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de cinéma ? De films ?

  • En cage

    The Keeper, film surprise de l’année 2018, sorti discrètement malgré un élogieux Hitchcock d’or du jury lors du dernier Festival de Dinard, a tout pour séduire un très large public.

    À la fois film historique, biopic sur une légende du foot mondial, love story et drame familial, cette coproduction anglaise et allemande suit la carrière du gardien Bert Trautmann, légende du football anglais à la carrière hors-norme.

    À la fin de la seconde guerre mondiale, le soldat Trautmann (le très bon David Kross) est fait prisonnier par les armées britanniques sur le front de l’Ouest à Clèves, en Allemagne. Le soldat de la Wermacht est envoyé en Angleterre comme prisonnier de guerre. Un peu par hasard, Trautmann intègre l’équipe de football du camp et tient les cages. L’entraîneur de l’équipe locale, Jack Friar (John Henshaw), remarque ses dispositions exceptionnelles et prend le risque d’intégrer le prisonnier allemand parmi les joueurs anglais. Pari gagné, tant le talent du jeune gardien est évident.  

    Une vraie curiosité à découvrir

    Cette nouvelle vie est marquée par la rencontre entre Bert et Margaret Friar (Freya Mavor), la fille du coach. Une idylle commence, sous la forme d’une histoire d’amour impossible. Bert Trautmann choisit de ne plus revenir en Allemagne, d’autant plus que l’équipe de Manchester City le réclame. L’ancien soldat de la Wermacht doit là encore se faire accepter.

    L’histoire du gardien Bert Trautmann est surtout connu des spécialistes du football. Considéré comme une légende et comme un joueur au talent exceptionnel, Marcus H. Rosenmüller propose à travers ce film la découverte d’un personnage hors-norme. L’histoire d’amour avec Margaret, qui deviendra par la suite sa femme, est le fil conducteur de ce biopic, qui n’élude pas pour autant des sujets plus graves : les responsabilités pendant la seconde guerre mondiale (la Croix de Fer qu’a reçu le jeune officier en est un des exemples, même si le film passe sous silence pas mal d’épisodes pendant la guerre), mais aussi la réconciliation et le pardon. Les fans de foot plongeront avec bonheur dans les quelques séquences replongeant dans le passé glorieux de Manchester City.

    The Keeper est une vraie curiosité à découvrir, ne serait-ce que pour le plaisir de découvrir la carrière de Bert Trautmann.    

    Je vous parlerai très prochainement d’un autre gardien emblématique de l’histoire du foot.

    The Keeper, biopic germano-britannique de Marcus H. Rosenmüller,
    avec David Kross et Freya Mavor, 2018, 119 mn

    https://www.canalplus.com/cinema/the-keeper/h/14601709_50002

    Voir aussi : "Une partie de football contre le djihadisme"

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  • Voluptueux frigo

    Voilà une scène troublante que nous propose cette semaine L’‎Œil du frigo. Notre chroniqueur nous fait découvrir Le Sourire de Mona Lisa, avec Julia Roberts dans le rôle titre. Une Julia Roberts diablement attirée par un frigo, plus vivant que jamais.

    Voici un film fascinant, Julia Roberts apporte la connaissance artistique aux jeunes filles de bonnes familles pour qu'elles puissent se marier avec une tête bien faite. Donc cours de maintien et de tenue, de cuisine, au programme... Mais la dame n'est pas une jeune enseignante comme les autres et un vent de folie va flotter autour de son personnage et du groupe de jeunes filles américaines qui se destinent à la vie en couple.

    Dans cette scène de frigo absolument fabuleuse, tout le message du film y est résumé. Dans son logement d'enseignante, en co-location avec les autres professeures, sa co-locataire lui fait visiter les chambres et les us et coutumes de la cuisine. Lorsqu'elle arrive près du frigo, une notion plus charnelle plus érotique se susurre entre les plans. Elle ouvre la porte pour en faire découvrir un frigo très bien rangé, par étagère, où rien ne dépasse. Il est évident que cette représentation est celle de la société, et qu'en tant que nouveau professeur, elle ne devra pas dépasser les bornes. Elle lui collera aussi une étiquette pour être sûre qu'elle soit dans la bonne case. 

    Mais c 'est quand cette jeune enseignante se met à genou devant le frigo, comme elle pourrait le faire devant son amant, voire son amante, que toute la tension charnelle, hors-cadre, prend tout son sens. Elle entre par le cadre du haut et descend jusqu'en bas, puis tourne la tête vers les hanches de sa belle alors que les étagères en fond marquent toute la morale de la société. Il y a un jeu avec le frigo, froid, rangé et le corps, le visage de l'actrice. Mais si cela ne suffisait pas, comme s'il fallait insister sur cette ambiguïté, cette attirance physique que la société réprime (décrit par une autre enseignante), la belle enseignante, pulpeuse et charnelle se relève, laissant le frigo à ses pieds. Elle entre dans le cadre par le bas cette fois ci, elle surgit de la norme et crève l'écran. Elle s'approche de Julia rentre dans son cercle d'intimité, pour lui déclarer tout son "amitié". Elle en est même tellement troublée qu'elle en enlève ses lunettes, pour mieux voir son amante qui baisse légèrement les yeux devant autant d'intimité. 

    La scène est forte, voluptueuse, charnelle, érotique et se développera tout au long du film. Le frigo est en contrepoint, là pour les apparences. Un frigo bien rangé pour montrer que tout va bien et où personne ne dépasse la bonne morale. Et puis le surgissement de pulsions qui crève le cadre pour s’adonner à des pulsions plus érotique, s'émancipe du frigo pour accéder à la liberté. On sait ce que va être le film, là il suffit juste de savourer.

    Un petit conseil frigoristique si quelqu'un s'agenouille devant son frigo pour vous expliquer à quel point tout est à sa place, pensez immédiatement qu'un feu couve sous ce rangement si froid et linéaire. ( Pas encore sûr que ça marche pour l'inverse). Evidemment je ne vous raconterai pas comment se sont terminées les soirées où l'on a ouvert un frigo devant moi... Cela fait froid dans le dos rien que d'en parler. Mais pour revenir au film, la révolution culturelle est toujours près de la loupiote foi d'Œil du Frigo.

    ODF

    Le Sourire de Mona Lisa, drame américain de Mike Newell
    avec Julia Roberts, Kirsten Dunst, Julia Stiles et Maggie Gyllenhaal
    2003, 117 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Le sourire de Mona Lisa Frigo"
     

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  • Je ne suis pas un repenti

    Voilà un long-métrage qui vous a sans doute échappé, alors qu’il est sans doute l’un des meilleurs de l’année 2019 et qui peut se targuer d’être l’un des très grands films sur la mafia. Le traître de Marco Bellocchio, avec Pierfrancesco Favino  dans le rôle de Tommaso Buscetta, le repenti le plus célèbre de l’histoire, a été injustement oublié lors du Festival de Cannes, même s’il a été primé à de multiples reprises.

    Nous sommes en 1980 en Sicile, au cours d’une fête somptueuse qui entend marquer la réconciliation de plusieurs clans de Cosa Nostra. Une nuit des dupes en réalité, car c’est une guerre mafieuse qui se prépare. Sentant le danger, le criminel et malfrat Tommaso Buscetta choisit de partir au Brésil pour continuer ses affaires plus ou moins louches. Il emmène avec lui sa famille, hormis ses deux fils aînés, et réussit, contre toute attente, à devenir une personnalité publique reconnue. Alors qu’il apprend qu’une guerre entre clans s’est déclenchée en Sicile et que ses deux fils restés au pays ont été assassinés, c’est un autre coup dur qui s’abat sur lui : la police brésilienne s’intéresse à ses affaires, le torture puis l’extrade vers l'Italie.

    Le juge Falcone l’attend. Le "Monsieur Mains Propres" a décidé de s’attaquer à Cosa Nostra et Tommaso Buscetta, par sa connaissance du Milieu, peut lui donner de précieuses informations. Le mafioso refuse d’abord, arguant qu’il n’est pas un repenti, mais il change d'avis sur les conseils de sa femme et finit par tout avouer et tout déballer : des noms, des crimes, le fonctionnement de la mafia sicilienne toute puissante. C’est le point de départ du Maxi-Procès de Palerme ("le procès du siècle", une expression qui a rarement porté aussi bien son nom) qui envoie en cellule près de 350 criminels. 

    Ce suspect se cousant la bouche pour protester contre son procès

    Le traître suit le parcours d’un homme hors-norme, singulièrement mort de sa belle mort en 2000. Tout en suivant le parcours tumultueux de Tommaso Buscetta (avec notamment les scènes spectaculaires et féroces au Brésil), Marco Bellocchio tourne avec une précision géniale les réunions des clans mafieux comme les arcanes du Maxi-Procès de 1986-1987. On devient spectateur privilégié de scènes spectaculaires et surréalistes, à l’exemple de ce suspect se cousant la bouche pour protester contre son inculpation. Le réalisateur italien passe très rapidement la période américaine de Buscetta. Il fait l'impasse par exemple de l’affaire de la Pizza Connection qui condamne là encore plusieurs centaines de mafiosi au cours des années 80. C’est en réalité l'Italie qui intéresse le cinéaste, qui se fait aussi procureur lorsqu’est traité un autre procès, celui de Giulio Andreotti, dont les liens avec la mafia  n’ont jamais été prouvés.

    Le film regorge d’autres moments clés : l’attentat du juge Falcone filmé au plus près comme jamais sans doute, la réaction des clans à la nouvelle de sa mort, les relations entre Buscetta et sa femme Cristina (formidable Maria Fernanda Cândido) et bien entendu les face-à-face entre le repenti et Falcone.

    Pour le rôle de Tommaso Buscetta, Pierfrancesco Favino réalise un tour de force grâce à une interprétation tendue et tout en subtilité. Tour à tour cruel, rongé par le doute, simple, arrogant ou tout simplement anti-héros magnifique, l’acteur italien porte cet extraordinaire film sur ses seules épaules. Pour son interprétation d’un traître aux yeux de Cosa Nostra, l’acteur a été récompensé à plusieurs reprises, tout comme d’ailleurs le réalisateur.

    Ce qui était largement mérité.

    Le traître, drame historique italien, français, allemand et brésilien de Marco Bellocchio,
    avec Pierfrancesco Favino, Maria Fernanda Cândido, Luigi Lo Cascio et Fabrizio Ferracane,
    2019, 145 mn, sur Canal+ en ce moment
    https://www.canalplus.com/cinema/le-traitre/h/12641991_40099
    https://www.advitamdistribution.com/films/le-traitre

    Voir aussi : "Irréversible, en inversion intégrale"

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  • Gueuleton d'espion

    L’‎Œil du frigo nous parle dans cette chronique du film d'espionnage anglais Conspiracy de Michael Apted, avec du bien beau monde : Noomi Rapace, Orlando Bloom, John Malkovich, Michael Douglas et Toni Collette. Une scène de frigo est décortiquée avec pertinence et a le rare mérite d'éclairer l'intrigue avec intelligence. Voici comment.

    On commence cette nouvelle semaine avec un bon film d’espionnage, et d'action. Ici, nous avons affaire à une héroïne dure comme la pierre. Elle en prend des coups et des trahisons, mais voilà nous sommes en présence d'une femme indestructible. Il faut dire que Noomie Rapace  joue le rôle de Alice Racine, faut-il y voir là, une explication (plus pour le Rapace que pour la Racine...) ?

    Mais voilà , Elle a beau être une interrogatrice de la CIA traumatisée et indestructible, elle s'en remet à son frigo lorsque les choses ne tournent pas rond. Vous connaissez ce réflexe : aller ouvrir le frigo sans faim et sans soif et regarder le vide intersidéral de votre faiseur de froid. Au final, on opte pour un truc basique : ici, une bouteille de jus de fruit, avec pulpe (car elle la secoue bien fort). Nous avons ensuite un plan sur ce frigo vide quasi équivalent à la vie de la pauvre Rapace. Une vie : une coque avec rien dedans. Terrible, une vieille bouteille de lait (sans doute périmée), un pot de soupe à faire chauffer au micro onde et un plat de pommes. Pas de quoi se faire un gueuleton d'espion !

    Si le frigo en dit long sur l'état mental de la jeune femme, sa dépression et son envie de rien, il apporte une autre information, bien plus capitale. Lorsqu'elle referme la porte, nous découvrons la clé de ce frigo désertique. Un article de journal aimanté sur la porte empêche la dite espionne de se restaurer correctement. Et pour cause , elle a collé sur son centre de plaisir le symbole de son échec lors d'une attaque terroriste à Paris. C'est à la fois très malin et très subtil de la part du réalisateur, car il n'a pas besoin d'autres explications : en trois plan il a donné l'état psychologique de l’héroïne au travers de son frigo et ce qui l'empêche d'être heureuse. Alors, je dis bravo pour cette séquence. 

    Comme je ne suis pas en reste, pensez à regarder ce qui est affiché sur votre porte de frigo et voir si par hasard ça ne coince pas un peu avec cette belle envie de se faire plaisir en ouvrant la porte de notre faiseur d'histoire fraîche. Et ensuite, pensez à regarder si le vide de votre frigo n'est pas déprimant. Rajoutez des trucs en couleur, des trucs oranges, du vert, du bleu, un arc en ciel qui à l'ouverture vous saute aux yeux (on parlera des odeurs une  autre fois). Vous verrez cela pourrait vous changer la vie !

    En attendant un bon film sur les trahisons, les conspirations et les coups de pieds retournés dans la mâchoire et j'en passe.

    ODF

    Conspiracy , espionnage anglais de Michael Apted
    avec Noomi Rapace, Orlando Bloom, John Malkovich, Michael Douglas et Toni Collette
    2017, 98 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Conspiracy Frigo"
     

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  • Du bon temps avec le frigo

    En ce début d'année ,L’‎Œil du frigo propose de revenir sur l'un de ces thrillers méconnus, Good Time, avec - excusez du peu - Robert Pattinson. Dans cette histoire de braquage, d'évasion et de relation fraternelle, Connie, le personnage principal, plonge le spectateur dans une atmosphère glauque et poisseuse. A l'image de cette scène de frigo que le chroniqueur de L’‎Œil du frigo nous propose.

    Nous voici plongés dans un film glauque au possible. Deux frères d'une intelligence fatale, s'en vont cambrioler une banque. L'un est déficient mental et l'autre , on ne saurait dire, tellement le siphon qui l'attire est impressionnant.

    On pourrait deviner tout le film rien qu'en regardant cette séquence de frigo. Tout y est : c'est mal éclairé, les aliments sont verdâtres et certains sont recouverts d'alu.  Nous sommes en présence d'une décomposition en règle, enfermée dans chaque bocal. Comme les individus du film, chacun en décomposition plus ou moins avancée. Mais voilà : les protagonistes sont encore vivants et pourtant ils se désagrègent petit à petit (parfois ça fait mal à regarder). Le beau Robert Pattinson se décompose, il essaie pourtant de se teindre en blond, histoire de donner un peu de couleur capillaire au décor, mais cette blancheur, l'attire plus vite vers le chaos de sa vie.

    Laisser un frigo dans cet état, ça fait flipper, mais essayer de se faire à manger avec les ingrédients de ce frigo c'est un risque majeur pour la santé. Heureusement, la jeune fille sait qu'elle peut compter sur le congélateur. Elle précise qu'il ne faut pas toucher au frigo, et pour cause elle vit pas loin. Nous ne voyons pas ce qu'elle prend dans le congélateur, je crois que c'est préférable ce n'est pas encore vraiment à ce stade du film qu'il faut vomir son quatre heure (car j'imagine assez vite que parfois les aliments du frigo sont congelés... Vous voyez ce que je veux dire ?).

    Je tire mon chapeau à l'assistant réalisateur qui a su mettre en décomposition plusieurs aliments pour que cela soit plus réel. D'ailleurs, j'imagine qu'il a fait ça chez lui et que sa famille a du supporter cette vue des jours durant pour quelques secondes de tournage. Ah, les risques du métier ! C'est un coup à divorcer cette histoire.

    Un réalisateur qui sait résumer son film avec une séquence frigoristique digne de ce nom a droit à tout le respect de l’œil du frigo. Un film glauquissime, une descente aux enfers de l'humain, une décomposition âpre de la vie juste avant de mourir. Une sorte de gangrène qui vous gagne et vous fait plonger au cœur d'un frigo en dépression hostile.

    ODF

    Good Time, thriller de Joshua et Ben Safdie
    avec Robert Pattinson, Jennifer Jason Leigh et Barkhad Abdi
    2017, 99 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Good Time Frigo"
     

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  • Irréversible, en inversion intégrale

    Qui n’a pas vu Irréversible de Gaspar Noé (également typographié IЯЯƎVƎЯSIBLƎ) ne peut pas comprendre le choc visuel de  ce long-métrage de 2002.

    De cette histoire d’une soirée qui finit mal, avec Monica Bellucci et Vincent Cassel dans les rôles principaux, le cinéaste français a construit un film violent et virtuose.

    Virtuose car le choix a été de monter les scènes dans un ordre non-chronologique : la conclusion de l’histoire démarre le film.

    S’il y a une actualité d’Irréversible 18 ans plus tard c’est que le film ressort en DVD dans deux versions : l’une de 2002, et l’autre telle qu’elle a été présentée en 2019 à Venise, en "inversion intégrale", pour reprendre l’expression du réalisateur.

    Dans ce nouveau montage inédit, le temps révèle tout. "Beaucoup de spectateurs n’avaient pas compris certains aspects du récit" dit Gaspard Noé. Avec les scènes dans le bon ordre, le film présente ici un nouveau visage, et dépeint avec plus de clarté la virtuosité des plans-séquence et l’ironie d’un scénario noir et fulgurant. L’impact n’en est que plus fort.   

    Irréversible, drame de Gaspard Noé, avec Monica Bellucci, Vincent Cassel et Albert Dupontel, 2002, 2020, 97 mn, Inversion intégrale + version originelle, en DVD et Blu-Ray, avec des bonus
    https://www.letempsdetruittout.net

    Voir aussi : "Le commerce des vivants"

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  • Un problème avec le frigo

    Le Mr Wolf dont il est question dans cette chronique de L’‎Œil du frigo est un étrange personnage : autiste, comptable, génie en mathématiques et criminel. un expert-comptable dans le civil qui est en réalité à la solde de la mafia. Mr Wolf est tombé dans l'oubli. Notre chroniqueur frigoristique propose de le découvrir à  travers un certain frigo.

    Alors voilà un film compliqué, avec l'excellent Ben Affleck. L'intérêt du frigo est forcément d'y voir plus clair. Et c'est d'ailleurs ce qui se produit. Un homme ouvre la porte et la lumière éclaire la pièce. Nous avons vu à quel point le frigo est bien achalandé.   Il est correctement rangé et le protagoniste y range tranquillement sa bouteille de lait. 

    Le lait blanc, pure, est le fil rouge de sa vie. Il range la bouteille et la lumière éclaire son destin : un homme et son verre de lait qui adore la tarte au citron meringuée ( je dois vous avouer aujourd'hui que je dois tout à la tarte au citron meringuée : grâce à elle, j'ai pu réviser mon bac en regardant les bateaux passer... Bon, on s'égare, mais chacun sa madeleine) va passer un deal avec lui. Un truc horrible, vous vous imaginez bien. Le frigo tient ce rôle de révélateur. Finalement, peu importe que votre vie soit bien remplie, bien achalandée, bien rangée : ce qui compte c'est où vous rangez votre lait... Bref, quel choix allez vous faire pour rester en vie ? Comment allez vous résoudre votre équation ? Et je pose cette question : la vie ne se résout-elle que par choix mathématique ? Ou finalement n'y a t il pas qu'une seule façon de résoudre une équation ? 

    J'aime beaucoup cette trouvaille qui apporte un léger éclaircissement, dans un film où les mathématiques sont toujours présentes dans le scénario. Car le héros est un mathématicien de génie et qui a le syndrome d'Asperger de surcroît.  Je mettrais bien une petite phrase sur les mathématiques et le côté autistique de leur mécanisme, mais le film s'en charge pour moi, présentant tous les grands mathématiciens autistes dont le héros se sert comme prête-nom. Une façon de rester entre collègues. Le scénario est fait comme une équation avec x inconnues et donc x rebondissements, car quand on est bon mathématicien ce ne sont pas quelques paramètres inconnus qui nous arrêtent. En matière de film, cela donne des rebondissements, et en matière de spectateur cela donne : "Ouvrez le frigo, que j'y vois plus clair !"

    Mais j'ai compris une chose en voyant ce film : si on a des problèmes insolubles  si si ça existe) rien ne sert de prendre des cours de maths. Levez-vous la nuit, n'allumez pas, ouvrez votre frigo, laissez la porte ouverte, servez-vous un verre de lait avec une tarte au citron meringuée. Vous sentirez la liberté vous transpercer, les équations se résoudre... "L'essence des mathématiques, c'est la liberté" disait Edouard Herriot.

    A voir évidemment.

    ODF

    Mr Wolf, thriller de Gavin O'Connor
    avec Ben Affleck, Anna Kendrick et J. K. Simmons,
    2016, 128 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Mr Wolf Frigo"
     

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  • Un tour du jazz à la voile

    A Love Secret, que Mazeto Square ressort en DVD, peut se se regarder comme le film testament du jazzman Siegfried Kessler. Lorsqu’en 2002 Christine Baudillon a choisi de le suivre et de le filmer sur son bateau, elle ne s’attendait certainement pas à ce que le musicien décède 5 ans plus tard en mer, au large de La Grande-Motte.

    Grâce à des moyens réduits – la réalisatrice a filmé « Siggy » grâce à une petite caméra DV – on entre dans l’univers d’un artiste hors-norme, finalement autant marin que musicien. De son accent inimitable, avec un bagout et un humour confondants, Siegfried Kessler se confie sur son art, sur le jazz, sur son mode de vie, sur sa santé inébranlable malgré le tabac et sur sa consommation immodérée d’alcool, mais aussi sur la passion pour la mer et son Maïca.

    "La musique est un  langage", dit-il lors d’un de ses échanges, et cette musique ne se limite pas au jazz dont il a été une figure importante. Le film commence d’ailleurs par la Chacone de Bach, avant que ne résonnent tour à tour un morceau contemporain, des rythmes africains et, bien entendu, des titres jazz de lui-même ("Phenobarbital", "A Love Secret") ou de ses confrères, Ned Washington, Victor Young ou Thelonious Monk. Respecté par ses pairs, le pianiste né à Sarrebruck parle aussi de ses pianistes fétiches :  Thelonious Monk, Cedar Walton ou Walter Bishop.

    "La musique, il faut que ça voyage"

    C’est Archie Shepp qui est le plus longuement évoqué, précisément à la fin du film, avec des souvenirs et l’extrait d’un concert en duo au JAM de Montpellier ("Le matin des noirs"). Le marin Siegfried Kessler devient pianiste, au style alternant âpreté, délicatesse et poésie.

    "La musique, il faut que ça voyage", dit encore le jazzman, de son phrasé qui n’est pas sans rappeler celui de Karl Lagerfeld. Tout en évoquant Beethoven, Poulenc, Wilhelm Kempff ou le groupe Art Blakey and The Jazz Messengers, c’est bien d’une métaphore sur la mer dont il est question.

    Car, grand voyageur autant que musicien, Siegfried « Siggy » Kessler confie qu’il se sent d’abord comme un "loup de mer" faisant "parfois" de "bons concerts". La réalisatrice l’a suivi pendant un an, de La Grande-Motte au Frioul, en passant par l’Île de Planier.

    Le titre du documentaire de Christine Baudillon parle d’un secret amoureux. Il ne s’agit pas de jazz ni de musique mais de bateau et de voyages, précisément du port d’attache de Kessler dans le Frioul. "Je suis très heureux d’être en contact avec mon amour secret" confie-t-il à la réalisatrice. Et l’on voit l’homme à la proue de son Maïca, jouant au clavier, onirique et mystérieux, devant une crique rocheuse et désertique qui est son seule public. Le titre de ce morceau ? "A Love Secret", bien entendu.

    Siegfried Kessler, A Love Secret, documentaire de Christine Baudillon,
    Mazeto Square, DVD, 2004, 2020, 56 mn

    https://www.mazeto-square.com/product-page/siegried-kessler-a-love-secret-dvd
    https://www.facebook.com/MazetoSquare

    Voir aussi : "Éric Legnini et ses amis"

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  • Naissance de Marcel Marceau

    En raison de la crise sanitaire et du grand confinement de ce printemps, Résistance de Jonathan Jakubowicz est passé totalement inaperçu, récoltant un peu plus de 7 000 dollars de recettes sur le continent américain et moins de 300 000 dollars dans le monde. Des chiffres exceptionnellement bas.

    Malgré tout, ce film historique se situant en pleine seconde guerre mondiale, dans la France occupée, mérite que l’on s’y arrête. D’abord pour la prestation de ses deux acteurs principaux, Jesse Eisenberg et Clémence Poésy, ensuite, ensuite parce que le long-métrage de Jonathan Jakubowicz s’intéresse à une personnalité exceptionnelle, dans la période de sa vie la moins connue : Marcel Marceau. Canal+ propose de le découvrir en ce moment.

    Celui qui deviendra le Mime Marceau se nomme dans l’état-civil Marcel Mangel. Né dans une famille strasbourgeoise d’origine juive, l’adolescent n’a pour préoccupation qu’une passion : le spectacle. Déjà doué pour le mime, il voit cependant très vite la guerre le rattraper et la menace allemande entrer dans sa vie. Avec son frère et son cousin, résistants, il décide de s’engager avec eux – mais aussi pour les beaux yeux d'une jeune femme, Emma. Leur combat est le sauvetage d’enfants juifs orphelins. Sachant leur existence condamnée, le groupe de résistance les cache, avant de décider de les faire fuir en Suisse. Le jeune homme prend un pseudo pour ce combat : Marcel Marceau. À Lyon, où les résistants on trouvé refuge, l’officier Klaus Barbie, "le boucher de Lyon" (un surnom qui prendra tout son sens dans une scène effrayante), a vent de cette opération et se lance sur la trace de Marcel, d’Emma et des enfants.

    Biopic à la facture classique, Résistance est à voir. Le premier intérêt est la découverte d'un pan méconnu de la vie du Mime Marceau. Un nom qui date de cette période et qui prend tout son sens. Jesse Eisenberg campe le plus grand mime de l’histoire avec justesse, ce qui n’a rien d’évident pour une telle figure qui a contribué à révolutionner l’histoire du spectacle. On prend tout autant plaisir à retrouver Clémence Poésy, si rare et pourtant si impeccable dans ce drame historique à l'histoire passionnante.

    Les critiques sur le choix de l’anglais pour un film se déroulant en France n’a a mon avis ni réelle pertinence ni grand intérêt (regardez un peu les classiques indiscutable que sont La Liste de Schindler ou Le Pianiste…). Résistance (un titre trop général qui ne reflète pas le choix artistique du réalisateur et scénariste) reste un bon film sur cette période, et qui se regarde à la fois comme un honorable long-métrage historique, un vrai film à suspense et comme un magnifique hommage à Marcel Marceau. 

    Résistance, biopic de Jonathan Jakubowicz, avec Jesse Eisenberg, Ed Harris, Édgar Ramírez,
    Clémence Poésy et Matthias Schweighöfer,
    France, États-Unis, Allemagne et Royaume-Uni, 2020, 120 mn,
    en ce moment sur Canal+

    https://www.canalplus.com

    Voir aussi : "La bête doit mourir"

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  • Revise your English with Christmas movies

    Babbel, le site et L’appli spécialisés dans l’apprentissage des langues étrangères, a sélectionné une liste de films pour les fêtes qui permettent d’améliorer son anglais.

    Ce top 10 spécial "Christmas movies" - un top 10 tout à fait subjectif - a pour but de de réviser pendant les fêtes notre anglais.

    10. The Santa Clause, de John Pasquin, avec Tim Allen, Eric Lloyd et Wendy Crewson(Super Noël, 1994)
    Pour comprendre et apprendre à comparer l’anglais parlé avec un accent américain (les contrastes et les différents mots utilisés en anglais britannique et américain) rien de mieux que The Santa Clause. Aux États-Unis le père Noël est connu pour vivre au Pôle Nord. En Angleterre, il habite en Laponie. Cette comédie, pleine d’humour et d’aventures, permet donc d’apprendre tout en s’amusant. Le Père Noël se blesse juste avant le soir de Noël. C’est alors à Scott de distribuer les cadeaux à tous les enfants du monde en une seule nuit.

    9. The Chronicles of Narnia: The Lion, the Witch and the Wardrobe, d’Andrew Adamson, avec William Moseley, Georgie Henley et Anna Popplewell (Le Monde de Narnia : Le Lion, la Sorcière blanche et l’Armoire magique, 2005)
    Ce film, qui se déroule dans une ambiance hivernale, donne vie à la magie ! Il offre un parfait divertissement familial, où évasion et aventure sont au rendez-vous. Il convient aussi bien aux petits et comme aux grands qui souhaitent voyager et développer leurs compétences linguistiques.

    8. The Grinch, de Ron Howard, avec Jim Carrey (Le Grinch, 2000)
    Devenu aujourd’hui un grand classique, cette histoire de Noël est parfaite pour les enfants comme pour les adultes. Elle retrace la vie du Grinch, un grognon solitaire qui n’aime pas Noël et essaye de le voler aux habitants de Whoville. Cependant, c’est sans compter l’innocence et la tendresse d’une petite fille, qui n’a pas dit son dernier mot. Ce film est particulièrement riche en vocabulaire festif et facile à comprendre. Jim Carrey, dans son rôle du Grinch, amène le spectateur à tester sa compréhension de la langue anglaise. Il aide à apprendre des mots du champ lexical de la fête en utilisant des citations de livres pour enfants, comme des chants de Noël et des histoires.

    7. Home Alone, de Chris Columbus, avec Macaulay Culkin et Joe Pesci (Maman, j’ai raté l’avion, 1990)
    Grand classique des films de Noël, il est certainement le film qui passe le plus à la télévision pendant cette période. Alors inutile de reparler du synopsis. Mais l’a-t-on déjà vu en version originale ? Cette comédie noire et tendre est parfaite pour apprendre l’anglais. Les dialogues sont bien articulés et il est facile d’enlever les sous-titres. Les phrases sont très simples et le vocabulaire dépeint parfaitement la situation.

    6. The Holiday, de Nancy Meyers, avec Cameron Diaz, Kate Winslet, Jude Law et Jack Black (2006)
    Cette comédie romantique américaine est idéale à regarder pendant la période des fêtes. The Holiday raconte l’histoire de deux femmes, une Américaine et une Anglaise aux vies radicalement opposées, et qui vont s’échanger leur maison : une villa californienne contre un cottage typique anglais.

    5. Love Actually, de Richard Curtis, avec Hugh Grant, Liam Neeson, Thomas Sangster, Colin Firth
    Laura Linney et Emma Thompson (2003)
    L’esprit de Noël, c’est aussi beaucoup d’amour et de douceur. Et pour les amateurs de comédie romantique, Love Actually est sans doute le film à voir absolument. Idéal pendant les fêtes de Noël, ce film entremêle l’histoire d’une dizaine de couples à Noël à Londres, avec pour thème principal l'amour dans tous ses états. En plus d’être un film culte, Love Actually est idéal pour apprendre et développer son anglais tout en perfectionnant sa compréhension.

    4. Let It Snow, de Luke Snellin, avec Shameik Moore, Kiernan Shipka, Isabela Moner, Liv Hewson et Jacob Batalon (Flocons d’amour, 2019)
    La plateforme Netflix regorge de séries et films en version originale. Pour les amateurs de films adolescents et d’amour, Let it Snow est le film à voir. Adapté d’un livre homonyme, il retrace l’histoire d’une petite ville frappée par une tempête de neige la veille de Noël, et qui chamboule les amours et les amitiés d’un groupe de lycéens. La magie de Noël va opérer dans tous les cas de figures. Ce film réunit de nombreuses stars adolescentes de la plateforme.

    3. Holidate (Amour du calendrier, 2020)
    Une étrange histoire de calendrier, mais toujours dans un esprit de Noël, ce film a rencontré un vif succès sur Netflix depuis sa sortie. Deux jeunes, détestant Noël et au parcours sentimental semé d’embûche, se rencontrent lors d’un Noël particulièrement mauvais. Ils décident alors de conclure un pacte : ils seront l'un de l'autre « l'amour de calendrier » chaque jour férié de l'année suivante.

    2. The Holiday Calendar, de John Whitesell, avec Emma Roberts, Luke Bracey, Kristin Chenoweth et Jessica Capshaw(Le calendrier des vacances, 2019)
    Netflix offre à ses abonnés divers films de Noël, dont The Holiday Calendar. On y suit le parcours d’une jeune femme  photographe, interprétée par Kat Graham, qui reçoit un calendrier de l’avent artisanal de la part de son grand-père. Elle va très réaliser que chaque jour le calendrier dévoile un objet en rapport avec la journée qu’elle va passer.

    1. Merry Happy Whatever, série de Tucker Cawley, avec Dennis Quaid, Bridgit Mendler, Brent Morin et Ashley Tisdale (Noël dans tous ses états, 2020)
    Il n’y a pas que les films qui évoquent la période de Noël : les séries aussi. La première saison de Merry Happy Whatever sur Netflix raconte les fêtes de Noël de la famille Quinn, qui vont s’avérer particulièrement mouvementées. Entre un patriarche affirmé d’une famille plutôt compliquée, le stress familial des fêtes de Noël, la rencontre avec le nouveau petit-ami de la jeune fille… De quoi rire en famille et entraîner son oreille à la prononciation américaine !

    https://fr.babbel.com

    Voir aussi : "Des publicités de Noël XXL"

    Photo : Taryn Elliott - Pexels

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  • La vengeance d'un frigo

    Cette semaine, avec L’‎Œil du frigo nous voilà dans une bonne vieille comédie française, Le Carton. Un film oublié mais avec une belle brochette d'acteurs et d'actrices comiques de premier plan : Vincent Desagnat, Bruno Salomone, Fred Testot, Michaël Youn  et Omar. Dans cette histoire de déménagement express, c'est évidemment un frigo qui nous intéressera.

    Et oui, parfois le frigo fait partie d'une comédie. Ici , Le carton, réalisé par Charles Nemes. Comédie française qui parle d'un déménagement express. Et dans un déménagement, la star c'est toujours le Frigo. Qui ne s'est pas flingué le dos, un bras, un pied en descendant un frigo ? Parce qu'un frigo ça bouge, ça vous suit partout et parfois ça se venge... 

    Jusqu'ici nous n'avions vu que des ouvertures de frigo (tout un univers) ce qu'il faut savoir, c'est qu'un frigo ça fuit , ça tombe et surtout ça se vide lorsqu'on le bouge. Oui j'avoue moi aussi j'ai déménagé mon frigo rempli, ça va plus vite et ensuite on peut manger dès qu'on a fini de déménager... J'étais un ignare.

    Évidemment, ici nous sommes dans une comédie, mais surtout, nous sommes du côté obscur d'un frigo. Il faut le chouchouter, le transporter doucement car certains d'entre vous le jettent par la fenêtre, ou l'abandonnent dans une décharge après des années de bons et loyaux services. Il serait temps de créer la Société Protectrice des Frigos - SPF - pour être sûr que cet objet qui capte toutes nos vies soit enfin protégé par les lois républicaines. Un objet qui a passé beaucoup de casting et qui n'a jamais été nommé aux Césars, ni aux Oscars. Quelle ingratitude ! Heureusement, le frigo se venge en vomissant son trop plein dans les escaliers et en dévalant les marches quatre à quatre pour finir par défoncer les portes fermées.

    On ne pouvait rêver plus belle cascade : pas de doublure. Rien. Tout en souplesse. Il s'échappe et prend sa liberté. Pensez-y lorsque vous ouvrez votre frigo : un jour, il faudra vous en séparer. Ce jour sera triste mais glorieux. Le témoin passera et vous continuerez à écrire votre histoire avec cette porte qui s'ouvre sur les couleurs de votre vie. Le cinéma lui rend hommage pratiquement à chaque film. Débusquez ce que veut vous dire le frigo et votre vie n'en sera que plus "fraîche".

    Oui, le frigo est un objet optimiste, même vide il continue à refroidir... Elle est pas belle la vie?

    ODF

    Le Carton, comédienne française de Charles Nemes
    avec Vincent Desagnat, Bruno Salomone, Cécilia Cara
    Omar Sy et Fred Testot
    2004, 88 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Le carton frigo"
     

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  • Comment on dit "frigo" en norvégien ?

    Il est probable que ce film norvégien vous ait échappé. Pour parler du thriller La femme dans le frigo, il faut commencer par s'arrêter sur le synopsis : Varg Veum est engagé par une compagnie pétrolière pour retrouver un ingénieur disparu: Arne Samuelsen. En se rendant au domicile de ce dernier, Varg découvre une femme découpée en morceaux dans le frigo. Un frigo ! Voilà qui ne pouvait qu'intéresser notre chroniqueur de L’‎Œil du frigo.

    Voilà un film comme je les aime. C'est brut âpre, rugueux et froid. Forcément pour un film norvégien, ce n'est pas très chaleureux. La scène est divine, pas de parole, une lenteur telle, qu'on pourrait penser que la scène est au ralenti. Tout ceci ne présage rien de bon. Déjà, le titre... Pour ceux qui, comme moi, sont fanas du norvégien, je vous donne le titre en VO parait que c'est la mode : Varg Veum – Kvinnen i kjøleskapet. Et pour tout ceux qui ont du mal avec le norvégien - franchement, au XXIe siècle, je trouve ça déplorable - sachez que "kjøleskapet" veut dire "frigo". Pour le reste, faudra un peu faire fonctionner vos méninges dans ce froid glacial.

    Trond Espen Seim joue ce personnage étrange de Varg Veum, celui qui dans cet appartement s'approche doucement de la scène du titre. Évidemment, tout le monde s'y attend : on sait d'avance qu'il y a quelque chose de pas net dans le frigo, vu que tout ce qui est sur le sol était dans le frigo. Je vous rappelle quand même qu'on a déjà vu une jolie jeune femme enfermée dans un frigo dans Savages frigo, et que Zuul vit au fond du frigo "Ghostbuster fridge" quant à Indiana Jones dans son frigo... Bon va falloir réviser vos classiques les amis !

    Bref, plus il s'approche plus on sent bien que le frigo a été vidé : quelle aberration ! Un frigo, c'est vraiment fait pour être rempli. On se doute donc que quelqu'un y a mis une femme et qu'elle a beaucoup saigné. Nous, on sait, mais pas Trond qui n'a pas eu le titre dans le scénario. A noter que cette scène se passe au début du film. Au moins, on est clair, pas de suspense ! Donc, quand il ouvre, c'est la stupéfaction, voire la gerbe complète : comme cette femme ne rentrait pas dans le frigo, il a fallu la découper. Pourquoi un tel geste ? Pourquoi cette sauvagerie frigoristique ? Pas le temps de se poser beaucoup de questions : notre héros se prend un coup sur la tête et finit dans les vapes. Mais juste avant de s'évanouir, le réalisateur nous gratifie d'un plan de plus en contre plongée, flou et sanguinolent. Toute la détermination de l’enquête se trouve dans ce plan tourné vers ce frigo de la femme tronc. C'est prodigieux !

    Je ne vous ferai aucune recette avec ce chou posé par terre, car je ne mange jamais de chou, encore moins les choux norvégiens posés par terre (à noter que chou prend un "x" au pluriel comme hibou, caillou...). On peut juste dire que la porte n'a pas été vidée et que les condiments sont bien à leur place. Le tueur est un gros malin : franchement ça c'est une piste.

    Allez mettez votre doudoune et bon film.

    ODF

    La femme dans le frigo, thriller norvégien d'Alexander Eik
    avec Bjorn Floberg, Dennis Storhoi, Christian Rubeck
    2008, 90 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "La femme dans le frigo"
     

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  • Un seul être vous manque et le frigo est dépeuplé

    Connaissez-vous ce film de Ridely Scott, intitulé Les Associés ? Non ? L’‎Œil du frigo propose de vous le faire découvrir, avec une chronique frigoristique autant que cinématographique.

    Voici un film de Ridley Scott avec Nicolas Cage. Une vaste arnaque dont je ne révélerai rien, pas même le début de l'histoire pour ne pas vous gâcher le film.

    Ce que je peux dire c'est que Nicolas retrouve sa fille illégitime et qu'elle vient perturber sa vie. A tel point qu'elle le fait sortir de sa zone de confort, entendons nous bien : sa zone de frigo. En effet Nicolas ne mange que des boites de thon . A gauche ce que mange la jeune adolescente (affiché avec un post it "Her") et à droite ce que s'enfile son père illégitime (avec un post it "His"). Ça laisse pantois !

    Une belle bouteille de la marque DaSani trône en haut du frigo, juste au dessus du thon : il faut bien se désaltérer. On a bien deux façons de ranger le frigo : l'une verticale, l'autre horizontale. Est-ce à voir avec la suite du film ? Franchement, je ne peux pas vous le dire. On peut noter quand même que la peau de banane posée comme ça négligemment à l'intérieur du frigo nous donne une indication... Sinon, franchement, pourquoi laisser une peau de banane à cet endroit ? Si j'étais ODF, je me poserais la question ! Nous avons droit aussi à une belle porte, bien achalandée et du Lait Skim Plus qui trône sur la porte. En bref, il faut manger du thon et boire du lait pour être en forme. Ooù sont donc passés nos cinq fruits et légumes?

    Mais la partie la plus belle, c'est la fascination de Nicolas pour la loupiote du frigo. Sa fille vient de partir chez sa mère et elle lui manque. Alors, il regarde comment elle a rangé le frigo. Comme elle est rentrée dans sa vie par effraction, et forcément son frigo l'a ressenti. Cela lui fait tellement de bien qu'en plus du frigo, il met le son. La voix et le frigo et son petit cœur de père est soulagé. On ne parlera jamais assez de l'effet thérapeutique du frigo sur les pères en détresse. "Un seul être vous manque et le frigo est dépeuplé."

    Un bon petit film à voir sur l'effet placebo et sur les priorités de la vie.

    ODF

    Les Associés, policier américain de Ridley Scott
    avec Nicolas Cage, Sam Rockwell et Alison Lohman
    2003, 116 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Les Associés Frigo"
     

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  • Parler à ces frigos qui ne s'ouvrent pas

    Pour cette nouvelle chronique consacrée au film Chute libre, L’‎Œil du frigo va vous jeter un froid. Le bloggeur avait un a priori négatif sur ce film de Joël Schumacher, et puis est arrivé Philippe et son œil cinématographique et frigoristique averti : émotions assurées. Alors, oui : Chute libre est vraiment à découvrir ou redécouvrir !

    Alors nous voici dans l'art du cinéma et du frigo. Dans ce film magnifique où un homme perd toute sa raison et tombe en chute libre jusqu'à la fin du film, un autre homme sort toute son humanité face à la vie. Robert Duvall cherche à comprendre qui est le fou furieux qui tire sur tout le monde. Cet homme, dont c'est le dernier jour dans la police, s'intéresse à cet autre homme. A son désarroi, à ce qui fait que toute sa vie a basculé, à son malheur.

    Il est ainsi fait, doué d'un amour fabuleux envers sa femme, celle qui angoisse pour sa vie, celle qui veut qu'il rentre, celle à qui il va chanter une chanson pour la rassurer. Il n'est pas dupe, il connaît sa dépression et il quitte la police pour elle. Elle lui parle comme une enfant et se place devant un énorme frigo qui ne s'ouvrira pas. Il était enfin temps de parler de ces frigos qui ne s'ouvrent pas. Le réalisateur cadre sa femme et garde le haut du frigo où les petits mots d'une vie sont accrochés. Le bas du frigo est vide. Aucune photo ni dessin, aucune liste. Le couple se nourrit mais n'interagit pas avec le frigo. La scène est longue, le cadre du frigo et leur petite vie écrasent l'écran. Comme une mise en abîme frigoristique, un écran dans l'écran, un écran dans le frigo !

    La scène touchante et bordée d'humanité montre le désarroi de ce couple, frappé par le malheur et que seule leur précieuse humanité a fait tenir debout. Le frigo ne s'ouvre pas, parce que la vie est dure, imposante, et qu'on la prend souvent en pleine gueule. Mais pas question de se laisser bouffer, pas de fioriture, on reste debout, on tient bon. Et puis la caméra descend sur la photo d'une petite fille. On comprend alors tout de suite d'où vient ce mal être, pourquoi il n'y a pas de photo de joie sur le bas du frigo. Un couple qui vieillit autour de la disparition de leur petite fille. Ça vous laisse un frigo vide de bonheur et de couleur. Robert Duvall le sait : pas la peine de faire la morale, ni de se soustraire. La vie est là, debout, prête à affronter le frigo et sa perte de joie. Il peut encore sauver une vie, voire plusieurs. ll est aujourd'hui l'homme qui comprend et saura faire face. Une scène magnifique où le frigo monolithique sert de totem à l'image. On peut être en chute libre et rester profondément humain.

    Un magnifique film sur la perte.

    A voir Absolument.

    ODF

    Chute libre, thriller américain de Joel Schumacher
    avec Michael Douglas, Robert Duvall et Barbara Hershey
    1993, 113 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Chute Libre Frigo"
     

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  • Les Misérables vs La Haine

    Comparer les films Les Misérables, sorti il y a un an, et La Haine, dont nous fêtons cette année le 25e anniversaire a tout son intérêt, et mérite que l’on s’arrête sur ses deux films aux multiples points communs, mais aussi aux choix narratifs et visuels parfois différents, sinon opposés.

    Deux long-métrages salués par la critique, multi-primés (Prix du Jury au Festival de Cannes, César du meilleur film et représentant de la France aux Oscars pour Les Misérables et Prix de la mise en scène au Festival de Cannes, César du meilleur film et Prix Lumières pour La Haine), sans compter un large succès public et l’impression qu’ils marquent leur époque – même si, pour le film de Ladj Ly, il faudra attendre quelques années avant de l’affirmer de manière catégorique.

    La première ressemblance de taille de ces longs-métrages français réside évidemment dans la thématique et le décor : la banlieue parisienne et ses délaissés sociaux, qui se trouvent être des jeunes gens. Nous serions tentés de préciser qu’à chaque fois il s’agit de garçons et de jeunes hommes, les filles étant réduites le plus souvent à des seconds rôles, voire de la figuration, si l’on excepte toutefois la scène d’interpellation des jeunes filles à l’arrêt de bus dans Les Misérables ou à la scène de drague dans une galerie d’art dans La Haine.

    Ajoutons aussi que le mimétisme entre les deux films concerne aussi bien le minutage (5 mn seulement de différence) que le traitement des personnages puisqu’à chaque fois c’est un trio que nous suivons – masculin, répétons-le : Damien/Bento-Chris-Gwada (Damien Bonnard, Alexis Manenti et Djebril Zonga) pour Les Misérables et Vinz-Saïd-Hubert pour La Haine (au passage, les scénaristes ont choisi les prénoms des acteurs : Vincent Cassel, Hubert Koundé et Saïd Taghmaoui).

    Le mimétisme entre les deux films concerne aussi bien le minutage que le traitement des personnages

    Pour ces deux films que 25 ans séparent, la ligne narrative est simple : une journée a priori ordinaire au cours de laquelle trois personnages principaux traînent leur mal-être dans une cité populaire ravagée par la pauvreté, la saleté, les petites magouilles et le désœuvrement de ses habitants. Ici, nous avons trois ados allant d’un barbecue au sommet d’un immeuble à une excursion dans les beaux quartiers parisiens (La Haine) ; là, trois policiers font leur travail de ronde dans une ambiance lourde et vite explosive (Les Misérables). Le mimétisme entre ces deux films – n’en déplaise à Ladji Li – va jusqu’à la présence impromptue, voire surréaliste, de deux animaux : dans le film de 2019, un lionceau volé est le déclencheur d’une intrigue prête à exploser, alors que Mathieu Kassovitz fait de l’apparition d’une vache au milieu des tours un rare moment poétique, mais qui n’aura qu’une importance relative dans le scénario.

    "Une journée dans la vie de trois banlieusards", semblent nous dire les réalisateurs, sans toutefois que Ladji Li ne choisisse d’élargir son sujet sur une société fracturée, en évoquant la communion de tout un peuple lors de la coupe du monde de football de 2018 et la victoire de l’équipe de France. Ironique, car la parenthèse se referme bien vite pour plonger dans le drame de banlieues oubliées.

    Même s’il a nuancé ses propos, Mathieu Kassovitz a présenté lors de sa sortie en 1995 La Haine comme un film coup de poing "anti-flic." Ladji Li se montre singulièrement plus nuancé, alors qu’à l’époque de la sortie du film les violences policières étaient au cœur de l’actualité. En suivant non pas des jeunes de banlieue mais des policiers, le réalisateur prend le parti de la nuance, ce qui n’exclue pas la sévérité. La violence est omniprésente et n’est surtout pas dans le seul camp des policiers – Bento faisant même preuve d’une civilité frôlant la naïveté. Mathieu Kassovitz n’a pas non plus fait le choix du manichéisme, en dépit de sa charge contre les abus policiers (lors par exemple de la scène de la garde à vue) : les dernières minutes du film font de La Haine cet impitoyable brûlot renvoyant dos à dos policiers violents et adolescents desociabilisés et  devenus haineux.

    Esthétiquement, c’est là que les deux films divergent le plus, ce qui n’a pas empêché les réalisateurs d’obtenir chacun un prix de la mise en scène à Cannes. Pour Les Misérables, Ladji Li adopte un parti-pris naturaliste et hyperréaliste. L’utilisation de scènes filmées par drones a toute sa pertinence, puisque c’est un de ces appareils qui va être l’un des moteurs du drame. Mathieu Kassovitz choisit par contre une réalisation des plus classiques dans La Haine, tranchant radicalement avec une thématique très actuelle et le décor hyper contemporain : noir et blanc somptueux, cadrages travaillés, travellings lents, scènes larges et mouvements de caméra choisis avec soin.

    Deux films, deux époques, deux esthétiques mais un seul discours alarmiste sur la réalité des banlieues. Alors, oui, il n’y a pas dans La Haine ces éléments plus contemporains qui sont apparus depuis dans les banlieues (téléphones mobiles, réseaux sociaux omniprésents ou barbus islamistes), mais le discours de ces deux grands films disent finalement la même chose de ces zones abandonnées.

    Les Misérables de Ladj Ly, avec Damien Bonnard, Alexis Manenti et Djebril Zonga
    Drame français, 2019, 103 mn
    https://le-pacte.com/france/film/les-miserables
    La Haine de Mathieu Kassovitz, avec Vincent Cassel, Hubert Koundé et Saïd Taghmaoui,
    Drame français, 1995, 98 mn
    https://www.imdb.com/title/tt0113247

    Voir aussi : "La Haine ressort en salle"

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