Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Des envies - Page 4

  • Des nouvelles de Tatiana

    Pin it!

    Pour cette chronique, il ne sera pas question d’un mais de deux livres de Tatiana de Rosnay. Explication : Café Lowendal est la version enrichie d’Amsterdamnation (éd. Livre de Poche), deux recueils de nouvelles écrites entre 2009 et 2014. Par rapport à Amsterdamnation, Café Lowendal a été enrichi de quatre histoires : Un Bien fou, La Méthode « K », La Femme de la Chambre d’Amour et Café Lowendal, qui a donné son nom à la dernière version du recueil.

    Avec plus de 70 pages, Café Lowendal pourrait être qualifié de court roman, tant par sa longueur que par sa manière de laisser l’intrigue lentement infuser, en cinq chapitres aussi amers et addictifs que du café. Gabrielle Célas est une romancière qui voit débarquer dans sa vie Victoria. Elles ne se connaissent pas mais ont un point commun : un homme qu’elles ont aimé toutes les deux, Diego, mort accidentellement quelques années plus tôt. Au moment de leur rencontre, Victoria demande à Gabrielle des conseils au sujet d’un livre qu’elle s’apprête à écrire au sujet de leur amour commun. La romancière accepte, fascinée de pouvoir se replonger dans un passé encore frais. Mais en découvrant les brouillons et les notes plutôt médiocres de celle qui a partagé la vie de son ex, Gabrielle retrouve le goût de l’écriture et se décide elle aussi à s’inspirer de Diego pour son nouveau roman, qui va, contre toute attente, connaître un très grand succès. Un piège finit par se refermer sur elle.

    Cette première nouvelle porte en elle les gènes de Tatiana de Rosnay : l’importance des lieux – ce Café Lowendal, bien entendu, mais aussi la maison de village où Gabrielle Célas s’est isolée pour écrire son histoire –, les secrets indicibles et les morts toujours présents. L’auteure franco-britannique va jusqu’à inclure dans cette histoire de vengeance et de trahison un de ses personnages de roman, Nicolas Kolt, l’écrivain à succès d’À l’Encre russe (2013).

    Cette histoire sensible et romancée est somme toute moins personnelle qu'un texte singulier et biographique, traitant lui aussi de disparus et de lieux signifiants : La Tentation de Bel Ombre traite d’une aïeule, Amélie, une Rosnay installée à l’Île Maurice. L’obligation administrative de devoir "prouver" sa nationalité française oblige Tatiana de Rosnay à partir à la recherche de ses origines. Elle en vient à trouver la trace de cette Amélie, née en 1777 place des Vosges à Paris. La vie romancée de cette femme est décrite en quelques pages, avec son lot de questions et aussi la sensation que Tatiana de Rosnay pourrait bien en faire un roman dans les prochaines années, comme elle le dit elle-même dans les dernières lignes.

    Aussi amers et addictifs que du café

    Les recueils Café Lowendal, et dans une moindre mesure Amsterdamnation, proposent des histoires resserrées, pour ne pas dire minimalistes : le récit Amsterdamnation et cette escapade morne en Hollande qui vire au drame ordinaire, un autre séjour raté en vacances qui s’avérera beaucoup moins idyllique que prévu (Un Bien fou) ou cette histoire de drague sur fond de réseaux sociaux (Sur ton Mur).

    Ozalide est une histoire d’obsession d’une fan pour un écrivain, chez qui elle décroche un job de baby-sitter : un emploi rêvé qui lui permet d’ourdir un plan machiavélique et particulièrement décontenançant.

    Le lecteur s’arrêtera plus longuement sur ces histoires d’amour et de sexe qui font tout le sel des deux recueils sortis à un an d’intervalle. Il y a d’abord cette rencontre improbable, dans un lieu glauque, entre un veilleur de nuit et une femme de ménage, une rencontre soudainement éclairée par la grâce de la danse et de la musique (Dancing Queeen). On en viendrait d’ailleurs presque à rêver d’une adaptation ciné et télé. Tatiana de Rosnay nous étonne également avec La Méthode « K » : l’auteure de Boomerang propose une audacieuse nouvelle érotique mâtinée de science-fiction. Tout aussi inattendu est Constat d’adultère. Cette fois, la romancière se fait froide chroniqueuse en se mettant dans la peau d’une détective chargée de reportée fidèlement à un client, un romancier célèbre, la filature de sa femme adultère. Le constat d’adultère s’étale sur plus de quarante pages, quarante pages qui ne laissent planer aucun doute sur les secrets les plus inavouables de cette influente épouse : "Nous nous permettons de vous rappeler que certains textes provenant des SMS et des courriels sont dans un langage cru, voire ordurier, qui ne fait pas partie de notre vocabulaire habituel." Voilà qui a le mérite d’être clair.

    Café Lowendal se termine sur une nouvelle à la forte densité romanesque. La Femme de la Chambre d’Amour parle d’un lieu et surtout d’une rencontre sur fond de contrat littéraire. Mais l’intérêt de cette nouvelle réside d’abord dans la forme d’un récit construit comme une poupée russe. Pour résumer, Tatiana de Rosnay y raconte l’histoire de Roxane, minée par une séparation, parlant d’un client romancier ayant lui-même écrit sur cette femme de la Chambre d’Amour. Ces récits imbriquées apportent le lot de mystère et de romance dans un recueil aux mille nuances.

    Tatiana de Rosnay, Café Lowendal & autres Nouvelles, éd. Livre de Poche, 2014, 275 p.
    Tatiana de Rosnay, Amsterdamnation & autres Nouvelles, éd. Livre de Poche, 2013, 126 p.
    http://www.tatianaderosnay.com

    Voir aussi : "Tatiana de Rosnay, son œuvre"
    "Méfiez-vous des hommes"
    "Trahisons et cachotteries"
    "Sous l’eau"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Jain voyage en Soulitaire

    Pin it!

    Jain est actuellement en tournée mondiale et en France. C'est à Orléans qu’elle a pu être applaudie le jeudi 14 mars, dans un zénith conquis par l’étape de son Souldier Tour, faisant suite à son dernier album, Soudier. Nous y étions.

    Seule sur scène, en combinaison bleue roi avec col et épaules rouges et baskets blanches, la plus internationale sans doute des artistes françaises prouve sa solidité, sa flamme et son professionnalisme dans un show calibré au millimètre.

    Sous une double arche croisée installée au milieu de la scène, Jain commande son spectacle derrière une console, le seul instrument visible. Du haut de ses 27 ans, la musicienne lance, rythme et nourrit sa prestation avec la maîtrise d’une DJ aguerrie ou, mieux, d’un pilote de vaisseau spatial tout droit sorti des Gardiens de la Galaxie.

    Le show s’ouvre en beauté sur Abu Dhabi, avec la projection en images de synthèses de décors orientaux, colorés et lumineux. Le choix de ce titre, l’un des meilleurs sans doute de son album Souldier, est particulièrement pertinent pour une chanteuse qui nourrit son électro pop – on devrait plutôt dire "électro world pop" – aux quatre coins du monde. Le titre Dream, chanté à la guitare, en est un autre exemple, tout comme le célébrissime Makeba, présent dans le premier album Zanaka.

    DJ aguerrie ou pilote de vaisseau spatial tout droit sorti des Gardiens de la Galaxie

    Les machines ont bien entendu la part reine, avec notamment ces morceaux emblématiques que sont Alright, On my way, Come et surtout l’irrésistible Star, capable de faire se soulever la foule. La chanteuse propose, le temps d'une soirée, un voyage musical et spatio-temporel – le choix de ces arches comme sorties de l'Antiquité n'étant pas un hasard. 

    Jain est increvable sur scène, d’une énergie communicative, perpétuellement sur ressort, et ne lésinant pas sur l’humour, comme sur le titre Zombie. Sa belle présence sur scène fait du Souldier Tour une vraie messe électro pop de la part de la plus internationale des Frenchies.

    Au Zénith d’Orléans, la première partie était assurée par Yaya Minté : contraste assuré par un artiste pop, folk et country dont les influences ont à chercher du côté des États-Unis. La voix aérienne de Yaya Minté, accompagnée par deux simples guitares (et aucune machine), renvoie immédiatement à Tracy Chapman.

    Que Jain soit partie chercher ce chanteur de la nouvelle scène est tout à son honneur.

    Jain, Souldier Tour, en tournée en France jusqu’au 15 juin 2019
    https://www.jain-music.com/fr
    https://www.facebook.com/minteyaya

    Voir aussi : "En-Jain it !"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Féloche, l’alchimiste musical

    Pin it!

    Chimie vivante : voilà un titre bien appropriée pour le dernier album de Féloche, un véritable opus organique aux multiples ramifications, dans lequel les voix, les textes, les instruments acoustiques et les structures électroniques se fondent et fusionnent avec bonheur.

    Le titre Chimie vivante aurait aisément pu ouvrir l'album de Féloche, tant il est vrai que cette proposition autobiographique est placée sous le signe de l’alchimie musicale : "Je suis une chimie vivante / Je me regarde et je m’étonne / Je suis une arme lourde / une structure atomique / Je suis une arme lourde / Je suis une ambition biologique."

    Derrière sa facture hyper moderne (Rien de secret) Féloche s'inscrit dans la ligne d'une chanson française ambitieuse : l’importance donnée aux paroles (Le miroir), utilisation d'instruments traditionnels (Tara tari) ou apports symphoniques (Crocodiles).

    Son album est un terrain de jeu, bricolé avec amour

    Féloche est un saltimbanque (Fais l'effet) et un arpenteur capable même de s'acoquiner avec la musique urbaine (P'tite tête). Un vrai touche-à-tout expérimental, mais d'une proximité indéniable avec l'auditeur qu’il guide avec insouciance. Son album est un terrain de jeu, bricolé avec amour (Colombine) mais aussi une œuvre très personnelle – ce qui n’a pas empêché le musicien de s’entourer d’artistes à son diapason : l’Italienne Naïf Herin, la chanteuse lyrique Julia Wischniewski (Chimie vivante) ou Christophe Alexandre, également auteur des Crocodiles.

    Dans Combien y a-t-il ?, le texte prend le dessus dans un titre lumineux et qui pourrait aisément faire figure de modèle d'écriture poétique, sur le modèle de Jacques Higelin : "Je suis venu insolent / Jeter sur la toile / Les heurts, les coups de sang / Des grandes marées hivernales / Mais mon pinceau a tremblé / Devant l’horizon / Roulant dans les voiles / Du haut des dunes / Où le ciel semble s’amarrer / Je vais guetter les silhouettes des contrebandiers / Et voir la mer s’avancer / Reins contre ciel / Et dans la chambre où mon cœur attend le voyage / J’aurai tôt fait d’amasser / Cartes, vivres, gages / Un peu moins que l’essentiel."

    Un autre Jacques peut être cité dans cet album : le Brel des Marquises souffle dans le très réussi Tara tari, du nom du bateau de Capucine Trochet qui, malade, a traversé l’Atlantique sur une coque de noix, contre l’avis de tous. Féloche lui rend hommage dans un titre poétique et voyageur : "Tara Tari / Je te confie ma vie / Mon histoire, ma famille / Là-bas, ici / La force des petits / De fibre d’or en Tara Tari."

    L'album se termine par une chanson déchirante sur un deuil autant que sur un appel à la vie à la musique à l'enfance et à la fête. Ça, c'est tout Féloche.

    Féloche, Chimie Vivante, Silbo Records, 2018
    http://www.feloche.com
    Dora Balagny, "Féloche, un chant son", Hexagone, hiver 2019

    Voir aussi : "Lumière NED"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Une danseuse bionique au Crazy Horse

    Pin it!

    Le Crazy Horse va bientôt secouer le milieu de la danse, du spectacle mais aussi des traditions en proposant un spectacle à la fois ahurissant, inédit et riche de sens.

    La performeuse et chanteuse britannique d’origine lettone, Viktoria Modesta, viendra se produire dans le célèbre cabaret parisien du 3 au 16 juin prochain, pour 29 représentations. Cette mannequin a la particularité d’avoir été amputée d’une jambe à l’âge de 20 ans.

    Cette épreuve, loin d’abattre Vikoria Modesta, l’a conduite à questionner l’image de la féminité et à imaginer une mise en scène dans lequel le handicap ne serait pas caché mais utilisé.

    C’est ainsi que sur scène, ses prothèses deviennent des œuvres d’art et font de la danseuse une "show-girl bionique", comme elle le dit elle-même.

    Le Crazy Horse proposera des tableaux à la fois futuristes et sexy menés par une artiste exceptionnelle qui sera accompagnée des danseuses du Crazy Horse.

    Mieux qu’un divertissement, la performance de Viktoria Modesta entend aussi nous interroger sur la féminité, la différence et la beauté.

    "Bionic showgirl", au Crazy Horse, du 3 au 16 juin 2019
    http://www.viktoriamodesta.com
    https://www.lecrazyhorseparis.com

    Voir aussi : "Brigitte Bellac, toujours debout"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Lumière NED

    Pin it!

    Lumineuse NED, qui propose, après un premier EP solo (Les garçons et les filles), son premier album, Docile… Lumineuse : le terme n’est pas galvaudé pour un opus à la pop folk sans strasses ni effets de manche. La chanteuse, qui est aussi à l’écriture, propose un album plus contrasté qu’il n’y paraît, et qui n’est pas seulement celui d’une jeune femme romantique.

    Docile parle d’amours mystérieux (Venise), d’attractions apaisantes (Docile), de désirs (La fièvre), de trahisons (Je ne sais pas) mais aussi de consolations (Ma doll). Dans une pop sucrée, délicate et folk (à l’exemple d’Envie de toi), NED revendique le romantisme et la fidélité envers et contre tout : "Tu m’as demandée ce que je ressentais pour lui / Un tas d’envies que je laisse dans un étui / Mais mon amour contre mon oreiller / Tu restes l’homme de ma réalité" (Je ne sais pas).

    La production de Docile a été soignée : claviers élégants, guitares utilisées à bon escient (Jenny), une pincée d’électro (Schizo) et la voix caressante de NED.

    Les fans de Stanley Kubrick s’arrêteront sans doute sur Chambre 237, à la recherche d’un hommage à Shining. Ils en seront pour leurs frais avec ce titre qui conte en réalité une énigmatique soirée amoureuse, aussi visuelle et sensuelle qu’elliptique.

    Audace artistique

    L’album se termine avec trois morceaux plus sombres, dont deux hommages : l’un au père de la chanteuse (Papa) et l’autre, poignant, à une jeune femme disparue (Jenny).  Le troisième, qui vient clôturer Docile, est ce titre tranchant, Schizo, dont on peut saluer l’audace artistique : il s'agit du récit à la première personne d’une malade cernée par des "démons" en train de lui "bouffer le cerveau" : "Je tourne dans ma chambre / je tourne en rond / Je regarde les étoiles / Je fais rien de bon / Je m’arrête un instant / Pour toucher le sol / Je reprends mes obsessions / De farandoles / Je regarde les couleurs qui ornent le sol / Je n’arrête pas de tomber / Sur les carreaux / Les démons de mon cerveau / Sont au plus haut".

    La lumineuse NED prouve dans ce dernier titre toute l’étendue de son possibilités musicales. Elle sera à suivre dans les prochaines années, y compris dans un registre romanesque, naturaliste et noir.

    NED, Docile, Remark, 2019
    https://nedmusic.me

    Voir aussi : "Faustine promet"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Youtubeurs en featuring

    Pin it!

    Baborlelefan, Tim, Daniil Le Russe, Le Pérave, Dylan del Rey ou Glamouze : ces noms ne vous disent rien ? C’est sûrement parce que vous n’êtes pas familiers de Youtube et de ces phénomènes d’Internet dont la popularité s’évalue en nombre de vues.

    C’est justement pour en faire partie que Pedro s’incruste parmi ces stars du web, suivi de son cameraman Othman et de son meilleur pote Seb, improvisé en agent artistique. La websérie Feat, tournée comme un webdocumentaire, suit les pas du jeune homme bien décidé à marcher sur les pas de Norman, Rémi Gaillard et autres Cyprien. Dans des épisodes de 5 à 7 minutes, Pedro s’engage dans cette quête effrénée, drôle et surtout vaine à la célébrité et au clic. 

    Sancho Panza 3.0

    Avec une tchatche et un sens du culot que le ridicule ne tue jamais, il va sur la trace de quelques youtubeurs célèbres pour avoir leurs featurings dans sa future chaîne, à coup de sketchs désastreux ("Montrer au Pérave un sketch raciste", épisode 3), de rendez-vous ratés (avec Daniil Le Rouge, épisode 4), de coups foireux ("Se battre avec Glamouze", épisode 7) et bien sûr de punchlines ("Je vais pas miser ma carrière que sur la pitié !").

    Sept épisodes de Feat sont déjà en ligne, sur Youtube, bien entendu. Sept épisodes écrits et joués avec une belle maîtrise. Pedro est parfait en looser magnifique et son duo avec Seb, sorte de Sancho Panza 3.0, donne un dynamisme incroyable à la série. Les familiers de Youtube s’amuseront de découvrir dans Feat leurs stars favorites ; pour les autres, ils verront dans cette websérie irrésistible la révélation d’un couple de comédiens et de comiques à suivre absolument.

    Feat, websérie comique française, Youtube, saison 1
    https://www.facebook.com/featlaserie

    Voir aussi : "Authentik : Sur un banc"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Game of Thrones, saison 8 et fin, normalement

    Pin it!

    Le 14 avril 2019 va être une date importante pour les fans de Game of Thrones, avec une huitième et dernière saison attendue autant que déjà regrettée. Daenerys Targaryen, Jon Snow, Arya Stark ou Tyrion Lannister seront de retour pour ce qui s’annonce être un feu d’artifice d’anthologie.

    Ironie du sort, cette actualité chaude de HBO aura lieu quelques semaines seulement après l'annonce du départ de Richard Plepler, son emblématique patron. Annoncé sur le départ le 1er mars dernier, en raison du rachat de la chaîne câblée par AT&T, l’homme d’affaire à l’origine de la révolution télé de HBO devrait lui aussi regarder de chez lui la série de fantasy qu’il a contribué à faire naître et à développer.

    De là à dire que la fin programmée de GOT après cette saison 8 pourrait être remise en cause par les nouveaux patrons de HBO, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons certainement pas.

    Game of Thrones, saison 8, 6 épisodes,
    série de fantasy américaine produite par HBO,
    avec Peter Dinklage, Nikolaj Coster-Waldau, Lena Headey,
    Emilia Clarke,Kit Harington,  Liam Cunningham,
    Sophie Turner et Maisie Williams, 2019,
    sur OCS à partir du 14 avril 2019

    Voir aussi : "C’est pas de la télé, c’est HBO"
    "Game of Thrones pour les nuls"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Brigitte Bellac, toujours debout

    Pin it!

    "On veut du cru, de la viande humaine, du sang, des larmes. On veut avoir vraiment mal, comme celui ou celle qui narre. Pareil" : ainsi commence Je -Nous (Éditions du bord du Lot), le récit de Brigitte Bellac, une figure oubliée du cinéma français. Le grand public l’a découverte à la fin des années 70 dans le film de Michel Lang, À nous les petites Anglaises.

    De cinéma, de théâtre et de télévision, il en est bien entendu question dans ce livre. Mais pas que. Car, comme l’indique l’auteure à l’ouverture de Je-Nous, son histoire est aussi celle d’une vie en forme de montagnes russes, d’arrêts nets en raison de graves problèmes de santé, de désillusions, mais aussi de courage et de résurrections, sans que jamais ces épreuves ne la mettent à terre.

    Le destin de Brigitte Bellac est celui d’une artiste au destin tout tracé : danse, comédie et écriture semblent être faites pour cette jeune fille, que, plus tard, les Cours Simon finissent de convaincre que les planches l’appellent. Les planches mais aussi le succès avec son tout premier film, À nous les petites Anglaises en 1975. L’actrice devient connue du jour au lendemain et peut d’autant plus rêver d’un destin artistique exceptionnel que ses qualités d’auteure et de chorégraphe commencent à être également reconnus, à l’exemple de L’Automate (1976) puis de Jacques a dit (1980).

    L’autobiographie de Brigitte Bellac a le premier mérite de nous plonger dans une époque révolue : celle de la télévision en noir et blanc, du théâtre bouillonnant alors que mai 68 n’est pas très loin dans les esprits, comme d'une France toujours corsetée par l’académisme, la morale et les rigidités sociales (il n’y a qu’à lire la scène éloquente à la bibliothèque du Musée Tavert-Delacour à Pontoise…).

    Quelques personnalités fortes et inoubliables

    Mais Je-Nous est aussi le récit d’une femme abîmée par une infirmité aux genoux qui se déclare très tôt. Elle découvre à cette occasion l’univers chirurgical et médical, avec son lot de docteurs Diafoirus mais aussi de médecins attentifs, compétents et humains : elle réserve pour les uns comme pour les autres ses piques comme ses remerciements. "Il sera dit cependant que je n’ai pas de chance avec mes genoux : car l’opération n’est pas réussie complètement… Il faut y « retourner »…" Le va-et-vient entre ces deux milieux si opposés – les arts et la médecine – donne à Je-Nous une singulière épaisseur humaine, mais sans que jamais Brigitte Bellac ne s’éloigne de ce qui est son rêve et sa passion : les arts.

    L’auteure croque quelques personnalités fortes et inoubliables : Marie-Hélène Breillat, la Claudine d’Édouard Molinaro, Laurent Gamelon, l’ami de toujours, le gentleman qu’a été Mort Schumann ou encore l’attachant Dominique Pinon, un cas unique puisqu’il a obtenu la même année à la fois un prix de comédie et un prix de tragédie aux Cours Simon.

    Toujours en mouvement, jamais à terre, Brigitte Bellac trace cahin-caha son destin dans le milieu âpre de la télévision et du spectacle, et ce en dépit de ses treize opérations aux genoux : "Une fois encore je vais avoir mal à crier et je ne crierai pas… Pourquoi ? Parce que ce n’est pas poli de crier. Une fois encore je vais avoir mal à crier et je ne crierai pas" écrit-elle dans les dernières pages de son témoignage, qui est un vrai hymne au courage et à la ténacité.

    En près de trente ans, Brigitte Bellac se bâtit une solide réputation de femme des arts et de scénariste, sans compter ses apparitions à l’écran ou sur scène : auteure de sketchs dans Le Grand Ring Dingue (1982) ou pour L’Oreille en Coin sur France Inter à la fin des années 80, comédienne dans un Maigret avec Pierre Richard ou dans Areu=MC2 avec Marc Moro (1982) et créatrice de la comédie de music-hall Diabolo’s en 1985. Brigitte Bellac livre également à ses lecteurs l’histoire hors du commun d’Échec à la Reine, une nouvelle sur une joueuse d’échecs, devenue roman (Le Fou de la Reine blanche, aux éditions du Bord du Lot, grâce à Marcel Gillet, son éditeur fétiche), puis scénario... avant que la réalité ne rattrape la fiction.

    En retrait du monde du spectacle et de la télévision, Brigitte Bellac poursuit son parcours d’artiste hors norme, grâce aux romans (La Pierresse, 2012) mais aussi au dessin et à la peinture. Toujours debout, jamais fatiguée d’avancer.

    Brigitte Bellac, Je-Nous, éd. Les Éditions du bord du Lot, 2019, 170 p.
    En signature le 17 mars à la Péniche Arche d’Espérance
    69, quai Auguste Roy, à Triel-sur-Seine, de 14H à 18H

    et le samedi 4 mai au Salon du Livre de Beauvais

    Voir aussi : "Le silence est un sport de combat"

     

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Une session avec Françoiz Breut

    Pin it!

    L’émission Label Pop Session de France Musique invite depuis 2012 des artistes pour des enregistrements souvent très attendus. La première artiste à se prêter à cet exercice fut Françoiz Breut. L’ancienne partenaire de Dominique A est revenue le 24 février 2016 pour un nouvel enregistrement. Un EP propose de découvrir cette session à travers six titres, dans un dépouillement et un esprit qui n’est pas sans rappeler les mythiques Unplugged de MTV. Françoiz Breut est accompagnée d’un groupe réduit à ses deux acolytes, Stéphane Daubersy à la guitare et Antoine Rocca aux claviers.

    C’est peu dire que la discrète Françoiz Breut est toujours attendue par un public de fidèles et d’admirateurs. Label Pop Session lui offre une scène à la fois passionnante et périlleuse : la chanteuse et ses deux compagnons se sont lancés lors de cette séance dans des chansons inédites et sans filet, ce qui fait tout le sel de ce mini album.

    Le dispositif simple de Label Pop Session, qui propose des enregistrements dans les conditions d’un concert, convient parfaitement à Françoiz Breut. Dans ce minimalisme, l’artiste y retrouve l’esprit épuré de Dominique A et de ses premiers albums (à l'exemple de Zoo ou de La Conquête).

    Françoiz Breut donne vie à des titres pop écrits en français, à l’exception de Deep sea river. Dans Le jardin d’Éden, la rugosité des cordes et la noirceur des claviers vient contrebalancer la voix claire, fragile et précise de la chanteuse : la composition et l’interprétation servent idéalement un récit sur la chute du paradis originel.

    "Mon corps est un zoo. Comment les dompter tous ces animaux ?"

    Comme chez l’auteur de La Fossette, c’est grâce aux textes que s’épanouissent des titres interprétés avec simplicité, lorsqu’ils ne sont pas juste parlés-chantés : "J’espère avoir en ma possession une histoire vraie, un amour véritable. Un qui brille comme une étoile dans le ciel énigmatique, là où la lumière ne s’éteint jamais. Dans l’espace cynique, l’amour devrait rester une espèce en voie de disparition" (La Conquête).

    Françoiz Breut sait tout aussi bien s’affranchir de l’influence de Dominique A grâce à des textes à la fois intimes et poétiques : "La vie est ainsi. Mon corps est un zoo. Comment les dompter tous ces animaux ?" (Zoo). Dans Loon Plage, ce sont les souvenirs d’enfance qui sont conjurés pour un titre à la fois naturaliste et plein de nostalgie : "Au hasard des courants je vais devoir partir. Sur la ligne horizon, glissent les cargos. Tout droit vers l’Angleterre, je veux voir ces vaisseaux. Me poser sur la mer, m’éclipser sur le dos."

    L’album se clôt avec La danse amoureuse, un subtil tableau d’une attirance amoureuse, aussi fragile que lumineux : "N’aie pas peur de l’ombre, n’aie crainte qu’à tes pieds, elle reste accrochée. Elle se forme, se défait. À l’infini, elle semble bien fidèle comme un ange, un ami. Elle paraît puis disparaît dans la nuit."

    Françoiz Breut, Label Pop Session, Microcultures / Differ-Ant, 2018
    www.francoizbreut.be
    www.francemusiques.fr/emission/label-pop

    Voir aussi : "La vie à deux avec Maud Lübeck" 

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Premiers fantômes

    Pin it!

    Avec le recul, et au regard du parcours de Tatiana de Rosnay, il y a une certaine excitation à se pencher sur le tout premier livre de l’auteure franco-britannique, L’Appartement témoin (éd. Livre de Poche).

    Nous sommes en 1992 et le public découvre le roman d’une certaine Tatiana de Rosnay : un nom qui n’est pas inconnu et qui renvoie à son oncle Arnaud de Rosnay, figure légendaire de la planche à voile disparu en mer à l’âge de 38 ans, à l’épouse de ce dernier, Jenna de Rosnay, championne de planche à voile mais également mannequin, et surtout à Joël de Rosnay, scientifique et chroniqueur radio. Voilà donc la petite dernière, Tatiana de Rosnay, émergeant dans le milieu des lettres. Son premier roman contient en germe l’essentiel des thèmes que développera l’auteure par la suite : la mémoire des lieux, les disparus, la famille et ses secrets.

    L’Appartement témoin suit, dans des chapitres alternant le "il" et le "je", un homme approchant de la soixantaine. Divorcé et père de Camille, une jeune fille sur le point de s’émanciper, il porte un regard amer sur ses échecs passés et sur un avenir peu reluisant. Il choisit de déménager dans le lieu le plus impersonnel qui soit : un appartement témoin. "Il semblait fait sur mesure pour ceux qui vivent seuls, par choix, par nécessité ou destinée, et qui ne comptent qu’une brosse à dents au-dessus du lavabo."

    Un récit qui n’est pas tant celui d’une chasse aux fantômes que d'une reconstruction de soi

    C’est pourtant dans cet endroit, a priori sans passé, que le nouveau locataire voir surgir à plusieurs reprises deux fantômes : une jeune femme jouant du piano et une fillette à ses pieds. Abasourdi puis curieux, l’homme entreprend des recherches et découvre qu’à l’emplacement de son immeuble, une bâtisse plus ancienne abritait une pianiste, une certaine Adrienne Duval, disparue depuis. Par contre, sa fille pourrait bien être toujours vivante. Il découvre son prénom, Pamina – comme la personnage de La Flûte enchantée de Mozart. Une première piste conduit le locataire de l’appartement témoin jusqu’à New York, puis à Venise. L’homme décide de poursuivre son enquête, certain qu’elle changera sa vie.

    Est-il possible que des morts puissent vous donner des clés pour vivre ? Tatiana de Rosnay répond par l’affirmatif dans un récit qui n’est pas tant celui d’une chasse aux fantômes que d’une découverte de secrets enfouis et d’une reconstruction de soi.

    Cette reconstruction passe dans le roman par des rencontres inattendues, dont la sculpturale Iris Gapine, l’influente rédactrice en chef new-yorkaise Sharon Elizabeth Gardiner, l’ancienne mannequin Jessica Parker, Adrian Hunter, le fils de Pamina, la gouvernante Véronique Barbey, mais aussi Camille, la propre fille du locataire de l’appartement témoin qu'il semble redécouvrir.

    Nous parlions de l’importance des lieux. Outre cet appartement, l’enquête menée par notre homme le conduit dans des lieux que Tatiana de Rosnay prend plaisir à nous faire découvrir en nous prenant par la main : Paris, New York et surtout Venise. Car c’est dans cette cité italienne que s’achève cette quête improbable. Une quête complètement folle, faite de découvertes - dont celle de Mozart, qui n’est pas la plus anodine.

    Tatiana de Rosnay, L’Appartement témoin, éd. Livre de Poche, éd. Fayard, 1992, 313 p.
    http://www.tatianaderosnay.com

    Voir aussi : "Tatiana de Rosnay, son œuvre"
    "Elle s’appelait Anna"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Ma sorcière mal aimée

    Pin it!

    Les sorcières sont à la mode en ce moment, semble-t-il. Elles sont en tout cas  au cœur du cycle de bandes dessinées Webwitch, même s’il est vrai que ces être extraordinaires appartiennent au domaine de la dark fantasy et de la science-fiction. Son créateur, Tim Virgil, et Matt Martin (l'auteur entre autres de Snowman) sont au scénario et au dessin pour ces deux histoires traduites en français : un comics américain plein de fureur, de sexe et de sang.

    Nona Hoffman, agent fédéral particulièrement doué, s’avère être en réalité une webwitch (littéralement une "sorcière de la toile"), une créature extraterrestre appartenant à la nation Arachnéïde, bien décidée à soumettre la terre pour s’y installer et tisser sa toile maléfique.

    Nina se découvre en jouet transgénétique, capable de passer d’une nature humaine, à celle d’une sorcière aussi sexy que redoutable. Mais c’est sans compter la présence de l’amant de Nina, l’agent Dale Armstrong.

    Des super héroïnes ayant finalement le meilleur rôle

    On aime on on déteste cette bande dessinée à la fois âpre, sensuelle et ne transigeant pas sur l’hémoglobine et autres fluides. Les deux histoires formant cette édition soignée de Webwitch font des femmes et en particulier de ces sorcières d’un autre genre des super héroïnes ayant finalement le meilleur rôle : guerrières, manipulatrices, dominatrices mais aussi et surtout séductrices en diable, comme le prouve l’histoire d’amour entre Nina et Dale dans le récit apocalyptique de Matt Martin.

    Avec Tim Vigil, le créateur du cycle Webwitch, nous sommes dans une aventure lorgnant plus du côté de Predator, non sans quelques poncifs propres aux films d’action du genre.

    L’édition française du comics est opportunément complété par 75 pages de couvertures et d’illustrations d’un cycle étonnant d’audaces visuelles, sans tabou.

    Matt Martin et Tim Vigil, Webwitch, éd. Tabou, 2019, 240 p.
    http://www.tabou-editions.com/bandes-dessinees/643-webwitch-9782359541373.html
    https://www.kickstarter.com/projects/boundless/matt-martins-webwitch

    https://www.facebook.com/tim.vigil.71

    Voir aussi : "Du sex-appeal à réveiller les morts"

      

     Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • On a retrouvé le disque de la bagnole

    Pin it!

    Le top de la mise en abîme serait de glisser le disque de Korin F, CD de voiture, dans l'autoradio de votre bagnole – si encore vous n'avez pas encore succombé aux affreux et peu pratiques ports USB.

    Korin F., composé de Pierre Thomassian à la musique et du cinéaste Maxime Grayt, avance en roues libres, sans regarder dans le rétroviseur. Il allie des considérations bassement prosaïques a des envolées lyriques pour ne pas dire baudelairiennes (Plaisir binaire).

    Le premier EP de Korin F. se veut un terrain d'expérimentations ou l'électro se marrie à la musique concrète et des textes talk-over, avec une voix à la Partenaire Particulier : celle d'un grand adolescent semblant tout droit sorti du Palace d’Eva Ionesco (La jungle des champions).

    CD de voiture mêle joyeusement le hip hop, le rock, l’électro jarrien et de la chanson française décalée (C'est pas tout). Et puis, on retombe sur terre, mais une terre digne de l’Oulipo avec Le corps se leste.

    Beaucoup moins Je-m'en-foutiste que la pochette du EP ne le laisserait paraître, CD de voiture peut très bien avoir sa place dans votre boîte à gants. Si le cœur vous en dit.

    Korin F., CD de Voiture, EP, 2018
    https://www.facebook.com/korinfmusic

    Voir aussi : "Odyssée musical pour Dowdelin"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Prénom : Marlene

    Pin it!

    Saint Valentin oblige, c’est aux cœurs de guimauve que se destine ce titre en exclusivité de Prénom Marlene, une jeune artiste qui vient de sortir son premier titre, Les mots qui rassurent.

    À découvrir – en attendant un premier album ?

    https://www.facebook.com/prenommarlene
    http://www.prenommarlene.com

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Faustine promet

    Pin it!

    Dans la lignée de Pomme et de ces jeunes chanteuses pop-folk, il y a Faustine, auteure de Métamorphoses, un nouvel EP, moins léger qu’il n’y paraît a priori.

    La chanteuse nîmoise, qui a fait ses armes auprès de Tété, -M- ou Oxmo Puccino, trace sa route sans s’interdire de thématiques. La balade amoureuse et mélancolique Marmara côtoie un rock engagé et féministe, Je danse sous la pluie, une incantation pour les femmes et contre le mauvais sort jeté par les machistes de tout bord, une introspection sur le temps qui passe et le temps à venir (Ce qui me guette) mais aussi un récit sombre sur une migrante.

    La vie promesse conte à la première personne l’histoire d’un exode, sous les ricanements de Charon, le passeur mythologique. Métamorphoses se termine par le capricieux Sur ta bouche, une pop acidulée, légère et piquante comme une Tête brûlée.

    Faustine, Métamorphoses, Perlimpinpin Association, novembre 2018
    https://www.faustinechanson.com

    Voir aussi : "Ma Pomme"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !

  • Méfiez-vous des hommes

    Pin it!

    Il a été question dans notre hors-série sur Tatiana de Rosnay de son recueil de nouvelles Le Carnet rouge. J’ai choisi de m’intéresser à la première version de son livre, paru en 1995 sous le titre Mariés et Pères de Famille (éd. Plon). Il s’agit du deuxième ouvrage publié par Tatiana de Rosnay après L'Appartement témoin, dont je vous parlerai très bientôt. L’auteure n’en est qu’au début de sa carrière. La consécration viendra douze ans plus tard, avec Elle s’appelait Sarah, faisant d’elle l’auteure de best-sellers que l’on connaît.

    Mariés et Pères de Famille contient neuf histoires qui seront repris dans Le Carnet Rouge, dans un ordre différent. Si je parle d’ordre, ce n’est pas anodin. Plon sous-titre ce recueil : Roman d’adultères. Un roman, vraiment ? D’emblée, la question se pose si ce choix ne vient pas d’un éditeur, plus désireux de présenter ce livre comme un "roman", un genre plus vendeur, que comme un "recueil de nouvelles" – ce que Mariés et Pères de Famille est.

    Mais passons. Il y a bien entendu le fil conducteur de l’infidélité qui relie ces onze histoires : des femmes trompées ou soupçonnées d’être trompées, et même parfois adultères elles-mêmes : un mari fréquentant des prostituées dans Le Bois, qui ouvre le livre, le fameux Carnet rouge, le journal d’une femme infidèle ou La jeune Fille au pair, une conversation entre deux amies à propos de leur mari respectif. Le lecteur du Carnet Rouge, paru en 2014, retrouvera ces autres nouvelles : La Lettre, Le Répondeur, Le Cheveu, Le Mot de Passe et Le "Toki-Baby". La Cassette vidéo a été remaniée jusqu’au titre pour devenir, neuf ans plus tard, La Clé USB – une concession à la modernité, dans un recueil assez classique dans la facture, si l’on pense par exemple au choix des prénoms utilisés (Jeanne, Marie, Eugénie, François ou Thérèse).

    Deux nouvelles rares

    Deux nouvelles rares sont présentes dans Mariés et Pères de Famille : L’Odeur et La Jalouse. Ces deux textes peu connus méritent que l’on s’y arrêtent. Le premier, L’Odeur, a la particularité d’être une courte pièce de théâtre en un acte et quatre scènes, réduit à trois personnages, un couple, Anne et François et leur fille Gabrielle. En rangeant les vêtements de son mari, souvent en voyage d’affaire, une femme y découvre une odeur étrange : celle d’un sexe de femme. C’est le début d’une scène de ménage acide, violente et non teintée d’humour noir. La deuxième nouvelle, La Jalouse, est la correspondance d’un homme singulièrement d’une fidélité à toute épreuve. Sans doute est-ce d’ailleurs la raison de la disparition de ce texte pour l’édition 2014 du Carnet rouge. Il s’agit d’une lettre d’adieu à sa femme, Eugénie, que ce mari s’apprête à quitter en raison de la jalousie maladive de cette dernière. Il raconte avec amertume le flicage quotidien d’une épouse persuadée qu’il la trompe à torts et à travers : avec une voisine, avec des amies communs, avec une ex ou avec des inconnues croisées par hasard.

    Les fans de Tatiana de Rosnay seront très certainement heureux d’avoir dans leur bibliothèque ce Mariés et Pères de Famille, un recueil de nouvelles, donc (et pas un roman comme l’indique faussement la couverture du livre), à la fois moderne dans son écriture et la thématique classique – l’adultère. Classique et diablement romanesque.

    Tatiana de Rosnay, Mariés, pères de Famille, Roman d’adultères
    éd. Plon, 1995, 182 p.

    http://www.tatianaderosnay.com

    Voir aussi : "Trahisons et cachotteries"
    "Juste un moment d’égarement"

    Tenez-vous informés de nos derniers blablas
    en vous abonnant gratuitement à notre newsletter.

    Likez, partageztwittez et instagramez les blablas de Bla Bla Blog !