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Trompe-moi, mon amour

caudalisme,érotisme,cuckolding,hotwifing,dogging,wife-watching,wife-sharing,fluffing,infidélité,mélanie baudale,roman"Je n’étais pas le genre de fille qui couche avec tout le monde" : voilà le préliminaire des confessions d’Émilie, alias Mélanie Bauche, l’auteure sous pseudonyme de Parfois sans mon Homme (Amazon), un roman sur le caudalisme.

À ce stade de la chronique, il est sans doute bon pour les non-initiés de rappeler ce que signifie le terme de "caudaliste." Le caudalisme est une pratique consistant à aimer voir son ou sa partenaire avoir des relations sexuelles. Le terme vient de l’Antiquité : Caudale, roi de Lydie au VIIe s. av JC, très amoureux de sa femme Nyssia, demande à un officier de sa garde personnelle d’assister au coucher de celle-ci, ce que le soldat finit par accepter. Une vieille pratique, donc. Au passage, le lecteur apprend les déclinaisons de ce mode amoureux : le cuckolding, le hotwifing, le dogging, le wife-watching, le wife-sharing ou le fluffing. Un petit tour à la page 31 permet un rapide décrassage et de s’endormir moins idiot.

Dans Parfois sans mon Homme, Émilie narre ses aventures qu’encourage son compagnon Jérôme – le cocu de service, donc. Mais un cocu qui, dans l’organisation de ses plans caudalistes – dans toutes les positions, les partenaires et les combinaisons possibles – est le réel maître du jeu. Il confie d’ailleurs ceci à sa partenaire "officielle" : "Je cherche une jouissance plus cérébrale, plus personnelle. Avoir une femme qui profite des plaisirs de la vie sans honte grâce à moi, c’est bien mieux que d’aller baiser à droite, à gauche moi-même."

Ça s’emballe, ça se déballe, ça s’allonge, ça râle

Émilie est largement partante, et y trouve même des avantages qu’elle décrit en long, en large et en travers. Elle le dit autrement : "J’aurais le beurre, l’argent du beurre, et la bite du crémier !"

Dans Parfois sans mon Homme, il est question à la fois de rencontres, de transgressions mais aussi de fantasmes qui n’ont pour but que d’épicer la vie d’un couple soudé : "Ça m’amuse, tous ces gens qui laissent le conformisme social prendre le dessus sur leur complicité de couple" se réjouit un Jérôme lors d’une conversation avec Émilie qui doute d’assumer en public ses pratiques.

Mélanie Bauche ne s’interdit rien dans cette histoire épicée et sans tabous : ça s’emballe, ça se déballe, ça s’allonge, ça râle et ça se laisse prendre dans tous les sens. Il n’est bien sûr pas question de morale dans ce roman, ou, si morale il y a, elle est à chercher dans le choix d’une sexualité atypique : "L’infidélité est si répandue que les gens n’imaginent pas qu’elle puisse être consentie… Mes amants croient partager avec moi le secret d’une escapade adultère, alors qu’ils ne font que participer à une forme d’ébat dont mon chéri est bel et bien partie prenante."

Si vous êtes allergique au conformisme sexuel, ce roman dense et se croquant avec appétit, est pour vous.

Mélanie Bauche, Parfois sans mon Homme, Amazon, 2018, 51 p.

Voir aussi : "L'ennui avec les princesses"

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