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• • • de musiques ?

  • Haut Suzane

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    Cet été, c’est l’artiste que l’on a sans doute le plus vue sur les scènes de France. Suzane, 28 ans, à peine découverte grâce à son EP éponyme, ne s’est pas ménagée et remettra ses vacances à un peu plus tard.

    Le quotidien La Provence (édition du 28 août 2019) a fait le compte : 32 festivals, soit 10 de plus que ses homologues Clara Luciani, Therapie Taxi ou Eddy de Pretto, 15 de plus qu’Orelsan et 9 de plus que Boulevard des Airs. On a ainsi vu la native d’Avignon aux Vieilles Charrues, au festival de Poupet en Vendée ou au festival de jazz de Montreux.

    L’ascension de Suzane a été pour le moins spectaculaire. En quelques mois seulement, la jeune chanteuse est devenue une figure sur laquelle la scène française peut compter, et alors même qu’on ne lui doit pour l’instant qu’un EP – avant un album déjà attendu avec impatience.

    Suzane c’est d’abord un look : combinaison bleue et noire et coupe au carré impeccable. Dans la lignée de Jain, la chanteuse est immanquable grâce à un uniforme sobre et néanmoins hyper moderne. Uniforme n’est du reste pas un terme galvaudé tant l’artiste se révèle comme une soldate engagée et féministe.

    Soldate engagée et féministe

    Dans SLT, l’un des quatre titres de son premier EP, Suzane parle de saynètes brutes dénoncées avec force depuis les raz-de-marée de #Metoo ou #Balancetonporc : la drague de rue, le harcèlement sexuel au travail ou les insultes sexistes sur les réseaux sociaux ("Souffle, sois prudente / Marche dans le couloir d'à-côté / « T'es une pouffe », c'est devenu courant / De l'entendre trois fois par journée / Un gentil peut devenir méchant / Faut pas croire aux Disney / Bats-toi fillette"). Disons-le tout de go : les hommes ne sont pas ménagées dans cet EP écrit avec les tripes (L’Insatisfait).

    L’auditeur ne devra pas passer à côté d’Anouchka, un titre aussi fin et délicat que ne l’est cette "poupée russe." Délaissant l’électro-pop rythmée, Suzane choisit cette fois une orchestration sobre donnant tout son aspect romanesque à ce magnifique hommage à cette troublante jeune femme : "La plus belle fille du lycée / N'est jamais accompagnée / Et sa famille ce demande pourquoi / Pourquoi les garçons pleurent / Ils pleurent en secret / Leur ego se meure / Sur leurs joues trempées / Alors les garçons pleurent / Font des simagrées / Quand Anouchka passe / Sans les regarder."

    Dans son premier mini-album, Suzane fait également son autoportrait sous la forme de dialogues au sujet de son rêve "irréaliste" d’être musicienne ("Qu'est-ce que tu veux faire plus tard / Ah, tu veux être chanteuse ? / Et pour vivre tu fais quoi ? / Ah, donc tu es serveuse / Derrière ton bar en bois / Sauf pendant les heures creuses / Tu rêves de l'Olympia /D'exister devant la foule curieuse"). Un projet mené de haute lutte, au prix de combats contre vents et marées. Pari réussi.

    La tournée estivale de Suzane n’est pas tout à fait terminée car cette semaine, le 5 septembre, l’ancienne serveuse devenue en quelques mois artiste incontournable sera à Veyras, en Suisse, aux côtés de Maître Gims. L'ascension continue. Jusqu'où ?

    Suzane, Suzane, Wagram Music / 3ème Bureau, 2019
    https://www.facebook.com/suzanemusique

    Voir aussi : "La Femme libérée"

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  • Maya Kamaty, la diva du maloya

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    Ambitieux, dépaysant et délicat comme une brise un soir d’été, Pandiyé, le dernier album de Maya Kamaty fait partie de ces jolies découvertes musicales.

    Quatre ans après son précédent opus, Santié Papang, coup de cœur de l’Académie Charles Cros en 2014, la chanteuse réunionnaise revisite le maloya qui est un des genres musicaux de son île natale : "Cela aurait été trop facile de refaire Santié Papang, j’ai besoin de me mettre en danger, de prendre des risques" commente l’ancienne choriste du collectif réunionnais Ziskakan dans ce projet musical audacieux et très réussi.

    Le maloya, créé vraisemblablement par des esclaves venus d’Afrique de l’Est et de Madagascar, a été interdit un temps par l’administration française qui voyait mal cette expression d’une forme d’indépendantisme en pleine période de décolonisation. Une époque révolue, à telle enseigne que le maloya a est classé par l'UNESCO au patrimoine culturel immatériel de l'humanité depuis 2009.

    C’est en créole réunionnais (kréol réyoné) que Maya Kamaty chante. Pandiyé est une véritable revisite d’un maloya ultra moderne mais respectueux de l’ADN de cet art, et dans la langue, et dans le rythme (Varkala), et dans les danses (Diampar) et dans les instruments traditionnels tels que le roulèr, la takamba ou le kayamb (Lam an Doz).

    Une véritable revisite d’un maloya ultra moderne

    Cela n’empêche pas l’artiste d’insuffler à cette musique de l’électro (Pandiyé), des sons travaillés sur machines (Lodèr Kabaré) et des rythmiques contemporaines (Kaniki) dans un album à la fois sensuel et planant, à l’instar de Dark River, un titre en anglais et rappelant singulièrement l’audacieuse et islandaise Björk.

    Trakasé et Diya, en créole réunionnais, peuvent s’inscrire pleinement dans la tradition de la chanson : travail sur le texte, instrumentation plus occidentale (le piano de Diya), rythme pop et puissance de l’interprétation (Trakasé).

    Sur la trace de ces prédécesseurs qui avaient enrichi le maloya d’instruments et de styles occidentaux (maloya funk-rock, maloggae, maloyaz ou le maloya "kabosé") Maya Kamaty propose un maloya électro-pop séduisant et offrant d’incroyables instants de grâce, à l’exemple du titre Akoz.

    Pandiyé se révèle comme une vraie jolie découverte musicale par une artiste attachante. Une vraie diva du maloya réunionnais.

    Maya Kamaty, Pandiyé, Vlad Productions / L'autre Distribution, 2019
    En concert le 18 octobre 2019 au Makeda, Marseille (Maloya Banyan en première partie)
    https://www.facebook.com/MayaKamaty

    Voir aussi : "Odyssée musical pour Dowdelin"

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  • Fatbas, Demi-Portion, Miscellaneous et compagnie

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    Je vous entends déjà soupirer : l’été qui va sur sa fin, les vacances qui se terminent, la mer qui n’est certainement qu’un lointain souvenir… Pourquoi ne pas prolonger ces plaisirs avec Holidays, l’EP lumineux, souriant et urbain de cette saison ?

    Il nous vient de Fatbabs, musicien et producteur de rap et de reggae, en lice cette fois avec pas moins de quinze artistes et musiciens, parmi lesquels Johaz & Piff (Another Day), Miscellaneous, MC de Chill Bump (Good Lord), Jahneration, Volodia, Kenyon (Lalala), sans oublier Naâman et Demi Portion (Keep on Rollin).

    Holidays c’est du rap à la sauce funk et reggae (Another day avec Johazz & Piff), une proposition électrique et nerveuse mêlée à un son estival concocté avec amour sous le soleil de Sète.

    Il y a comme un air de fête dans ces titres urbains et volontairement festifs, à l’instar de l’enlevé et sautillant Lalala, comme concocté par une bande de potes.

    Avec Good Lord, Fatbas se lance dans un flow plus acéré sentant bon les fins de fête et les sorties noctambules dans le sur de la France.

    Dans la foulée de Holidays, un nouvel album de Fatbabs est attendu pour l’automne prochain.

    Fatbabs, Holidays, Big Scoop Records, 2019
    En tournée au Canada à partir du 10 septembre 2019

    https://www.facebook.com/fatbabsbigscooprecord

    Voir aussi : "Sônge d’une nuit d’électro"

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  • Amis pour la vie

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    Part-Time Friends fait feu de tout bois avec son nouvel EP, le bien-nommé Fire, sorti en début d’été, un an après leur second album Born To Try.

    C’est un vrai plaisir de revoir l’un des couples pop-rock le plus attachants de la scène française qui prouve qu'il n'est pas là par hasard. Un mélange de vagues synthétiques délicates et de guitares étincelantes planent sur ce mini-album d’une très grande efficacité.

    L’osmose est parfaite chez ces deux là, aucune voix ne venant l’emporter sur l’autre, à l’instar de Better DaysFire dégage une douce chaleur d'été indien, parfaite sur votre platine les jours de vague à l’âme (Less Than Nothing Else).

    Part-Time Friends séduit par la justesse de leurs mélodie et le soin qu’ils mettent à créer un son immédiatement accessible : du pop-rock sexy et virevoltant, qui vient caresser les oreilles (For Your Eyes).

    Part-Time Friends, Fire, Un Plan Simple / Sony Music, 2019
    En concert, le 14 septembre à Saint-Herblain (44) au Festival Jours d’Été
    Le 15 septembre à Troyes (10), au Troyes Fois Plus
    Le 22 septembre à Hambourg (Allemagne) au ReeperBahn Festival
    Le 29 septembre à Pau (64) à la base d’eau vive du Pont d’Espagne
    http://www.parttimefriendsmusic.com
    https://www.facebook.com/theparttimefriends

    Voir aussi : "Deux amis"

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  • No money kids, oiseaux de nuit

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    Pop, rock, folk et même hip hop (Chains, en featuring avec Charles X) : le duo parisien No Money Kids, que nous avions découvert il y a un an et demi sur Bla Bla Blog, n’a pour parti pris dans son dernier album Trouble que celle d’un son à la fois familier, efficace et immédiatement attachant. Le cinéma et la télé ne s’y sont pas trompés en choisissant plusieurs de leurs titres pour leurs BO : Banshee, Veep, Goliath (avec Billy Bob Thornton), Misconduct (avec Al Pacino et Anthony Hopkins) ou Baby, Baby, Baby (avec Bradley Cooper).

    Écouter The Street c’est déambuler dans un New York noctambule, le cerveau embrumé, avec dans les oreilles ces guitares pleines de vagues à l’âme : "The street will sing / For the poor and the other men / All those workers death / Are in my brain / I will sing for the poor / And the dead men."

    Tout aussi acoustique, Nowhere Land est un titre pop-folk ponctué de respirations étranges et fantastiques. Avec Hush Hush, No Money Kids assume ses influences folk-rock semblant sortir des légendaires barbes des ZZ Top. Comme pour leur deuxième album Hear The Silence, les guitares se déploient généreusement dans Trouble, avec des constructions harmoniques savamment étudiées (See Me Laughing). Ce qui n’empêche pas le groupe de partir sur des routes poussiéreuses invitant au voyage dans une Amérique mythique (Wake Me Up, Family Blood ou Blue Shadow).

    Des ectoplasmes dansants

    Pour Crazy, c’est l’électronique que choisissent Félix Matschulat et J.M. Pelatan pour cette reprise du tube de Gnarls Barkley (2006), une reprise au-dessus de laquelle semblent planer des ectoplasmes dansants : "I remember when I lost my mind / There was something so pleasant about that place / Even your emotions have an echo in so much space / And when you're out there, without care / Yeah I was out of touch / But it wasn't because I didn't know enough / I just knew too much / Does that make me crazy?"

    Lost Generation (avec The Toxic Avenger) propose de son côté une fusion séduisante entre le rock et un électro eighties, lui donnant cette facture planante. Plus pop, My Loneliness laisse les guitares en arrière-plan au profit d’un titre rythmé, à l’instar de Radio Sound, plus british que yankee. Ici, ce sont les mânes des Clash qui semblent être invoquées dans un craquant morceau que les radios FM des eighties n’auraient pas renié.

    Better, la dernière piste de l’album, retrouve l’ADN d’un rock américain musclé et régressif dans lequel les riffs des guitares enflent, jouent et soufflent avec un plaisir partagé.

    No Money Kids, Trouble, Roy Music, 2018
    https://www.nomoneykids.com

    Voir aussi : "Écoute ce silence"

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  • Retour et parenthèse italienne avec Sarah Lancman et Giovanni Mirabassi

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    L’an dernier, Bla Bla Blog avait craqué sur Sarah Lancman, à l’occasion de la sortie de son album À Contretemps, dans lequel la jazzwoman marchait sur les pas de Michel Legrand.

    Elle est de retour cet été avec Intermezzo, un opus qu’elle signe avec Giovanni Mirabassi. On retrouve l’élégance de la chanteuse dans sept standards italiens que le public français pourra découvrir, si ce n’est redécouvrir.

    Senza Fine, Sabato Italiano, Il Poeta, Estate, Vedrai Vedrai ou Ah, Che Sarà, Che Sarà sont interprétés de la manière la plus pure qui soit : le piano de Giovanni Mirabassi et la voix de Sarah Lancman dans ces reprises intemporelles. Le saxophoniste Olivier Bogé vient apporter son concours au duo dans La Canzone Di Marinella et dans le romantique Parlami d'amore Mariù : "Parlami d'amore, Mariù! / Tutta la mia vita sei tu! / Gli occhi tuoi belle brillano / Fiamme di sogno scintillano."

    Nostalgie poignante (Il Poeta, Estate), regrets ou espoirs amoureux (Vedrai Vedrai), amants légendaires (La Canzone Di Marinella) et déclarations enflammées (Almeno tu nell'universo). Sarah Lancman fait de ces chansons du répertoire italien des morceaux de jazz frais et délicats comme un vent d’été sur l’Aventin.

    Le 24 août, Sarah Lancman sera en concert au Frontenay Jazz Festival.

    Sarah Lancman & Giovanni Mirabassi, Intermezzo, Jazz Eleven
    En concert le 24 août 2019 au Frontenay Jazz Festival (Jura)
    https://www.sarahlancman.com
    https://www.giovannimirabassi.com

    Voir aussi : "À contretemps avec Sarah Lancman"

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  • Eleganz en diable

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    James Eleganz : voilà un nom fort à propos pour un artiste qui a choisi un pop-folk-rock racé pour son retour musical avec l’album The Only One.

    L’ancien leader de Success choisit de nous emmener sur des terres américaines familières et aventureuses pour dix titres à vous donner la chair de poule, portés par une voix tour à tour élégante (Lasso The Moon), posée (The Only One), à vif (The Horse Song), romantique (Better Man) ou sexy (Hide Away).

    Pour la petite histoire, James Eleganz est le premier Français à enregistrer au légendaire studio Rancho de la Luna en Californie où quelques disques mythiques ont vu le jour (Queens of the Stone Age, Arctic Monkeys ou Marc Lanegan). The Only One a d’ailleurs été enregistré en compagnie de figures mythiques du rock : Toby Dammit, clavier des Bad Seeds, et longtemps batteur d’Iggy Pop, et Mike Watt, fondateur des Minutemen et bassiste des Stooges.

    James Eleganz insuffle dans son album ce souffle épique, ambitieux et d’une noirceur poétique hallucinante de créativité, à l’instar du formidable Forgive Me, Forget Me et son piano comme sorti d’outre-tombe.

    Il coule aussi dans les veines du Consolation un rock classique non-frelaté. Les guitares et la voix grave du Frenchy particulièrement inspirée nous transportent dans un road-movie poussiéreux et enivrant.

    The Wedding Song clôture l’album de manière majestueuse et sombre, un titre diabolique que n’aurait pas renié Quentin Tarantino ou Nick Cave : "Murder / On a dirty Snow / There’s a Body : It’s cold / Blood / On my shaking Hands / I’ve killed my Love / And I’m punished / Today / Must be / Our Wedding Day."

    Impossible enfin de ne pas parler de cet opus sans évoquer cette trilogie californienne que sont les trois clips réalisés pour l’occasion par le musicien rennais. Lasso The Moon, The Only One et The Wedding Song forment le triptyque de The Californian Trilogy, une ambitieuse production à la fois musicale et visuelle.

    De la très grande classe, de la part de James Eleganz.

    James Eleganz, The Only One, ZRP, 2019
    http://www.facebook.com/jameseleganz

    Voir aussi : "Charlotte for ever"

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  • Guillo, macadam cow-boy

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    Le dernier album de Guillo, Macadam animal, commence par un coup en plein cœur, avec Nous aimions la terre, une histoire d’exil à la portée si universelle que l’auditeur pourra y lire un message adressée à chacune et chacun d’entre nous, en cette période d’interrogation sur notre planète. Ne pourrions-nous pas être à notre tour des migrants ? "Un âge d’or prend fin sur ce continent / Jours évanescents / Que sera demain / Nous aimions la terre / Nous y étions nés / Mais n’avons pu rester."

    Ce premier titre est à mettre en parallèle avec Sans fusils, sans or, sans trains, une autre chanson sur une terre adorée et volée ? Guillo parle cette fois du génocide et de l’ethnocide indien, un sujet abordé avec passion et lyrisme par Guillo, en cow-boy révolté.

    Ces deux chansons donnent le ton d’un opus engagé, musicalement ambitieux, avec une large part faite à des textes imagés, à l’exemple de Tout baigne, un titre sombre et neurasthénique. Guillo y traite dans un pop-rock renvoyant à Bashung une vie par procuration  : "Ce soir tout baigne tout baigne dans le bonheur / La tête sous l'eau." Engagement à vif avec Un caillou, l’histoire d’un "caillou ordinaire [qui] pleure la mort d’un enfant" en pleine Intifada.

    Une vie par procuration

    Mais Guillo sait aussi surfer sur les récits plus intimistes à l’exemple de Ton cœur ou du titre folk Vendu. Ce dernier récit est celui d’une maison familiale que l’on est obligé d’abandonner est aussi celui de la fin d’une époque : des souvenirs remontant douloureusement en mémoire et la disparition d’un "paradis perdu."

    Pour Une autre fille, le musicien envoie une chanson d’amour fraîche, enlevée et espiègle… pour sa fille : "Elle est un peu comme toi en plus jeune / Un nouvel horizon / Au Train Bleu, elle et moi on déjeune / Je sens les papillons."

    Le chanteur, Guillaume Galiana dans le civil, coup de cœur de l'Académie Charles Cros en 2017, habille d’électro un texte visiblement hérité d'un grand-père paternel, écrit en Algérie en 1956 : "Manteau blanc de mousseline / La neige est tombée / Dans mon cœur elle illumine / Le rêve de mes jeunes années" (La neige). Avec Algania, nous sommes de nouveau dans cette terre de Sahel, cette fois encore dans une chanson engagée sur les peuples tentant de vivre, en vain, sur leur propre terre : "Paysages au péril nostalgique / Colonie vertébrale ancestrale historique / Tatouée au verso de ma peau." Pour Pont d’Arc, Guillo nous emmène via cette évocation d’un pont vers l’aube de l’humanité et l’évocation de ces tout premiers artistes : "Le présent dans l’argile / Chasseurs-cueilleurs agiles / Par-dessus nos pigments / À à la lueur des flammes / Sur les parois de l’âme / Et pour 36000 ans."

    Guillo a le regard aiguisé et particulièrement fin sur notre présent (que l’on pense au lyrique et symphonique titre Le bruit des balles), offrant le passé en guise de repère à la fois rassurant et vivifiant, capable, comme il le dit dans Laissez-moi entrer, de "nous guider sur ces chemins de pierre."

    Guillo, Macadam Animal, Cinq Secondes / Absilone-Believe, 2019
    En concert le 31 août à Graveson (concert chez l’habitant)
    http://www.guillolesite.fr

    Voir aussi : "Boule à facettes"

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  • Le bel été de Tropical Mannschaft

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    Quoi de mieux, entre deux baignades estivales, que se nourrir de cette pop lumineuse proposée par Florian von Künssberg dans son dernier projet musical Tropical Mannschaft, et son dernier EP, To Be Continued... 

    Un titre germanique à souhait pour un deuxième EP à l’électro-pop à la fois innocent et lumineux (Wonderful Life), et qui sait aussi se faire rythmé (Leave Me Out).

    Il faut sans doute chercher les influences de Florian von Künssberg autant du côté de MGMT, de que des Beach Boys cet opus qui sait, à l’instar de La Femme, surfer sur la planche d’une vague sans fin (La Beauté des Dieux).

    Avec Up The Hill, nous voilà du côté d’une pop savoureuse et californienne : "You don’t wanna keep your love/ You hate to enjoy the summer / I just you have to enjoy the summer . I just wanna be your jocker / We can make something together."

    L’électro-pop de Tropical Mannschaft se fait plus incisive dans Himalaya, porté par une rythmique endiablée et une construction musicale particulièrement aboutie. Guru s’avance sur une terrain plus pop commençant par des accents eighties et se terminant sur des accords de guitares nous rappelant que les côtes de l’ouest américain ne sont pas très loin.

    Tropical Mannschaft, To Be Continued…, EP, ZRP, 2019
    https://www.facebook.com/TropicalMannschaft

    Voir aussi : "”Étélectro” et Beauté sauvage"

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  • Les histoires caribéennes de Samy Thiébault

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    Navigant sur des eaux à la fois jazz et world, le jazz du saxophoniste Samy Thiébault est d’une poésie sans fin, pour reprendre l’un des titres de son dernier album Carribeau Stories (Poesia Sin Fin). Il faut dire que le musicien est né en Côte d’Ivoire d’un père français et d’une mère marocaine (Tanger la Negra peut d’ailleurs s’écouter comme un bel hommage à ces origines maghrébines), avant de revenir en métropole et d’intégrer en 2004 le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Voilà qui fait de ce jazzman un artiste élargissant ses influences par-delà les frontières, et cette fois du côté des Caraïbes.

    Samy Thiébault s’est entouré d’un groupe propre à donner une identité world à cet opus attachant : le percussionniste Inor Sotolongo, le batteur Arnaud Dolmen, le bassiste Felipe Cabrera, les guitaristes Hugo Lippi et Ralph Lavital, soit deux Cubains, un Guadeloupéen, un Français et un Anglais.

    Dès le premier morceau, Santiera, nous voilà parti à l’autre bout de l’Atlantique dans ce qui est un voyage tout aussi gracieux et tonique qu’émouvant puisqu’il évoque la construction douloureuse des Amériques avec ces voyageurs mis au ban – esclaves noirs, indiens annihilés ou Européens migrants poussés par la misère. C’est cette souffrance qui forme le terreau d’une musique puissante et colorée (Les Mangeurs d’Étoiles).

    Une texture mystérieuse et sombre à son jazz virtuose et élégant

    Le jazz de ces histoires caribéennes va chercher ses influences dans les rythmes de la culture créole, à l’exemple du calypso de Calypsotopia, s’habillant de carnaval et de joie. Puerto Rican Folk Song c’est l’île de Puerto Rico revisitée, nous entraînant d’un claquement de doigt dans un club de jazz latino au cœur du New York des seventies. L’envoûtant titre Pajarillo Verde est, lui, tiré d’une valse vénézuélienne tandis que Presagio a des airs de João Gilberto, dans un morceau qui semble faire le va et vient entre le Brésil, l’Amérique centrale et le jazz occidental. Influence des Caraïbes encore avec Let the Freedom Reign, influencé autant par Count Ossie que Charlie Mingus. Dans ce titre, Samy Thiébault donne une texture mystérieuse et sombre à son jazz virtuose et élégant, comme si de belles succubes caribéennes à la peau cuivrée venaient nous entraîner dans des danses lascives.

    Aida clôture en douceur et en sensualité ces histoires caribéennes et voyageuses, comme un hommage et une consolation à ces Caraïbes construites par des voyages sans retour.

    Samy Thiébault, Caribbean Stories, Gaya Music Production, 2018
    http://www.samythiebault.com
    https://www.facebook.com/samythiebault
    En concert du 18 au 23 août à Pompignan (82)
    Du 9 au 11 septembre au Duc des Lombards, Paris

    Voir aussi : "Katchéscope"

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  • Boule à facettes

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    L’insolente fraîcheur de Boule tient sans doute à cette capacité à proposer dans un album à la production soignée un ensemble de titres moins légers et je m’en foutiste que ne le laisse deviner la pochette. Il est vrai que cette moumoute rousse et ce regard d’acier n’a rien pour laisser deviner que se cache derrière Appareil Volant Imitant l’Oiseau Naturel (en acronyme : A.V.I.O.N.) un album attachant, non dénué de tendresse, avec une série de portraits autobiographiques (Bicéphale). L’écriture est d’une sensibilité à fleur de peau, et souvent avec un mélange de détachement et de sarcasme : "Je prends ma retraite avant l’heure / Inutile de gesticuler / Tu peux me traiter de branleur / Va t e faire enculer / Par un ours polaire" (Ours polaire).

    Derrière la nonchalance de Boule, se cache cette noirceur poétique qui est l’ADN d’Appareil Volant Imitant L'Oiseau Naturel. Boule – Cédrik Boulard dans l’état civil – navigue sur des eaux mouvementées, à mi chemin entre Brigitte Fontaine (Ours Polaire) et William Sheller (Avion, en duo avec Jeanne Rochette), avec ce charmant zozotement en plus. Un musicien aux multiples facettes.

    Un artiste schopenhauerien

    À l’instar de Welcome in Hippopotamie, en featuring Lucrèce Sassella, le joyeux bazar de Boule ne saurait occulter la construction littéraire d’un poète à la Souchon (La lierre et la ronce). De même, Livreur de méthane est l’autoportrait en creux d’un homme en perdition dans une société en mal de grand air, de générosité et de paix : "Ce que tu aimes c’est bouffer des pizzas / En tripotant ton iPhone à la con" (Les pizzas).

    Voilà qui fait de boule un artiste schopenhauerien, même s’il exprime absurdité et cynisme avec la légèreté d’une samba (Je prends le temps), de l’easy listening (Tout le temps) et le plus souvent de l’humour décalé (Livreur de méthane).

    Il faut surtout écouter Franckie, singulier portrait d’un copain d’adolescence perdu de vue, une sorte de Jojo brelien à l’époque des Trente Piteuses. Et l’on se prend à rêver que Boule et ce Frankie puissent se revoir. Oui, on l’espère vraiment.

    Boule, Appareil Volant Imitant L'Oiseau Naturel, Cholbiz / L'Autre Distribution, 2019
    http://sitedeboule.com
    http://www.appareil-volant.fr

    Voir aussi : "Féloche, l’alchimiste musical"

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  • Mathieu Sempéré, classique mais pas trop

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    Avec Mathieu Sempéré, le classique endosse des habits étonnants, porté par une personnalité assez incroyable et surtout une voix unique. Car le ténor a ayant officié au sien du groupe des Stentors et fait partie de ces artistes ayant à cœur de décloisonner les genres. Après son album Tant de chansons qui nous ressemblent reprenant des standards de Jacques Brel, Gilbert Becaud ou Édith Piaf, c’est au répertoire classique qu’il s’attaque avec son dernier opus, Engrenage symphonique, financé grâce à une campagne Ulule.

    Mathieu Sempéré prend à bras le corps des chefs-d’œuvres archi-enregistrés pour leur insuffler ce modernisme et cette proximité si caractéristique de la chanson. Outre des adaptations originales, le stentor propose quatre reprises devenues pour certaines elles-mêmes des classiques : Le prélude de Bach de Maurane, le concerto d’Aranjuez interprété à l’origine par Richard Antony, le septuor de Brahms (Dave) et le liebertango de Piazzola chanté par Guy Marchand.

    Engrenage symphonique, prévu à la rentrée, vient en continuité de sa tournée qui lui a permis de rôder plusieurs titres. Avouons bien volontiers qu’il faut du coffre et de l’audace pour faire tomber les frontières entre classique et cet art réputé "mineur" et "populaire" qu’est la chanson.

    Nous ne dirons pas que Mathieu Sempéré dépoussière le classique

    Vent du désert propose ainsi une revisite sombre mais aux belles percées lumineuses de l’adagio de la l’allegretto de la 7e symphonie de Beethoven. Pour la reprise de la Danse macabre de Saint-Saëns, Mathieu Sempéré joue avec l’orchestration survitaminée pour proposer une version à la fois fidèle à l’esprit de l’original et lorgnant autant du côté de l’opérette que de Bobby Lapointe.

    Il est impossible de ne pas parler de la reprise du Prélude de Bach de Maurane. La version électro pop permet une vraie redécouverte des paroles de l’artiste belge décédée l’an dernier : "Toi les pieds dans les flaques / moi et ma tête à claques / j'ai pris les remorqueurs pour des gondoles / et moi, moi je traîne ma casserole / Dans cette décharge de rêve en pack / qu'on bazarde au prix du pétrole / pour des cols blanc et des corbacs / qui se foutent de Mozart, de Bach."

    Nous ne dirons pas que Mathieu Sempéré dépoussière le classique, qui reste indémodable et solide comme l’airain. Mais disons que Bach, Beethoven ou Saint-Saëns prouvent une fois de plus qu’ils restent des sources d’inspiration très actuelles.

    Mathieu Sempéré, Engrenage Symphonique, autoproduit
    sortie prévue en septembre 2019

    www.mathieusempere.com
    https://fr.ulule.com/album-mathieu-sempere

    Voir aussi : "Les Variations Gouldberg"

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  • Le parfum oriental de Yara Lapidus

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    Il ne pouvait en être autrement : la collaboration de Yara Lapidus avec le compositeur Gabriel Yared ne pouvait que donner un album à la fois riche en couleurs, musicalement dense et d’une justesse qui nous fait dire qu’Indéfiniment est absolument inratable.

    D’un côté, il y a la franco-libanaise Yara Lapidus à la carrière déjà riche dans le milieu de la mode et ayant sorti son premier album, Yara, il y a tout juste dix ans ; de l’autre, nous avons Gabriel Yared, libanais de naissance lui aussi, compositeur de musiques de film multi-primées et légendaire (37°2 Le Matin – nous y reviendrons –, L’Amant, mais aussi Le patient anglais, Cold Mountain ou, plus récemment, Juste la fin du monde). La rencontre – si l’on omet celle, plus étonnante encore, avec Iggy Pop – ne pouvait que donner naissance à un opus magique, enregistré aux studios d’Abbey Road.

    On entre dans l’univers d’Indéfiniment par des chemins méditerranéens. Depuis toi déploie langoureusement avec des accents métissés, avec instruments orientaux, grand orchestre et guitare électrique. Ce titre, repris du reste en fin d’album dans une version duo avec Adnan Joubran, dit tout d’un opus personnel : "Tout en moi / Me parle de toi / Dessous mes petits airs de femme qui rendent fous / Se cache un cœur en flamme et des remous."

    Indéfiniment, au romantisme chavirant, n’est pas sans renvoyer au dépaysement qu’avait proposé Gabriel Yared pour la BO de L’Amant, il y a plus de 25 ans. Un retour très excitant pour le compositeur aussi épris d’influences méditerranéennes et libanaises que son interprète : que ce soit la bossanova de Saidade de voce (reprise également en duo avec Chico Cesar) ou Illalabad, commençant comme un chant traditionnel du pays du cèdre, avant de se développer en ballade amoureuse somptueuse, servie par la voie sensuelle et veloutée de Yara Lapidus.

    La chanteuse n’est jamais aussi bien lorsqu’elle murmure ses chants d’amour, car c’est bien ce thème qui traverse tout l’opus, comme le reconnaît Gabriel Yared. Ça sert à rien cache derrière la fragilité et l’évanescence du sentiment amoureux le rêve d’un idéal à décocher : "S’il fallait un jour refaire le monde / Jure-moi mon amour que pas une seconde / Ne vaudrait la peine d’être perdue / Tous nos instants seraient suspendus."

    Une version en duo avec Iggy Pop

    La vie coule dans les veines de ce premier album, classique dans la facture mais cachant derrière les compositions mélodiques et maîtrisées de jolies surprises à chaque titre : que ce soit l’onirisme de Le plus doux de mes rêves, le pop-rock étonnamment rugueux et tout en relief de No no no no t’en fais pas, le son easy-listening d’Un matin sans toi ou encore la délicatesse toute romanesque de Ça sert à rien.

    Loin très loin constate, avec une mélancolie déchirante, la fin d’un amour. Pour cette chanson, Gabriel Yared a fait le choix d’une orchestration classique et voluptueuse  : "Il faut bien qu’on se prépare / à l’amour qui s’en va demain / Faut vouloir la fin tourner la page / Et s’en aller / ET s’en aller mourir / je me sens si loin."

    Il faut aller au bout de l’album pour trouver ce qui constitue les véritables joyaux d’Indéfiniment et Gabriel Yared. Si le compositeur doit être de nouveau cité c’est qu’il reprend et interprète en duo avec Yara Lapidus Encor encor. Les cinéphiles reconnaîtront une version chantée du thème de 37°2 Le Matin, sur des paroles de Yara Lapidus.

    Cette belle réussite en cache une autre : audacieuse, Yara Lapidus propose une seconde version en duo d’Encor Encor avec Iggy Pop. La voix grave et rocailleuse accompagne avec une délicatesse singulière Yara Lapidus dans ce chant d’amour intransigeant :"Dis-moi encore une fois / Pourquoi la terre est ronde / Moi du creux de tes bras / Je ne vois pas le bout du monde / Je veux te garder tout contre moi."

    Inratable, vous disais-je.

    Yara Lapidus, Indéfiniment, Yara  Music / L’autre Distribution, 2018

    Voir aussi : "Suprême Alka"

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  • Marc Fichel connaît ses classiques

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    Le visage de Marc Fichel est apparu fugacement à la télévision, dans un lieu des plus improbables : il était en concert le 21 juin dernier au Marché de Rungis à l’occasion de la Fête de la Musique. Le ministre de la culture Franck Riester était d’ailleurs en déplacement, occasion également de marquer les 50 ans du Marché d'Intérêt National.

    Marc Fichel était sur scène aux côtés, excusez du peu, d’Oldelaf, Art Mengo, Joyce Jonathan et Chimène Badi : une nouvelle preuve qu’il va falloir compter sur ce musicien qui, mine de rien, trace son chemin depuis les Halles de Rungis jusqu’aux studios de radio et salles de concert. Après un premier single consacré à son quotidien à Rungis (C’est ma vie dans les Halles, plus d’un million de vues sur Youtube), Marc Fichel sort cette année un nouvel EP, #il ou #elle, avant un premier album à la rentrée.

    Ne cherchez rien de révolutionnaire chez ce chanteur, véritable artisan ayant conçu avec le plus grand soin son nouvel opus, à la facture classique : piano, guitares, clarinette, basse, violon, saxophone, flûtes et accordéon, sans oublier la voix claire et posée d’un chanteur qui choisit la simplicité.

    Des clins d’œil appuyés en direction de Francis Cabrel, Gilbert Bécaud ou William Sheller

    Musicalement, l’auteur-compositeur se situe dans la droite ligne d’une chanson française qui ne renie pas ses origines – bien au contraire. Marc Fichel adresse ainsi des clins d’œil appuyés en direction de Francis Cabrel, Gilbert Bécaud ou William Sheller.

    Le talent est là, indéniablement, dans ce mini album à la production sage, sensible et efficace. Il parle de sujets qui toucheront forcément : l'amour au temps de réseaux sociaux (#il ou #elle), la vie à deux (Oxy J’aime), l'ultra moderne solitude (À côté de ma vie) ou les souvenirs d'enfance (Tu riais, tu chantais, tu dansais).

    Marc Fichel connaît ses classiques. Mais on devine que l'artiste en a sous la pédale pour un futur album capable de nous faire tourner la tête.

    Marc Fichel, #il ou #elle, EP, Faubourg du Monde / Absilone, 2019
    https://www.facebook.com/MarcFichelOfficiel

    Voir aussi : "Féloche, l’alchimiste musical"

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  • Katchéscope

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    Il y a toujours de l’excitation à écouter Manu Katché, et encore plus à l’accompagner dans ses pérégrinations musicales, où les percussions et les batteries sont bien sûr reines, proposant un éventail incroyable de rythmiques : "J’ai composé les morceaux autour de la batterie, et si je joue de cet instrument depuis toujours, ce n’est pas un hasard: mon papa est originaire de Cote d’Ivoire. J’avais envie de voir les gens bouger sur mes compositions, danser, chanter les gimmicks" dit-il.

    The ScOpe, son dernier album, est, on le devine au titre, un univers kaléidoscopique aux mille et une teintes jazz, groove, rock, pop ou world, de la part d’un artiste à la carrière impressionnante, et qui a choisi ici de sortir de sa zone de confort : "J’ai fait beaucoup de jazz ces dernières années, j’y ai pris beaucoup de plaisir mais j’avais envie de changer radicalement. Prenant de l’âge, j’ai juste envie de m’amuser un peu."

    Manu Katché, sans doute le meilleur batteur de sa génération, propose un opus tout en relief et forcément vivant, car puisant dans des influences tous azimuts, à l’instar du scintillant et sautillant Keep Connexion qui ouvre le bal. Ces teintes de world music (présentes également dans Overlooking, qui est aussi un retour aux racines africaines) laissent place au plus jazzy Glow, à la composition solide mais mâtinée d’improvisations : comme si Manu Katché voulait rappeler que loin de vouloir abandonner ses origines et influences, on y revient toujours.

    On s’arrêtera avec le plus grand intérêt sur Vice, un titre électro funk très Daft Punk, en featuring avec Faada Freddy. Cette fois le musicien et batteur se glisse dans la peau d’un digne représentant de la french touch. Une vraie et belle réussite à écouter plein volume cet été sur une plage, le soir.

    Jazzy Bazz tient la baraque dans cet hommage mélancolique et vibrant à Paris

    The ScOpe est un opus essentiellement instrumental. Quelques titres laissent toutefois une place à la voix : c’est Please Do ou Don’t You Worry, avec la voix de Manu Katché lui-même, mais il y a surtout le formidable titre urbain Paris me manque, mêlant avec bonheur free jazz et rap. Jazzy Bazz tient la baraque dans cet hommage mélancolique et vibrant à Paris : "Où est passé Paris, ma rose ? / Paris sur scène l’a bouclée / Sont partis emportant la clé / Les nonchalants du long des quais / Paris, ma rose, Paris, ma rose / Où est passé Paris que j’aime ?/ Paris que j’aime et qui n’existe plus."

    Pour Let Love Rule – qui n’a toutefois rien à voir avec le titre éponyme de Lenny Kravitz – Manu Katché construit un titre pop porté par le timbre aérien et velouté de Jonatha Brooke pour cette balade en forme de contrat amoureux : "Let love rule / Nothing else matters /Just me and you / Let love rule."

    Goodbye For Now va dans une direction appartenant d’abord à une électro des sphères, comme le chant d’adieu d’un album ayant choisi de ne pas choisir la tonalité de son scope.

    Chant d’adieu ? Pas tout à fait. Car Manu Katché clôture son opus par ce qui pourrait se lire comme un hommage à Tricky et au trip hop dans le bien nommé Tricky 98’, mais qui est aussi et surtout, pour les amateurs de football, un hommage aux champions du monde de 1998. Le morceau a accompagné l’entrée des Bleus à la U-Arena en juin dernier, 20 ans après leur victoire à la Coupe du Monde. Un vrai feu d’artifice pour un album lumineux.

    Manu Katché, The ScOpe, Anteprima, 2019
    http://www.manu-katche.com

    Voir aussi : "Ibrahim Maalouf, déjà un classique"

    © Arno Lam

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