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Des envies •••

  • Chorus à La Défense et à La Seine Musicale

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    Le Festival Chorus revient du 20 au 26 novembre à La Défense et à La Seine Musicale. Il s’agit de l’événement musical parisien de cet automne. Les organisateurs insistent sur la dimension populaire de ce festival comme à la promotion de talents émergents.

    Organisée par le Département des Hauts-de-Seine, la 29e édition du Festival Chorus se déroulera du 20 au 24 novembre à La Défense et du 24 au 26 novembre à La Seine Musicale. Fidèle à son esprit d'exigence, le Festival Chorus proposera des plateaux singuliers et audacieux, mettant en avant la diversité et le croisement des courants musicaux. Il s'adressera à des festivaliers de tous âges et de tous horizons désirant vivre une expérience musicale inédite.

    Chorus reprend ses quartiers à La Défense pour accueillir les découvertes françaises et européennes, soutenus par le Département des Hauts-de-Seine et présents sur la scène du Magic Mirror : Mat Bastard, Talisco, Demi Portion, Berywam, Dbfc, Adam Naas, Millionaire, Heymoonshaker, Maïcee, La Chica, Black Flower, Jesca Hoop, Part Company, FùGù Mango, Livingstone Et Soulya.

    En off, des concerts gratuits seront proposés à l'heure du déjeuner (12 heures) et en afterworks (18 heures), les lundi 20, mardi 21, jeudi 23 et vendredi 24 novembre. Le mercredi après-midi sera dédié au jeune public avec deux concerts : Little Rock Story à 14 heures et Smile City à 17 heures.

    Direction : la Seine Musicale

    Après plus de 1 000 concerts organisés à La Défense pendant 10 ans, le Festival Chorus met le cap cette année sur la Seine Musicale. Des concerts à prix spécial seront proposés les 25 et 26 novembre, avec une programmation particulièrement alléchante.

    Le samedi 25 novembre, à partir de 14 heures : Gregory Porter : Nat King Cole And Me, avec le Paris Symphonic Orchestra dirigé par Vince Mendoza, Amadou & Mariam, French Fuse, Catherine Ringer, Therapie Taxi, Møme, Palatine, Rover Out Of The Blue, Jahneration, Wuman, Eddy De Pretto, Nsdos, Thomas Azier, La Dame Blanche, Kokoko!, Einleit, Shannon Wright, Tim Dup, Pale Grey, Joris Delacroix, Inuït, I Am Stramgram, Aloha Orchestra, Pouvoir Magique, French 79.

    Le dimanche 26 novembre, à partir de 10 heures, trois spectacles pour le jeune public seront proposés : Lumieres! / Cartoons / Quand Je Serai Petit. À partir de 14 heures : Charles X, Action Bronson, Stuff, Tiggs Da Author, Shakka, Jesse James Solomon, De La Soul, Gracy Hopkins, Coely, Panama Bende, Romeo Elvis X Le Motel, Nadia Rose, Fixpen Sill, Caballero & Jeanjass, Soul J, Sch, Yung Resval, Cory Henry & The Funk Apostles, Tiezo, Cosmic, Mawimbi, Kery James A.C.E.S Tour, A.F.R.O.

    Chorus 2018

    Le vendredi 24 novembre, à partir de 14 heures, les 10 groupes présélectionnés dans le cadre du Prix Chorus 2018 se produiront à La Seine Musicale : Aloïse Sauvage, Amor Blitz, Equipe de Foot, FAIRE, FREEZ, Hyacinthe, Lago 2 Feu, The Psychotic Monks, Poumon, Thé Vanille. Ce sera l'occasion de découvrir en live les valeurs montantes de la scène hexagonale avant l'ultime sélection et les concerts dans le cadre de Chorus 2018. Entrée libre sur réservation : prixchorus@hauts-de-seine.fr
    Bla Bla Blog avait parlé de ce prix il y a quelques mois de cela. Ces groupes seront sur scène en chair et en os, tout comme leurs brillants aînés.  

    Festival Chorus, du 20 au 26 novembre à La Défense et à La Seine Musicale
    http://chorus.hauts-de-seine.fr
    Billetterie : https://billetterie.laseinemusicale.com/fr/recherche/CHORUS
    " Qui veut être le prochain Christine And The Queens?"

  • Les salauds

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    Broadchurch clôt bientôt sa troisième – et ultime – saison. Dans la petite ville anglaise balnéaire et imaginaire qui a été secouée par le meurtre du petit Danny Latimer, les inspecteurs Alec Hardy (David Tennant) et Ellie Miller (Olivia Colman) doivent s’atteler à une nouvelle affaire : l’agression sexuelle d’une quinquagénaire au cours d’une soirée d’anniversaire.

    Sur ce fait divers sordide qui secoue Broadchurch, les policiers vont aller de surprise en surprise : au fur et à mesure que l’enquête avance, le nombre de suspects grossit à vue d’oeil. Le spectateur est pris à la gorge par une intrigue d’autant plus passionnant que chaque personnage secondaire semble cacher de lourds secrets. 

    Il ne reste que quelques épisodes avant de pouvoir connaître le fin mot de l’histoire de cette mini-série britannique qui fait déjà date dans l’histoire de la télé anglaise.

    Broadchurch de Chris Chibnall
    Avec David Tennant, Olivia Colman, Jodie Whittaker et Andrew Buchan,

    Saison 3, huit épisodes de 45 mn, Grande-Bretagne, 2017
    Sur France 2, deux derniers épisodes, ce lundi à 20H55

  • Ma consœur à la Maison Blanche

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    Il ne reste plus que quelques jours pour découvrir sur Canal+ Menaces sur la Maison Blanche d’Erik Van Looy. Il ne faut pas s’arrêter sur le titre français qui pourrait faire penser à un de ces blockbusters américains des années 90, lorsque Harrisson Ford jouait le rôle des Présidents survitaminés et indestructibles.

    Sous ses airs yankees, le long-métrage que propose en ce moment la chaîne cryptée a cette première caractéristique originale d’être 100 % belge, tournée autour de Bruxelles et jouée en flamand.

    Menaces sur la Maison Blanche ose le thriller complotiste à partir d’une intrigue tenue et maligne. Lors d’une visite en Europe de la Présidente américaine (Saskia Reeves), un groupe terroriste infiltré au cœur de l’appareil d’État américain kidnappe la femme et l’une des filles du premier ministre belge (Koen De Bouw). On lui promet qu’elles seront rendues s’il assassine lui-même la Présidente américaine lors de sa visite officielle.

    Voilà le premier homme belge face à un dilemme insupportable, et avec pour toute aide celui de sa collaboratrice Eva (Charlotte Vandermeersch), enlevée elle aussi. Le premier ministre a quelques heures devant lui pour faire face à un groupe d’extrémistes bien décidés à semer le chaos en Europe, "pour réveiller le monde".

    Menaces sur la Maison Blanche est un petit bijou de série B, à la facture qui ne dépaysera pas les fans de film d’action, à ceci près que les lieux de ce thriller se situent au cœur de l’Europe, avec dans le rôle principal un fringant premier ministre, formant avec sa collaboratrice un duo attachant pris au piège dans un piège diabolique et palpitant. Comme le dit l’organisateur de ce complot : "Des avions qui s’écrasent dans des tours on a déjà vu. Mais un premier ministre obligé d’abattre la Présidente des USA, reconnaissez que c’est spécial."

    Menaces sur la Maison Blanche, d’Erik Van Looy, avec Koen De Bouw, Stijn Van Opstal, Charlotte Vandermeersch, Saskia Reeves, Adam Godley, Truus de Boer, Wim Willaert
    et Nathan Wiley, Belgique, 2016, 1h55

    Sur Canal+, jusqu'au 24 novembre

  • Exclusivité Bla Bla Blog | Leonard Adreon : "Je suis préoccupé par la situation en Corée"

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    Les récits de guerres sont nombreux, beaucoup moins ceux concernant la Guerre de Corée (1950-1953), un conflit oublié et pourtant fondamental dans l’histoire de la Guerre froide. La Guerre de Corée prend une résonance particulière aujourd’hui avec la crise nord-coréenne et les tensions entre le Président américain Donald Trump et le dictateur nord-coréen Kim Jong-un.

    Leonard Adreon, ancien lobbyiste puis conseiller auprès de Ronald Reagan, est l’auteur d’un récit sur son passé de soldat pendant la guerre de Corée : Hilltop Doc (éd. BookBaby, non-traduit en français).

    leonard adreon,guerre de corée,corée du nord,corée du sud,emmanuel macron,donald trumpLeonard Adreon a vécu certains des pires carnages de la guerre de Corée mais aussi des moments plein d'humanité. Sa description saisissante donne vie à la guerre entre l'armée chinoise et les Marines américains, au cours de batailles faisant rage pour la conquête de collines en Corée. Aide-soignant dans les Marines, Leonard Adreon raconte son histoire, celle d'un jeune homme de Saint-Louis sans expérience médicale mais chargé de sauver des vies au milieu du chaos sanglant de la guerre. Il décrit des scènes sinistres, bouleversantes et parfois comiques des champs de bataille, avec sa propre histoire en arrière-fond – qui est aussi celle de ses erreurs et des vicissitudes de l'armée qui l'ont fait atterrir sur le 38e parallèle.

    Leonard Adreon a accepté de répondre à nos questions. Il nous parle de son expérience de vétéran, nous livre sa vision de la crise nord-coréenne et propose des leçons à tirer de la guerre à laquelle il a participé.

    Bla Bla Blog : Pensez-vous que la Guerre de Corée soit une "guerre oubliée" ?
    Leonard Adreon : Oui, la guerre de Corée est une guerre oubliée. Elle était coincée entre la monumentale seconde guerre mondiale et la tragique guerre controversée du Vietnam. Elle a commencé sur le 38e parallèle et s'est terminée sur le 38e parallèle. La perception en Amérique est qu’elle avait lieu au milieu de nulle part et qu’elle n’a rien changé. Les 50 millions de personnes qui ont été sauvées en Corée du Sud seraient en désaccord avec cette perception.
    BBB : Cette guerre est inconnue par une majorité de Français. Et les Américains ?
    LA : Ma précédente déclaration répond à cette question sur la méconnaissance de cette guerre par les Américains.
    BBB : Pourquoi êtes-vous allé à la guerre ? Quel âge aviez-vous ? Le regrettez-vous aujourd’hui ?
    LA : J'ai été enrôlé à l'âge de 17 ans en 1944. J’ai rejoint les réserves, avant d’être libéré de mes obligations. Puis, j’ai été remobilisé en 1950 lorsque la guerre de Corée a commencé.
    BBB : Vous parlez dans votre livre de la Dog Company (Compagnie des Chiens) Qu'est-ce que la Dog Company ?
    LA : Les compagnies marines étaient désignées par des lettres. Ma compagnie était la compagnie D. Elles étaient ensuite surnommées à partir de ces lettres : Able, Baker, Charlie, Dog, et Easy, etc.
    BBB : Sur quels champs de bataille avez-vous été ?
    LA : Les champs de bataille étaient les collines et les vallées autour du 38e parallèle.
    BBB : Pourquoi avoir attendu 60 ans pour raconter votre histoire, et pourquoi avez vous décider de parler maintenant ?
    LA : J'ai attendu plus de 60 ans parce que quand j'ai quitté la Corée, moi et les membres de mon peloton avons décidé que nous allions mettre l'expérience coréenne derrière nous et passer à autre chose dans nos vies quand nous retournerions à la maison et si nous y pouvions y retourner. J'ai décidé de parler maintenant parce que ma mémoire est claire et précise sur ce qui s'était passé. Par ailleurs, la faculté de l'Université Washington de Saint Louis, où j’exerce dans le cadre de cours d'écriture, a découvert que j'avais fait la guerre et m'a encouragé à écrire un livre.
    leonard adreon,guerre de corée,corée du nord,corée du sud,emmanuel macron,donald trumpBBB : Quels camarades et amis proches avez-vous perdu là-bas ? Qu'aimeriez-vous leur dire aujourd'hui ?
    LA : J'ai perdu un certain nombre de camarades de Marines très proches. Je parle d’eux dans Hilltop Doc. Je voudrais leur dire qu'après un long silence, j'ai écrit ce livre pour les honorer et que je penserai à eux jusqu'à ma mort.
    BBB : Pouvez-vous nous parler d'un événement en Corée qui vous a particulièrement touché ?
    LA : Dans le prologue du livre, je fais référence à Big Mike, un Marine de carrière qui avait survécu aux affreuses batailles d'Iwo Jima [février-mars 1945] pour finalement perdre la vie sur une colline en Corée. Il a succombé après que ses instincts affûtés m’aient sauvé de la mort moi et son équipe de pompiers à cause d’une grenade chinoise. Par la suite, je n'ai pas réussi à le sauver. Je l'ai porté en bas de la colline et j'ai aidé à charger son corps sur un camion, avant son long voyage de retour. Je lui devais ma vie. Cela m’a profondément affecté.
    BBB : Êtes-vous retourné en Corée après la fin de la guerre ?
    LA : Non, je ne suis pas retourné en Corée.
    BBB : Avez-vous parlé à vos enfants de votre expérience de soldat ?
    LA : Mes filles en ont entendu parler quand j'ai commencé à écrire ce livre.
    BBB : Qu'aimeriez-vous dire à vos petits-enfants au sujet de votre expérience militaire ?
    LA : Je veux dire à mes six petits-enfants que la guerre est le pire des règlements lorsqu’il y a un différend entre parties. S'ils lisent Hilltop Doc, ils devraient comprendre le message.
    BBB : Est-ce que la situation en Corée vous inquiète ? Pourquoi ?
    LA : Je suis préoccupé par la situation aujourd'hui. À moins que la Chine n'intervienne et que Kim Jon-un abandonne son programme nucléaire en échange d'une garantie de survie de la Corée du Nord, la menace d'une conflagration majeure risque de tuer beaucoup de personnes en Corée du Nord, en Corée du Sud et dans de nombreux endroits d’Asie du Sud-Est, sans compter aux États-Unis.
    BBB : Pensez-vous que nous pouvons revivre aujourd'hui ce qui s'est passé il y a 60 ans ?
    LA : Nous ne pouvons pas revivre ce qui s'est passé il y a 60 ans, mais nous pouvons comprendre cet événement. En tout cas, c’est ce que mon livre tente de faire.
    BBB : Si vous pouviez conseiller le président Trump, que lui diriez-vous ?
    LA : J'espère que le président Trump épuisera toutes les possibilités de faire pression sur Kim Jong-un, probablement via la Chine, pour mettre un terme à ses programmes nucléaires potentiellement désastreux. Si la Chine ne peut ou ne veut pas le faire, le président devrait chercher un changement de régime. Attaquer la Corée du Nord est un dernier recours désespéré.
    BBB : Si vous pouviez dire quelque chose au président français Emmanuel Macron au sujet de la guerre de Corée et de la Corée de Kim Jong, qu'est-ce que ce serait ?
    LA : J'espère que le président français se joindra à d'autres pays du monde pour forcer la Corée du Nord à cesser ses programmes nucléaires intercontinentaux.
    BBB : Comment pouvons-nous mieux aider les anciens combattants de la guerre de Corée et et des autres guerres ?
    LA : Les vétérans de la guerre de Corée diminuent en nombre. Je pense que la meilleure chose que nous pouvons faire est de les honorer pour leur service en se souvenant de cette guerre oubliée. Les vétérans, vivants et morts, comme les victimes de la guerre, méritent de ne pas être oubliés et d’être respectés.
    BBB : Merci pour vos réponses, Leonard Adreon.

    leonard adreon,guerre de corée,corée du nord,corée du sud,emmanuel macron,donald trumpThe books about wars are numerous, much less those concerning the Korean War (1950-1953), a conflict that is fundamental in the history of the Cold War. We are talking today about this war forgotten because of the North Korean crisis and the tensions between US President Donald Trump and North Korean dictator Kim Jong-un.

    Leonard Adreon, a former lobbyist and Ronald Reagan advisor, is the author of a story about his past as a soldier during the Korean War: Hilltop Doc (BookBaby).

    As a Marine corpsman, Leonard Adreon saw some of the worst of the Korean War’s carnage and the best of its humanity. His gripping description brings to life the war between the Chinese army and the U.S. Marines as they battled to take the high ground. As a corpsman, Adreon tells the story from the unique perspective of a young man from St. Louis, with no medical background, thrown into the role of saving lives amid the war’s violence. He leavens the grim, emotional, and sometimes ironic battlefield scenes with his background story – of how his own mistakes and the military’s bumbling landed him at Korea’s 38th Parallel.

    Leonard Adreon accepted to answer our questions. He talks about his experience as a veteran, tells us his vision of the North Korean crisis and gives some lessons after his military past in Korea.

    Bla Bla Blog: Do you think that the Korean War is a “Forgotten War” ?
    Leonard Adreon: The Korean War is a forgotten war. It was squeezed in between the monumental WW 2 and the tragic, controversial Viet Nam War. It started at the 38th Parallel and ended at the 38th Parallel. The perception in America was that it went nowhere and accomplished nothing. The 50 million people of South Korea who were saved would disagree with that perception.
    BBB: This war is unknown by a majority of French. What about the Americans?
    LA: My statement above answers the question about American’s knowledge of the war.
    BBB: Why did you go to war?" How old were you ? Do you regret it?
    LA: I was drafted at age 17 in 1944. Joined the reserves when released from service and called back in 1950 when the Korean War began.
    BBB: You're talking about the Dog Company (Chapter 15) What is the Dog Company?
    LA: Marine companies were designated by letters. My company was D Company. Companies were called Able, Baker, Charlie, Dog, and Easy etc.
    BBB: On what battlefield have you been?
    LA: The battlefields were the hills and valleys in the area of the 38th Parallel.
    BBB : Why do you waited 60 years to tell tour story, and why do you decide to speak now?
    LA : I waited more than 60 years because when I left Korea the members of my platoon decided that we were going to put the Korean experience behind us and move on with our lives when and if we made it home. I decided to speak now because my memory was vivid and clear about what happened and the faculty of Washington University of St. Louis, where I facilitate writing classes, discovered that I was in the war and urged me to write a book.
    leonard adreon,guerre de corée,corée du nord,corée du sud,emmanuel macron,donald trumpBBB : What companions and close friends have you lost there? What would you like to tell them today?
    LA : I lost a number of close Marine buddies and I have written about them in Hilltop Doc. I would like to tell them that, after a long delay, I wrote a book to honor them and that I will think of them until I die.
    BBB : Can you tell us about an event in Korea that particularly affected you?
    LA : In the prologue of the book I make reference to Big Mike, a career Marine who had survived the horrible battles of Iwo Jima [february-march 1945] only to loose his life on a hillside in Korea. He lost his life after his quick instincts saved me and his fire team from death by a Chinese grenade. After I was unsuccessful in saving him, I carried him down the hill and helped load his body on a truck to start his long journey home. I owed him my life. It had a profound effect on me.
    BBB : Did you return to Korea after the end of the war?
    LA : I did not return to Korea.
    BBB: Have you talked to your children about your experience as a soldier?
    LA: My daughters heard from me about it when I proceeded to write the book.
    BBB: What would you like to tell your grandchildren about your military experience?
    LA : I tell my 6 grandchildren that war is worse alternative to settling disputes between people. If they read Hilltop Doc they will get the message.
    BBB : Does the situation in Korea worry you? Why ?
    LA : I am concerned about the situation today. Unless China steps in and causes Kim Jon-Un to give up its nuclear program in exchange for a guarantee by China of North Korea’s survival, there is a serious danger of a major conflagration that will kill many in North Korea, South Korea and, possibly, in many places in Southeast Asia and the United States.
    BBB : Do you think that we can relive today what happened 60 years ago?
    LA : We can’t relive what happened 60 years ago, but we can understand it which is what my book attempts to do.
    BBB : If you could advise President Trump, what would you tell him?
    LA : I hope President Trump will exhaust all possibilities of pressuring Kim Jong-Un, probably via China, to discontinue his potentially disastrous nuclear programs. If China can’t or won’t do it, the President should seek regime change. Attacking North Korea is a desperate last resort.
    BBB : If you could say something to french President Emmanuel Macron about the Korean War and the Korea of Kim Jong un, what would that be?
    LA : I hope the French President will join with other world nations to force North Korea to cease its intercontinental nuclear programs.
    BBB : How we can better serve veterans of the Korean War and beyond?
    LA : The veterans of the Korean War are diminishing in numbers. I think the best thing we can do is to honor them for their service by remembering the forgotten war. The veterans, living and dead, and the casualties of the war deserve to be remembered and appreciated.
    BBB : Thank you for your answers, Leonard Adreon.

    Leonard Adreon, Hilltop Doc:
    A Marine Corpsman Fighting Through the Mud and Blood
    of the Korean War
    , BookBaby, 244p. 2017

    http://www.hilltopdoc.com

  • Bla Bla Blog vous invite au théâtre

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    10 places vous sont offertes pour allez voir You-You au studio Hébertot (Paris, 17e).

    Pour cela, rien de plus simples : écrivez à Bla Bla Blog, sur les commentaires de cet article ou bien à cette adresse mail et tapez "You-You".

    Les 5 premières réponses gagneront deux places pour venir voir cette pièce.

    "Voir et écouter You-You"

  • Couleurs angevines

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    Disons-le tout de suite : Lo’jo est une véritable institution musicale : une quinzaine d’albums en trente ans d’existence, des centaines de concerts, des collaborations prestigieuses avec Robert Plant, Robert Wyatt ou Archie Shepp et l’image d’un groupe hors-norme qui a su imposer son regard généreux sur le monde, en dehors de toutes les modes.

    Il y a une douzaine d’années, la troupe d’artistes a créé le Festival du Désert à Essakane, à deux heures de piste de la ville de Tombouctou. Un tel projet n’étonne pas chez ce groupe angevin qui va chercher ses inspirations musicales sur tous les coins de la planète.

    Lo’jo nous revient cet automne avec un nouvel album, Fonetiq Flowers, aux mille et une sonorités et aux influences tous azimuts. C’est une invitation aux voyages que nous proposent Denis Péan, ses musiciens et ses choristes de Lo’jo. "Comment va le monde ?" s’interrogent ces artistes dans le titre qui inaugure l’album. La réponse pourrait être dans ce choix de s’ouvrir à des cultures, des langues et des musiques venues d’ici et d’ailleurs.

    Dénis Péan et consorts proposent de nous jeter à corps perdu dans un "grand souk acoustique" : "Notre musique est un jardin anarchique qu’on essaie de cultiver pour le rendre à la fois beau et sauvage", revendique le chef de cette bande de globe-trotteurs musicaux. L’auditeur est invité à se perdre dans un voyage coloré où se mêlent fables de griots, aphorismes humanistes ou saynètes modernes (Petite Slameuse).

    Au sobre et rimbaldien Tu neiges ("Tu neiges sur Paris / Et je te danse / Ce soir tu m’as laissé ma chance") répond le syncrétique Noisy Flowers à la chaleur africaine, Café des Immortels au souffle moyen-oriental ou les envolées lyriques, nippones et électroniques de Figurine, qui clôt l'album.

    Lo’jo fait tomber toutes les frontières musicales, jetant aux passage des flopées de fleurs, de vers et d'élans musicaux (Nanji). Ça s’envole, ça cavalcade, ça se perd dans des arabesques à donner le tournis, que ce soit dans les souks de Marrakech (Stranjer than Stranjer), les rues de Montmartre (Chabalai), sous le ciel de Beyrouth (Les Innombrables) et dans tous ces "quartiers toujours plus magnétiques" (J’Allais).

    Et toujours ces chœurs envoûtants (Fonatiq, Noisy Flowers ou La Libertad) : voilà qui constitue la vraie richesse d’un album qui vous faut chavirer et voyager comme pas permis.

    Lo’jo, Fonetiq Fowers, World Village, 2017
    http://www.lojo.org

  • Voir et écouter You-You

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    You-You, écrit en 1983 par Jovan Atchine, a été adapté au théâtre pour la première fois en 1993 par Philippe Adrien au Petit Théâtre de l’Odéon. Déjà, à cette époque, Mina Poe interprétait le rôle de You-You. C’est aujourd’hui au Studio Hébertot que le public aura la chance de découvrir cette œuvre tendre, humaine et actuelle.

    Yougoslova, surnommée "You-You", s’adresse à ses collègues de travail lors de son pot de départ à la retraite, dans l’entreprise de confection qui l’a employée toute sa vie et qui représente à ses yeux, en raccourci, une société vivante, humaine et cosmopolite : "Chaque succès de l’entreprise était un succès pour moi, et je ressentais ses difficultés comme des ennuis personnels." Abandonnant le texte qu’elle avait préparé, de digression en digression, avec une chaleur naïve et communicative, elle parle enfin et raconte ce qu’a été sa vie.

    You-You, c’est pour l’auteur de double culture franco-serbe, Jovan Atchine, le point d’appui pour dresser le portrait d’une immigrée Yougoslave, née le jour de la création de son pays et arrivée en France au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale. Elle porte sur son pays d’adoption un regard à la fois tendre, doux-amer, plein d’espoir et faussement naïf. "You-You cette femme au nom d’enfant, arrive devant nous, son discours de départ en retraite écrit et roulé avec soin dans sa main ; mais c’est sa vie qu’elle nous déroule, telle une invitation à un voyage intérieur empreint de son optimisme et de sa force de vie", commente Elodie Chanut, qui a pris au bras le corps la mise en scène de cette pièce, à découvrir au studio Hébertot jusqu’au 11 novembre.

    Bla Bla Blog vous propose de gagner 10 places en écrivant par mail "You-you" à Bla Bla Blog. Les 5 premières réponses gagneront deux places pour venir voir cette pièce.

    You-You de Jovan Atchine, avec Mina Poe, mise en scène d’Elodie Chanut, Compagnie L’Oeil des Cariatides, MayMoon Productions,
    au Studio Hébertot, Paris 17e, du 7 septembre au 11 novembre 2017

    www.studiohebertot.com

  • Du plaisir à Eugene avec Loftän

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    Vous ne connaissez certainement pas Loftän, mais vous devriez. Pas sûr d’ailleurs que de ce côté-ci de l’Atlantique beaucoup se soient, pour l’instant, intéressés à ce duo féminin venu de l’Oregon.

    Janell Riedl et Julia Mahncke forment ce groupe pop-folk indie qui a sorti son premier EP, From Here un an plus tôt.

    Il y a du plaisir à découvrir et écouter le son de Loftän fait d’instruments acoustiques et surtout de deux voix harmonieusement posées. Doorway, ballade pop psychédélique, nous parle d’attente, de frustration et de ces moments comme en suspension ("Why don't you walk me back home / And leave me out on the porch steps / You whisper the words you know you know.") Il est encore question d’amour dans I Will Find You. D’amour, d’attente et d’espoir : "I will find you / No matter how long it takes / I will find you behind the door / That breaks so easily / If you push it right / And I’m sure / You are just as lonely as I am." Les deux filles de Loftän savent happer l’auditeur dans ce titre d’une belle efficacité, avec un son pop tout droit sorti des années 90. Un son que l’on retrouve d’ailleurs dans une version lofi que le groupe a mis en ligne sur son site.

    Undercover frappe par la richesse des textes. À l’instar de Bob Dylan – d’ailleurs cité dans ce titre – Janell Riedl et Julia Mahncke, déroulent de leur voix cristalline une ballade folk qui nous parle d’une fille d’aujourd’hui perdue dans un spleen moderne : "She sings along to Dylan songs she holds her secrets tight / Buying what you’re selling / If you catch her in the night."

    Le EP From Here se termine par Mystery Blue. Loftän nous entraîne dans un voyage onirique et coloré : "I see pink / And I see dark grey / And I see rose colored clouds floating / On mystery blue." Cette fois c’est du côté de Cocorosie que l’on peut chercher l’influence de ce dernier titre.

    Le site de Loftän propose d’autres jolies perles à découvrir : A Short Song et sa folk acoustique, une reprise d’All You Need Is Love ou le très convainquant Roomate, que l’on a hâte d’écouter dans une version studio plus aboutie.

    Loftän sera en tournée à Eugene et à Salem. Si d’aventure les pas vous mènent aux États-Unis, et plus précisément du côté de l’Oregon, allez les écouter sans faute. Vous pourrez toujours dire que vous venez de la part de Bla Bla Blog.

    Löftan, From Here, 2016
    https://thebandloftan.com
    Kaitlin Sevy et Loftän, Sam Bond's Brewing Co., Eugene, Oregon, 27 octobre, 18H

    Live Music Loftän, Alesong Brewing and Blending, Eugene, Oregon, 11 novembre, 17H
    Loftän au Space, 9 décembre 2017, Salem, Oregon

  • Maillot rose pour Obélix

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    Que vaut le dernier Astérix ? Depuis 2013, Albert Uderzo a confié les aventures du petit Gaulois à Jean-Yves Ferri pour le scénario et Didier Conrad pour le dessin. Après Astérix chez les Pictes et Le Papyrus de César, c’est cette fois en Italie que le héros à la moustache blonde et son compère Obélix se retrouvent pour une compétition mémorable en char, qui a plus à voir avec un Giro antique qu’une course à la Ben Hur.

    Bifidus, un sénateur corrompu qui a eu la fâcheuse idée d’utiliser l’argent destiné à l’entretien des voies romaines pour ses orgies décide, pour se refaire une virginité, d’organiser une course en plusieurs étapes le long de la péninsule italienne. Par défi, Astérix et Obélix décident de faire partie des participants de cette aventure sportive, aux côtés d’autres concurrents bretons, lusitaniens, koushites (les mémorables princesses Toutunafer et Niphéniafer), étrusques, goths ou cimbres.

    Et c’est parti pour cinq étapes en Italie, où nos malicieux et intrépides Gaulois sauront déjouer les embûches de la course comme les coups fourrés du sénateur Bifidus qui a reçu l’aval d’un César bien décidé à voir un Romain gagner ce tour d’Italie antique...

    Les fans d’Astérix ne bouderont pas leur plaisir à la lecture de cet album, complètement à la hauteur des meilleurs albums du héros gaulois : aventures picaresques, jeux de mots, calembours en veux-tu en voilà, clichés assumés ou anachronismes. Le lecteur s’amusera à dénicher les clins d’œil truffant l’album, dans une deuxième lecture tout aussi réjouissante.

    Au final, pour cette 37e aventure d’Astérix, Obélix, le grand héros de cette Tranitaique, aura bien mérité son maillot rose de vainqueur.

    Jean-Yves Ferri et Didier Conrad, Astérix et la Transitalique, ed. Albert René, 2017, 46 p.
    http://asterix.com

  • Guillaume de Baskerville en chair et en os

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    C’ est le site InfoGenova qui nous informe de cette séduisante adaptation italienne : Le Nom de la Rose d’Umberto Eco se retrouve sur scène au Teatro della Corte à Gênes. Le dramaturge Stefano Massini a réussi le pari presque impossible de transposer en chair et en os l’enquête policière, philosophique et religieuse de Guillaume de Baskerville et de son assistant Adso. Dans ce qui est devenu un classique de la littérature, l’ex-inquisiteur et son novice sont chargés de faire la lumière sur une série de crimes commis dans un monastère bénédictin du XIVe siècle. Rapidement, il s’avère que le mystère de ces meurtres est à chercher du côté de la bibliothèque et d’un mystérieux manuscrit.

    En 1986, Sean Connery incarnait le Sherlock Holmes franciscain dans une adaptation de Jean-Jacques Annaud qui fit date. Dans la mise en scène de Leo Muscato, c’est Luca Lazzareschi qui prête ses traits à Guillaume de Baskerville. Les créateurs présentent cette adaptation comme une fresque ambitieuse et engagée, ponctuée de "tableaux brechtiens." Leo Muscato décrit ainsi l’intention de ce projet artistique : " S'il est vrai que le cœur de cette œuvre d’Eco est la lutte acharnée entre, d’une part, ceux qui croient posséder la vérité et agissent par tous les moyens pour la défendre, et, d’autre part, ceux qui conçoivent la vérité comme la libre conquête de l'intelligence humaine, il est tout aussi vrai que ce n'est pas la foi qui est à remettre en question mais deux façons différentes de la vivre. L'une est tournée vers l’extérieure, l'autre vers l'intérieur. L’une est sérieuse, l'autre très ironique."

    Cette histoire de crimes, de foi et de rire sera à découvrir, en italien, à Gênes, du 17 octobre au 29 octobre 2017. En espérant qu’une adaptation française pourra être proposée elle aussi dans le futur.

    Il nome della rosa, adaptation du roman d’Umberto Eco par Stefano Massini
    Avec Luca Lazzareschi, Luigi Diberti, Eugenio Allegri, Bob Marchese et Giovanni Anzaldo
    Teatro della Corte - Teatro Stabile di Genova, Gênes, du 17 octobre au 29 octobre 2017

    https://www.teatrostabilegenova.it
    "Umberto Eco, un mélange"

    Photo © Alfredo Tabocchini

  • Sônge d’une nuit d’électro

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    Ça se passera à Penmarc’h dans le Finistère ce vendredi 20 octobre. Dans cette région du pays bigouden, plus habituée aux binious, bombardes et autres bagads, le Cap Caval accueillera la chanteuse d’électro Sônge.

    On avait découvert l’an dernier la jeune artiste aux Vieilles Charrues. La Quimperoise avait auparavant bourlingué plusieurs années en Europe du Nord – Belgique, Pays-Bas et Allemagne – avant de sortir son premier EP éponyme, fruit de rencontres et de découvertes musicales comme de son passage par le Conservatoire de Paris.

    Sônge c’est une électro mêlant pop, rap et Rn'B, à l’architecture impeccable et complexe (What Happened). La musicienne sait allier mélodies séduisantes et constructions rythmiques sophistiquées (Now). Sônge c’est aussi une voix venue d’ailleurs, dont les influences seraient à chercher du côté de Mia (Colorblind) ou de Björk (I Come From Pain).

    L’artiste devrait signer pour un futur album en 2018. Avant que Sônge ne crève définitivement l’écran, il ne reste plus aux chanceux traînant du côté de Penmarc’h cette semaine qu’à venir l’écouter en première partie du concert d’Isaac Delusion. Dans quelques années, vous pourrez dire : j’y étais.

    Sônge, en première partie du concert d’Isaac Delusion,
    salle Cap Caval, Penmarc'h, vendredi 20 octobre 2017 à 20h30

    Sônge, Sônge, EP, Parlophone, 2017
    http://www.songemusic.com

  • Le retour de la femme mimosa

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    2017 est décidément l’année "Barbara" : les 20 ans de sa mort, un concert et album hommage de Gérard Depardieu en début d’année, un biopic avec Jeanne Balibar et, ce mois-ci, la sortie d’un enregistrement inédit de la longue dame brune, Lily Passion.

    Inédit ? Lily Passion n’est pourtant pas inconnue. En 1986, Barbara jouait sur scène avec Gérard Depardieu un spectacle musical d’un autre genre que la chanteuse avait composé avec la collaboration de Luc Plamandon et de son fidèle accompagnateur Roland Romanelli. En 1985, elle avait enregistré une version studio qui disparut de la circulation et qu’elle rechercha jusqu’à sa mort, en vain. En 2013, soit cinq ans après son décès, dans le cadre d’un travail de remasterisation de ses archives, la firme Universal tomba sur de précieuses bandes mal étiquetées : le Lily Passion studio de 1985. Les pistes nécessitaient un important et minutieux travail de montage mais l’essentiel était là : la version studio du spectacle musical de Barbara, capital dans sa vie et dans sa carrière, pouvait voir le jour.

    Lily Passion conte l’histoire d’une musicienne poursuivie par un assassin blond, tuant à chacun de ses concerts, avant de laisser un brin de mimosa en guise de signature. Lily Passion c’est aussi l’aventure d’un couple maudit et ténébreux, dans lequel amour et mort se cofondent dans une série de danses infernales : "Pourtant cet assassin m’obsède / J’ai peur / Cet assassin me suit / Qu’il me suive ou qu’il me précède / Il tue / Je chante, je chante / Il tue" (Cet Assassin).

    Aux récitatifs et envolées lyriques de Gérard Depardieu dans le Lily Passion de 1986 vient répondre un album soigné qui n’a certes pas la fièvre de la captation publique de 1986, mais qui propose une série de chansons abouties. Exceptionnellement abouties.

    Les connaisseurs et fans de la longue dame brune remarqueront l’absence de plusieurs titres par rapport à la version de 1986 : Berlin, David Song, Campadile, Mémoire, mémoire et, symptomatiquement, Ma plus belle Histoire d’Amour. Par ailleurs, le récitatif autobiographique Ô mes Théâtres a droit à une une version resserrée et à l’état d’ébauche – 0,51 contre 5:50 pour la captation publique.

    On saluera la cohérence d’un album studio aux joyaux inoubliables et aux orchestrations soignées, avec Jannick Top à la basse, Richard Daguerre au piano mais aussi Richard Galliano à l’accordéon. La voix de Barbara est là, intacte et inspirée, pour "cette chanson plus longue que les autres."

    L’auditeur pourra trouver dans plusieurs morceaux de cette version studio (Lily Passion, Emmène-moi) la touche musicale des années 80, lorsque la vague des synthétiseurs balayait tout sur son passage. Pour être juste, il convient de préciser que l’écriture de Lily Passion au début de cette décennie correspond à un virage dans la carrière de Barbara. La chanteuse se fond dans son époque et dans la modernité, en même temps qu’elle se consacre corps et âmes à son public au cours de concerts devenus de véritables messes autour d’une artiste vénérée par ses fans. La double de la chanteuse le dit ainsi dans le titre Lily Passion : "J'entends la foule qui crie mon nom / Lily Passion, Lily Passion / Et j'entre dans la fosse aux lions / Pour m'offrir en immolation."

    Dans Lily Passion, d’autres titres ont une facture plus classique et plus acoustique : cordes, piano, ou bandonéon (Je viens, Bizarre, Tango indigo). Cet album studio, sorti vingt ans après sa mort, nous montre une Barbara fidèle à elle-même : sensible, mélodiste hors-pair, parolière inimitable et transportée par une histoire d’amour et de mort. Gérard Depardieu n’est pas de cet album studio, bien qu’il apparaisse en creux tout au long de Lily Passion : "P’tit voleur / Grand seigneur / Ils tireront / Ils t’auront / Ils diront qu’t’avait tort / C’est toi qu’a tiré d’abord" (Tire pas).

    Barbara étonne et séduit particulièrement dans Bizarre. La chanteuse se fait jazzwoman dans un titre cinématographique et mélancolique : "Il fait bizarre / Sur la ville / Trottoirs-miroirs / Sur la ville. / Des ombres lézards / Se faufilent / Et se glissent, agiles / Dans le brouillard / Indélébile."

    On sera moins étonné par le morceau le plus connu de Lily Passion, L’Île aux Mimosas, onirique, passionné et apaisé : "Et si tu m'avais cherchée, / De soir en soir, de bar en bar, / Imagine que tu m'aies trouvée, / Et qu'il ne soit pas trop tard, / Pour le temps qu'il me reste à vivre, / J'amarrerais mon piano ivre, / Pour pouvoir vivre avec toi, / Sur ton île aux mimosas."

    L’auditeur est happé par un des trésors de cet album : Tango Indigo. Barbara prend à bras le corps un titre virevoltant où se mêlent la passion, le jeu, la danse, la mort et la fin du monde : "On est comme deux évadés / Qui ne croient pas ce qui est arrivé / Après, je ne sais plus les paroles / Mais je vais t'en dire de plus folles / C'est l'histoire d'un assassin blond / Qui rencontre Lily-Passion." Tango Indigo se révlèle comme le titre le plus envoûtant et irrésistible de la femme mimosa, se livrant à corps perdu dans un album déjà légendaire et sorti de l’oubli par miracle.

    Barbara, Lily Passion, Mercury, Universal, 2017
    "Barbara et Depardieu par Depardieu"
    "Barbara et lettres et dessins inédits", Télérama, 7-13 octobre 2017
    Hors-série Barbara, Marianne, octobre 2017
    http://www.barbara-lesite.com

  • Tous Ochapito

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    Le festival Ochapito va remuer Lisieux du 4 au 7 octobre prochain. Au menu : des spectacles, du théâtre de rue, des performances, des expositions, des ateliers, des animations pour les enfants et surtout de la musique. Beaucoup de musique. Énormément de musique.

    Bla Bla Blog vous fait un point sur les artistes qui viendront souffler un grand vent de sons, de swing, de cool, de swing, de rêve et de cool.

    Mercredi , le festival démarre avec Fake, un groupe jouant à domicile un mélange de rock progressif, alternatif et indie, aux influences à chercher du côté d’Archive, Radiohead et Pink Floyd.

    Jaja, une formation caennaise très swing, avec un esprit big bang très actuel, dans lequel la guinguette vient se fondre amoureusement dans le hip-hop, le rock ou le jazz.

    Shifumi Orchestar : musiciens et jongleurs composent cette formation à sept têtes puisant dans le répertoire traditionnel russe, tzisane et yiddish pour des airs dingues et endiablés.

    La Caravane Passe c’est le groupe qui monte, qui monte, qui monte. Ils seront à Lisieux, eux aussi, ce mercredi soir à 22H30. Avec eux aussi ce sera le mélange des couleurs et des sons : rap, jazz, manouche et fanfare. 

    Jeudi 5 octobre, Jahen Oarsman, que certains comparent à Sting ou Ben Harper va certainement faire chavirer la ville, à l’occasion de la sortie de son cinquième EP, Water Lily.


    Natalia Doco, la plus argentine des Parisiennes, sait comme personne ensorceler avec un style onirique qui lui fait dire : "Je pense et je rêve moitié moitié."

    The Show : avec un tel nom, ce groupe peut nous promettre de la soul et du funk, de quoi réveiller quelques morts.

    Flavia Coehlo, une surdouée brésilienne, combine dans des mélodies solaires, les musiques traditionnelles du Nordeste, le reggae et le raggamuffin.

    Vendredi, Monkey To The Moon proposera un rock psychédélique et de space pop, avec des inspirations à chercher du côté de David Bowie, d’Oasis ou des Smiths.


    Mado & Les Frères Pinard ont battu le pavé et, plus de 300 concerts plus tard, viennent s’amarrer quelques heures à Lisieux pour un spectacle tzigane plein de nostalgie.


    Stanko Marinkovic, accordéoniste serbe, est une figure musicale de cette partie de l’Europe. Il va être une des grandes découvertes de cette édition d’Ochapito.



    Babylon Circus viendra éclabousser Lisieux de son talent vendredi soir, avec un répertoire puisant ses influences dans la chanson, le rock, le ska et le reggae.



    Le festival se clôturera avec une tête d’affiche d’anthologie. Manu Dibango, saxophoniste légendaire et figure hors-norme de la world music et du jazz. 

    The Goaties suivront, avec un punk rock normand décomplexé. 

    Emir Kusturica & The No Smoking Orchestra viendra clôturer cette saison d’Ochapito. Ce sera l’occasion pour le public de découvrir un groupe rock mythique et internationalement connu, mené par un artiste d’exception. 

    http://www.festivalochapito.com
    "Festival Ochapito, des spectacles plein Lisieux"

    "Des pass à gagner pour le festival Ochapito"

  • Polygame, mini-miss et autres créatures de Jarcamne

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    Sur la pochette de son premier album, L'Abri bus, Jarcamne déplie sa longue silhouette dégingandée dans un abribus, une rose à la main. Qui attend-il ? Sans doute son public, qui pourrait tomber sous le charme de cette nouvelle voix de la chanson : "Je suis heureux si ma chanson / Te plaît / Je voudrais plaire à tout le monde" comme avoue l’artiste dans J’veux pas grandir.

    Jarcamne est un vrai artiste de notre époque, partageant avec Philippe Katerine le goût pour l’autodérision. Il pourrait aussi être notre voisin poli et discret, le bon pote, le collègue de bureau bienveillant ou ce lointain cousin mystérieux et sensible : "Imbibé par la chanson française, je m’efforce de parodier, la majesté, l’excès, la peur, la douleur, la fragilité de mes semblables", affirme-t-il.

    Sensible, Jarcamne l’est dans sa manière de parler de sujets actuels et rarement traités : la polygamie (Le Polygame), l’environnement (Deux Mille Cent), le speed-dating (Speed dating), les élections de mini-miss (Mini-Miss), une marionnette obsessionnelle et plus vraie que nature (Plaie immobile) ou un jardin ouvrier (Le Jardin).

    L’air de rien, Jarcamne impose sa voix et un discours faussement naïf. Dans Deux Mille Cent, le réchauffement climatique est poétisé avec un faux-angélisme ("Les écosystèmes s’harmonisent / L’hiver ici c’est la banquise / Les ours en méditerranée passent leurs hivers à Saint-Tropez"), jusqu’à une chute inattendue mais pourtant pleine de bon sens : "À moins qu’en l’an deux mille cent / On soit aussi con qu’à présent."

    Il est également question d’engagement dans Mini-Miss. Jarcamne se fait cette fois l’observateur sévère, sur un air de samba, de ces défilés de "lolitas carnaval." Le musicien égratigne le miroir aux alouettes que sont les défilés d’enfants grimés en miss : "Maman rêve des affiches / Des shows télévisés / Papa en carriériste / Lolita en narcissique." Jarcamne a cette conclusion : "Miss est un truc pour les grands / Pas un jouet d’enfant / Pas besoin de carnaval / Pour t’aimer Lolita."

    Jarcamne sait se léger dans l’excellent Speed Dating, joyeuse valse sur le thème de la séduction, de la drague et du mensonge : "Séduire et convaincre / la clochette retentit / Sept minutes pour vaincre."

    Dans Le Polygame, son titre le plus provocateur, Jarcamne se glisse joyeusement dans la chambre à coucher d’un polygame. Les féministes hurleront à l’écoute des confidences d’un homme amoureux de plusieurs femmes et obligé de s’expliquer devant les autorités : "Messieurs, messieurs / Confusion, amalgame / Est-ce donc là un drame / D’héberger quelques âmes ?" Jarcamne construit une malicieuse chanson amorale, dans laquelle ce sympathique et "infâme" polygame nous parle autant de plaisir que d’hypocrisie : "Quand ils ont envoyé les képis à ma porte / J’ai compris qu’en voisin / J’avais fait des envieux."

    Il est encore question d’hypocrisies – et même d’hypocrisie à double détente – dans L’Héritage. Jarcamne raconte sur un air de jazz l’histoire à la première personne d’un héritage controversé, avec pour héros un grand-père décédé qui "avait une favorite de cinquante piges sa benjamine." Le "vieux lubrique", autrefois connu pour "sa morale et ses bonnes manières", dévoile d'outre-tombe sa double vie, déshéritant du même coup ses enfants au profit de sa maîtresse. Et voilà une famille unie et "pique-assiette" s’empoignant pour un héritage qui leur file sous le nez  : "Maman s’écrit : Ah la salope / Adieu chalet de Courchevel / Papa retrousse le fond de ses poches / Fini le coup de pouce mensuel."

    Plus sombre est le titre Les Crayons, le plus engagé sans doute puisque Jarcamne traite dans une ballade acoustique et mélancolique de l’attentat contre Charlie Hebdo : "Marianne lève-toi, ils sont devenus fous / Marianne lève-toi on ne meure pas à genoux."

    L’abribus, qui donne le titre de l’album, nous parle d’un lieu souvent ignoré, sans doute parce qu’il est omniprésent dans nos vies. Chez Jarcamne, l’abribus devient romanesque et poétique en ce qu’il condense et cristallise nos petites vies, nos espoirs, nos attentes ou nos amours : "Sous l’abribus le cœur serré / en attendant le 23 / Christophe rêve de la belle Aline / Mais de sa femme c’est la copine / Et le Christophe ne le sait pas / Sous l’abri pendant qu’il a froid / Sa femme en maîtresse saphique / Cajole l’Aline sur le sofa."

    Jarcamne sait nous croquer comme peu d’artistes :"Depuis l’enfance mon oreille a toujours été captivée par ces histoires plus ou moins banales de la vie, celles de Mam’selle Clio de Charles Trénet, du Tord boyau de Pierre Perret, ou de Ta Katie ta quitté de Boby Lapointe." De belles références pour un musicien qui fait de notre monde son terrain de jeu.

    Jarcamne, L’Abri bus, La Face B, 2017
    http://www.jarcamne.com

  • Valérian et Laureline, agents très spatiaux

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    Un peu plus d’un mois après sa sortie à grands frais, pourquoi ne pas revenir sur Valérian et la Cité des Mille Planètes ? Le dernier opus de Luc Besson, rêve d’enfant du réalisateur du Cinquième Élément autant que défi artistique et pari commercial, propose une adaptation du couple de SF le plus connu et le plus glamour de la bande dessinée.

    En collaboration avec ses deux créateurs, le dessinateur Jean-Claude Mézières et le scénariste Pierre Christin, Luc Besson propose de rendre justice à Valérian et à Laureline, dont les aventures ont été largement pompées par les créateurs de Star Wars. Le résultat : la plus grande superproduction française (197 millions d’euros), si grande que l’avenir de la société de production EuropaCorp dépend de la réussite ou de l’échec du film.

    Valérian et la Cité des Mille Planètes adapte l’histoire de L'Ambassadeur des Ombres (1975) et non pas la BD de 1971, L'Empire des Mille Planètes, dont le film de Luc Besson reprend une partie du titre.

    Nous sommes en 2740. Les agents gouvernementaux Valérian et Laureline sont chargés de récupérer un réplicateur – en réalité une charmante bestiole dotée d’un pouvoir de reproduction d’objets physiques, dont une étrange perle. Après le succès par nos agents de cette mission, le précieux réplicateur est amené sur Alpha, une base spatiale héritée de l’ISS et peuplée de 17 millions d’êtres vivants humains et surtout d'extra-terrestres. Mais des créatures jusque-là inconnues, venues de la mystérieuse planète Mül, viennent dérober le réplicateur et enlever, par la même occasion le Commandeur Filitt. Les agents Valérian et Laureline se lancent dans une course à la recherche de ces êtres fascinants et comme venus de nulle part.

    De mauvaises langues ont fait la fine bouche devant ce grand et beau divertissement populaire. Luc Besson sait faire ce qu’il sait le mieux faire : raconter une histoire, faire vivre ses personnages sans temps mort et aussi montrer que le cinéma français peut rivaliser avec les blockbusters américains. À n’en pas douter, voilà qui a fait grincer pas mal de dents outre-atlantique.

    Dane DeHaan et Cara Delevingne, dans les rôles respectifs de Valérian et Laureline, jouent le rôle d’agents spécieux et spatiaux en pleine forme. Ils cavalcadent, se battent, croisent des créatures extra-terrestres et extraordinaires et ne manquent pas de se chercher dans un jeu digne de "je t’aime moi non plus", avec une fin entendue dès le début. Une mention spéciale est décernée à Cara Delevingne – certes pas suffisamment rousse pour le rôle – pour son interprétation d’une Laureline courageuse, bravache et qui ne s’en laisse pas conter.

    À l’heure de l’écriture de cette chronique, après le flop de Valérian aux États-Unis et le succès au box-office français (4 millions d’entrées), les producteurs ont les yeux rivés sur la fréquentation en Chine, pour l’heure rassurante mais sans garantie d’une suite, pourtant déjà écrite par Luc Besson. Ce qui serait d'ailleurs fort dommage.

    Valérian et la Cité des Mille Planètes, de Luc Besson, avec Dane DeHaan, Cara Delevingne, Clive Owen, Rihanna et Ethan Hawke, EuropaCorp, France, 2017, 138 mn, toujours en salle
    "Star Wars pris la main dans le pot de confiture"
    "Laureline et Valérian, bons pour le service"