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de cinéma ? De films ?

  • Euphorie culinaire avec Jackie Chan

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    Honneur cette semaine à un genre dit "mineur" : le film de kung-fu. Notre chroniqueur de L’‎Œil du frigo s'intéresse à Rumble in the Bronx, sorti en 1995, et que des producteurs français très inspirés ont tout simplement titré pour le public hexagonal : Jackie Chan dans le Bronx. Comme ça, pas de tromperie sur la marchandise. Dans cette scène, le plus populaire des acteurs hong-kongais fait du frigo un acteur central pour une scène d'action.  

    Aujourd'hui nous sommes dans le grand art martial, ou comment un frigo peut servir à distribuer des beignes.

    Jackie Chan est dans le Bronx et s'est fait des ennemis chez le revendeur de frigos. Au lieu de discuter gentiment sur le prix de ces faiseurs de froid, il en vient aux mains tout de suite. Et une distribution de pêches, de coups, de gifles, de mornifles, de pains, de taquets, de bourre-pifs, s'ensuit. A noter que dans cette scène majestueuse, le frigo est pacifiste. Il reçoit pourtant des coups, se mange une télé et un homme, et réceptionne très bien le postérieur de Jackie.

    Alors, je vous le demande : de quoi parlons-nous dans cette séquence alors que le dimanche est pluvieux, que votre frigo est vide, que la Fnac est ouverte, que votre petite amie invoque les dieux de la chamanie que c'est les soldes et que vous êtes abandonné face à vous-même sur un canapé sans teint ? On parle de cette magnifique chorégraphie autour des frigos, une danse de l'humain qui fait tout de suite naître l'espoir et le positif au fond de vous. Certes, les frigos sont vides, comme le vôtre, mais quelle belle idée de les remplir avec autre chose que des victuailles !

    Du coup, après ces quelques secondes frigoristiques, je me sens tout revigoré. Jje vais bien trouver au fond de mon frigo une dégustation fraîche et mangeable. Je sais : je vous dévoile un peu de mon intimité. Il faut dire que Jackie m'y oblige un peu : toute cette agitation autour des frigos m'a donné faim.

    Chaque frigo sait qu'un jour, on tombera sur Jackie Chan

    Il y a quelque chose de fabuleux lorsqu'on ouvre un frigo presque vide. On trouve toujours quelque chose pour grignoter un bidule... Vous me suivez ? Un vieux Saint Môret non périmé, des cornichons, un morceau de fromage inconnu à peine vieilli... En fait, tout un tas de choses qu'on a repoussé, car nous ne voulions pas les manger (même si, dans un délire schizophrénique, c'est bien nous qui remplissons le frigo)

    Aujourd'hui, c'est la revanche : chaque frigo sait qu'un jour, on tombera sur Jackie Chan et que ce jour là, on finira les restes. Eh oui ! Avant de faire les courses, il faut finir les restes et ce jour est arrivé. Alors, je vous propose un truc simple : sortez tous vos restes, mettez-les sur un plateau et prenez du pain. N'oubliez surtout pas de prendre ce qu'il y a sur la porte. Il y a bien des fois où quelques sauces périmées sauvent la vie. Installez-vous convenablement devant votre Jackie Chan préféré et dégustez vos restes sur votre canapé sans teint. Ce n'est pas bien grave si vous ratez quelques minutes du film en tartinant un Saint Môret, cornichon, ketchup... Vous récupérez l'histoire sans souci ! Soyez imaginatif, fou : honorez votre frigo ! La vie est pleine de couleur, votre estomac vous le rendra... Peut être même aurez vous l'envie de vous battre dans votre cuisine, voire de danser... Faites des photos aussi : c'est toujours utile.

    Et passez ce long moment d'euphorie culinaire en compagnie de Jackie. Faites les courses et cherchez le pied de l'arc en ciel.

    ODF

    Rumble in the Bronx (Jackie Chan dans le Bronx), film d'action de Stanley Tong
    avec Jackie Chan, Anita Mui, Françoise Yip et Marc Akerstream
    Hong-Kong et Canada,
    1995, 86 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Rumble in the Bronx Frigo"
     

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  • Vendanges amères

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    Le hasard est parfois bien fait : alors qu’il y a quelques jours je découvrais le podcast d’Affaires sensibles consacré à l’histoire de la plus grosse arnaque dans le monde du vin, cette semaine je tombais sur le film Sour Grapes consacré au même sujet, et qui est disponible sur Netflix.

    Le protagoniste de cette affaire s’appelle Rudy Kurniawan. Un pseudo en réalité, qui est aussi un hommage à un joueur de badminton indonésien. Notre Rudy Kurniawan vient lui aussi de ce pays, d’une famille à l’histoire compliquée pour la faire brève, et que le film de Jerry Rothwell explique dans les dernières vingt minutes de son documentaire.

    Lorsque le fringant jeune homme asiatique apparaît dans la communauté des collectionneurs de vin à partir de 2000, il se montre évasif sur sa fortune. Il se présente comme un héritier passionné de bons flacons, capable de dépenser une fortune dans des bouteilles d’exception, la plupart françaises, et dans des millésimes rarissimes : Mouton Rothschild 1945, Chambolle-Musigny 1962, Vosne-Romanée-Conti, Château Petrus 1947 ou des Clos-saint-denis millésimés de 1945 à 1971. Et sur à cause de ces derniers vins qu’il va se faire pincer.

    Omerta

    Rudy Kurniawan est doué d’une connaissance encyclopédique en œnologie et il impressionne ses nouveaux amis collectionneurs. En quelques années, il devient un personnage emblématique des salles de vente et il s’associe avec le commissaire-priseur new-yorkais John Kapon qui se charge de revendre les vins de sa collection. Non seulement Rudy Kurniawan gagne beaucoup d’argent, mais il contribue aussi à bouleverser le marché du vin et à faire grimper les prix. L’escroquerie va être dévoilée parallèlement par le milliardaire et collectionneur Bill Koch et le viticulteur bourguignon Laurent Ponsot qui s’aperçoit que certains crus… n’ont jamais existé.

    Pas la peine d’être un spécialiste du vin pour apprécier Sour Grapes (comme d’ailleurs le numéro d’Affaires sensibles). Le spectateur sera fasciné par l’histoire d’une arnaque savamment organisée qui a tellement roulé dans la farine des hommes d’affaire roublards qu’aujourd’hui encore on estime que près de 10 000 faux crus de Rudy Kurniawan sont encore en circulation dans le monde. Et personne ne semble vraiment tenir à ce qu’on les déniche.

    Une vraie omerta qui a tout de même conduit derrière les barreaux un brillant spécialiste et fraudeur en vin, sans que l’on sache complètement toutes les complicités. Le milieu des collectionneurs de vin n’a pas été le moins gêné par cette escroquerie exceptionnelle. Et dans un milieu régi par le bling-bling, le fric et les signes extérieurs de richesse, on pourrait résumer ainsi les réactions des acheteurs des vins made in Kurniawan : "Qu’importe si mon Domaine de la Romanée-Conti à 85 000 dollars la bouteille est faux, du moment que l’étiquette indique que c’est un Domaine de la Romanée-Conti…"

    Sour Grapes, documentaire américain de Jerry Rothwell, avec Laurent Ponsot, Jay McInerney, Jefery Levy, Maureen Downey et Rudy Kurniawan, 2016, 85 mn, Netflix
    https://www.netflix.com
    "Le vigneron et le faussaire", Affaires sensibles, France Inter, 2017, en podcast
    https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles

    Voir aussi : "Histoire sensible"

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  • American Psycho, ou comment mettre son âme au frais

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    Oui, un frigo peut refléter l'âme de son propriétaire. L’‎Œil du frigo nous explique tout cela à l'occasion de sa chronique consacrée à American Psycho, l'adaptation du chef d'oeuvre de Bret Easton Ellis.  

    Nous voici devant un chef d’œuvre de cinéma. Une pépite qui croque sous la dent : American Psycho de Mary Harron, avec l'excellent Christian Bale. Dans cette scène où il nous explique, dans un slip d'un autre âge, qui il est, on peut déjà noter à quel point il est beau, lisse et dual sans doute. Déjà, le frigo ne nous montre pas un maximum de produits. j'hésite d'ailleurs : je pense que nous sommes plutôt du côté congélateur, ou du côté frigo, euh... Mais quand je le vois se mettre la glace sur les yeux, je me dis qu'il est du côté frigo. Impossible de tenir avec de la glace à moins vingt degrés sur les yeux sans se cramer les paupières par le froid au troisième degré. Essayez pour voir et on en reparle.

    Bon, quand on regarde de plus près, effectivement on est du côté congélateur de ce combiné. La glace et les paquets de viande surgelés sont bien disposés. Il a même congelé un plat entier qui est dans le fond. Il n'y a pas non plus les fameux condiments et autres pots de confitures entamés qui pourrissent sur la porte (je confirme :  c'est un congélateur). On peut supposer aussi que le beau Christian est tout en double, comme son frigo congélateur. Du coup, on ne sait plus de quel coté du miroir on est. C'est le principe même du film. Si ce magnifique combiné est double et qu'en plus on peut se voir dedans tellement il brille, c'est que nous allons nous perdre dans ces jeux. Des mises en abîmes successives pour mettre notre âme à l'envers !

    Alors, je préviens d'avance : le beau Christian est complétement fêlé dans ce film. Âme sensible s'abstenir. Méfiez vous toujours de ceux qui ont des frigo-congélateurs qui font un brin miroir. Des psychopathes en puissance qui rajeunissent leurs yeux à coup de cryogénie. Rien que cette cuisine fait flipper. On n'a pas vraiment envie d'y manger. Je pense que c'est un lieu de culte... Euh, pardon : de coupe, et de découpe.

    Au final on met tout dans le frigo : on a déjà vu ça. Des corps entiers, des pieds, des jambes... notre âme aussi. On garde tout. La marque Ultraline nous conserve tout ça au frais et on la récupère dès qu'on en a besoin. C'est un beau concept au final ! J'irai de ce pas demain chez Darty m'acheter un combiné pour mettre mon âme au frais ou la congeler, je la récupérerai plus tard, histoire de faire mentir les dates de péremption.

    Simple: deux méthodes de décongélation. Laisser à température ambiante ou une minute au micro ondes. Cela dépend de la taille de votre âme. Moi j'ai déjà fait mon choix :))

    Un bon film glaçant (ne pas manger avant). Âmes sensibles, allez vous faire un café !

    ODF

    American Psycho, drame américain de Mary Harron
    avec Christian Bale, Justin Theroux, Chloë Sevigny,
    Reese Witherspoon, Willem Dafoe et Jared Leto,
    2000, 101 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "American Psycho Frigo"
     

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  • La mariée et l’orphelin

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    Faire le rapprochement entre ces deux films d’horreur que sont Wedding Nightmare et Brightburn : L'Enfant du mal, sortis à la même époque dans les salles obscures, n’a rien d’aberrant.

    Ces deux petits films américains, misant sur la peur, ont au moins un point commun : s’attaquer à leur manière aux valeurs traditionnelles que sont la famille et le mariage. Autre point commun : le budget modeste et un casting sans grande star - si l’on excepte Andy McDowell pour Wedding Nightmare.

    Brightburn : L'Enfant du mal conte l’histoire d’un enfant démoniaque, Brandon, adopté par Tori et Kyle Breyer, un couple en mal d’enfant. Leur bénédiction viendra des étoiles, puisqu’à la faveur de l’écrasement d’un vaisseau extraterrestre, nos deux amoureux recueillent un bébé – en réalité un alien anthropomorphe – qui va devenir leur seul et unique rejeton. Quelques années plus tard, devenu pré-adolescent, le garçon s’aperçoit qu’il a des dons de super-héros, mais qu’il va mettre au service de causes malfaisantes. Et c’est bientôt ces vrais-faux géniteurs qui vont en faire les frais . Le pitch de ce film diablement méchant, et dépourvu de toute espèce de rédemption, est une relecture un brin angoissante d’une naissance divine : enfant né des étoiles, père et mère inconnus, pouvoirs extraordinaires, visions d'ascension, place centrale donnée à une grange… On aura vite deviné que le scénario reprend à son compte des symboles christiques, pour renverser totalement le message et faire du petit bonhomme un être inquiétant, bien décidé à semer le chaos dans le monde.

    Intrigues subversives

    Diabolique, Wedding Nightmare l’est tout autant. Dans la famille des Le Domas, une tradition oblige chaque jeune marié.e à se prêter à un jeu. Lorsque Grace, follement amoureuse du fils Alex, tire la carte qui va décider de l’épreuve, c’est une partie de cache-cache qui lui est proposée. Le hasard fait mal les choses, car la mariée a l’obligation de ne pas être retrouvée, et ce jusqu’à l'aube - sinon, c’est la mort assurée. Une course folle commence dans les couloirs de l’inquiétant château. La jeune mariée espère cependant compter sur le secours de son jeune époux.

    Amateurs de jeux de massacres à l’arme blanche, Weddingt Nightmare est pour vous. On trouve un plaisir presque sadique à suivre la chasse à l’homme - à la femme en l’occurrence - et à voir les protagonistes tomber les uns après les autres, de la manière la plus gore possible, et ce jusqu’à la grande boucherie finale.

    Mais ne nous y trompons pas : comme pour Brightburn : L'Enfant du mal, la cible visée n’est pas cette innocente mariée ou ces parents trop aimants mais bien le mariage et la famille. Ce qui n’empêche pas les scénaristes de transformer les proies en chasseurs, lorsque par exemple Grace se transforme littéralement en Carrie vengeresse ou lorsque le père de Brandon choisit de prendre l’arme contre son propre fils. À ce moment, les intrigues devient carrément subversives. Subversion trouvant d’ailleurs son illustration sonore dans Brightburn : L'Enfant du malavec la bande-son d’une certaine Billie Eilish, qui propose son titre qui l’a fait connaître et qui convient à merveille pour ce film : "I'm that bad type / Make your mama sad type / Make your girlfriend mad tight / Might seduce your dad type /I'm the bad guy" (Bad Guy).

    Ces deux petits films d’horreur sont à voir en ce moment sur Canal+ .

    Brightburn : L'Enfant du mal, film d’horreur américain de David Yarovesky, avec Elizabeth Banks, David Denman, Jackson A. Dunn, Matt L. Jones et Meredith Hagner, 91 mn, 2019
    sur Canal+

    https://www.canalplus.com/cinema/brightburn-l-enfant-du-mal
    Wedding Nightmare (Ready Or Not), film d’horreur américain de Matt Bettinelli-Olpin
    Tyler Gillett, avec Samara Weaving, Adam Brody, Mark O'Brien, Henry Czerny, Andie MacDowell, Nicky Guadagni, Melanie Scrofano, Elyse Levesque et Kristian Bruun, 95 mn, 2019, sur Canal+
    https://www.canalplus.com/cinema/wedding-nightmare

    Voir aussi : "Quand je pense à la vieille Anglaise"

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  • Bien mieux qu'une thèse sur les frigos au cinéma

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    L’‎Œil du frigo nous régale de ses chroniques sur les frigos au cinéma. Celle qu'il nous propsoe cette semaine sur le mémorable 127 heures de Danny Boyle a ceci de particulier qu'elle résume à elle seule tout l'intérêt de parler de ces appareils d'électroménager présents sur les grands écrans, dans des scènes a priori anodine. Focus sur 127 heures donc, un drame tiré d'un fait réel : à ne surtout pas copier comme l'écrit Philippe, notre œil du frigo.  

    Nous voici prêt pour un long moment cinématographique : 127 H de Dany Boyle, ou comment tout savoir sur le Blue John Canyon en Utah !

    Sur une musique tonitruante, Never Hear Surf Music Again Free Blood, le beau James Franco s’apprête à partir en expédition. Comme on fait tous, il ouvre son frigo et remplit son sac. Le frigo reste pratiquement tout le temps du générique dans le champ et raconte finalement toute l'histoire. Je dis ça au cas où les spectateurs fainéants de la rétine ne voudraient pas se taper 127 heures de film. Dans ce frigo, la main droite de James cherche et attrape nourriture, boissons énergétiques et laisse tomber les bières Coors. On sent qu'on ne part pas en pique-nique. C'est du sérieux. Mais c'est surtout le travelling qui est impressionnant : pourquoi montrer cette main en travelling se saisissant des objets vitaux pour partir en randonnée ? Il faut quand même remercier le caméraman qui s'est frappé un déplacement de gauche à droite et de droite à gauche pour servir les idées de Dany Boyle.

    Un chicken burrito de la marque Patio, me direz-vous, c'est pas spécialement fun quand on part à l'aventure. On pense tout de suite qu'il va se faire un feu de camp, se faire griller son poulet et l'enrober dans des galettes de maïs. Mais le frigo livre tout fait, tout frais, y a plus qu'à se régaler. Bon, le ketchup dans la porte reste à sa place : c'est déjà ça. Évidemment, la boisson énergétique est emballée aussi avec un sac blanc dont on ne saura rien. Un homme face à son frigo et l'histoire est lancée. Je ne peux pas disserter davantage sans tout révéler du film mais Dany a bien fait ses courses et le frigo cinématographique est bien achalandé.

    Je ne vous proposerai aucune recette avec ce qu'il y a au fond de ce frigo, Peut-être tout au plus une salade de fruits avec une tomate, mais je ne suis pas sûr que cela serve le propos du film. Car si Dany a placé un frigo en tout début de l'histoire, ce n'est pas pour coincer cette scène en plein milieu du film dans le canyon. Le récit se situe entre la pomme et le ketchup. Le plan dans le frigo semble ruisseler sur les victuailles pour nous expliquer le film. Si je devais faire une thèse sur les frigos dans le cinéma (histoire d'écrire cinq cents pages et la présenter dans un amphi) je choisirais forcément cette scène. Je sais, je suis comme ça : parfois je fais des vrais choix, douloureux voire cinglants. Je passe sous silence l'univers du placard adjacent pour ne pas vous trop raconter ce film.

    Un film qui traite d'un cercueil de pierre et du renoncement, on est loin de Burried de Rodrigo Cortes (qui n'a aucun frigo), mais quand même : "uUn homme enterré vivant doit s'en sortir..." Si j'avais envoyé ce pitch à une société de production, j'aurais perdu toute crédibilité... Ah oui ! c'est vrai : J'en ai pas ! Ne renoncer à rien, pas même à un Chicken Buritto et l'humanité en sort grandie. Un petit rappel : cette histoire est une histoire vraie, mais c'est interdit de copier !

    ODF

    127 heures, drame américain de Danny Boyle
    avec James Franco, Clémence Poésy et Kate Mara,
    2010, 94 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "127H Frigo"
     

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  • Quand je pense à la vieille Anglaise

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    C’est une adaptation brillante que je vous invite à découvrir : celle de La Maison biscornue, un roman policier méconnu et d’une rare cruauté d’Agatha Christie. Ce téléfilm britannique a été réalisé par un Français, Gilles Paquet-Brenner, avec au scénario Julian Fellowes. Le nom ne vous dit peut-être rien. Il s’agit pourtant du showrunner de la série Dowton Abbey. Il fallait bien ce talent pour mettre en image l’une des œuvres géniales de la vieille dame anglaise, devenue la papesse du crime.

    À la fin des années 40, L’homme d’affaire et célébrité Aristide Leonides a été tué chez lui, dans sa grande demeure, que la romancière britannique décrit ainsi : "C’était, là je le compris tout de suite, non pas une villa anglaise mais… un château manqué." Une maison biscornue (Crooked House) donc.

    L’enquêteur Charles Hayward est chargée par Sophia Leonides, la petite fille du millionnaire, de retrouver l’assassin. Le détective ne peut rien refuser à la jeune femme, avec qui il a eu une brève relation quelques années plus tôt en Égypte. Rapidement, les soupçons se portent sur les membres de la famille.

    Un château manqué

    Il y a Lady Edith de Havilland, la belle-sœur d’Aristide. Il ne faut pas oublier les filles et les belles-filles du tyrannique vieillard, sans oublier ses petits enfants, Josephine et Eustace et la veuve éplorée, Magda Leonides. Qui a donc empoisonné Aristide Leonides, et pourquoi, car le vieil homme gardait des secrets ?

    Je m‘arrête là sur l’intrigue qui aboutit, on s’en doute, à la découverte par le détective sans peur et (presque) sans reproche du, de la ou des coupables. Les fans de films d’époque se régaleront avec l’ambiance, les décors, les costumes et les coiffures de ce téléfilm d’une belle qualité, à la facture certes classique. Au scénario, Julian Fellowes a fait merveille pour adapter le policier d’Agatha Christie.

    Au casting, le spectateur découvrira un joli gratin. Glenn Close tient le rôle de la doyenne caustique et rude. Christina Hendricks, qui avait explosé dans Mad Men, est Brenda, la deuxième épouse du businessman, submergée par le chagrin (si tant est que ce n'est pas de la comédie). Sans oublier Gillian Anderson, méconnaissable en Magda Leonides, belle-fille illuminée autant qu'incomprise.   

    La Maison biscornue est à voir en ce moment sur Canal+.

    La Maison biscornue, téléfilm policier anglais de Gilles Paquet-Brenner, scénario de Julian Fellowes, avec Max Irons, Stéfanie Martini, Glenn Close, Honor Kneafsey, Christina Hendricks, Terence Stamp, Julian Sands, Gillian Anderson, Christian McKay, Amanda Abbington et Preston Nyman, 2017, sur Canal+
    Agatha Christie, La Maison biscornue, éd. Club des Masques, 1951, 189 p.
    https://www.canalplus.com/telefilms/la-maison-biscornue

    Voir aussi : "Maîtres et serviteurs à Downton Abbey"

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  • Un certain été 1985

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    Les cinémas sont sur les starting-blocks après cette difficile période de confinement. C’est l’ocasion ou jamais de parler de ces films qui vont faire parler d’eux, et le celui de François Ozon, Été 85, fera certainement partie de ceux-là.

    L’été de ses 16 ans, Alexis, lors d’une sortie en mer sur la côte normande, est sauvé héroïquement du naufrage par David, 18 ans. Alexis vient de rencontrer l’ami de ses rêves. Mais le rêve durera-t-il plus qu'un été ? L'été 85…
    Cette histoire sera à découvrir en salle, cet été, bien sûr. Date de sortie prévue : le 14 juillet 2020.

    Été 85, drame de François Ozon, avec Félix Lefebvre, Benjamin Voisin,
    Philippine Velge, Valeria Bruni-Tedeschi,
    Melvil Poupaud et Isabelle Nanty, 1H40,Diaphana,
    en salle le 14 juillet 2020

    http://diaphana.fr/film/ete-85

    Voir aussi :"Arnaud Prochasson : Emi, c’est potentiellement notre copine à tous"

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  • Le bruit du frigo

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    Nous parlions la semaine dernière du Bruit des Glaçons de Bertrand Blier. Cette semaine, L’‎Œil du frigo nous parle du film Flight de Robert Zemeckis. Un pilote d'avion hérïque mais alcoolique se perd dans les boissons d'un mini frigo. Une ivresse avant l'heure, avec un clic comme appel à la tentation.   

    Cette fois ci, on fait dans le mini frigo, voire le mini bar. Flight du grand Robert Zemeckis grand réalisateur, entre autres, de Retour vers le Futur, mais aussi producteur de L'Oeil public (superbe) que je signale au passage entre frère d'oeil - on se fait du pied!

    Bref, Whip joué par Denzel Washington, vient d'éviter un crash d'avion de ligne. Il a de façon très acrobatique et peu académique sauvé presque tous les passagers en ne faisant que six morts au lieu de tout le monde. Même s'il est héroïque, cela ne suffit pas... En fait il était complètement bourré, ce qui lui a permis d'être inventif et sans barrière académique pour sauver son avios. Mais la morale le rattrape...

    Dans cette scène, Whip est mis en cale sèche, mais il entend un bruit : celui de la tentation. Ecoutez bien la bande son. Il se rend dans la chambre voisine et entend un avion qui passe. Ce bruit là : la passion.Mais surtout, il entend un clic et un moteur d'un mini frigo qui se met en marche. Ce bruit là: la tentation ! On notera cette petite musique qui rentre dans le cerveau.

    Pour ceux qui ont déjà entendu ce bruit discret d'un frigo vous savez de quoi je parle (pour la petite histoire sachez que mon premier frigo a été un frigo de caravane prêté par des amis chaleureux qui me voyaient peiner dans mon studio sans frigo. Voilà peut être d'où vient mon amour pour les frigos. Ne pas en avoir, et clic : un traumatisme de plus. Bref, ce frigo silencieux faisait des clics toutes les dix minutes... Bon, je vous raconte pas la suite).

    Dans la tête de Whip, ce clic agit comme un déclic et l'ode de la tentation agite ses neurones. Un frigo dans un hôtel pour un alcoolique, c'est fiesta assurée. Il se dirige vers le mini frigo, devenu minibar. Lorsqu'il l'ouvre c'est le paradis : tous les alcools rangés comme il faut. Prenez en de la graine pour ranger votre frigo. Comment résister à la tentation lorsque tout est à portée de main, de soif ! Même la lumière est éblouissante et son cerveau est en ébullition.

    La mise en abîme de whip au travers du fond du frigo est magnifique, appuyée par cette musique : on sent l'intérieur du frigo se déverser dans la tête de Whip, comme un plaisir si longtemps retenu. Merci au cadreur d'avoir tenu au fond du minibar sans tout boire !

    Finalement il n'y a rien de mieux que la tentation, surtout dans une chambre d'hôtel... Mais Whip est raisonnable, il ne prend qu'une bouteille, ferme le frigo, éteint cette lumière et montre à quel point il est un homme fort devant un frigo sexuellement attirant. Il pose comme un défi une bouteille sur ce frigo, la dernière note de piano s'évapore, la tentation est lourde et une main surgit provoquant la joie du mini-frigo. Un cling vient de tilter dans la tête de WHIP qui se saisit de cette bouteille.

    Bravo à Zemeckis, pour ceux qui n'ont jamais été submergés par la tentation ce bruit ne sera pas significatif (filez directement à la fin). Pour tous les autres assis devant leur frigo ou devant leur amant tant convoité, ce bruit inspiré du clic du frigo est extrêmement bien trouvé. La liberté au bout du clic, voire du "cling", un frigo qui vous fait sortir de votre apnée et qui vous ouvre tout. Enfin, c'est jouissif. Evidemment, Whip sera légèrement défoncé pour sa prestation au tribunal, mais le plaisir avant tout. C'est encore un truc écrit dans la bible : "Ne pas céder à la tentation." Mais à l'époque, il n 'y avait pas de frigo... alors c'est obsolète ! Pour ceux qui comme moi ont cessé depuis bien longtemps de lutter, indice de résistance zéro, ils se reconnaîtront !

    Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder. Résistez et votre âme se rend malade à force de languir ce qu'elle s'interdit : du Oscar Wilde dans le texte.

    ODF

    Flight, drame américain de Robert Zemeckis
    avec Denzel Washington, Kelly Reilly, Bruce Greenwood,
    Don Cheadle, John Goodman et Melissa Leo
    2013, 8139 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Flight Frigo"
     

     

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  • Dujardin au frigo

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    C'est au cinéma hexagonal que L’‎Œil du frigo rend hommage cette semaine, avec un focus sur le grand Bernard Blier et le non moins immense Jean Dujardin. Oui, le premier à diriger le second dans l'inimitable Le Bruit des Glaçons, sorti en 2010, soit un an avant le chef d'oeuvre qu'est The Artist. Il n'y avait que Blier pour raconter avec sa verve inimitable l'histoire de cet écrivain en dépression face à son cancer. En dépression mais aussi alcoolique. D'où la présence d'un frigo. Voilà, on y est.  

    Le bruit des glaçons de Bertrand Blier, présente une scène de frigo inédite. Pour une fois un homme met complètement la tête dans le frigo et jubile. Il faut dire qu'il a de quoi. Il est suivi par Albert Dupontel qui lui colle aux basques comme un cancer dont on n'arrive pas à se débarrasser... Ah, mince ! C'est son cancer. Il lui parle, le critique et lui fait des réflexions de cancer : tout un film là-dessus... Pensez-vous qu'un cancer puisse comprendre la perte d'un amour ? Celui qu'on tient comme la sève de sa vie ? Non un cancer n'y entend rien et il se demande bien pourquoi Charles Faulque (Jean Dujardin), en peine de coeur, s'est amouraché d'un frigo.

    Alors, l'explication est simple : une chaise, en admiration devant cette porte qui s'ouvre vers des abîmes abyssaux. Il est temps de tutoyer les anges, de toucher à la sève de toutes ces bouteilles qu'un vieux frère frigo tient au frais. Dujardin y met la tête, sourit avec ses yeux, s'y noie... "J'avais la tête dans le frigidaire." Il remplace sa sève rouge sang, gorgée d'amour pour sa femme, par de la blanche, translucide et hautement alcoolisée. L'oeil de Dujardin pétille et son cancer se noie à son tour.

    Un être humain peut il être ami avec un frigo? Que ceux qui n'ont jamais été fous d'amour s'assoient devant leur frigo et l'imaginent rempli de bibine à vous faire péter une durite. Plus besoin de cancer, d'amour, de ciel bleu : mettez la tête dans un frigo rempli d'alcool et vous atteindrez le paradis, les danseuses légères et les effluves des aventures perdues. Jean Gabin le décrit mieux que moi dans Un singe en hiver d'Henri Verneuil en refaisant le monde avec Belmondo : "Dis-toi bien que si quelque chose devait me manquer, ce ne serait plus le vin, ce serait l'ivresse  !". Jean-Paul Belmondo n'est pas en reste : "Je m'étais fait hier, je crois, la tête de l'homme qui boit. Demain de quoi sera-t-il fait ?" (Un singe en hiver, 1962, écrit par Michel Audiard).

    Vous remarquerez aussi au passage que si le frigo n'y suffisait pas, il est aussi entouré d'autres bouteilles, histoire de s'assurer que Dujardin pourra bien tout boire. C'est très gentil à lui de prendre soin des peines de coeur de son personnage. Soigner un chagrin d'amour en se foutant la tête dans le frigo, vous me dire qu'il y a peut être plus original. Mais cela a au moins le mérite de laisser son cancer "coi".

    Merci Blier pour cette leçon frigoristique. A voir donc, et surtout revoir Un singe en hiver. Immenses.

    Le Bruit des glaçons, drame français de Bernard Blier
    avec Jean Dujardin, Albert Dupontel, Anne Alvaro et Myriam Boyer
    2010, 87 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Le Bruit des Glaçons Frigo"
     

     

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  • Trop mignon, le frigo

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    Ted est le héros tout mignon de cette comédie familiale et gentillette... Enfin non. Ted, est cet ourson irrésistible et surtout mal embouché, faisant aussi de cette farce assez grasse une allégorie du passage de l'enfance à l'âge adulte. L'Œil du frigo fait un zoom sur une scène hilarante entre John (Mark Wahlberg) et sa peluche infernale. Sans oublier la petite amie Samantha (Amanda Seyfried) et un frigo.

    Nous voilà bien : un homme et un ours dans un film se partagent la vedette. Ici, ils doivent se prendre une bière. Je vous laisse regarder cette séquence où l'homme se bat avec son double imaginaire pour boire sa bière tranquille.

    Notre cher Ted a une idée fantastique néanmoins : celle d'ouvrir le frigo. Il n'en fallait pas moins pour exciter tous mes sens, oui tous mes sens. Ne soyez pas jaloux, c'est un travail de longue haleine. C'est ainsi que le beau Mark et tous ses biscotos se fait siffler la seule bière qui reste dans le frigo. Il s'ensuit alors une course poursuite d'un niveau d'âge mental indéterminé pendant que miss Barbie est au téléphone.

    Revenons donc à notre frigo et sortons de ce monde virtuel où il est tout à fait normal de vivre avec un homme adulescent et son doudou ours. C'est je crois cela qu'on doit appeler la réalité augmentée... Ça laisse songeur! Bref, un beau frigo, ouvert en grand, et à la taille dudit Ted, plus simple pour lui. Nous avons un très beau champ contre champ frigoristique qui nous montre qu'en un plan des choses peuvent disparaître dans un frigo au cinéma.

    Si vous regardez bien la boîte blanche située juste à coté de la bière, elle n'existe pas dans le plan du fond du frigo, pourtant elle est assez haute pour être visible sur ce plan. Bien que l'on découvre avec stupéfaction le vide intersidéral du frigo du beau Mark avec ses biscotos et son ami l'ours (y a-t-il un rapport de cause à effet avec son cerveau ?). On ne peut s'empêcher de se demander ce qu'il y avait dans cette boîte blanche que le FBI à laissé filer... J'avoue j'ai ma petite idée que je ne la partagerai pas avec vous : je reste à regarder ce frigo avec sa porte bien remplie de condiments de toutes sortes, qui ne doivent pas servir à grand chose vu l'état du frigo.

    Heureusement, il reste cette bière qui trône de façon phallique en plein milieu du vide. Un symbole de plus qui nous plonge dans les méandres masculines de la bière, de l'homme et de ses préoccupations en présence de son amie Barbie.

    Tout se termine bien finalement avec cette éjaculation de bière, alors que Barbie jubile au téléphone. Et après, on dit que j'ai l'esprit mal tourné.

    ODF

    Ted 2, comédie de Seth MacFarlane
    avec Mark Wahlberg, Amanda Seyfried et Seth MacFarlane 
    États-Unis, 2015, 115 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Ted 2 Frigo"

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  • Tiens, prends ça !

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    Bon, je pense qu'on sera tous d'accord : la franchise des Taken ne font pas partie des grands films de cinéma. Liam Neeson s'illustre en héros invincible dans ce gros divertissement qui tâche. L'Œil du frigo, qui n'a décidément peur de rien, s'intéresse à l'une de ces courtes séances paisibles autour d'un frigo.

    Taken 3, c'est le type hyper entraîné à qui il arrive toujours quelque chose de grave. Non, ici on ne lui a pas volé son Kinder-Pingui dans le frigo, mais il faut bien se faire un petit plaisir de temps en temps.

    On n'est pas encore rentré dans le vif du sujet à ce moment du film. Je vous laisse découvrir quel élément de la famille va être touché et qui est le méchant salopard. Au début on ne voit pas ce vilain frigo, mais on sait comment il faut placer son yaourt préféré pour qu'il soit à la bonne température : si quelqu'un fait ça, qu'il me le dise. Il existe un service psy pour vous soigner, à moins qu'on ait une application pour ça. Ensuite, on lèche à peine l'ouverture du frigo : on sait que la bouteille de champagne est au frais pour la suite. Il y aura de grandes chances qu'on la débouche à la fin du film.

    Mais, après l'apéritif, voici le moment clé où Kim (Maggie Grace) va ouvrir cette caverne si bien rangée au millimètre. Son petit ami l'embrasse, on sent qu'il n'est pas trop refroidi, et qu'il n'a pas placé ses cucurbitacées au rayons légumes. Bref, après un échange buccal langoureux, le pauvre est placé au congélateur : la belle Kim préfère aller prendre son pot de yaourt (qui ressemble à un port de moutarde), car c'est l'heure et il doit être à la bonne température même s'il n'est pas placé à la quatrième position.

    Évidemment vous avez tous vu qu'elle boit du bon jus d'orange Minute-Maid, un truc Organic 1% vert et que le champagne de daddy est du Taittinger, une grande marque de champagne qui s'offre pour un anniversaire ou à l'occasion d'un cadeau comme un Panda géant surnommé Ted et qui va... non, là je m'égare (Y a t'il un frigo dans Ted ?).

    Donc, revenons aux cucurbitacées. Elle lui demande d'attendre une seconde, le temps d'aller prendre un yaourt frais, de voir le Post-it de Daddy dans le frigo. Le pauvre gars, je le pense, attend toujours. En deux mots, si une fille vous préfère à un frigo, posez-vous la question de savoir si vous êtes bien frais.

    Allez, Bon Film.

    ODF

    Taken 3, action de Olivier Megaton
    avec Liam Neeson, Forest Whitaker,
    Maggie Grace et  Dougray Scott
    France, 
    États-Unis et Espagne , 2015, 109 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Taken 3"

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  • Arnaud Prochasson : "Emi, c’est potentiellement notre copine à tous"

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    Nous parlions il y a quelques jours du court-métrage d’Arnaud Prochasson, Emi. Le réalisateur a été récompensé lors du dernier VIFF (Varese International Film Festival). Il a bien voulu répondre à nos questions. Une interview confinée, bien entendu.

    Bla Bla Blog – Bonjour Arnaud. Ton actualité du moment c’est un film, un court-métrage, Emi, pour lequel tu as obtenu le prix du meilleur réalisateur au Festival du Film International de Varèse. Félicitations à toi. Raconte-nous comment s’est passée cette manifestation. Cette récompense était-elle une surprise ?
    Arnaud Prochasson Bonjour et merci beaucoup. Le festival de Varese s’est adapté au Covid-19, comme beaucoup d’autres. Beaucoup ont été annulés, d’autres reportés, et certains comme Varese sont devenus online. Ils ont décidé de faire des sélections mensuelles avec une finale en fin d’année regroupant tous les gagnants des compétitions mensuelles. Emi a donc reçu son prix pour la sélection de mars. J’ai reçu un mail me confirmant ma sélection et trois jours après, j’ai été taggué sur Facebook par le festival. C’est comme ça que j’ai appris le prix. Autant te dire que je n’ai pas beaucoup d’anecdotes de festival à te raconter. À part que c’était totalement inattendu comme prix.

    BBB –Emi est un court-métrage de moins de 4 minutes qui nous raconte l’histoire d’une séparation. Qu’as-tu voulu raconter dans ce film ? Et d’abord, sans nous spoiler, qui est cette Emi que l’on voit finalement très peu ?
    AP –
    Le film tente de parler des choix que nous faisons. Ici, sans spoiler, on comprend très vite que Tom fuit sa future paternité. Il se prend le coup de flip qui doit toucher pas mal d’hommes dans cette situation. Ça parle du choix de partir, et du choix de revenir… ou pas. Emi, c’est donc potentiellement notre copine à tous. Ce qu’on sait d’elle, c’est qu’elle ne veut pas que Tom parte et tente de le faire revenir sur sa décision.

    BBB –Peux-tu nous raconter l’histoire de ce film depuis le moment où tu en as eu l’idée ?
    AP – C’est tout simplement un rêve que j’ai fait. Dans mon rêve, je me vois en train de m’embrouiller au téléphone avec ma copine. Je rentre dans cette ruelle, passe devant un bar ou plusieurs jeunes se moque d’un autre, plus frêle. Je suis bloqué au bout de la ruelle, la communication se coupe. Je fais demi-tour et je tombe au milieu de cette dispute entre jeunes. Le plus frêle s’enfuit vers le boulevard. Accident ! Arrivé sur place, je me rends compte que le jeune a disparu et que le mec par terre, c’était moi. Ça, c’est mon rêve ! Il y a pas mal de similitudes. Le reste, on l’a brodé autour pour accentuer la dramaturgie. On a réécrit avec mon chef op jusqu’à la veille du tournage au grand dam de ma première assistante et on a réécrit tous les dialogues une heure avant de tourner, au grand dam des comédiens.

    BBB –Le tournage s’est tourné à Montargis où tu as tes attaches. C’était important d’y poser tes caméras ?
    AP – Important oui et non. Ce qui était important c’était de pouvoir tourner dans des conditions logistiques confortables et de bénéficier d’un maximum de coups de main locaux ô combien vitaux. Bloquer une ruelle comme ça, de nuit, avec un carrefour fermé à la circulation, une destruction de voiture et des machines à fumée de partout, à Paris, m’aurait été tout bonnement refusé. Surtout sans prod derrière. À Montargis, ça a pris deux mails et deux coups de téléphone. L’avantage d’avoir grandi ici fait que je connais très bien les élus locaux. On a eu tout ce qu’on voulait niveau autorisations de tournages, rues bloquées et places de parking réservées. Je tiens à remercier Benoit Digeon, le Maire. Le député, Jean-Pierre Door nous a même prêté sa permanence pour servir de local maquillage, régie et costumes. Mes parents ont participé activement à l’hospitalité de l’équipe, ça aussi, c’est précieux. Et, grâce à Erick Serdinoff et son association des Prospecteurs du 7ème Art, nous avons pu tourner avec les jeunes pour les postes techniques (machine à fumée, éclairage, blocage de rue, etc.). Sans eux, ç’aurait été vraiment galère !

    BBB – Et puis il y a le boulevard des Belles Manières. Pourquoi avoir choisi ce lieu ?
    AP –
    Par pur pragmatisme. On avait une nuit de tournage. Déplacer une équipe prend du temps. Et là, on en manquait. Les Belles Manières avaient tout ce qu’on recherchait : un décor qui semble vraiment différent et loin de la ruelle, un environnement urbain mais sans voiture qui passent, et une proximité immédiate avec le local matériel et la ruelle Pinon. On a juste bloqué l’accès au parking la nuit et on avait réservé quelques places de parking pour donner de l’espace autour d’Emi.

    "Le Covid-19 a pas mal chamboulé mes plans"

    BBB – Peux-tu nous parler des personnes et notamment des acteurs qui t’ont accompagné dans ce projet.
    AP – Ici aussi, c’est des habitués. C’est mon deuxième tournage avec Nicolas Buchoux (Tom), que vous avez pu voir dans Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ? Il est très pointilleux. Au café, avant le tournage, j’ai du lui mimer avec les doigts les déplacements de caméra du plan séquence. Et presque chaque plan du film. C’est rare de rencontrer des comédiens aussi précis. Amélie Ressigeac (Emi), était avec moi au CLCF (Conservatoire Libre du Cinéma Français). Elle avait tourné dans mes deux premiers courts. Depuis elle s’est reconvertie et travaille désormais avec les enfants. On a profité de sa maternité toute récente pour l’écriture du personnage. C’est également la conjointe de Yann Tribolle (qui a travaillé entre autres avec Mathieu Kassovitz sur L’ordre et la Morale), mon chef op binôme depuis de nombreuses années. On faisait d’une pierre deux coups. Jérôme Godgrand, (Émilien) c’est mon troisième court métrage avec lui. Il tourne vraiment pas mal en ce moment. Tu l’as surement vu dans la dernière pub Ikea à la TV. Je suis amoureux de lui. Il a une façon tellement incroyable de donner de l’épaisseur à ses personnages. Il fourmille d’idées : c’est lui qui a proposé le couteau par exemple. Les peluches, c’est Rodrigue (un jeune des Prospecteurs) et Hassan (un pote réal du CLCF qui voulait donner un coup de main et assister au tournage). Vu que je suis lancé, je tiens aussi à mentionner Sarah Wagner (rédactrice à Canal+), ma coscénariste depuis l’école, qui est toujours d’une aide précieuse quant à la direction d’acteurs et à tous les petits détails que je ne vois pas forcément au milieu du chaos. Julie Gobiet (Golden Moustache), ma première assistante réal, est responsable de l’organisation aux petits oignons et de la fin de tournage presque dans les délais. Pierre Sweiker et Philippe Benoist, fidèles parmi les fidèles, au son. Philippe a même assuré la musique et le sound design, qui était super fun à faire. Le seul nouveau, Samuel Vergnaud, le maquilleur, a permis au plan séquence d’exister grâce à sa dextérité incroyable. Et bien sûr, tous les jeunes des Prospecteurs.

    BBB – Être récompensé comme meilleur réalisateur c’est prouver que l’on a univers artistique qui est déjà là. Comment pourrais-tu définir le tien ? Et as-tu des figures du cinéma qui t’ont inspiré ?
    AP –
    Ce que j’aime, c’est partir du réel, d’un ancrage social fort et progressivement glisser vers le genre. Là, c’est très court, très sensoriel. L’histoire est vraiment racontée par l’image, les couleurs, l’ambiance sonore... Le principe même d’Emi justifiait cette esthétique vaporeuse, évanescente... J’aime beaucoup le sensoriel c’est vrai. L’impact de l’image, du raccord, du hors champ, sur le spectateur. J’aime le mouvement, la fluidité, le défi technique, la puissance évocatrice de l’image.  J’aime quand il se passe plein de trucs, partout, tout le temps, avec une narration en engrenage. Pour les figures de cinéma, je ne vais pas être très original : comme beaucoup de réals de ma génération, Spielberg, Tarantino, Fincher et Cameron ont abreuvé notre cinéphilie. Aujourd’hui, j’adore Denis Villeneuve, Nolan, Cuaròn et Del Toro. Des mecs qui parlent d’abord à nos sens en fait, qui pensent qu’une image vaut mille mots.

    BBB – Quels sont tes projets pour cette année ? Des courts-métrages ? Un long-métrage en préparation peut-être ?
    AP – Le Covid-19 a pas mal chamboulé mes plans. Avec Sarah, nous avons été sélectionnés pour la prestigieuse compétition Création du Festival des Scénaristes de Valence pour Crash, un projet de série de 8 x 52 que l’on mène depuis plusieurs années. Le Covid-19 a annulé le festival. J’essaye aussi de me faire produire Bonne Année, mon prochain court, beaucoup plus gros que celui-ci. Dedans, il y aura aussi une séquence de nuit dans une ruelle et un très long plan séquence. Emi est un peu la démo de Bonne Année. Et puis, Emi se balade un peu partout en festival. En trois mois, une douzaine de sélections sont confirmées. J’espère voir un peu de pays dans les prochains mois en festival et, pourquoi pas, il n’est pas interdit de rêver, rencontrer mon producteur de demain.

    BBB – Pour terminer, en cette fin de confinement, comment s’est passé le tien ? Est-ce que tu l’as bien vécu ?
    AP – Je suis confiné à Paris avec ma copine, podcasteuse. On a l’habitude de travailler de chez nous donc on n’est pas tellement chamboulé. Je t’avoue que ma créativité n’est pas au top en ce moment. C’est en partie dû à la déception de l’annulation de Valence. Avec Sarah, nous avons néanmoins finalisé le dossier de Crash, j’ai réécrit Bonne Année et je continue d’envoyer Emi, en festival. Sinon, pour la rubrique insectes : on a eu des punaises de lits, des souris et des fourmis. Nous avons donc eu un confinement très animé où la solitude n’a que peu régnée. Accessoirement, j’ai rattrapé un retard fou en matière de séries et de films. Je voulais lire des livres aussi… Ils sont encore sur l’étagère. Je devais finir ma bande démo. Je crois que je vais m’y remettre, tiens.

    Merci, Arnaud.

    Emi, court métrage d’Arnaud Prochasson, avec Nicolas Buchoux, Jérôme Godgrand, Amélie Ressigeac, Rodrigue Staub et Hassan Benali, France, 2010, 3 mn 39
    https://www.facebook.com/arnaud.prochasson
    https://vimeo.com/368991314/eab362577a
    ITW "Arnaud Prochasson primé à Varese", La Gatinaise WebTV

    Voir aussi : "Emi primé au Viff"

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  • Frigo alcoolisé

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    Cette semaine, Bla Bla Blog propose la dernière chronique en date de L'Œil du frigo. Au menu, Leaving Las Vegas, avec l'innénarable Nicolas Cage et son frigo particulièrement achalandé en boissons alcoolisées.

    Alors voici un passage de frigo comme je les aime. Dans le subtil film de Mike Figgis, il n'y a que trois personnages : Ben (Nicolas cage), Sera (Elisabeth Sue) et l'alcool (vodka, téquila, whiskys, rhum...). Le dernier personnage étant le plus difficile à cerner tant il prend des pseudos différents tout au long du film. Mais quelle présence à l'écran !

    La scène du frigo du grand Nicolas Cage est fabuleuse. Il est tellement en manque que les spasmes le clouent dans son canapé. Début d'une longue descente aux enfers. Alors qu'il ne peut réfréner la souffrance de son corps et il rampe vers le frigo. Regarder par où il passe, il entre par dessous le cadre pour atteindre la porte des victuailles. C'est suffisamment rare cette approche frigoristique qu'il faut le souligner.

    On aurait pu imaginer qu'il se fasse un sandwich histoire de reprendre un peu des forces, mais non là il sort un vieux bidon de jus d'orange et un bonne téquila tenue au frais : il paraît que ça passe mieux au fond du gosier. Le manque, le manque, le manque dirige ses gestes et ses tremblements. Il n'est illuminé que par la petite loupiote du frigo. Mike Figgis éteint et rallume la lumière comme si on ouvrait et fermait la porte du frigo. C'est hypnotique. Ben est blafard, agonisant, il tête son bidon à la recherche de l’oxygène avec pour seul témoin un frigo qui lui tend les mains. Il n'y pas plus désœuvrée comme scène. Rien de romantique, pas de lueur d'espoir. Croyez-moi : si on se trouve agonisant devant la porte de son frigo c'est qu'on a touché le fond, n'essayez même pas.

    C'est le fond de Ben de dépasser le fond. Sa démonstration est grandiose. Mike Figgis le sait en plaçant cette scène. Il indique qu'il n'y aura pas de retour en arrière malgré les appels à la vie de la belle Sera, une sirène qui l'appelle avec l’écho de la sensualité. Ben est ailleurs.

    Pourtant il faut signaler qu'il y a du pain de mie et quelques pâtes à tartiner dans ce frigo. Mais la vodka l'emporte sur tout. C'est sans doute une exploration du terme "boire comme un trou". Ben s'y engouffre et s'en va vomir sa vie.

    Un magnifique film, sans doute à ne pas regarder en ces temps de confinement : "Le désespoir est dans le frigo". Je vous laisse deviner la fin.

    ODF

    Leaving Las Vegas, drame de Mike Figgis
    avec Nicolas Cage et Elisabeth Shue
    États-Unis, 1995, 115 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Leaving Las Vegas Frigo"

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  • Emi primé au Viff

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    Coup de projecteur sur un film primé au Festival du Film International de Varèse.

    Arnaud Prochasson a été récompensé dans la catégorie meilleur réalisateur pour son court métrage Emi. Ce réalisateur originaire de Montargis a tourné dans la Venise du Gâtinais cette histoire d’amour et de mort où le désespoir le dispute à la folie. Et pour capter ces moments où tout bascule, il fallait un artiste de la trempe d’Arnaud Prochasson, que le jury du VIFF (Varese International Film Festival) a remarqué.

    Pour ce court-métrage d’un peu moins de quatre minutes, l’histoire se resserre à l’essentiel : Tom est au téléphone avec Emi. Il a décidé de la quitter. Mais au moment où il s’aventure dans une ruelle, l’inattendu survient.

    Ce film est à découvrir sur Vimeo.

    Emi, court métrage d’Arnaud Prochasson, avec Nicolas Buchoux, Jérôme Godgrand, Amélie Ressigeac, Rodrigue Staub et Hassan Benali, France, 2019, 3 mn 39
    https://www.facebook.com/arnaud.prochasson
    https://vimeo.com/368991314/eab362577a

    Voir aussi : "La Louve de Svetlana Trébulle continue son parcours fantastique"

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  • Qui a peur du frigo ?

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    "If there's something weird / And it don't look good / Who you gonna call? / Ghostbusters!" : non seulement ces paroles doivent vous dire quelque chose, mais en plus c'est pratiquement sûr que vous aurez cette BO dans la tête pour la journée. Car Ghostbusters (le seul, le vrai, celui de 1984) est mis sur le grill par notre chroniqueur de L'Œil du frigo.  

    L'excellent et cultissime Ghostbuster cachait en son sein un frigo bien particulier. Un film où quatre chercheurs virés de l'université montent une boite de zigouilleurs de fantômes. Un film déjanté du réalisateur Ivan Reitman et surtout des scénaristes perchés - Dan Aykroyd et Harold Ramis. Un film qui a dû prendre corps lors de séances de spiritisme sous LSD. Mais passons cette introduction technique de haute voltige pour nous consacrer à notre ami le frigo qui est toujours là, même dans les grands moments de solitude.

    Dana rentre tranquillement de ses courses, qu'elle range dans sa cuisine. À ce moment, les œufs se mettent à bouillir et à exploser (haut symbole psychanalytique). Personne ne peut imaginer que tout ce chambardement d'oeufs vient du frigo. Un frigo qui grogne, et on appelle Darty direct ! Ici, l'héroïne n'a pas froid aux yeux, parole de frigo ! Elle ouvre la porte dont la petite lumière s'est transformée en projecteur éblouissant et découvre un chien cornu dans son frigo... Remarque importante : il se présente en gargarisant son nom : "ZUUULL..."

    Evidemment comme toute femme légèrement inquiète à qui on roucoule "ZUUULL", il se prend la porte du frigo dans la figure : réflexe féminin bien répertorié dans les archives de Freud au début du siècle dernier...

    Nous ne voyons que la porte de ce frigo. Le reste est déjà habité par ZUUULL. Cette porte m'intrigue, il y a au départ sept pots : des condiments ou sauces en tout genre. Et puis, quand elle referme la porte, il n'y en a plus que cinq. Peut-être que le réalisateur veut nous faire passer un message qui reste mystique: "Si tu vois un ZUUULLL dans ton frigo, prends le temps de te faire quelques cornichons trempés dans la moutarde avant de refermer la porte..."  Compte tenu de la scène, on peut aussi imaginer qu'elle a assaisonné ses oeufs au plat qui cuisent sur son plan de travail, voire qu'elle a vu que les boites étaient périmées et qu'elle en a profité pour les jeter à la poubelle...

    Pour ne pas m'égarer plus que ZUUULLL, ne vous mettez jamais dans un frigo pour surprendre votre belle , vous risqueriez de le regretter, ou alors choisissez bien vos condiments.

    ODF

    S.O.S. Fantômes, comédie fantastique d'Ivan Reitman
    avec Dan Aykroyd, Harold Ramis et Harold Ramis
    États-Unis, 1984, 105 mn

    Voir aussi : "L’‎Œil du Frigo débarque sur Bla Bla Blog"
    "Ghostbusters Frigo"

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