante et manipulatrice oncologue Lane Hunter (Melina Kanakaredes) qui est au cœur de la saison 1. Et puis, il y a tous ces malades et ces patients, de tous âges, de toutes origines, de tout revenu, et de toutes affections...

    Machine à fric

    Si vous aimez les courses dans les couloirs, les dialogues musclés avec un sabir médical auquel personne ne comprend, les opérations gores, les symptômes qui vous soulèvent le cœur, les diagnostics étonnants – pour ne pas dire improbables – ou les romances entre internes et infirmières, vous serez servis.

    Mais les scénaristes ont également choisi un autre angle pour une création télé populaire qui, mine de rien, tire à boulet rouge sur le système médical à l’américaine. L’argent est à chaque virage d’une série bien plus critique qu’il n’y paraît : faut-il soigner tel ou tel malade ? Cette patiente est-elle assurée ? Comment faire des bénéfices et des économies ?

    Ce n’est bien entendu pas la préoccupation des sémillants résidents du Chastain, mais ces questions semblent guider chacun de leur geste, comme si une lutte des classes venait s’immiscer jusque sur les tables d’opération. Et lorsqu’une oncologue utilise une jeune femme cancéreuse pour faire fonctionner sa clinique – privée, bien entendu – on peut faire confiance à Nicolette et Conrad pour faire éclater la vérité.

    The Resident, série médicale américaine d’Amy Holden Jones,
    Hayley Schore et Roshan Sethi,
    avec Matt Czuchry, Emily VanCamp, Manish Dayal,
    Bruce Greenwood et Shaunette Wilson, saison 2, TF1

    https://www.fox.com/the-resident
    https://www.tf1.fr/tf1/the-resident

    Voir aussi : "Cours, Etsy, cours"

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  • Cours, Etsy, cours

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    Unorthodox a été la série à succès inattendue de cette période de confinement. Une mini-série en réalité : avec quatre épisodes cette création Netflix n’impose pas un temps interminable de binge-watching. Là est sans doute l’une des raisons du succès d’Unorthodox. Mais pas que.

    À vrai dire, la série allemande avait tout pour faire fuir de nombreux spectateurs : le récit a priori aride d’un déracinement et d’une séparation, une plongée dans l’univers peu connu des hassidiques, des acteurs inconnus et le refus du spectaculaire.

    Esther Schwarz est Etsy, une jeune New-yorkaise élevée dans un milieu orthodoxe extrêmement pieux, si pieux que le respect des rituels juifs vire à l’obsession jusque dans la vie quotidienne. Etsy a été élevée par sa grand-mère et sa tante après la séparation de sa mère, Alex, partie vivre en Allemagne. Le père, lui, est incapable de l’élever. Alcoolique et aussi croyant que les autres membres de sa famille, il a laissé sa mère et sœur le soin de s’occuper de sa fille. Et s’occuper d’elle signifie surtout la marier.

    Sa famille lui trouve un homme, Yanky Shapiro, aussi respectueux des traditions qu’il peut être doux et très réservé. Mais les relations entre Esther et Yanky s’aggravent en raison de la pression sociale pour qu’elle devienne mère. Un an après les noces célébrées en grande pompe, Etsy décide de fuir pour rejoindre Berlin. Sa mère y vit toujours, mais entre les deux femmes les liens ont été coupés depuis longtemps, car Alex elle-même a dû se séparer de son mari peu de temps après la naissance d’Essther. Pendant ce temps, le rabbin de la communauté hassidique demande à Yanky de partir en Europe récupérer son épouse. Pour l’accompagner, on lui impose la présence de son cousin Moishe. Les deux hommes s'envolent pour Allemagne pour retrouver celle qui a fui leur communauté.

    Il faut la voir débarquer à Berlin, à la fois éblouie, fascinée et apeurée

    Unorthodox est l’adaptation du récit autobiographique de Deborah Feldman, The Scandalous Rejection of My Hasidic Roots (2012). Pour raconter cette histoire d’une fuite et d’une libération, les showrunneuses ont insisté sur la construction intérieure d’Esty, se trouvant du jour au lendemain livrée à elle-même dans un monde qu’elle ne connaît pas. Il faut la voir débarquer à Berlin, à la fois éblouie, fascinée et apeurée. Une baignade, un concert de musique classique ou une soirée en boîte de nuit prennent des allures de découvertes ahurissantes et déstabilisantes. Esty y découvre à cette occasion l’amitié, l’amour, une vocation mais aussi la grisante incertitude de la liberté.

    Esther est interprétée par Shira Haas, impressionnante de bout en bout et littéralement métamorphosée lors de son arrivée en Europe. Elle endosse avec un naturel désarmant cette femme déracinée d'un milieu toxique et bien décidée à se battre pour exister. Mais cette quête pour son identité en cache une autre : celle d’une jeune femme juive se reconstruisant sur les lieux mêmes où la Shoah a pris corps. La série multiplie les références et les symboles de ce traumatisme : la fameuse baignade dans le lac en face de Wannsee (le lieu de la tragique conférence du 20 janvier 1942), la tête rasée d’Etsy, des conversations sur le nazisme et même une chemise rayée que porte un moment la jeune femme.

    On ne racontera pas la fin de cette série, qui fait d’un concours de musique la conclusion d’un récit intelligent et émouvant sur la liberté, les racines, le féminisme mais aussi la réconciliation.

    Unorthodox, mini-série dramatique allemande d’Anna Winger et Alexa Karolinski
    avec Shira Haas, Amit Rahlav et Jeff Willbursch
    une saison, 4 épisodes, 2020, Netflix

    https://www.netflix.com/fr/title/81019069

    Voir aussi : "Mando, l'autre Boba Fett"

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  • Arthur, Merlin et compagnie sur Ulule

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    Intéressons-nous à une série qui est seulement en projet : La légende de Carmarthen, du nom de cette ville près de laquelle serait né Merlin, met en scène Léah et son voisin geek, Arthur. Grâce à un étrange appareil, le disparelle, ils se trouvent projetés des siècles en arrière, à l’époque médiévale : décalages et anachronismes garanties pour une série de Michaël Capron, avec Michaël Capron, Cassandre Barbier, Hugo Cagliani, Georges Pawloff et Loïc Escorihuela dans les rôles principaux.

    Cinq saisons sont prévues pour cette série arthurienne qui promet, à l’instar de la websérie Le Trône des Frogz, des clins d’œil appuyés en direction de Kaamelott. Michaël Capron a choisi de situer l’action 30 ans avant l’avènement du roi Arthur, avec deux ingrédients fondamentaux : l’humour et le fantastique.

    Les créateurs de La légende de Carmarthen expliquent sur leur son compte Ullule que, ne bénéficiant pas de subventions, ils ont choisi le financement participatif pour mener à bien cette série. Les internautes seront les principaux producteurs grâce à Ulule. Le teaser est déjà en ligne.

    Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire.

    La légende de Carmarthen, série comique de de Michaël Capron
    Avec Michaël Capron, Cassandre Barbier, Hugo Cagliani, Georges Pawloff et Loïc Escorihuela
    Saison 1 en production, 2020
    https://www.ulule.com/web-serie-la-legende-de-carmarthen
    https://www.facebook.com/lalegendedecarmarthen

    Voir aussi : "Le Trône Des Frogz : Game of Thrones passé à la moulinette"

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  • Mando, l'autre Boba Fett

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    Je ne sais pas si vous avez été comme moi frustrés par la dernière trilogie de Star Wars. Mettons déjà de côté les spin-offs, très inégaux pour être gentils (Rogue One et Solo), et remontons des années en arrière. En 2015, la franchise Star Wars entre dans l’escarcelle des studios Disney qui entendent bien décliner la saga imaginée de George Lucas avec une bonne vitesse de croisière. L’idée est d’utiliser la très riche galerie de personnages tournant autour de Luke Skywalker et de multiplier les productions – et les recettes.

    Rapidement, Disney imagine des spin-offs pouvant intéresser les fans, et parmi ces spin-offs, une rumeur insistante indique que Boba Fett pourrait devenir l’un de ses personnages, après la sortie de Rogue One en 2016. Il est aussi question d’une autre déclinaison, cette fois d’un personnage beaucoup plus essentiel, Obi-Wan Kenobi – mais ceci est une autre histoire, si j’ose dire.

    Bref, voilà Boba Fett intronisé comme le futur héros d’une Star War Story. Sauf que le projet patine, comme nous l’expliquions sur ce blog. Et bientôt, ce projet mort-né rejoint le cimetière des films que les spectateurs ne verront jamais.

    Fin de l’histoire ? Pas tout à fait, car entre-temps le monde du divertissement a connu une double révolution : celle des séries et celle des plateformes à la demande – l’une n’allant pas sans l’autre. Et voilà la firme aux grandes oreilles bien décidée à participer à ce grand mouvement, à l’instar des Netflix, Amazon et autres géants d’Internet. En 2020, elle lance elle aussi sa chaîne en ligne, Disney+. Et c’est là que réapparaît Boba Fett. Ou plutôt Mando.

    Mettons nous d’accord : The Mandalorian, la nouvelle série phénomène estampillée Star Wars ne reprend pas stricto sensu le personnage devenu emblématique de la première trilogie des Skywalker. Figure secondaire, muet, au costume cheap et n’apparaissant que quelques poignées de minutes tout au long de la saga de George Lucas, Boba Fett est pourtant devenu, presque par miracle, une de ces figures familières des rassemblements de cosplayers Star Wars. Pour The Mandalorian, c’est ce modèle qui a été choisi par Jon Favreau, dans les petits papiers de Disney depuis des remakes réussis de ses grands classiques que sont Le Livre de la Jungle et Le Roi Lion.

    "Bébé Yoda", Stormtroopers, Empire : pas de doute, nous sommes bien dans "un" Star Wars

    Le Mandalorien, c’est Din Djarin, chasseur de primes retors et pugnace envoyé aux quatre coins de la galaxie pour capturer des hors-la-loi qui ont pullulé depuis la fin de l’Empire de Dark Vador. La série se situe en effet peu de temps après la fin du Retour du Jedi. Celui que l’on surnomme Mando est chargé par un commanditaire de lui ramener un mystérieux personnage, mission dont se charge le Mandalorien au cours du premier épisode. Il découvre que sa cible, âgé de cinquante ans, est en réalité un tout jeune enfant, qui a été rapidement surnommé par le public et la critique "bébé Yoda." La dernière mission de Mando, la plus simple, est de le ramener auprès de son client, entouré de redoutables Stormtroopers tout droit sortis de l’armée de Dark Vador. Mais contre toutes les règles de sa profession, le chasseur de primes se ravise et prend la fuite en compagnie du mystérieux Bébé Yoda.

    "Bébé Yoda", Stormtroopers, Empire : pas de doute, nous sommes bien dans "un" Star Wars. Mais pour cette série événement, au budget bien moins conséquent que les trilogies d’origine, Jon Favreau a réussi le tour de force de leur faire de l’ombre. Le Mandalorien muet et solitaire rappelle à bien des égards les héros blessés et désabusés des westerns. Les scénaristes imaginent dans la dernière partie de la série une enfance tragique, tout en construisant par touche ce qui pourrait s’apparenter à une mythologie mandalorienne. Car là Là où JJ Abrams récitait le bréviaire Star Wars avec application, sans fausse note mais sans non plus grande surprise (épisodes VII à IX), Jon Favreau agrandit l’univers de la Guerre des Étoiles comme jamais auparavant. Que l’on pense à cette invention géniale du "bébé Yoda", au fabuleux personnage de Kuiil (Nick Nolte), à la figure héroïque de Cara Dune, aux créatures extraordinaires (les Blurrgs) ou aux incontournables droïdes, dignement représentés par IG-11.

    Et puis, il n'est pas possible de passer sous silence la formidable bande originale de Ludwig Göransson, qui vous tient scotché jusqu'aux dernières images du générique de fin (à ne pas manquer, lui non plus). Le compositeur suédois a imaginé une BO qui fait complètement oublier John Williams en mêlant avec aplomb néo-classisme, musique tribale, percussions et électronique. 

    The Mandalorian est un bijou de SF qui prouve que Star Wars n’est pas qu’une saga à la légende tétanisante : elle peut aussi être une source d’inspiration inépuisable. À telle enseigne qu’une deuxième saison est déjà sur les starting-blocks et qu’une troisième est déjà en préparation.

    The Mandalorian, série Star Wars, space opera de Jon Favreau
    avec Pedro Pascal, Gina Carano et Nick Nolte,
    saison 1, 8 épisodes, Disney+, 2020

    https://www.starwars.com

    Voir aussi : "Boba Fett, toute une saga"

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  • À la découverte de Hamilton

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    Connaissez-vous Hamilton ? Derrière ce nom se cache Alexander Hamilton (1757-1804) l’un des Pères fondateurs de la nation américaine. Mais il s’agit aussi de la comédie musicale de Broadway récompensée par 11 Tony Awards, Grammy Awards et Olivier Awards, et par un prix Pulitzer. Cette captation est réalisée par Thomas Kail, également coproducteur aux côtés de The Walt Disney Company, Lin-Manuel Miranda et Jeffrey Seller.

    Le spectacle est proposée à partir du 3 juillet sur Disney+, une occasion de découvrir une pièce annoncée comme révolutionnaire dans sa captation immersive. Le résultat, étonnamment intimiste, combine le meilleur du théâtre, du cinéma et d’une diffusion en streaming.

    Hamilton, qui est un hymne à la ténacité, à l’espoir, à l’amour et à l’union face à l’adversité, est un véritable biopic en deux actes et 48 chansons. Une pièce qui plonge dans la genèse des jeunes États-Unis d’Amérique : que cette comédie musicale soit proposée la veille de la Fête d’indépendance américaine est donc tout sauf un hasard. La version proposée sur Disney+ a été filmée en juin 2016 au Richard Rodgers Theatre de Broadway,

    Le réalisateur et également acteur principale, Lin-Manuel Miranda, s’enthousiasme de voir sa création proposée sur petit écran : "Je suis très fier de la manière dont Tommy Kail est parvenu à transposer Hamilton à l’écran. Chaque spectateur est assis dans le meilleur fauteuil de la salle ! (…) Je suis hyper fier de ce spectacle, et j’ai hâte que vous le découvriez à votre tour."

    Hamilton, comédie musicale de Lin-Manuel Miranda
    Avec Lin-Manuel Miranda, Daveed Diggs, Renée Elise Goldsberry,
    Leslie Odom, Jr., Christopher Jackson, Jonathan Groff,
    Phillipa Soo, Jasmine Cephas Jones, Okieriete Onaodowan et Anthony Ramos,
    Sur Disney+ à partir du 3 juillet 2020
    https://hamiltonmusical.com/london

    Voir aussi : "Binge-watching de spectacles avec Opsis TV"

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  • Maîtres et serviteurs à Downton Abbey

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    Allez, je me lance : Downton Abbey est très certainement l’une des meilleures séries de ces dix dernières années. À mettre en tout cas sur le podium des créations télés les plus ambitieuses artistiquement, au point d’en avoir fait un film pour le cinéma, dont je vous parlerai bientôt.

    Cette véritable superproduction historique anglaise, créée par Julian Fellowes pour qui rien n’était trop beau, n’a pas lésiné sur les moyens : costumes, coiffures du début du XXe siècle, automobiles d’époques, accessoires dignes de figurer dans Affaires conclues, sans oublier les décors, toujours somptueux. En premier lieu, il y a le château néogothique de Downton Abbey – celui de Highclere Castle dans le Berkshire, nous précise le générique de fin – véritable personnage de la série.

    Le spectateur suit la vie d’une famille aristocrate anglaise, les Crawley. Il y a le comte de Grantham Robert Crawley (Hugh Bonneville), aussi droit et collet monté qu’intègre, marié à une roturière, l’Américaine Cora Crawley née Levinson, la toujours impeccable Elizabeth Mc Govern que l’on retrouve ici dans le rôle d’une mère faussement effacée mais à l’autorité jamais démentie. Il y a aussi les trois sœurs, au caractère bien trempé : l’insaisissable Mary (Michelle Dockery), promise à un mariage de circonstance mais que le tout premier épisode va bouleverser, la jeune, généreuse et passionnée Sybil (Jessica Brown Findlay) et la secrète Edith (Laura Carmichael), qui rêve d’enfin trouver chaussure à son pied. Et, the last but not the least, il y a aussi et surtout la comtesse douairière de Grantham, Violet Crawley (Maggie Smith), véritable tête pensante et figure tutélaire, dont la rigidité apparente laisse deviner au fur et à mesure des épisodes un caractère bien plus subtil qu’il n’y paraît.

    Plusieurs générations cohabitent donc bon an mal an dans l’immense domaine de Downton Abbey, sans compter les tantes et beaux-parents, les lointains cousins, les visiteurs impromptus (dont un diplomate turc qui, dès le troisième épisode, va mettre bien malgré lui un sacré grain de sable dans la stabilité familiale) et une ribambelle d’invités pour des soirées aussi chics qu’onéreuses.

    Ceux d’en haut et ceux d’en bas

    Mais Downton Abbey ne serait pas Downton Abbey sans une invention scénaristique géniale : mettre en parallèle à l’histoire des Crawley celle de leurs serviteurs. Une armée de domestiques, femmes de chambre, valets de pied, cuisinières ou majordomes chargés de faire vivre le domaine. C’est aux étages inférieurs que vivent ces hommes et ces femmes, traités sur un pied d’égalité par les créateurs de la série. Outre les histoires d’amour contrariées (celle de William et de Daisy), les deuils, les drames et les questionnements de chacun et chacune sur leur destin respectif comme sur leur place dans une société aristocrate fermée, les auteurs mettent aussi en avant ces singuliers liens hiérarchiques avec les figures autoritaires de Charles Carlson (Jim Carter) et de Mademoiselle Hugues (Phyllis Logan) et ces affrontements parfois impitoyables sur des fonctions âprement convoitées – celle de valet de chambre par exemple. Dans l’étage inférieur des serviteurs, où les maîtres ne pénètrent que rarement, se jouent les destins de personnages attachants : John Bates (Brendan Coyle) et la femme de chambre Anna (Joanne Froggatt), la naïve Daisy (Sophie McShera) et sa robuste responsable en cuisine, Mme Patmore (Lesley Nicol), l’intrigant Thomas Barrow (Rob James-Collier) et sa "complice" Mlle O’Brien (Siobhan Finneran), dans une ambiance où le protocole rigide chez ces serviteurs n’a rien à envier à celle de leurs aristocrates de maîtres.

    La série entretient un va-et-vient régulier entre ceux d’en haut et ceux d’en bas, entre riches et pauvres. Malgré tout, des relations fortes faites de confiances voire d'affection  se tissent au-delà des barrière sociales, à l’exemple du procès de Bates au cours de la saison 2. Les dialogues sont soignés et écrits à la perfection pour suivre les aléas des Crawley et de leurs serviteurs dans une Grande-Bretagne secouée par les grands événements européens : le naufrage du Titanic, la première guerre mondiale, la grippe espagnole, l’indépendance irlandaise, les débuts de l’émancipation féminine et le basculement vers un nouveau monde après la Grande Guerre.

    Sans doute l’une des meilleures séries jamais tournées, vous dis-je.

    Downton Abbey, 6 saisons, série historique de Julian Fellowes, avec Hugh Bonneville, Elizabeth McGovern, Maggie Smith, Michelle Dockery, Laura Carmichael, Jim Carter et Penelope Wilton, 2010-2015, Grande-Bretagne, Amazon Prime
    https://www.itv.com/downtonabbey
    https://www.primevideo.com

    Voir aussi : "Kad Merad, Baron noir et très noir"

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  • Phyllis et les féministes

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    Cate Blanchett est méconnaissable dans son rôle de Mrs America, alias Phyllis Schlafly, cette mère de famille républicaine collet monté, partie en guerre contre un amendement constitutionnel pour l’égalité hommes-femmes, l’Equal Rights Amendment. Un paradoxe, mais cette série n’en est pas à un près.

    Nous sommes en 1972 lorsque l’État fédéral américain s’apprête à voter ce vieil amendement qui semble faire quasi consensus, si on excepte quelques vieux Républicains arc-boutés sur une vision traditionnelle de la famille. Mais contre toute attente c’est une femme, une inconnue au nom imprononçable, qui se lève contre cette loi et organiser une bataille idéologique impitoyable.

    Cate Blanchett interprète Phyllis Schlafly, impressionnante de roublardise, d’intelligence, de culture, de pugnacité, d’efficacité, de cynisme mais aussi de contradictions et de mauvaise foi. Cette mère de famille, mariée à un homme aussi traditionnel et républicain qu’elle, se lance dans un combat perdu d’avance. L’Amérique du début des années 70 est en plein bouleversement : luttes contre la ségrégation, mouvement hippie, révolution sexuelle, guerre froide et guerre du Vietnam. L’Equal Rights Amendment enverra-t-il les filles dans les tranchées du Mekong et les toilettes mixtes seront-elles bannies ? Phyllis Schlafly est la figure de cette contre-culture conservatrice qui cherche à préserver le contrat social traditionnel : les femmes au foyer et la conviction que l’inégalité entre hommes et femmes est une réalité intangible.

    Après le vote au Congrès de cet amendement (premier épisode), Phyllis et ses amies se lancent dans une course de fond pour empêcher la ratification de la loi au niveau des États. Pour mener à bien sa mission quasi divine, Phyllis/Cate Blanchett doit utiliser des trésors d’inventivité pour imposer son lobbying, dans un mouvement qui peut être qualifié d’ancêtre du Tea Party.

    Phyllis et ses amies se lancent dans une course de fond

    Mais ce combat porte en lui son lot de contradictions. Car en se soulevant comme un seul homme contre l’égalité qu’elle, femme, serait en droit d’au contraire réclamer, Phyllis Schlafly se lance surtout dans une guerre qui bouleverse aussi son propre rôle social. Pire, face à un mari conservateur, contre qui se joue une lutte sournoise, la mère de famille doit aussi échapper à son rôle de mère de famille effacée. Elle use finalement d’armes féministes et de convictions féministes contre ses adversaires idéologiques – précisément les féministes.

    Justement, la force de Mrs America est de s’intéresser au camp féministe. Face à une Phyllis Schlafly déterminée, les progressistes de tout poil (féministes, pro-avortements ou noirs) pèchent moins en raison de leurs convictions que de leurs dissensions internes, des guerres d’ego, le tout dans un contexte politique détonnant : les élections présidentielles de 1972, avec un Richard Nixon conquérant pour sa réélection et son outsider démocrate, George McGovern, incapable de gérer correctement les courants progressistes de son propre camp.

    Cate Blanchett est parfaite dans le rôle de cette mère de famille lancée dans un combat d’une autre époque. Les années 70 sont d’autant mieux décrites que les apparitions de personnalités historiques ne manquent pas. Le tableau de l’Amérique traditionnelle de cette décennie est d’autant plus frappante qu’elle se confronte aux réalités de notre époque : néo-conservateurs, combats féministes, luttes contre les inégalités. Voilà, qui fait de cette série historique une formidable caisse de résonance pour le monde d’aujourd’hui.

    Mrs. America, série historique de Dahvi Waller
    Avec Cate Blanchett, Uzo Aduba, Rose Byrne, Kayli Carter et Ari Graynor
    États-Unis, 2020, sur Canal+

    https://www.canalplus.com/series/mrs-america/h/13631742_50001

    Voir aussi : "Kad Merad, Baron noir et très noir"

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  • Kad Merad, Baron noir et très noir

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    Revoilà Kad Merad dans son meilleur rôle : celui de Philippe Rickwaert, alias Baron noir après une saison 2 assez inégale, dans laquelle l’homme politique, à la fois passionné, ambitieux, roublard et machiavélique, s’engageait dans une traversée du désert et tentait de se remettre dans la course. La France est gouvernée par Amélie Dorendeu, bien décidée à faire de sa Présidence une période d’ouverture politique.

    La saison 3 de Baron noir est celle du grand retour de Philippe Rickwaert, dont les déboires judiciaires n’en finissent pas de ternir son image. Ce come-back pourra-t-il passer par le parti socialiste, dont l’avenir semble bouché, ou bien par l’autre mouvement de gauche dirigé par le charismatique Michel Vidal ? Dans une France de plus en plus fragmentée, et où le populisme devient de plus en plus présent, le Baron Noir fait de l’audace sa carte maîtresse, aidé par sa conseillère en communication Naïma Meziani.

    Les auteurs réservent les coups les plus cinglants au populisme

    Baron noir est la grande série politique du moment. Antoine Chevrollier et Olivier Panchot sont aux manettes d’une création audiovisuelle ambitieuse, dont la pertinence n’est pas la moindre des qualités. Évidemment, les petites manigances politiques, le quant-à-soi et les ambitions personnelles sont pointées du doigt sans ménagement. Mais les auteurs réservent les coups les plus cinglants au populisme de gauche ou de droite (incroyable Frédéric Saurel, interprète de l’inquiétant Chistophe Mercier). Le spectateur pourra également trouver derrière chacun des personnages leurs modèles dans la vie réelle : Julien Dray pour le personnage de Philippe Rickwaert, Jean-Luc Mélanchon pour celui de Michel Vidal (formidable François Morel), Marion Maréchal-Le Pen en Léandra Tallier (Sarah Stern) et même Emmanuel Macron dont la posture politique et les attaques ont inspiré la présidente Amélie Dorendeu (Anna Mouglalis).

    Intrigue passionnante, scénarios et dialogues parfaitement écrits, mise en scène soignée (certaines séquences ont même été tournées à l’Élysée !), il faut ajouter à ces qualités de Baron noir les interprétations : Kad Merad, bien sûr, qui tient là son meilleur rôle, mais aussi Anna Mouglalis, François Morel et Rachida Brakni, qui impose au fur et à mesure de cette saison 3 sa présence impressionnante.

    Baron noir, Saison 3, drame politique d’Antoine Chevrollier et Olivier Panchot
    Avec Kad Merad, Anna Mouglalis, Hugo Becker, Astrid Whettnall,
    Rachida Brakni, François Morel, Frédéric Saurel, Patrick Mille,
    Lubna Gourion, Alex Lutz et Sarah Stern

    8 épisodes, 2019, Canal+
    https://www.canalplus.com/series/baron-noir/h/6251363_50001

    Voir aussi : "Ton univers impitoyable"

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  • Breizh watching avec KuB

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    En cette période de grand confinement, évidemment l’Internet devient plus que jamais l’outil pour se divertir et se cultiver. Et parmi ces webmédias, il y a KuB, édité par l’association Breizh Créative. KuB, comme son nom l’indique, est né en Bretagne et entend encourager la création bretonne en proposant plus de 1600 vidéos en accès libre : documentaires, créations théâtrales ou graphiques, films de fiction, animation, clips, lectures ou concerts.

    La plateforme bretonne peut se vanter de proposer un joli catalogue particulièrement varié : 372 documentaires d’auteur, 243 portraits d’artistes, 200 clips musicaux, 184 captations de spectacle, 162 enquêtes et reportages, 113 fictions, 94 web séries, 92 magazines culturels ou encore 86 films dessins animés.

    Parmi ces vidéos, l’internaute trouvera par exemple des clips comme la trilogie californienne (The Californian Trilogy) de James Eleganz, des documentaire comme Du pôule Nord au pôule Sud d'E. Gilles et G., le docu-fiction sonore Demain s’ouvre au pied de biche d’Alexandre Plank au sujet d’une indépendance… de Douarnenez, la création Art vidéo d'Isabel Perez del Pulgar, des fictions inédites à l’exemple du court T'es con Simon ! de Claire Barrault ou le magazine culturel Le grand BaZH.art.

    Mémorable mis à disposition jusqu’au 23 mars

    KuB a également mis en ligne une intégrale des courts métrages de Bruno Collet, nommé aux Oscars pour Mémorable, un film que la plateforme met gratuitement à disposition jusqu’au lundi 23 mars 2020.
    Chaque semaine, cinq nouveaux programmes sont proposés, qui reviennent sur la genèse de ces œuvres, le parcours de l’artiste et le contexte de ces vidéos.

    En 2020, l’objectif de KuB est d’augmenter sa notoriété et de diversifier ses financements, avec le développement de co-éditions vidéo et la recherche de mécénats privés. KuB entend également augmenter la visibilité de la création en Bretagne par sa présence dans le Projet audiovisuel breton associant France 3 Bretagne, TVR, TébéO, TébéSud et Brezhoweb. Avec KuB, ces médias coproduisent une centaine d’œuvres par an via un Contrat d’Objectifs et de Moyens (1,6 M€ attribués aux porteurs de projets).

    Le webmédia breton de la culture entend non seulement jouer à plein son rôle de catalyseur, mais aussi de montrer que la production audiovisuelle ne vit pas seulement à Paris.

    KuB a reçu le Prix Audiens de l’initiative numérique 2019 et le Prix Breizhacking 2019. à Breiz watcher donc, dès maintenant : c’est la période idéale.

    KuB, édité par Breizh Créative
    www.kubweb.media
    https://vimeo.com/371093580

    Voir aussi : "Binge-watching de spectacles avec Opsis TV"
    Voir aussi : "Eleganz en diable"

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  • Les monstres sont parmi nous

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    La série Hunters, débarquée il y a quelques semaines sur Amazon, avec Al Pacino dans le rôle titre, pourrait bien faire grincer des dents. D’abord parce que le showrunner David Weil a fait un choix étonnant pour cette histoire de chasse aux nazis à la fin des années 70 : aborder le sujet frontalement, sous l’angle du thriller déjanté que Quentin Tarantino n’aurait pas renié. Certains critiques ont parlé d’un croisement entre Inglorious Basterds et La Liste de Schindler : un raccourci, bien sûr, mais qui dit bien à quel point Hunters a choisi l’angle du thriller sanglant, de l’humour noir et de l’uchronie grinçante pour parler de la Shoah.

    En 1977, Jonah Heidelbaum, jeune new-yorkais vivant avec sa grand-mère, survivante de l’un camp de la mort, assiste à son assassinat. L’orphelin est bientôt accosté par un Meyer Offerman, un autre rescapé du génocide juif, qui lui propose son soutien. Jonah intègre, dans les jours qui suivent, une équipe de chasseurs de criminels de guerre installés en Amérique. Ces nazis cachés et intégrés ont un plan en tête pour déstabilisé le pays qui les a accueillis à bras ouverts.

    Un croisement entre Inglorious Basterds et La Liste de Schindler

    Le tout premier épisode commence par une scène choc mettant en scène le terrifiant – et aussi très drôle – Biff Simpson (Dylan Baker). Ce n’est que le début d’une longue série de meurtres, de chasses et d’enquête. Malgré un pilote aux longueurs certaines, Hunters se développe en assumant complètement son côté subversif s’inspirant tour à tour de la blackpoitation, des films de genre (action, ado, uchronie, thriller, drame familial) et du cinéma de Quentin Tarantino. Les créateurs incluent dans la série ancrée dans l’Amérique de Jimmy Carter (qui est d’ailleurs représenté) des scènes historiques au cœur du ghetto de Varsovie et d’un camp de la mort.

    Al Pacino est brillant, comme toujours, dans cette série sombre, sanglante, et filmée comme un divertissement morbide : que l’on pense au personnage Travis Leich, joué par Greg Austin. Une des morales de l’histoire est que le nazi n’est sans doute pas là où on le croirait, et qu’il peut avoir un visage d’ange.

    Hunters, série de David Weil, avec Al Pacino, Logan Lerman,
    Kate Mulvany, Tiffany Boone, Carol Kane, Saul Rubinek et Josh Radnor
    Saison 1, 10 épisodes, États-Unis, 2020, sur Amazon

    https://www.amazon.com/Hunters

    Voir aussi : "Mes parents étaient des espions communistes"

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  • Sacré Messie

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    De nombreuses critiques ont réagi à la sortie sur Netflix, en début d’année, de la série Messiah : cette histoire d’un homme venu de nulle part, incarnation pour certain d’un prophète extraordinaire, un Jésus du XXIe siècle, ne pouvait que susciter fascination, intérêt ou encore sarcasme.

    En imaginant une intrigue eschatologique à notre époque, le showrunner Michael Petroni entend assumer jusqu’au bout son parti-pris de proposer une série mêlant le sacré, les conflits géopolitiques, des réflexions sur les crises actuelles, sans oublier des histoires particulières : le sombre agent israélien Aviram Dahan (Tomer Sisley), l’officier de la CIA Eva Geller (Michelle Monaghan), le jeune Arabe Jibril Medina (Sayyid El Alami) et bien entendu ce mystérieux Al-Massih (Mehdi Dehbi).

    Messiah s’avère bien plus passionnant que ne le laisserait deviner sur le papier ce récit très new age qui ne lésine ni sur les symboles parfois très appuyés (l’arrivé du prophète à Washington notamment), ni sur les discours religieux s’inspirant largement des textes sacrés, ni sur des destins bouleversés par une apparition qui dépasse tout le monde (l’adolescente Rebecca et son pasteur de père ou encore le jeune Samir).

    Un récit très new age

    La série proposée par Netflix a nécessité de très importants moyens, comme le prouvent les scènes à Jérusalem ou dans la capitale américaine. Le spectateur est entraîné aux quatre coins du monde et suit des personnages fascinés, aimantés ou révulsés par ce nouveau messie apportant en réalité plus la guerre que la concorde.

    Personnage insaisissable et incompréhensible, Al-Massih est tour à tour qualifié de héros arabe, de magicien, de personnage divin ou d’escroc. Qui est ce messie ? La question est au centre de la série, et plus la saison avance, plus l’incertitude s’épaissit, semant chaos mais aussi conflits.

    La saison 1 s’achève par un accident qui rend le personnage de cette réincarnation christique encore plus fascinante, qui promet une sacrée saison 2 !

    BC

    Messiah, série dramatique de Michael Petroni
    Avec Mehdi Dehbi, Tomer Sisley, Michelle Monaghan,
    John Ortiz et Melinda Page Hamilton,
    Saison 1, 10 épisodes, États-Unis, Netflix, 2020

    https://www.netflix.com

    Voir ausi : "Un deo gratias pour deux papes"

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