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• • Des envies...

  • Trump vu par Karel

    Ce dimanche, M6 diffusera un documentaire exceptionnel réalisé par le multi primé William Karel.

    Avec son film Le Monde selon Trump, le cinéaste propose un éclairage intransigeant sur le 45e Président, que les électeurs américains vont réélire ou non, le 3 novembre prochain.

    L’homme d’affaire et chef d’état républicain et populiste, candidat à sa propre succession, est lancée dans une course contre son concurrent Joe Biden pour l’emporter sur une élection que tous les observateurs considèrent comme capitale pour le pays… et aussi dangereuse pour la démocratie américaine.

    Dans quel état Donald Trump laissera-t-il son pays après quatre années d'un mandat déjà marqué par un nombre incalculable de décisions ubuesques, de scandales et de tweet rageurs ? Le plus imprévisible des dirigeants de l'histoire des États-Unis pourra-t-il être réélu ?

    Intransigeant

    William Karel retrace quatre années d'une présidence hors-normes qui a laissé l'Amérique profondément divisée. Pour raconter Donald Trump au pouvoir, de l'intérieur, William Karel a interviewé plusieurs de ses anciens proches collaborateurs, comme John Bolton, ex-conseiller à la sécurité nationale, et Anthony Scaramucci, ex-directeur de la communication de la Maison-Blanche, mais aussi des journalistes vedettes qu'il a pris pour cible dans sa croisade contre la presse. Le réalisateur a également rencontré des psychologues et des psychiatres qui ont étudié la personnalité de Trump et aussi les responsables sanitaires, une militante de Black Lives Matter et un pasteur évangélique qui, lui, le soutient sans réserve.

    William Karel (Le Monde selon Bush, Opération Lune ou Poison d'avril) propose au final un portrait engagé, implacable et sans concessions sur le plus controversé des présidents américains, à quelques jours d'une élection décisive pour l'avenir des États-Unis.

    Le Monde selon Trump, documentaire de William Karel, Roche Productions, sur M6
    Avec la Participation de : M6, RDI, RTBF, TV4 Sweden, Canal + Polska,
    TV3, TV Canaria, PTS Taïwan, ORF 3, HRT

    Diffusé ce dimanche 25 octobre à 23h10 sur M6 dans Enquête Exclusive
    Jusqu'au 1er octobre 2021 sur M6 Replay
    https://pro.m6.fr/paris-premiere/programme/2020-45/le-monde-selon-trump-12047756
    https://www.imdb.com/name/nm0439137

    Voir aussi : "Cons et néocons"

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  • Prêt·e·s à creuser des citrouilles ?

    Le Château de la Bussière fait partie de ces nombreux sites en France, peu connus mais qui font la richesse du pays. Il est situé à quelques kilomètres de la Loire mais n’est pas stricto sensu un de ces "Châteaux de la Loire". Ce qui n’enlève rien à son caractère remarquable.

    Pour se distinguer de ses "pairs" et aussi se démarquer, le Château de la Bussière a décidé de miser sur son jardin, classé "Jardin Remarquable", aménagé au XVIIIe siècle à la place de l'ancienne vigne du château. En route donc pour La Bussière, situé entre Montargis et Gien, dans le Loiret.

    Cette période d’Halloween est idéale pour y découvrir une collection rare de cucurbitacées de toutes les formes et de toutes les couleurs : butternut, citrouille, potiron, sucrine, coloquinte. La Bussière adresse un gros clin d’œil aux familles et aux enfants, avec des ateliers de des visites de découverte de ces légumes sentant bon - ou pas - la présence de Jack O'Lantern, Dracula ou Freddy.

    Des légumes sentant bon Jack O'Lantern, Dracula ou Freddy

    L’animation permet aux enfants de découvrir ces fruits originaux automnaux, leurs noms, leurs caractéristiques, leurs couleurs et s’initier à la vie du potager en automne. L’atelier se veut surtout un moment de partage et de mise en pratique. L’enfant de plus de 4 ans se voit confier une cucurbitacée et peut alors la creuser tout en laissant parler son imagination.

    Pour l’aider, les parents, les grands-parents, la famille ou des amis ne sont pas loin. Cet atelier est donc un moment propice pour une sortie familiale. Les prévoyants viendront avec un récipient pour récupérer la chair et préparer de bonnes soupes. Les enfants repartent ensuite à la maison avec leur jolie cucurbitacée.

    L’année dernière près de 300 enfants étaient venus profiter de ces ateliers les mercredis et dimanches des vacances. Face à leur succès, et face aux nouvelles mesures de sécurité sanitaire le Château propose des créneaux supplémentaires : les mercredis 21 et 28 octobre, le dimanche 25 octobre et le samedi 31 octobre à 15 heures et 16 heures.

    Le Château fermera ses portes le 2 novembre pour une réouverture le samedi 5 décembre à l’occasion des fêtes de Noël.

    Château de la Bussière
    À 12 km de Gien et à 30 km au sud de Montargis (Loiret)
    Les mercredis 21 et 28 octobre 2020
    Dimanche 25 octobre et Samedi 31 octobre
    De 15 heures à 16 heures
    Réservation conseillées auprès du château
    http://www.chateau-de-la-bussiere.fr

    Voir aussi : "Jouer à Château perché"

    Photo : Château de La Bussière

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  • Un dernier 10%

    Quatrième et, a priori, dernière saison pour la série désormais culte Dix pour cent. Qui a dit que les grandes chaînes généralistes, dont France Télévision, étaient incapables de produire des créations originales et de qualité ?

    Avec cette quatrième saison de Fanny Herrero, nous voilà de retour dans l’agence ASK avec ses quatre agents vedettes : Andréa Martel (Camille Cottin), Mathias Barneville (Thibault de Montalembert), Gabriel Sarda (Grégory Montel) et leur aînée Arlette Azémar (Liliane Rovère), toujours accompagnée de son chien Jean Gabin.

    Vous l’aurez compris, l’agence ASK et leurs employés naviguent dans le milieu passionnant mais – ô combien ! – impitoyable du cinéma. Leur mission ? Prospecter des artistes, gérer l’ego de stars comme Jean Dujardin, Isabelle Huppert ou Nathalie Baye, et faire en sorte que les tournages arrivent à leur terme à peu près sans encombre. Tout cela, sans oublier les humeurs des uns et des autres, les petites et grandes jalousies et les ambitions personnelles et professionnelles. Pour seconder Andréa, Mathias, Gabriel et Arlette, il faut compter sur leurs irrésistibles assistant·e·s : Camille Valentini, la fille cachée de Mathias (Fanny Sidney), la formidable Noémie Leclerc (Laure Calamy) et le non-moins attachant Hervé André-Jezack (Nicolas Maury).

    Des guest stars jouant leur propre rôle, quitte à appuyer leurs traits

    La fin de la saison 3 marquait un retour en grâce de Sofia Leprince (Stéfi Celma), en dépit d’un choix artistique hasardeux avec Julien Doré, alors même que Mathias Barneville se lançait dans un projet périlleux pour l’agence. Pendant ce temps, l’insupportable et ambitieuse Andrea voyait sa vie personnelle bouleversée.

    Impossible de parler de Dix pour cent sans parler de ses guest stars jouant leur propre rôle, quitte à appuyer leurs traits. Il est visible que les acteurs ayant participé à la série y ont pris un grand plaisir, que ce soit François Berléand, Line Renaud, Jean Dujardin ou Isabelle Huppert qui se surpasse dans son rôle de star hyperactive, ultra sollicitée et complètement inconsciente.

    Les deux premiers épisodes de la saison 4 voient débarquer Charlotte Gainsbourg, en actrice prise au piège par un ami s’improvisant scénariste et réalisateur, mais aussi Mimie Mathy, Xavier Beauvois, Franck Dubosc ou Nathalie Baye, de retour auprès des agents d’ASK.

    Cette série française, qui est aussi un hommage au cinéma (avec une bande-son choisie avec soin), est à ne surtout manquer. Quatrième et dernière saison donc. Normalement.

    Dix pour cent, série française de Fanny Herrero, avec Camille Cottin, Thibault de Montalembert,
    Grégory Montel, Liliane Rovère,
    Fanny Sidney, Laure Calamy, Nicolas Maury, Stéfi Celma et Assaâd Bouab,
    produit par Mon Voisin Productions, Mother Production, Ce qui me meut
    et France Télévisions, 4 saisons de 6 épisodes

    https://www.france.tv/france-2/dix-pour-cent
    @dixpourcent_F2

    Voir aussi : "Triple zéro"

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  • New age

    En cette période où le courant apocalyptique et post-apocalyptique est devenu un genre en vogue, pour le meilleur et pour le pire, intéressons-nous à un de ces nombreux court-métrages, La dernière prophétie. Ce dessin animé d’un peu plus de 3 minutes frappe par le soin graphique, à telle enseigne que le voir développer en long-métrage (qui est le projet originel), voire en série, ne serait pas une absurdité.

    Son réalisateur, un véritable touche-à-tout (pub, films, recherche) est Romain Demongeot. Il dirige la création de l’agence Londonienne UNIT9. UNIT9 group et unit 9 films se sont associés à une boîte de production de longs métrages en Californie.

    Romain Demongeot s’était fait remarquer avec ses deux premiers courts métrages, Love 2062 (2012), déjà un film d’anticipation autour de la pollution, puis Krokodil Requiem, (2016) qui entendait sensibiliser à la drogue.

    Tout aussi engagé et new age, La dernière prophétie est un voyage dans le temps et dans l’espace. C'est aussi une vraie réflexion utopique, singulièrement rare dans la mouvance millénariste. Les auteurs du court-métrage (Romain Demongeot, Sebastien Novac et Elvire Cheret) imaginent la manière dont les hommes pourraient se saisir des religions monothéistes mais aussi de l’intelligence artificielle pour donner une nouvelle chance aux quelques humains réfugiés sur une autre planète habitable.

    Romain Demongeot a condensé en quelques minutes ce récit de SF, qui est aussi une autre manière de mettre l’humanisme au cœur du discours.

    Cette curiosité qu’est La dernière prophétie est à surveiller d’autant plus près qu’il pourrait bien devenir un projet de grande envergure. C’est tout le mal que nous lui souhaitons.

    Romain Demongeot, La dernière prophétie, court-métrage français, 2020, 3 mn 17
    Scénario : Romain Demongeot, Sébastien Novac et Elvire Cheret
    Musique : Christophe Menassier

    https://www.youtube.com/watch?v=33fjioJzG5c&ab_channel=RomainDemongeot
    https://www.youtube.com/user/romaindemongeot

    Voir aussi : "Ce film que vous ne verrez jamais (mais que vous écouterez)"

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  • Lignées d’oiseaux

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    Il est bien entendu important de parler de théâtre en cette période de crise sanitaire. Et si les scènes restent fermées et confinées, il reste heureusement le livre.

    L’un des meilleurs dramaturges contemporains, Wajdi Mouawad, est l’auteur de Tous des Oiseaux (éd. Babel), l’une de ses œuvres les plus marquantes. Découvrir son drame en texte garde sa puissance, même si évidemment rien ne vaut son adaptation sur scène. Il faut d’emblée préciser que Wajdi Mouawad avait prévu d’emblée que sa pièce soit jouée dans la langue de ses personnages – à savoir en allemand, en anglais, en arabe et en hébreu. Ce grand drame sur le thème du choc des cultures, des générations mais aussi des mémoires a été imaginé au début des années 2000, après les attentats du 11 septembre 2001.

    Tous des Oiseaux commence comme une histoire d’amour à la Roméo et Juliette : Eitan, l’étudiant juif, et Wahida, une jeune Palestinienne, se rencontrent dans une bibliothèque américaine et tombent amoureux. Tout se brise cependant lors d’un voyage au Moyen-Orient : un attentat terroriste palestinien entre Israël et la Jordanie blesse gravement Eitan. C’est dans une chambre d’hôpital que Wahida vient le veiller alors que le jeune homme se trouve entre la vie et la mort. La famille du blessé est prévenue et se dépêche sur les lieux. Les parents et les grands-parents d’Eitan, des juifs vivant en Berlin, rejoignent la jeune Arabe. Au pied du malade, les personnages parlent et s’affrontent autour de leur identité, de leur passé, de leur culture, de l’amour du jeune couple mais aussi des traumatismes et des secrets de famille.

    Pièce de l’universalité à plus d’un titre

    Wajdi Mouawad a diviser son drame en quatre actes – "Oiseau de beauté", "Oiseau du hasard", "Oiseau de malheur" et "Oiseau amphibie". Des oiseaux qui sont aussi dans le titre de la pièce. Ces oiseaux perdus sont ces personnages déracinés et meurtris par leur passé – ici, la Shoah ; là, les guerres israélo-palestiniennes – qu’Etgar, le grand-père, énonce ainsi : "J’étais le dernier d’une lignée d’oiseaux sans port, sans branche, sans rien, moi le petit survivant." L’apparition à la fin de la pièce de Wazzân, personnage historique apparaissant tel un fantôme, déclame un conte animalier dans lequel un oiseau se fait amphibie pour se fondre parmi les poissons, ces étrangers ("Je suis l’un des vôtres").

    Pièce de l’universalité à plus d’un titre, Tous des Oiseaux entend dépasser l’idée de séparation entre cultures. Wajdi Mouawad a fait le choix de ne pas rester sur cette histoire d’amour entre un Juif et une Arabe, mais d’invoquer les liens familiaux, les aïeux mais aussi les passés. Dans la postface, Sylvain Diaz insiste sur l’importance du dialogue pour "être à l’écoute de ce [que l’ennemi] éprouve… Il ne s’agit pas d’aller contre lui mais d’« aller vers »." En faisant en sorte que chacun des personnages fasse une route douloureuse vers sa propre identité, à travers une tragédie se fragmentant en scènes mêlant des lieux et des scènes différentes, Wajdi Mouawad compose une œuvre symphonique de chair et de sang. Cruelle et formidablement humaine.

    Wajdi Mouawad, Tous des Oiseaux, drame en quatre actes
    Postface de Sylvain Diaz, 2018, éd. Babel, 179 p.
    http://www.wajdimouawad.fr
    https://www.colline.fr/spectacles/tous-des-oiseaux

    Voir aussi : "Dieu, quels humains !"

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  • BT93 ou le miracle d’une résurrection

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    La première écoute de BT93 nous plonge d’emblée dans la période eighties et nineties. Rien d’étonnant à cela : les titres de cet album ont été créés et enregistrés entre 1989 et 1994. Les connaisseurs reconnaîtront la facture des synthétiseurs devenus des références : Ensoniq ESQ1, TX7, TR707, Korg 01W.

    Nous sommes au mi-temps des années 90 et un jeune artiste anonyme, se faisant appeler BT93, envoie son album éponyme au format K7 à quelques maisons de production indépendantes, qui lui demandent gentiment d’aller voir ailleurs. Fin de l’histoire ? Non. Car celui qui signe le morceau rageur La hiérarchie chie laisse une œuvre d’autant moins morte-née qu’elle commence à tourner sur des platines d’inconnus et devient quasi culte. Entre-temps, BT93 s’est installé comme entrepreneur sérieux – ce qui n’est pas le moindre des paradoxes pour un homme qui chantait : "La hiérarchie chie, /Dans son froc en or massif, / Leurs couilles se sont fait la malle, / Ils ont perdu les pédales, tous à la manif !"

    C’est donc une résurrection, pour ne pas dire un petit miracle, que cet opus oublié. Près de trente ans après sa création, le disque sort enfin en vraie galette et sur les plateformes. Il est coproduit – excusez du peu – par Frédéric Lo, qui a mis sur le coup des musiciens additionnels : Marcello Giuliani à la basse et Patrick Goraguer à l’orgue Hammond et aux percussions. Tout a été remixé et remastérisé à partir d’enregistrements K7.

    Avec BT 93, nous voilà dans un album aux accents post punk-rock : Bronx generation, datant de 1989, revendique ces racines eighties, avec une chanson française dopée aux rythmes saccadés et aux synthétiseurs omniprésents et révolutionnaires. Ce premier morceau est le récit en musique d’une dangereuse rencontre dans un lieu interlope : "Tu f’rais mieux d’décamper / Le zoo du Bronx, quelle idée / Ta tête de youpie égaré / Comme dans l’« bûcher des vanités »…"

    Avec Say What Youy said, voilà un talk-over onirique (les paroles sont d’un certain Hervé Tanguy) qui peut se lire comme un hommage à Yves Simon : "J'avais oublié que je ne t'avais pas oubliée / Nous avions tant usé de salive / En mot, en baisers, en phrases définitives / Ce soir je me souviens de tes yeux, tes bras et tes pieds nus / De nos larmes et nos serments / Dont aucun ne fut tenu."

    Histoire d’amour encore avec Chasseur de tête et Pas ce soir mais peut-être demain, qui conte une "aventure d'un soir" : "Est-ce qu'on va se revoir / Ca fait longtemps que je broie du noir / J'ai un plan pour ce soir / Il faudrait juste que j’arrête de boire."

    Plus léger, On n'est pas sérieux avec les filles lorgne du côté de Patrick Coutin et de son J’aime regarder les filles : "Pourquoi j'devrais n'aimer qu'une fille / Quand tout nous pousse à en aimer plusieurs / En série mais aussi en parallèle / En solo ou bien en chœur."

    "La hiérarchie chie, /Dans son froc en or massif"

    Soyons clair : si BT93 est devenu culte c’est aussi et surtout en raison de ses titres engagés, à l’instar de Références, au parlé-chanté sombre et rugueux : "Les dirigeants d'entreprise, / Plus que jamais broyés par le quotidien, /Sont-ils condamnés à prendre des décisions / Comme des âmes soûles ?" Ce cri contre le libéralisme se fait à travers un travail sur le champ lexical économique et stratégique : "J.L. Bower, Managing the Ressource Allocation Process / Division of Research Graduate School of Business Administration / Harvard University / Cambridge, Massachussetts, 1970 / Références!" BT93 se montre par la suite bien plus explicite : "Cette chanson peut être entendue comme un plaidoyer pour un usage raisonnable d’outils relevant d’une nouvelle rationalité", chante l'artiste dont l'album unique est illustré par le cliché d'un jeune loup sautillant au milieu des tours d’affaires de La Défense, en costume cravate et attaché-case.

    Businessman privé ou énarque ? Ou les deux ? Dans L’énarque, c’est à la première personne qu’il se met dans la peau d’un de ces tristes sires : "Je suis un énarque / Parachuté au poste clé / Mais je mène ma barque / Allez faut manager..." Management, plans sociaux, consultants, carrière, petits cadeaux : pas de doute, nous sommes dans le portrait grinçant d’une de ces figures typiques du capitalisme de ces trente dernières années.

    Le moins que l’on puise dire c’est que BT93 a du répondant et assume son engagement, à l’exemple du morceau phare de l’album, Hiérarchie chie : "Moi je sais ce qui nous nique / C'est les segments stratégiques / Partage en business units / C'est pour ça que je milite." BT93 mitraille à tout-va. Le clip est un montage de plusieurs courts-métrages réalisés entre 2005 et 2010 et ayant comme thématique le monde du travail. Diffusés à la télé (France 3 notamment), avec le comédien Jean-Toussaint Bernard dans le rôle principal, le clip a été réalisé par l’artiste vidéo Yannick Dangin-Leconte (Stupeflip vite !!!).

    Fric rime avec neurasthénique. Les nuits d’un ex-winner, singulièrement plus mélancolique que rageuse, est la partie sombre de ces gagnants du libéralisme, ces pauvres types emprisonnés dans leur propre prison : "Même le Dénoral / N'a plus aucun effet / Sauf sur mon moral / Devenu papier mâché / Que faire d'un insomniaque / Chronique et hors d'attaque / Qui réclame ni dommage ni intérêt."

    Il n’y a pas plus de salut dans le titre acide RV avec les ressources humaines où le milieu de l’entreprise est aussi celui de la cruauté pleinement assumée : "Quand je serai PDG / J'en connais qui vont morfler / Chez les psychologues diplômées."

    L’album se termine avec le surprenant RER pour la défonce. Un morceau qui boucle cet album cohérent. Le titre est évidemment un calembour que pas mal de voyageurs et travailleurs franciliens reconnaîtront. "Dans les couloirs noirs je m'enfonce / Du RER pour la défonce / Cravate serrée / Moi cadre étriqué / Ouvrir dossiers / Jusque nuit veiller."

    BT93 est ressuscité, et on le doit largement à Frédéric Lo : près de trente ans après la création de cet opus, son message reste plus que jamais d'actualité.

    BT93, BT93, Dragon Accel, 2020
    https://www.facebook.com/BT93.music
    https://distrokid.com

    Voir aussi ! "Concrètement, Mona San"

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  • Dwayne Johnson, les extra-terrestres, les femmes et un frigo

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    L’‎Œil du frigo a cette immense qualité de proposer des films oubliés et méconnus. La preuve cette semaine avec La Montagne ensorcelée. Non, il ne s'agit pas d'un adaptation du chef d'oeuvre de Thomas Mann, La Montagne magique, mais un film d'aventure et fantastique avec Dwayne Johnson, avec des muscles... et des cheveux. Une histoire d'extraterrestres aussi, qui permet à notre chroniqueur de s'attarder sur un frigo et de gloser autour de Jack et le haricot magique et des femmes...

    Là je crois qu'on a vraiment du lourd. Dwayne avait encore des cheveux et déjà une grosse musculature, sa rencontre avec deux ados extraterrestres au cœur des effets spéciaux va changer sa vie de chauffeur de taxi qui en a vu de toutes les couleurs.

    Après une poursuite échevelée les deux ados trouvent enfin la porte du passage et - devinez quoi ? - c'est un frigo !

    J'avoue qu'à ce niveau là j'étais proche de la sidération cosmique du sommeil lorsque j'ai vu cette porte s'ouvrir avec la clé extraterrestre de Seth. Autant vous dire que mon sang n'a fait qu'un tour. Comme quoi, on trouve des frigos vraiment partout même chez les extraterrestres qui se cachent sous une montagne. Ici les étagères du frigo se retirent laissant place à un passage secret... J'en vois déjà qui se disent : "Diantre, qu'elle belle idée !" Mais ils sont à côté de la plaque. Il y a mieux dans le cette scène qu'un simple frigo qui s'ouvre sur un passage. Ce qui change tout c'est la phrase de Dwayne alias Jack : "N'entre pas dans le frigo magique Jack..." Et là, mon cerveau s'illumine comme la tour Eiffel à minuit lorsque le PSG perd son match.

    Jack et le frigo magique résonnent en moi, je finis mon verre de rouge et les vers bio grillés que j'avais pris en apéritif, histoire de voir ce que sera la bouffe du XXIe siècle. A cette séquence, et alors que Jack s'enfonce dans le frigo, je fais le rapport avec le conte de Jack et le haricot magique. Un conte phallique si mes souvenirs sont bons. Un gamin plante un haricot, qui pousse et monte jusqu'au 7e ciel. Grâce à cette graine et la grandeur de son haricot, il deviendra riche et sauvera sa famille. Extrême jouissance : je ne vous fais pas de dessin. Ici, c'est l'inverse : rappelez-vous ma thèse sur le genre féminin du frigo. Ici, le frigo s'ouvre, s'écarte, nous sommes bien en présence d'un acte féminin par excellence et d'ailleurs le réalisateur s'en amuse avec la réflexion de Jack et le frigo magique. Ils vont entrer dans le frigo et non pas monter mais descendre au 7e sous-sol, là où il y a une gestation des drôles de bestioles dont je ne dirai rien.

    Le frigo représente alors tous les plaisirs féminins, et notre héros s'y engouffre. La fertilité y est représentée et l'homme avec sa musculature aussi. Et alors que je finis mon dernier ver de terre qui croustille sous la dent, je comprends enfin que le plaisir féminin n'est pas au 7eme ciel , mais au 7e sous-sol. Grande révélation, tout un concept qui s'écroule, et tout ça grâce à l'ouverture d'une porte de frigo dans mon esprit à moins que cela ne soit les protéines de mon ver de terre. A noter quand même qu'il n'y a rien sur la porte du frigo, même pas de quoi mettre un pot de ketchup. Alors la dernière idée qui me frôle l'esprit c'est que pour les plaisirs féminins soient effectifs, il ne faut pas de porte de frigo achalandée. Non, c'est une erreur qui pourrait mener à la frigidité. D'ailleurs, ce dernier mot qui emprunte encore une fois la métaphore du frigo me semble bien déplacé, tant il y a du plaisir dans un frigo qui fait du froid. Je tiens quand même pour hypothèse que la porte y est pour quelque chose... Sans doute dans la manière de l'achalander !

    Bon je vous laisse , j'ai fini mes vers et je n'ai plus bien suivi la suite du film tellement je dois revoir mes théories frigorifiques.

    Bon film.

    ODF

    La Montagne ensorcelée, comédie et SF américaine d'Andy Fickman
    avec Carla Gugino, Dwayne Johnson et AnnaSophia Robb,
    2009, 98 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "La montagne ensorcelée frigo"
     

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  • Bientôt, sortie d’un inédit d’Astérix

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    Quelques mois après la mort d’Uderzo, un inédit – peut-être le premier d’une série ? – on apprend la sortie d’un inédit des aventures du plus célèbre des Gaulois. Le Menhir d’Or, de Goscinny et Uderzo, sortira en librairie le 21 octobre aux éditions Albert René.

    Vendue pour la première fois sous la forme d’un livre-disque en 1967, cette aventure unique est devenue quasiment introuvable et n’a jamais été publiée en album.

    C’est ce petit bijou, imaginé par les deux papas d’Astérix et Obélix, qui est à redécouvrir. Les passionnés et collectionneurs se précipiteront sans aucun doute sur cet inédit.

    Au village, l’agitation règne : Assurancetourix a décidé de participer au célèbre concours de chant des bardes gaulois pour remporter le menhir d’or. Pour le protéger dans cette compétition suivie de près par les romains, Astérix et Obélix sont chargés de l’accompagner : ils ne doivent pas quitter Assurancetourix des yeux ; quitte à y perdre une oreille !

    Des illustrations scannées à partir du livre-disque de 1967

    Ce nouvel album illustré propose une nouvelle mise en page avec une pagination plus forte. Quelques mois avant son décès, Albert Uderzo a pu superviser fin 2019 le travail de restauration.

    Partant des illustrations scannées à partir du livre-disque de 1967, les collaborateurs historiques d’Albert Uderzo ont dû faire appel à tous leurs talents druidiques pour en restaurer les dessins conformément à la volonté du cocréateur d’Astérix. Le plus difficile : supprimer la trame d’impression tout en préservant l’intégrité du merveilleux encrage d’Albert Uderzo. Effectuant également une mise à jour et un étalonnage des couleurs fidèle au rendu vintage original, ils ont offert au Menhir d’Or un bain de jouvence qui lui permettra de rassembler fans historiques et nouvelles générations de lecteurs.

    De plus, pour compléter l’expérience et permettre aux fans de toutes générations de vivre cette aventure comme l’avaient imaginé ses créateurs, un enregistrement audio de ce récit est également disponible gratuitement au téléchargement sur Internet.

    cette histoire imaginée par les créateurs rejoint définitivement le patrimoine d’Astérix dans la collection des récits illustrés : Les XII Travaux d’Astérix, Comment Obélix est tombé dans la Marmite et Le Secret de la Potion magique.

    À découvrir, lire et bien sûr conserver précieusement.

    René Goscinny et Albert Uderzo, Le Menhir d’Or, éd. Albert René, 48 p.
    Sortie le 21 octobre 2020
    https://www.asterix.com
    https://www.facebook.com/asterixobelixofficiel

    Voir aussi : "La BnF rend hommage à Albert Uderzo"

    Astérix® - Obélix® - Idéfix®
    © 2020 Les Éditions Albert René / Goscinny – Uderzo

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  • Nathalie Stettler-Lapeyrade marche ses rêves

    Nathalie Stettler-Lapeyrade expose tout le mois d’octobre à la Galerie Ephémart de Montargis ses huiles et ses poteries.

    "Enfant déjà, j'adorais me perdre et créer seule dans mon univers... Je laisse errer mon âme entre couleur et formes jusque d'autres dimensions ou je peux m'exprimer librement, sans retenue", dit-elle au sujet de son parcours.

    Exposition tous les jours sauf le dimanche après-midi, de 14H à 18H30 et le samedi de 9H à 18H30.

    Exposition "Nathalie Stettler-Lapeyrade" à la Galerie Ephémart, Montargis
    Tous les jours sauf le dimanche après-midi, de 14H à 18H30 et le samedi de 9H à 18H30
    35 rue Dorée 45200 Montargis
    Association Marcher ses Rêves
    https://nas-art.net/index.html
    https://www.facebook.com/marchersesreves

    Voir aussi : "Mes sœurs, mes semblables"

    © Nathalie Stettler-Lapeyrade

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  • Concrètement, Mona San

    Le dernier opus de Mona San, ~p+n|d•r~ (prononcez "Pandor", comme le premier morceau), est un album concept désarçonnant, démarrant avec de la musique concrète (Pandor) avant une incursion dans du rap électro : Rollin, en featuring avec Will Metty et Dior Dean, S◊ £asy ou Spin It Back (feat. CHEF). Le musicien dit se placer dans la lignée d'artistes comme Rone, Fakear ou Superpoze.

    Mona San c’est de l’électro repoussé dans ses derniers retranchements, dans des titres brefs (le plus long dure 3:36), et partant chercher des constructions sonores jusque dans des horizons lointains (Skinned, Cicle). La musique de ce surdoué ne s’embarrassant pas de facilité, est à l’image du titre de ses morceaux (£verl+sting l●ve, sw££t Dr£▲m Fr◊m th£ ◊th£r sid£, ~+l●iceburning ~+l●~) : déstabilisant et assez unique (Ambr Watr).

    Derrière le projet Mona San, né en 2012, se cache Julien Perrigault, un compositeur et performeur français de 20 ans, lauréat de deux concours de remixes organisés par le label macédonien Paragon Records. Il a également travaillé en tant que Sound Designer dans le cinéma (Beyond Your Lips). Maniant le zen (£verl+sting l●ve) et la grandiloquence des rythmiques et des boucles venues d’on ne sait où (Innerbl◊◊m), le jeune musicien propose un opus futuriste, pour ne pas dire extra-terrestre (~+l●iceburning ~+l●~).

    Le hip-hop n’est pas en reste, à l’exemple du bref et cinglant sw££t Dr£▲m Fr◊m th£ ◊th£r sid£ ou de 01.20. ◊il, où le rythme trip hop se termine en vague électro se dépliant inexorablement.

    Above The Blue Wall, titre sans doute le plus intéressant, fait mixer avec bonheur chant traditionnel, électro et hip-hop, avant une autre pépite que nous avons repérée : Lee (Mona San Rework), aux accents électro-pop bienvenus, lorgnant du côté de Petit Biscuit.

    La deuxième partie de l’album est singulièrement apaisée : après l’étrange Lee, place à de l’électro avec Endless (feat. Krose) matinée de pop-rock.

    Concrètement, une grosse claque que cet album.

    Mona San, ~p+n|d•r~, Alter K / Pschent, 2020
    https://www.facebook.com/monasanmusic
    https://www.instagram.com/mona_san

    Voir aussi : "Brassage musical"

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  • C’est excellent !

    "L’excellence française ne connaît pas de barrières… Mettre en lumière les parcours de ses représentants est mon leitmotiv" : voilà ce que dit Judith Beller, aux manettes de l’émission hebdomadaire C’est Excellent ! sur Sud Radio, tous les dimanches à 19 heures.

    Pour sa seconde année, Judith Beller embarque son public sur les chemins de l’excellence française. L’émission bien nommée donne la parole sans contraintes pendant 52 minutes à des créateurs qui ont pris le risque de l’excellence. La journaliste et animatrice propose chaque dimanche une plongée dans l’intimité des métiers et de ceux qui les incarnent, à travers le regard d’une personnalité médiatique.

    Parmi les invités VIP déjà venus figurent Alexandre Arcady, Olivier Marchal, Mazarine Pingeot, Richard Malka, Caroline Fourest, Aurélie Saada, Claire Chazal, Bob Sinclar, Bernard de la Villardière, Ramzy ou Charles Berling. Le 11 octobre, Judith Beller recevait l’auteure Karine Tuil et le metteur en scène, comédien, réalisateur Jérémie Lippmann.

    Le dimanche 18 octobre, C’est Excellent ! recevra Yamina Benguigui et le dessinateur Jul.

    À ne surtout pas manquer.

    C’est Excellent ! de Judith Beller
    Sud Radio, le dimanche à 19 heures
    émissions disponibles en podcast
    https://www.sudradio.fr/emission/cest-excellent-48
    https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel

    Voir aussi : "Quand on partait de bon matin, quand on partait sur les chemins..."

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  • Parisiennes et Parisiens dans l'exode

    Le jeune Musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin, propose jusqu'à la fin de l'année sa première exposition temporaire consacrée à l'exode des Parisiens, lors de la Guerre Eclair de juin 1940. Un événement tragique dont nous fêtons cette année le 80e anniversaire. En déclenchant sa conquête européenne, l'armée allemande pousse sur les routes 6 millions d'hommes, de femmes, d'enfants et de vieillards sur les routes. Il y a des Belges, des Luxembourgeois et des Français. Parmi ceux-ci, 2 millions de Parisiennes et Parisiens se déplacent en masse vers le sud ou l'ouest de la France. Un nom biblique est donné à cet événement : l'Exode.

    Sylvie Zaidman, directrice du musée et co-commissaire de l’exposition, nous éclaire au sujet de cette période : "Ces quelques jours de bouleversement, parfois de panique lorsque surviennent des mitraillages par des avions allemands, prennent fin peu à peu après l’annonce par le maréchal Pétain de la demande d’armistice. Il faut alors composer avec une nouvelle réalité, celle de l’Occupation. Le traumatisme de l’exode est donc lié à celui de la défaite française. Nous parlons là d’une histoire d’humiliation nationale, car la fuite militaire et civile devant l’ennemi n’est pas un souvenir glorieux. Si l’exode se révèle peut-être un moment de solidarité pour certains, pour d’autres c’est un temps dramatique de perte de repères, de disparition de proches, de confusion."

    Un vrai traumatisme

    Entre le 3 et le 14 juin 1940, la panique gagne rapidement les Parisiens dont les trois quarts décident de s’éloigner au plus vite de la capitale. Les photographies et les témoignages montrent les routes encombrées de voitures, de vélos, de brouettes où sont entassées quelques affaires rassemblées à la hâte. La panique se répand dans la population, depuis les notables jusqu’aux commerçants, laissant une ville presque désertée.

    Le 14 juin 1940, les Allemands entrent dans Paris. Le 17, le nouveau chef du gouvernement, le maréchal Pétain, annonce qu’il va demander l’armistice. Cette déclaration laisse entrevoir la fin de la guerre et rassure de  nombreux Français. Cependant en quelques semaines, les structures politiques et sociales de la France ont volé en éclat.

    L'objet de cette expo est d'expliquer, mettre en perspective et montrer l'importance considérable de cet événement. L’accent est mis ici sur une expérience collective faite de millions d’histoires individuelles, mêlant les Parisiens aux autres Français, aux Belges ou aux Luxembourgeois. En s’appuyant sur des films d’époque, des témoignages, des dessins - d’enfants notamment - et des archives, les commissaires ont choisi de plonger le visiteur dans cette période singulière de l’histoire. Il découvre peu à peu le sentiment d’urgence qui saisit les Parisiens et leur départ en catastrophe pour se retrouver dans la masse de réfugiés qui déferle sur les routes. L’exposition apporte un éclairage sur le sort des réfugiés et la fragilité des institutions. Un vrai traumatisme.

    "Ce qui subsiste massivement de ce moment, en revanche, c’est une mémoire extraordinaire. À l’histoire collective des Parisiens et des Français, partagée par les Belges et les Hollandais, s’ajoutent en effet de multiples histoires intimes", ajoute encore Sylvie Zaidman.

    Il ne reste plus que quelques semaines avant de découvrir cette exposition temporaire mémorable à plus d'un titre.

    Exposition "1940 : des Parisiens dans l’exode"
    Musée de la Libération de Paris – musée du général Leclerc – musée Jean Moulin
    Jusqu'au 13 décembre 2020
    4, avenue du Colonel Rol Tanguy
    Place Denfert Rochereau
    75014 Paris
    https://www.museeliberation-leclerc-moulin.paris.fr

    Voir aussi : "Au 21 rue la Boétie"

    Fuite, mai-juin 1940 © LAPI, Roget Viollet

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  • Brassage musical

    Je vous parlais il y a peu des Headshakers et de leur jazz mêlé de funk. Voici, avec l’album Higher, le troisième album des Big Funk Brass, une autre de ces rencontres musicales passionnantes où se mêlent le jazz (Rain, Little Man), le son des brass-bands de la Nouvelle Orléans, le funk (Move Your Fonky Booty) et même le hip-hop (Rock The Stage). Pour enregistrer cet album intégralement autoproduit, le groupe a élu domicile au studio Gil Evans à Amiens.

    Big Funk Brass montre qu’il n’a peur de rien lorsqu’il s’avance sur des terres à la fois si proches et si lointaines. Outre Teach You To below, en featuring avec FP, très dansant et rythmé, le groupe vient se mesurer avec du jazz cool et à la rigueur impeccable (Caol Ila).

    Après un début sous les promesses du rap, Higher s’impose comme ce qu’il est : un album de jazz chatoyant, coloré, joyeux et dense (Fireworks, Manhunt, Lucky Fucker).

    Pour Higher Funk le groupe des Big Funk Brassss s’est carrément offert la collaboration de Ben L’Oncle Soul. 

    L’album se termine par Make Your Choices, avec cette fois un jazz tournant les yeux vers les caraïbes.

    Big Funk Brass, Higher, 202
    http://bigfunkbrass.fr
    https://www.facebook.com/bigfunkbrass

    Voir aussi : "Les doigts dans le nez"

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  • Hypertension pour le frigo

    Pour vous présenter cette chronique de L’‎Œil du frigo sur le film d'action Hyper Tension, je vous propose de jeter un coup d’œil sur le synopsis : Tueur à gages, Chev Chelios apprend que son rival Verona lui a injecté un poison qui bloque les récepteurs d'adrénaline. Pour survivre, Chev doit être en perpétuel mouvement, car si son taux d'adrénaline diminue trop, son cœur risque de s'arrêter... Eloquent, non ? Et maintenant, faisons un petit tour dans la cuisine.

    Hyper Tension, attention à ne pas voir si vous êtes en convalescence sur votre canapé. Une marche forcée sur la vie. Le grand Jason Statham y joue un rôle fabuleux sous perfusion d'adrénaline. Forcément lorsqu'on a besoin d'énergie pour vivre on aboutit dans un frigo. Ici , c'est simple : c'est un frigo de supérette dévalisé par Jason qui vide carrément toutes les boissons énergétiques de la chambre froide. Mais pour qu'on voit combien nous sommes dans l'urgence, le réalisateur met la tête dans le frigo et toutes les canettes étage après étage disparaissent jusqu'à ce léger moment de pause où le héros en sursis, téléphone. Comme pour être au plus proche de lui nous restons dans le frigo, ça va exploser, ça va partir en vrille, un Statham énervé, ça finit toujours aux urgences, même pour un frigo.

    Ici, il épargne le rafraichisseur de boissons énergétiques, manque de temps, pour ne pas mourir il doit rester, énervé, excité, en hyper tension constante. Autant vous dire tout de suite qu'il ne serait pas bon de remplir votre frigo des toutes ces boissons et de les boire comme lui ! Vous risquez l'infarctus généralisé. Pensez à équilibrer le remplissage de votre frigo afin que votre santé soit la plus agréable possible à vivre. Quel serait d'ailleurs votre fantasme le plus excitant pour le remplissage de frigo ? Du fromage à tous les étages ? Des bières? Des steaks XXL, des corps démembrés... J'hésite dans le film en tout cas il y un peu de tout.

    Si vous choisissez mal, vous risquez comme Jason, d'être en sursis de vie et de courir après chaque seconde d'énergie. Ne pas s'endormir sous peine de mourir, voilà le défi qui a conduit le grand Jason à mettre la tête dans ce frigo.

    Autour de cette idée minimaliste, Hyper Tension vous place sous perfusion de Red Bull ou autre substance excitante dans un film haletant , dingue, fou, cru, sans fioriture à voir absolument en pensant qu'il y a bien un Hyper Tension 2 dont je ne sais rien au niveau du frigo !

    Bon film.

    ODF

    Hyper Tension, film d'action américain de Mark Neveldine et Brian Taylor
    avec Jason Statham et Amy Smart,
    2006, 84 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "hyper Tension Frigo"
     

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  • Survivre et faire l’amour

    Il y a 15 ans, bien avant que l’apocalypse ne soit devenu un thème à la mode, Riverstone sortait Ruines, sous le titre Evy en Ruines (Bédé Adult’). Les éditions Tabou rééditent ce livre, fruit de l’imagination d’un auteur ayant notamment sévi à Charlie Mensuel (L’Aspérouse, Alice).

    Ruines marque les esprits par ce choix de proposer un récit à la fois post-apocalyptique et érotique. Ni plus ni moins.

    Dans une ville dévastée par une "catastrophe hurlante" dont on ne sait rien, Evy, jeune rousse flamboyante, tente de survivre au milieu de ruines fumantes et de quelques êtres humains aussi déboussolées qu’elle – dont sa mère devenue folle ("La raison n’est plus de ce monde") : "Si ce n’est pas la « fin du monde » !? C’est quoi ? La guerre ?… C’est peut-être l’anarchie."

    Bientôt, venant du ciel, en parachute, apparaît un autre vivant qu’elle. Il se nomme Wally. Entre eux, l’instinct de survie fait rapidement place à une attirance irrésistible. Le fameux cliché "faire l’amour avant la fin du monde" prend ici une forme bien tangible, en dépit de l’apparition d’une troisième personne, une femme, Amilie.

    On verra dans ce récit érotico-apocalyptique une revisite du mythe de la Genèse, avec Evy/Eve et Wally/Adam en premiers êtres humains capables de repeupler la terre.

    Riverstone se surpasse dans un graphisme soigné que l'on croirait sorti tout droit d'un jeu vidéo hyperréaliste, avec une Evy sculpturale à la peau diaphane et un Wally robuste et à la virilité exacerbée. Le rendu des paysages de ruines sont frappants de réalisme.

    Une très belle BD autant qu’un objet d’art, à ne pas laisser entre toutes les mains.

    Riverstone, Ruines, éd. Tabou, 2020, 64 p.
    http://www.tabou-editions.com

    Voir aussi : "butineuse !"

    riverstone,bande dessinée,apocalypse,érotisme,sexe,post-apocalypse

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